Albert Ier de Monaco

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Albert Ier
Le prince Albert Ier de Monaco (1848-1922).
Le prince Albert Ier de Monaco (1848-1922).
Titre
11e prince de Monaco
10 septembre 188926 juin 1922
(32 ans, 9 mois et 16 jours)
Ministre d'État Émile Flach
Georges Jaloustre (intérim)
Raymond Le Bourdon
Prédécesseur Charles III
Successeur Louis II
Prince héréditaire de Monaco
15 mai 188210 septembre 1889
(7 ans, 3 mois et 26 jours)
Monarque Charles III
Prédécesseur Charles, duc de Valentinois
Successeur Louis, duc de Valentinois
Biographie
Hymne royal Hymne monégasque
Dynastie Maison Grimaldi
Nom de naissance Albert Honoré Charles Grimaldi
Date de naissance 13 novembre 1848
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès 26 juin 1922 (à 73 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Père Charles III
Mère Antoinette de Mérode-Westerloo
Conjoint Mary Victoria Hamilton (1869-1880),
Alice Heine, duchesse de Richelieu (1889-1922)
Enfant(s) Louis II Red crown.png
Héritier Louis, duc de Valentinois
Résidence Palais de Monaco

Albert Ier de Monaco
Princes de Monaco

Albert Ier de Monaco, surnommé « le Prince savant » ou « le Prince navigateur » (Paris, 13 novembre 1848id., 26 juin 1922), fut prince souverain de la principauté de Monaco du 10 septembre 1889 au 26 juin 1922.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Né Albert Honoré Charles Grimaldi, Albert Ier de Monaco est le fils de Charles III de Monaco (1818-1889) et de la comtesse belge Antoinette de Mérode-Westerloo (1828-1864).

Formation[modifier | modifier le code]

Il étudie au collège Stanislas de Paris puis, après le décès de sa mère, la princesse Antoinette de Merode, suit, de 1864 à 1865, les cours du Petit Séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin dirigé alors par Mgr Félix Dupanloup[1]. Il effectue ensuite son service militaire dans la marine de guerre espagnole. Il s'engage ensuite dans la marine de guerre française durant la guerre franco-prussienne de 1870 au cours de laquelle il est décoré de la Légion d'honneur.

Mariages[modifier | modifier le code]

Par l’entremise de l’impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III), il épouse en 1869 au château de Marchais Mary Victoria Hamilton (des ducs d'Hamilton), petite-fille de la grande-duchesse de Bade Stéphanie de Beauharnais et cousine de l’empereur Napoléon III,

Ils ont un fils unique, le prince Louis, dont son père ne fait la connaissance qu'en 1880, lorsque la princesse demande le divorce qu'elle obtient la même année.

Albert Ier se remarie en 1889 avec Alice Heine, duchesse douairière de Richelieu, dont il n'a pas d'enfant.

Océanographie, paléontologie, géographie[modifier | modifier le code]

Il fait plusieurs séjours dans le Carladès dont il est comte titulaire héréditaire, adhère à la Société de la Haute-Auvergne, fait faire des recherches dans les archives de la principauté qu'il fait inventorier et classer, puis fait publier les Documents relatifs à la vicomté de Carlat[2]

En 1870, il est âgé de 22 ans lorsqu'il se passionne pour l'exploration océanographique. Il organise de nombreuses expéditions scientifiques océanographiques et cartographiques, accompagné par de nombreux scientifiques dans des navires construits et entièrement dédiés à cette recherche (l’Hirondelle, la Princesse Alice équipés de laboratoires avec des tables anti-roulis). Il découvre à cette occasion de nouvelles espèces, dont le poisson de grande profondeur Grimuldichtys profondissimus nommé ainsi en hommage aux Grimaldi[3]. Il fait construire en 1906 l'Institut océanographique de Paris, à côté de l'Institut de géographie, rue Saint-Jacques.

En 1889, il fonde l'Institut océanographique de Monaco et fait construire le Musée océanographique de Monaco entièrement consacré à la mer, avec musée, laboratoires, collections de pièces rapportées de ses explorations, aquariums de faune et de flore des fonds sous marin de la Méditerranée, librairie scientifique, archives…

Le « Prince savant » déclare lors de l'inauguration :

« Ici, messieurs, vous le voyez, la terre monégasque a fait surgir un temple fier et inviolable dédié à la divinité nouvelle qui règne sur les intelligences. »

Il participe entre autres, à l'exploration du Svalbard dont il rédige une cartographie très précise au début des années 1900. Certaines de ces cartes sont encore utilisées à défaut d'en avoir édité de plus récentes.

Il s'intéresse également aux origines de l'humanité. Il fait opérer plusieurs campagnes de fouilles archéologiques dont, en particulier, celle des Grottes de Grimaldi[4] entre 1895 et 1904. Les pièces mises au jour lors de ces fouilles ont rejoint les collections du Musée d'anthropologie préhistorique de Monaco fondé par le Prince. Afin de pérenniser les études préhistoriques, Albert Ier fonde en 1910 à Paris l'Institut de paléontologie humaine.

Il est membre de la Société de géographie et de la British Academy en 1909 dont il est décoré de la médaille d'or pour ses nombreuses contributions scientifiques.

À l'inverse de la vaccination, les scientifiques de son équipe découvrent, en 1902, l’anaphylaxie (une forme très brutale d'allergie).

Pacifisme[modifier | modifier le code]

Après son héroïsme militaire de la guerre franco-prussienne de 1870, Albert devient un prince pacifiste et fonde en 1903 l’Institut international de la paix à Monaco dans le but d'arbitrer des conflits de la planète. Il tente par ce biais de dissuader le Kaiser Guillaume II d'Allemagne de déclarer la Première Guerre mondiale[5].

Lorsque la guerre est déclarée, il déclare la neutralité de Monaco et n'intervient que pour l'assistance médicale neutre aux blessés et aux malades.

Fondations Albert-Ier[modifier | modifier le code]

En 1906, après des années de recherches et d'expéditions océanographiques, alors âgé de 58 ans, il crée la Fondation Albert Ier, connue sous le nom d'Institut océanographique, rue Saint-Jacques à Paris en France, reconnue d'utilité publique, afin que son œuvre scientifique soit poursuivie et fait don du Musée océanographique de Monaco à sa fondation.

En 1910, il crée une seconde Fondation Albert Ier, à Paris, qui abrite l'Institut de paléontologie humaine reconnue d'utilité publique dont l'objet est « le progrès de la Science sur toutes les questions relatives à l'origine et à l'histoire de l'homme fossile ». Il s'agit du premier centre de recherche au monde entièrement consacré à l'étude de l'homme fossile, constituant une étape essentielle dans le processus d'institutionnalisation de cette discipline.

Autres activités[modifier | modifier le code]

Rallye de Monte-Carlo[modifier | modifier le code]

En 1911, il crée le Rallye automobile Monte-Carlo, remporté cette année-là par le Français Henri Rougier.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Il a constitué la collection philatélique qui, enrichie des acquisitions de son fils Louis II, permet la création d'un Musée des timbres et des monnaies par son arrière-petit-fils Rainier III en 1950.

Disparition et postérité[modifier | modifier le code]

Albert ler de Monaco meurt en 1922 à Paris, à l'âge de 73 ans. Son fils Louis II de Monaco lui succède. Les îles du Prince-de-Monaco (Kerguelen) sont nommées en hommage à son œuvre exploratrice scientifique. En 1932, Paris donne son nom à l'avenue Albert-Ier-de-Monaco, située près du palais de Chaillot.

Son arrière-arrière-petit-fils, le prince Albert II, ambitionne de poursuivre l’œuvre de son aïeul avec sa Fondation Prince-Albert-II-de-Monaco créée en 2006.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Armoiries de Monaco et Armorial des Grimaldi.
Blason Blasonnement :
Fuselé d'argent et de gueules.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire du Petit Séminaire de La Chapelle Saint-Mesmin d'Émile Huet, Editeur : Paul Pigelet & Fils, Orléans, 1913
  2. Documents relatifs à la vicomté de Carlat, recueilis et publiés par ordre de S.A.S. le Prince Albert Ier par Gustave Saige et le Comte de Dienne, 1900, Monaco (réédition Aurillac, 2007, 2 in-8°).
  3. Jean-Joël Brégeon, Les Grimaldi de Monaco, Critérion,‎ 1991, p. 243
  4. Voir sur sites.google.com/site/histoireprehistoire.
  5. François de Bernardy, Histoire des princes de Monaco : de Rainier Ier à Rainier III, Plon,‎ 1960, p. 303

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]