Robec
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| Robec | |
|---|---|
Moulin de la Pannevert sur le Robec |
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| Caractéristiques | |
| Longueur | 9 km |
| Bassin | 62 km2 |
| Bassin collecteur | la Seine |
| Débit moyen | 0,4 m3⋅s-1 (Darnétal (rue Charles-Benner)) |
| Régime | pluvial océanique |
| Cours | |
| Confluence | Rouen |
| Se jette dans | la Seine |
| Géographie | |
| Pays traversés | |
| Régions traversées | Haute-Normandie |
| Principales villes | Darnétal, Rouen |
Le Robec est une petite rivière de la Seine-Maritime, affluent de la Seine.
Sommaire |
[modifier] Étymologie
Sans doute du norrois raudh bekkr « rouge ruisseau ». L'appellatif issu du norrois, bec est à l'origine du nom de nombreux cours d'eau, villages et villes de Normandie (cf. Bolbec, Orbec, le Sébec, le Bec-Hellouin, Foulbec, Houlbec, etc.). Le premier élément raudh est sans rapport avec celui du lieu homophone de Robecq (Pas-de-Calais) qui contient le nom du roseau (ros), dont l'homonyme étymologique est Rebets en Seine-Maritime.
La couleur rouge évoque peut-être l'argile charriée par le ruisseau, voire même le sang des victimes du siège de Rouen par les vikings selon une légende.
[modifier] Géographie
D'une longueur de 9 km environ[1], elle prend sa source à Fontaine-sous-Préaux, traverse Darnétal et se jette dans la Seine à Rouen sans avoir reçu les eaux de l'Aubette, sa sœur qui navigue plus au sud au-dessous de lui.
Cette rivière a été canalisée, partiellement recouverte en 1880, puis « enterrée » entre 1938 et 1941 sur la section rouennaise de son cours, excepté en deçà de la place Saint-Hilaire, dans la rue des Petites-Eaux-du-Robec, jusque l'école d'architecture de Darnétal. Cependant, un ruisseau actionné par un système de pompe et alimenté par l'eau de la ville, a été reconstitué rue Eau-de-Robec, en centre-ville. Le véritable Robec suit, quant-à-lui, un parcours souterrain jusqu'à la Seine. De Darnétal à sa source, il suit son cours libre.
[modifier] Économie
| Le Ruisseau de Robec à Rouen |
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Le Ruisseau de Robec à Rouen
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Claude Monet, 1872 |
| Huile sur toile |
| 50 × 65 cm |
| Musée d'Orsay, Paris |
Des moulins disposés dans son lit, fournirent jusqu'au XXe siècle la force motrice nécessaire au fonctionnement des meules destinées à moudre le grain pour le réduire en farine, à broyer les écorces de chêne pour produire la poudre de tan (pour tanner) et à broyer les plantes tinctoriales pour créer des teintures. Certains ont fait fonctionner des foulons ou des machines à coudre.
En 1828, sur la partie proprement rouennaise du cours du Robec, on ne comptait pas moins de 16 moulins. Ils arrêtèrent de fonctionner l'un après l'autre avec l'avènement de la machine à vapeur.
Le moulin le plus ancien, qui comme beaucoup d'autres a changé souvent de destination, est celui de la Pannevert situé au carrefour du Cat Rouge (pour « carrouge », ancien français pour carrefour), dont les origines remonteraient au XIIe siècle, un document le mentionne effectivement en 1199, l'année même du décès de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie.
En face se situe un four à pain traditionnel, caractéristique de la technique de construction employée en Haute-Normandie, en colombage. Il est encore utilisé.
Des vestiges de la Chartreuse Notre-Dame de la Rose ont été préservés en contrebas du cours de la rivière, dont l'ancien séchoir. Cet établissement religieux fondé au XIe siècle comptait une quinzaine de moines chartreux. Il a périclité dès le début du XVIIIe siècle. Henry V d'Angleterre s'y installa avec sa suite en 1418 - 1419, lors du siège qui vit la chute de Rouen. Aux XVIe siècle, l'établissement servit à nouveau aux troupes anglaises qui vinrent prêter main forte aux protestants rouennais.
Le moulin des Dames de Saint-Amand tient son nom de l'abbaye des bénédictines de Saint-Amand fondée en 1030 et située jadis près de l'abbaye de Saint-Ouen. Il en reste d'ailleurs quelques vestiges. Sous l'Ancien Régime seule la ville de Rouen, le clergé et la noblesse avaient le droit de moudre le blé et ce moulin faisait fonctionner plusieurs meules. Au milieu du XIXe siècle, l'établissement, devenu privé, est rebâti en brique sombre sur le modèle anglais. Il fait faillite à la fin du même siècle et va être converti en fabrique textile. La force hydraulique entraîne une quarantaine de machines à coudre. Puis, avec l'abandon de ce mode d'énergie, la bâtisse va continuer d'être utilisée par l'industrie textile jusque dans les années 1980.
La présence de la rivière attire aussi des teinturiers, dont l'activité est mentionnée dès le XIIe siècle, sans doute est-elle antérieure, mais on n'en conserve pas de trace. Les « garanciers » et les « voiderons » se partageaient le privilège de teindre en rouge pour les premiers et en bleu pour les seconds à heures fixes, les eaux de la rivière.
Parmi eux se distingue Jean-Baptiste-François Auvray, gendre d'un certain Vincent qui dès 1756 obtient un rouge d'une excellente qualité presque capable de rivaliser avec le rouge d'Andrinople en Turquie. J.-B. Auvray hérite donc du procédé qui va lui permettre de faire fortune en établissant une teinturerie moderne pour l'époque sur la partie rouennaise du Robec, quartier Saint-Hilaire. Ces bâtiments sont construits dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, avant la Révolution française. L'essentiel du bâti se compose de l'importante maison du fabriquant, qui a peut-être abrité aussi des ateliers et de la teinturerie proprement dite, directement située au bord de la rivière. Contrairement au moulin des Dames de Saint-Amand, la brique utilisée ici est plus rouge, car elle est cuite non pas au charbon mais au feu de bois. Une partie moderne a été adjointe à l'ensemble des bâtiments qui ont été rénovés dans les années 2000 pour accueillir l'Auberge de jeunesse en 2010.
À cheval sur les communes de Rouen et de Darnétal se dressent les murs de briques rouges sombres de l'École nationale supérieure d'architecture de Normandie. C'est une ancienne fabrique caractéristique du style industriel du XIXe siècle. Un entrepreneur, Lucien Fromage, y produisait une fibre élastique destinée à la fabrication des bretelles.
[modifier] Aménagement
Le SAGE des vallées du Cailly, du Robec et de l'Aubette est en cours d'élaboration. Il portera notamment sur la lutte contre les inondations dont ces trois vallées ont été victimes ces dernières années.
[modifier] Bibliographie
- Delahayes, Les Sources de la rivière de Robec et l'Alimentation d'eau potable de la ville de Rouen, E. Cagniard, Rouen, 1864, 14 p.
- La Route des moulins : les vallées du Robec et de l'Aubette : préinventaire du patrimoine historique, industriel, archéologique, naturel, Centre d'histoire sociale de Haute Normandie, Saint-Martin-du-Vivier, 1986, 123 p. (ISBN 2867430461)
- Lucien-René Delsalle, Entre Robec et Aubette : mille ans d'histoire à l'est de Rouen, Bois-Guillaume, 1994, 480 p. (ISBN 2-9507266-0-7)
[modifier] Notes, sources et références
- ↑ SANDRE, « Fiche rivière le robec (H5028000) ». Consulté le 24 novembre 2008