Camille Laurin

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Buste à l'effigie de Camille Laurin
à l'angle des rues Saint-Urbain et Sherbrooke à Montréal

Camille Laurin (Charlemagne, 6 mai 1922 - Vaudreuil-Dorion 11 mars 1999) est un psychiatre et un homme politique québécois. Il a été ministre dans le gouvernement de René Lévesque. Il est connu comme « le père de la Charte de la langue française ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Camille Laurin obtint un diplôme en médecine à l'Université de Montréal, où il étudia sous l'influence du chanoine Groulx. Il est un ancien membre des jeunesses étudiantes catholiques, groupe qui a fourni de nombreuses personnalités publiques. Après avoir obtenu son diplôme, Laurin partit à Boston au Massachusetts, pour y faire un stage postdoctoral en psychiatrie à l'hôpital d'État de Boston (Boston State Hospital). Puis, après une période à Paris pour se perfectionner en psychanalyse, il revint pratiquer au Québec.

En 1961, Laurin signa la postface du livre Les fous crient au secours, un livre de Jean-Charles Pagé sur les hôpitaux psychiatriques de l'époque. Il était alors professeur agrégé et directeur du département de psychiatrie à l'Université de Montréal. Il fut l'un des premiers fondateurs du mouvement souverainiste québécois, voyant l'indépendance du Québec comme une nécessaire psychothérapie collective qui traiterait le complexe d'infériorité des Québécois.

Camille Laurin (à gauche sur la photo), Robert Gaulin et Jean-Pierre Charbonneau, alors qu'il participent à un colloque dans une université en 1981

En tant que ministre d'État au Développement culturel dans le premier gouvernement du Parti québécois élu en 1976, il guida l'adoption de la loi 101, qui établit le français comme seule langue officielle de l'État québécois. Plus tard, le premier ministre René Lévesque défendit cette loi publiquement, mais il hésitait à faire de même en privé. Lévesque pensait que devoir légiférer sur la langue de la majorité était une « humiliation nécessaire » en raison de la « situation coloniale » québécoise[1].

En 1982-1983, Laurin fit adopter la Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants, ce qui fut le début de la reconnaissance officielle des associations et fédérations étudiantes postsecondaires, alors que ça faisait déjà une vingtaine d'années que la première fédération étudiante (UGEQ) eut été créée.

Laurin signe, le 9 novembre 1984, la « lettre des douze », dans laquelle la moitié des ministres du gouvernement Lévesque s'opposent à la stratégie du « beau risque » du premier ministre et réclament que la souveraineté soit au cœur de la campagne électorale de l'année suivante. Le 26 novembre 1984, il démissionne de ses responsabilités ministérielles, comme six autres collègues[2]. Il quitte son poste de député de l'Assemblée nationale du Québec le 25 janvier 1985.

Il revient au Parti québécois après l'accession de Jacques Parizeau et reprend son siège de Bourget à l'élection du 12 septembre 1994, mais le premier ministre Parizeau ne lui confiera aucune responsabilité ministérielle. Il quitte définitivement la vie politique en 1998, en raisons de problèmes de santé.

Camille Laurin meurt le 11 mars 1999 à la suite d'un cancer fulgurant. Il était âgé de 76 ans.

Le fonds d’archives de Camille Laurin est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[3].

Honneurs[modifier | modifier le code]

  • 1986 - Prix Chomedey-de-Maisonneuve
  • 1989 - Prix d'excellence du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal
  • 1990 - Prix d'excellence en psychiatrie de l'Association des médecins psychiatres du Québec
  • 1993 - Médaille du 150e anniversaire de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal
  • 1999 - le Grand prix de l'Office de la langue française, au Québec, est renommé « Prix Camille-Laurin »
  • 2004 - Commandeur de l'ordre de la Pléiade (à titre posthume)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]