Nectar (botanique)

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Nectar du camellia

Le nectar est un suc sécrété généralement par les nectaires des plantes, soit directement par les cellules épithéliales ou les trichomes, soit indirectement via les stomates par le parenchyme foliaire. Pouvant être considéré comme de la sève élaborée modifiée pendant la phase d’excrétion, il est la matière première du miel.

Origines évolutives[modifier | modifier le code]

Le nectar (ou un liquide aux fonctions semblables) serait apparu indépendamment chez les Cycadales et les Gnetales, deux ordres de gymnospermes, ainsi que chez les angiospermes.

Chez les angiospermes, les premiers pollinisateurs, sans doute des coléoptères, était attirés par le pollen directement, et c’est en s’en nourrissant qu’ils en transportaient une certaine quantité jusqu’à d’autres fleurs. Comme les plantes ont intérêt à économiser le pollen qu’elles produisent, elles auraient évolué de façon à produire un attracteur meilleur marché, le nectar. Cette théorie, avancée par Armen Takhtajan (1980), a été remise en cause par Peter Endress (1994), qui soutient que chez les premiers angiospermes, ce sont des sécrétions florales comme la goutte de pollinisation sur la micropylle de l’ovule qui aurait servi de nectar, et non le pollen[1].

Fonction[modifier | modifier le code]

Cette substance possède, par son goût ou son odeur, un pouvoir d'attraction sur les insectes (abeille, papillon), certains oiseaux (oiseaux-mouches, Nectariniidae ou sucriers) ou certains mammifères (petits marsupiaux, chauve-souris). En venant s'alimenter sur la plante, ils permettent sa fécondation en provoquant involontairement sa pollinisation[2].

Le nectar peut également contenir des métabolites secondaires (tels que phénols, alcaloïdes) aux propriétés répulsives ou toxiques pour des visiteurs particuliers[3]. Ce faisant, la plante encourage la visite de pollinisateur spécifique, ce qui augmente la probabilité que son pollen se retrouve sur un individu de son espèce.

Les plantes ayant du mal à se reproduire le doivent souvent à une mauvaise qualité de pollen ou de nectar (comme l'avocatier par exemple) ou à une localisation de ces éléments difficile à atteindre (vanille).

Le nectar peut également être produit dans des nectaires extra-floraux qui attirent des insectes utiles dans la défense des plantes contre les herbivores[4].

Production[modifier | modifier le code]

Le nectar est produit dans les nectaires, dont on distingue deux types: les nectaires floraux et extrafloraux.

Les nectaires floraux sont responsables de la production du nectar destiné à attirer les pollinisateurs. Comme leur nom l’indique, on les retrouve exclusivement sur les organes floraux, tels les ovules, les étamines, le calice, la corolle ou le réceptacle. Les nectaires floraux peuvent produire des quantités de nectar allant de moins d’1 µl à quelques ml, et ce sur une durée de quelques heures allant à quelques jours. La composition du nectar produit varie en fonction des consommateurs.

Les nectaires extrafloraux sont situés principalement dans les feuilles, et à l’occasion dans les inflorescences et les fruits. Le nectar qu’ils produisent visent à attirer des animaux qui défendent la plante contre les herbivores. Les principaux consommateurs sont des fourmis. Ces nectaires ont la même durée de vie que le tissu dont ils font partie et ont généralement une production quotidienne de quelques ml[5].

Composition[modifier | modifier le code]

Eau[modifier | modifier le code]

Le contenu en eau du nectar est très variable en fonction du climat dans lequel se retrouve la plante, et même du microclimat créé dans la fleur. Cette eau peut provenir du phloème et du xylème, ou encore seulement du phloème. L’eau contenue dans le nectar peut, au même titre que le sucre, être un attracteur pour les pollinisateurs en milieu sec[6].

Sucres[modifier | modifier le code]

Le nectar est composé essentiellement d'eau, de 7 à 70 % (% massique) de fructose, de glucose et de saccharose en proportions diverses, plus rarement d'oligosaccharides (maltose, raffinose, melobiose, stachyose)[7]. Ces sucres proviennent de la sève du phloème, du parenchyme photosynthétique des nectaires, de l’amidon stocké dans le parenchyme ou encore de la dégradation de certaines parties des nectaires.

Acides aminés et protéines[modifier | modifier le code]

En plus d’acides aminés libres, on retrouve des enzymes (oxydases, tyrosinases), provenant entre autres de la sève du phloème et du parenchyme des nectaires[8]. Ces enzymes aident à maintenir l’homéostasie du nectar[9].

Autre[modifier | modifier le code]

Il peut contenir en plus petite quantité des lipides, mucilages, acides organiques, phosphates, vitamines, ions minéraux, ainsi que des antioxydants qui maintiennent l'homéostasie de la composition du nectar[9]. De plus, le nectar contient des composés odorants visant à attirer les pollinisateurs[6]. Sa composition varie selon le type et la position des nectaires[4]. La composition des sucres du nectar est très stable au sein d'une même espèce mais variable selon les espèces. Le nectar est composé essentiellement d'eau, de 7 à 70 % (% massique) de fructose, de glucose et de saccharose en proportions diverses, plus rarement d'oligosaccharides (maltose, raffinose, melobiose, stachyose)[10].

Parce que la valeur énergétique du nectar est importante pour les animaux qui visitent les fleurs, la quantité de nectar est souvent exprimée par la teneur en sucre (mg sucre par fleur). Certaines espèces d'orchidées synthétisent des molécules neuroleptiques dans le nectar, provoquant l’accoutumance des insectes pollinisateurs[11].

Les animaux se nourrissant de nectar (nectarivores) peuvent être intoxiqués lorsque les végétaux ont été traités avec certains insecticides.

Le nectar chez les abeilles[modifier | modifier le code]

Lorsqu'une abeille (Apis mellifera L.) rentre d'un vol de butinage fructueux, elle décharge le contenu de son jabot auprès de receveuses situées dans la ruche. Le nectar qui arrive est toujours transmis par trophallaxie et il commence ainsi à circuler à l'intérieur de la ruche permettant l'évaporation d'une partie de l'eau qu'il contient.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Susan W. Nicolson, Massimo Nepi, Ettore Pacini,, Nectaries and Nectar, Springer Science & Business Media,‎ 2007, 414 p. (lire en ligne), p. 1-2
  2. (en) Raguso RA, « Floral scent in a whole-plant context : moving beyond pollinator attraction », Functional Ecology, no 23,‎ 2009, p. 837-840
  3. (en) Adler LS, « The ecological significance of toxic nectar », Oikos, no 91,‎ 2000, p. 409–420
  4. a et b (en) Roshchina V. V., Roshchina V. D., The excretory function of higher plants, Springer-Verlag,‎ 1993, p. 246-292
  5. (en) Nicolson, op. cité, pp. 6-7
  6. a et b (en) Nicolson, op. cité, p. 8
  7. (en) Fahn A., « Ultrastructure of nectaries in relation to nectar secretion », American Journal of Botany, no 66,‎ 1979, p. 977-985
  8. (en) Nicolson, op. cité, p.9
  9. a et b (en) Baker HG, Baker I, « Amino-acids in nectar and their evolutionary significance », Nature, no 241,‎ 1973, p. 543-545
  10. (en) Fahn A., « Ultrastructure of nectaries in relation to nectar secretion », American Journal of Botany, no 66,‎ 1979, p. 977-985
  11. La pollinisation et ses stratégies

Voir aussi[modifier | modifier le code]