Nectar (botanique)

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Nectar du camellia

Le nectar est un suc sécrété généralement par les nectaires des plantes, soit directement par les cellules épithéliales ou les trichomes, soit indirectement via les stomates par le parenchyme foliaire. Pouvant être considéré comme de la sève élaborée modifiée pendant la phase d’excrétion, il est la matière première du miel.

Fonction[modifier | modifier le code]

Cette substance possède, par son goût et/ou son odeur, un pouvoir d'attraction sur les insectes (abeille, papillon), certains oiseaux (oiseaux-mouches, Nectariniidae ou sucriers) ou certain mammifères (petits marsupiaux, chauve-souris). En venant s'alimenter sur la plante, ils permettent sa fécondation en provoquant involontairement sa pollinisation[1].

Le nectar peut également contenir des métabolites secondaires (tels que phénols, alcaloïdes) aux propriétés répulsives ou toxiques pour des visiteurs particuliers[2].

Les plantes ayant du mal à se reproduire le doivent souvent à une mauvaise qualité de pollen ou de nectar (comme l'avocatier par exemple) ou à une localisation de ces éléments difficile à atteindre (vanille).

Le nectar peut également être produit dans des nectaires extra-floraux qui attirent des insectes utiles dans la défense des plantes contre les herbivores[3].

Composition[modifier | modifier le code]

La composition des sucres du nectar est très stable au sein d'une même espèce mais variable selon les espèces. Le nectar est composé essentiellement d'eau, de 7 à 70 % (% massique) de fructose, de glucose et de saccharose en proportions diverses, plus rarement d'oligosaccharides (maltose, raffinose, melobiose, stachyose)[4]. Il peut contenir en plus petite quantité des acides aminés, lipides, mucilages, acides organiques, phosphates, vitamines, ions minéraux, ainsi que des antioxydants ou des enzymes (oxydases, tyrosinases) qui maintiennent l'homéostasie de la composition du nectar[5]. Sa composition varie selon le type et la position des nectaires[3].

Parce que la valeur énergétique du nectar est importante pour les animaux qui visitent les fleurs, la quantité de nectar est souvent exprimée par la teneur en sucre (mg sucre par fleur). Certaines espèces d'orchidées synthétisent des molécules neuroleptiques dans le nectar, provoquant l’accoutumance des insectes pollinisateurs[6].

Les animaux se nourrissant de nectar (nectarivores) peuvent être intoxiqués lorsque les végétaux ont été traités avec certains insecticides.

Le nectar chez les abeilles[modifier | modifier le code]

Lorsqu'une abeille (Apis mellifera L.) rentre d'un vol de butinage fructueux, elle décharge le contenu de son jabot auprès de receveuses situées dans la ruche. Le nectar qui arrive est toujours transmis par trophallaxie et il commence ainsi à circuler à l'intérieur de la ruche permettant l'évaporation d'une partie de l'eau qu'il contient.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Raguso RA, « Floral scent in a whole-plant context : moving beyond pollinator attraction », Functional Ecology, no 23,‎ 2009, p. 837-840
  2. (en) Adler LS, « The ecological significance of toxic nectar », Oikos, no 91,‎ 2000, p. 409–420
  3. a et b (en) Roshchina V. V., Roshchina V. D., The excretory function of higher plants, Springer-Verlag,‎ 1993, p. 246-292
  4. (en) Fahn A., « Ultrastructure of nectaries in relation to nectar secretion », American Journal of Botany, no 66,‎ 1979, p. 977-985
  5. (en) Baker HG, Baker I, « Amino-acids in nectar and their evolutionary significance », Nature, no 241,‎ 1973, p. 543-545
  6. La pollinisation et ses stratégies

Voir aussi[modifier | modifier le code]