Bourrache officinale

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Bourrache officinale

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Borago officinalis, Otto Wilhelm Thomé, Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz, 1885

Classification APG III (2009)
Règne Plantae
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Noyau des Dicotylédones vraies
Clade Astéridées
Clade Lamiidées
Famille Boraginaceae
Genre Borago

Nom binominal

Borago officinalis
L., 1753

La Bourrache ou Bourrache officinale (Borago officinalis L.) est une espèce de plante annuelle de la famille des Boraginacées, assez commune en Europe.

Caractéristiques botaniques[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

La bourrache est une herbe annuelle à tige cylindrique, épaisse, dressée, hérissée de poils raides, de 20 à 60 cm de haut[1].
Les feuilles alternes, à surface ridée, ont un long pétiole quand elles se trouvent à la base de la plante mais les feuilles supérieures en sont dépourvues. Toute la plante est recouverte de poils courts et fermes qui la rendent rude au toucher : c'est un des caractères de toute la famille des Boraginacées.

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

En climat tempéré, la floraison intervient de juin à août. Dans le midi de la France elle fleurit fin mars début avril. Les fleurs sont disposées en une cyme recourbée en crosse. Le calice possède cinq sépales, la corolle possède cinq pétales égaux soudés à leur base. La couleur de la fleur est bleue, plus rarement rose ou blanche.

Chaque pétale porte un repli saillant à l'intérieur ; cinq étamines à longues anthères sont insérées sur la base de la corolle entre les pétales ; leur filet porte en dehors un appendice conique. Le pistil est constitué par deux carpelles soudés ; l'ovaire est creusé de deux loges contenant chacune deux ovules ; le style, au lieu de surmonter les ovaires, se détache de leur base.

Le fruit est formé par quatre akènes, parfois moins, logés au fond du calice persistant.

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

La bourrache est originaire de l'Europe méridionale et centrale.

Elle est assez commune dans les terrains vagues et les décombres des contrées à climat tempéré, ainsi que comme plante adventice dans les cultures sarclées et les jardins.

Culture[modifier | modifier le code]

Elle est souvent cultivée dans les jardins. Semer au début du mois d'avril directement en planches. Les jardiniers apprécient son effet répulsif sur les limaces[réf. nécessaire].

La bourrache est une excellente plante mellifère.

Propriétés et risques[modifier | modifier le code]

Les feuilles sont riches en mucilage (11 %) et en nitrate de potassium et les graines sont riches en acides gras essentiels (acide gamma-linolénique 18-25 %) qui fait partie du groupe des oméga-6[2].

Mais la bourrache contient également des alcaloïdes pyrrolizidiniques, aux propriétés hépatotoxiques dangereuses (augmentent le risque de tumeurs au foie)[2]. Les feuilles et la tige en contiennent de 2 à 8 mg/kg : lycopsamine, 7-acétyl-lycopsamine, amabiline, supinine et des traces d'intermédine et de son dérivé acétylé[2] . Les fleurs et les graines en contiennent une moindre concentration mais n'en sont pas dépourvus. Les fleurs contiennent de la thésinine. Les graines contiennent de la thésinine et sa forme glucosilée, thésinine-4'-O-bêta-D-glucoside. Il est donc déconseillé de consommer la bourrache[réf. nécessaire] , particulièrement de manière régulière et prolongée.

Utilisations[modifier | modifier le code]

« Gargouillou » de légumes contenant de la bourrache officinale

Usage culinaire[modifier | modifier le code]

Les fleurs de bourrache et les jeunes feuilles se consomment traditionnellement à l'état frais (mucilage favorisant le transit intestinal). On l'utilise aussi comme épice[réf. nécessaire].

La plante peut agrémenter des omelettes, des salades et remplacer les légumes accompagnant les viandes. Elle est assez utilisée en Allemagne dans des potages froids, la recette la plus connue utilisant cette plante comme ingrédient serait la « sauce verte » que l’on peut déguster à Francfort.

La fleur, servant à agrémenter les desserts, contient un alcaloïde pyrrolizidinique[3], la thésinine, qui donne son goût dans la fabrication de bonbons au miel à base de bourrache. Le goût des fleurs rappelle la saveur de l'huître, alors que celui des feuilles rappelle la saveur acidulée du concombre[réf. nécessaire].

Usage thérapeutique[modifier | modifier le code]

Les avis semblent diverger quelque peu concernant les bienfaits et les risques de la bourrache.

D'après Bruneton « Aucune expérimentation pharmacologique ne semble avoir été effectuée sur cette drogue qui jouit d'une réputation (non démontrée) de "sudorifique", d'adoucissant, de diurétique. » [2]. Il poursuit ainsi « En Allemagne, la Commission E note que l'activité attribuée à la drogue n'est pas documentée et, qu'en conséquence, feuilles et fleurs ne doivent pas être utilisées dans un but thérapeutique. Cette position semble d'autant plus sage que, comme De Smet l'a souligné, la consommation de 4 tasses/jour d'infusion peut apporter jusqu'à 64 μg d'alcaloïdes pyrrolizidiniques : 6 fois plus que la dose maximale tolérée dans le cas de l'infusion de feuilles de tussilage ».

Pour d'autres, il semblerait qu'aucune affection du foie due à la bourrache n'ait été documentée [4], il n'y aurait pas même d'effets secondaires connus à l'utilisation de l'huile de bourrache[5]. La tige contenant les alcaloïdes de pyrrolizidine toxiques pour le foie n'est plus employée aujourd'hui, mais ces alcaloïdes sont en très petites quantités (infinitésimales) dans l'huile [6] et si les feuilles et les fleurs en contiennent également, il n'a jamais été fait mention de problème consécutif à leur emploi [7] .

Si l'on tient malgré tout à cueillir les fleurs, il faut le faire au début de la floraison (juin) puis on les fait sécher avec précaution, à l'ombre, en couches minces, bien répandues à la chaleur artificielle (40 °C maximum).

L'habitude était de l'employer en mélange de plantes médicinales, généralement en tisane, en laissant infuser 10 à 30 g pour 500 ml d'eau. Mais ces infusions sont toutefois à déconseiller, comme nous l'avons vu, en raison des alcaloïdes pyrrolizidiniques que contient la plante[8].

Par son mucilage, elle est supposée adoucissante, émolliente et expectorante, donc utilisée dans les catarrhes des voies respiratoires, la gastrite, les inflammations des muqueuses.

Par la présence du nitrate de potassium, elle est supposée sudoripare et diurétique (elle augmente l'élimination de l'urine).

Elle aurait également des propriétés intéressantes contre la gueule de bois[9].

Les graines sont également utilisées pour les acides gras oméga-6 qu'elles contiennent. L'huile obtenue par le pressurage des graines est riche en acide gamma-linolénique et acide linoléique qui ont une action calmante en usage externe sur les éruptions cutanées et autres dermatoses, eczéma entre autres [10] mais aussi herpès et le vieillissement cutané [11].

Usage tonique ou dopant[modifier | modifier le code]

À l'époque romaine, les légionnaires étaient parfois dopés avant les batailles avec un vin aromatisé aux fleurs ou feuilles de bourrache.

Au Moyen Âge, la bourrache, était considérée comme une plante magique aphrodisiaque. La bourrache donne de l'assurance et de la hardiesse dans les entreprises amoureuses. Un rameau de bourrache fleurie, permet au séducteur de remporter le succès auprès d'une femme[12].

Certaines populations lemko (montagnards d'Ukraine et de Pologne) utilisaient cette plante pour préparer des potions censées avoir des effets aphrodisiaques. Ces pratiques, interdites sous le régime communiste, sont perpétuées par ce peuple[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D. Streeter et al., Guide Delachaux des fleurs de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé, Paris, 2011, 704 p. (ISBN 978-2-603-01764-7)
  2. a, b, c et d Bruneton, J., Pharmacognosie - Phytochimie, plantes médicinales, 4e éd., revue et augmentée, Paris, Tec & Doc - Éditions médicales internationales,‎ 2009, 1288 p. (ISBN 978-2-7430-1188-8)
  3. dont la non toxicité n'a pas été prouvée
  4. Loïc Girre, "Les plantes et les médicaments, l'origine végétale de nos médicaments" ed. Delachaux et niestlé, 2006 (ISBN 2-603-01377-7)
  5. Dr Jörg grunwald, Christof Jänicke. Le Guide de la phytothérapie. ed. Marabout 2006 (ISBN 2501-044-88-6)
  6. Dr Jörg grunwald, Christof Jänicke. Le Guide de la phytothérapie. ed. Marabout 2006 (ISBN 2501-044-88-6)
  7. Gérard Debuigne, François Couplan, Petit Larousse des plantes qui guérissent. 2006 (ISBN 2-03-582256-4)
  8. L'équipe des enseignants du DUMENAT Phytothérapie (faculté de médecine Paris-XIII, Bobigny), Phytothérapie, la santé par les plantes, Sélection du Reader's Digest, coll. Vidal, (ISBN 2709818515)
  9. http://www.guardian.co.uk/science/2005/dec/23/medicineandhealth.christmas2005 site Web du Guardian de New York, page consultée le 22/04/2010 et faisant référence à l'article scientifique http://www.bmj.com/cgi/content/full/331/7531/1515
  10. Dr Jörg grunwald, Christof Jänicke. Le Guide de la phytothérapie. ed. Marabout 2006 (ISBN 2501-044-88-6)
  11. Gérard Debuigne, François Couplan, Petit Larousse des plantes qui guérissent, 2006 (ISBN 2-03-582256-4)
  12. Guide de visite, les plantes magiques, du jardin des neuf carrés de l'abbaye de Royaumont

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Les guides du naturaliste, Delachaux et Niestlé (ISBN 2-603-00952-4)
  • Bernard Bertrand, La bourrache. Une étoile au jardin !, 01/04/2003, Terran (Editions de) - (ISBN 2-913288-33-2)