Kaloupilé

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Le kaloupilé (ou caloupilé) est un arbre de 4 à 10 mètres de haut, possédant un tronc et des branches d'une grande finesse, importé par les engagés indiens après l'abolition de l'esclavage dans l'île de la Réunion. Les feuilles luisantes, vert foncé, ont une forme pennée, à 11-21 feuillets opposés disposés régulièrement de part et d'autre des branchiales., chaque feuillet mesure 2-4 cm de long et 1-2 cm de large. Ils sont très aromatiques. Les fleurs sont petites, blanches et parfumées. Les fruits sont des baies noires et brillantes comestibles, mais leurs graines sont toxiques.

Description[modifier | modifier le code]

Son nom scientifique est Murraya koenigii. Ce nom évoque les botanistes Johann König, un des premiers botanistes à avoir exploré l’Inde, et le suédois J.A. Murray, qui édita au XVIIIe siècle le Linnaeus Systema vegetablium. Il fait partie de la famille des Rutacées. Il est aussi connu sous le nom de « feuille de curry ». Il est originaire d'Asie tropicale plus particulièrement de l'Inde, et pousse à l'état sauvage en Thaïlande du nord et est cultivé en Malaisie. Il est peu répandu aux Antilles, alors que dans les jardins réunionnais et mauriciens il s'est acclimaté au point même de devenir envahissant. Le poète et peintre réunionnais Jean Albany signale qu'à la Réunion on « trouve souvent cet arbrisseau près des chapelles malbares ». C'est qu'il était autrefois planté là.

Culture[modifier | modifier le code]

Il se reproduit par rejet, ce qui le rend particulièrement rapide à coloniser un espace. On peut le multiplier par semis, les fruits doivent être récoltées mûrs et semés dès la cueillette : les fruits secs ou ridés ne sont pas viables. On peut planter le fruit entier, mais il est préférable d'enlever la pulpe avant la plantation. Le terreau doit être maintenu humide, mais pas mouillé. Les boutures et les marcottes sont également un moyen de propagation.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Dans la gastronomie[modifier | modifier le code]

Le kaloupilé est surtout utilisé dans la cuisine indienne, sri-lankaise et birmane. Il se rencontre dans tous les pays de l'Asie du Sud-Est, l'Inde du Sud, la Birmanie, Thaïlande, Viêt Nam. La plupart des plats cuisinés au massalé à la Réunion comporte quelques feuilles de kaloupilé pour relever le goût. Certains préparateurs de poudre de massalé incorporent des feuilles grillées et réduites en poudre dans leur condiment. Danielle Mukherjee, dans son livre sur la cuisine indienne considère cette épice du pauvre comme « le complément indispensable de certaines préparations du sud de l'Inde, tel l'opuma ». on utilise les feuilles fraiches frites avec l'oignon haché dans la première étape de la préparation. On les utilise pour les préparations suivantes: thoran, vada, rasam et kadhi. Les feuilles fraîches ont une durée de conservation très courte (pas plus de 24h, et ne se conservent pas mieux au réfrigérateur. On peut les conserver plusieurs mois séchées, mais l'arôme est alors beaucoup moins prononcé. Au Cambodge, les Khmers font griller les feuilles à la flamme et les pilent dans un mortier pour préparer en soupe aigre appelé Maju Krueng.

Usage médicinal[modifier | modifier le code]

Les racines, l'écorce et les feuilles de l'arbre sont utilisées en médecine, en usage interne et externe. En infusion, les feuilles feraient baisser la tension. Écrasées avec du son de riz, elles lutteraient contre les coliques.

Une étude sur la girinimbine, un alcaloïde carbazole isolé à partir de cette plante, a constaté en 2011 que cette substance inhibe la croissance et provoque, in-vitro, l'arrêt du cycle cellulaire pour le carcinome hépatocellulaire humain (cancer du foie). [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Réferences[modifier | modifier le code]

  1. The Growth Suppressing Effects of Girinimbine on Hepg2.