William Grover-Williams

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William Grover-Williams en 1931

William Grover-Williams, né le à Montrouge et mort en mars 1945 à Sachsenhausen, était un pilote de course automobile et, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent secret français du Special Operations Executive.

Identités[modifier | modifier le code]

  • État civil : William Charles Frederick Grover
  • Surnom (emploi fréquent dans le milieu de l'automobile) : « Williams »
  • Comme agent du SOE :
    • Nom de guerre (field name) : « Sébastien »
    • Nom de code opérationnel : CHESTNUT (en français CHÂTAIGNE)

Parcours militaire : SOE, section F, general list ; grade : captain ; matricule : 231189

Pour accéder à des photographies de William Grover-Williams, se reporter à la section Liens externes

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1903. Le 16 janvier, naissance à Montrouge, dans la banlieue de Paris, France. De père anglais et de mère française, Grover-Williams grandit en étant familier des deux langues, le français et l’anglais.

Quand éclate la Première Guerre mondiale, sa famille se déplace à Monaco, où il obtient un travail de chauffeur. Fasciné par les véhicules à moteur, il achète une moto et commence à courir.

1919. De retour à Paris, il travaille comme chauffeur pour le célèbre peintre de guerre irlandais Sir William Orpen (1878-1931).

1926. Grover-Williams commence à courir en automobile avec une Bugatti à travers la France, notamment dans le Grand Prix de Provence à Miramas et dans le rallye Monte-Carlo.

1928. Il gagne le Grand Prix de France.

1929. Il gagne de nouveau le Grand Prix de France. Puis, au volant d’une Bugatti 35B de couleur verte (la couleur qui deviendra le célèbre vert de course britannique), il gagne le premier Grand Prix de Monaco en battant le favori, le grand pilote allemand Rudolf Caracciola, qui était au volant d'une Mercedes.

En novembre. Grover-Williams épouse Yvonne Aubicq, ancienne maîtresse de William Orpen, qu’il avait connue lorsqu’il les conduisait tous deux dans Paris. À l'aise financièrement, ils occupent un appartement dans un quartier chic de Paris et possèdent une grande maison dans la station balnéaire de La Baule.

1931. Il gagne le Grand Prix de Belgique et le Grand Prix de la Baule.

1932-1933. Il gagne le Grand Prix de la Baule à deux nouvelles reprises. Ensuite sa carrière décline et il cesse de courir dans les dernières années de la décennie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après l’occupation de la France par les Nazis, il s’enfuit en Grande-Bretagne où il rejoint le Royal Army Service Corps. Du fait de sa maîtrise du français et de l’anglais, il est recruté par le Special Operations Executive (SOE) pour soutenir la Résistance française. Le , dans la dernière nuit du mois, il est parachuté à l’aveugle près du Mans[1] en même temps que Christopher Burney « Charles », affecté à une autre mission. Il recrute ses amis pilotes de course Robert Benoist et Jean-Pierre Wimille, et ensemble ils travaillent dans la région de Paris pour établir un réseau clandestin organisé en cellules de sabotage et en comités de réception pour les opérations de parachutage.

1943. Le 2 août, Grover-Williams est arrêté par le SD à Auffargis. Il subit un long interrogatoire, avant d’être déporté à Berlin. Il est emprisonné dans le camp de concentration de Sachsenhausen.

1945. Le 23 mars[2], il est exécuté avec Francis Suttill, un autre chef de réseau important du SOE. Certains prétendent qu’il aurait survécu, mais il y a peu d’éléments pour soutenir cette thèse.

Résultats sportifs[modifier | modifier le code]

Victoires en Grand Prix[modifier | modifier le code]

Année Grand Prix Circuit Voiture Résultats
1928 Drapeau de la France Grand Prix de France Saint-Gaudens Bugatti Type 35 résultats
1929 Drapeau : Monaco Grand Prix de Monaco Monaco Bugatti Type 35 résultats
Drapeau de la France Grand Prix de France Le Mans Bugatti Type 35 résultats
1931 Drapeau de la Belgique Grand Prix de Belgique ** Spa-Francorchamps Bugatti Type 51 résultats
Drapeau de la France Grand Prix de la Baule La Baule Bugatti Type 51 résultats
1932 Drapeau de la France Grand Prix de la Baule La Baule Bugatti Type 51 résultats
1933 Drapeau de la France Grand Prix de la Baule La Baule Bugatti Type 54 résultats

** Grover-Williams partage une voiture avec Caberto Conelli.

Résultats en championnat d'Europe[modifier | modifier le code]

Année Équipe Marque 1 2 3 4 Position Points
1931 Usines Bugatti Bugatti Italie
France
Abandon **
Belgique
1 **
9e 14
1932 Engagement privé Bugatti Italie
France
6
Allemagne
9e 20
1936 Bugatti Bugatti Monaco
9
Allemagne
Suisse
Italie
18e 28

** Grover-Williams partage une voiture avec Caberto Conelli.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Grover-Williams est honoré sur les monuments suivants :

Médias[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ou près d'Antibes, selon Bruno Durand.
  2. 18 ou 23 mars, selon le site SFRoH.

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Fiche William Grover-Williams, avec photographies : voir le site Special Forces Roll of Honour
  • Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8), (EAN 9782847343298). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version « officielle » britannique de l’histoire du SOE en France. Une référence essentielle sur le sujet du SOE en France.
  • Bruno Durand, Le groupe des services secrets britanniques (S.O.E.) de Robert Benoist, le maquis de Sermaise et la rafle des 19 au de Dourdan à Saint-Sulpice-de-Favières, 56 pages, Bulletin de la Société Historique de Dourdan, n° 49, juillet-décembre 2005, (ISSN 0248-9392), p. 9-64.