Jacob Obrecht

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Obrecht.

Jacob Obrecht

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait présumé de Jacob Obrecht à l'âge de 38 ans

Naissance 1457 ou 1458
Gand
Drapeau de Flandre Comté de Flandre
Drapeau des Pays-Bas bourguignons Pays-Bas bourguignons
Décès Juillet 1505
Coat of arms of the House of Este (1471).svg Ferrare
Activité principale Compositeur

Jacob Obrecht (Gand, 1457 ou 1458 - Ferrare, juillet 1505) est un compositeur néerlandais de la Renaissance.

Il était le plus renommé des compositeurs de messes en Europe à la fin du XVe siècle, seulement dépassé par Josquin Des Prés (référence nécessaire) après sa mort, et il composa en outre de nombreux motets et chansons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né soit en 1457, soit en 1458, fils unique de Willem Obrecht, trompettiste de la ville de Gand, et de Lijsbette Gheeraerts, qui meurt en 1460 à l'âge de 20 ans. Son portrait présumé, peint en 1496 et attribué à Hans Memling ou son entourage, donne son âge (38 ans), confirmant ainsi approximativement sa date de naissance officielle.

Les détails sur son éducation sont rares, mais il apprend à jouer de la trompette probablement, comme son père, et en profite pour apprendre l'art du contrepoint et de l'improvisation sur un « cantus firmus ». Très probablement encore, il connait Antoine Busnois de la cour de Bourgogne. De toute façon il n'ignore certainement pas sa musique, puisque sa première messe présente des parallèles stylistiques étroits avec ce compositeur plus âgé que lui.

Obrecht reçoit sans doute une formation d'enfant de chœur. À partir de 1472-3, environ, il étudie la théologie sans qu'on sache où et termine ses études avant 1479. Selon une tradition du XVIe siècle, Obrecht et Érasme de Rotterdam se sont rencontrés à Utrecht avant 1480.

De 1479-1480 à 1483-1484, Obrecht travaille à l'église Saint-Gertrautis à Berg-op-Zoom. Peu de temps avant d'être engagé, il est ordonné prêtre et lit sa première messe.

Le 28 juillet 1484 le chapitre de la cathédrale de Cambrai le nomme comme maître de la chorale, poste qu'il prend en charge le 6 septembre 1484. Il enseigne aux enfants de chœur la liturgie, le chant choral, les bonnes manières et le latin et il doit avoir l'œil, en outre, sur l'alimentation et les vêtements des enfants tout en organisant leurs loisirs. Bien vite il commence à négliger son travail et se voit forcé au bout du compte de présenter sa démission : le 21 octobre 1485, il est congédié par le chapitre.

Obrecht semble avoir eu une succession de petits emplois de courte durée, dont beaucoup se sont terminés dans des circonstances rien moins qu'idéales. Au moins deux fois il se trouve dans l'embarras pour des irrégularités financières, davantage sans doute pour la négligence avec laquelle il tient sa comptabilité que pour une autre raison. Il règle une dette envers un de ses employeurs en lui faisant don d'une de ses compositions, exemple de ses difficultés financières. Tout au long de cette période, bien que comme employé il puisse avoir été mal vu, il est tenu dans la plus haute estime aussi bien par ses patrons que par les autres compositeurs, ses confrères. Tinctoris, écrivant à Naples, le distingue dans une courte liste des grands compositeurs contemporains, choix d'autant plus significatif qu'ils ne sont, alors, que 25 et que Tinctoris était à l'autre bout de l'Europe.

Alors que la plupart des commandes faites à Obrecht proviennent de Flandre, il fait au moins deux voyages en Italie, une fois en 1487 à l'invitation du duc de Ferrare, Hercule Ier d'Este, et une nouvelle fois en 1505. Le duc Hercule a entendu sa musique, dont on sait qu'elle a circulé en Italie entre 1484 et 1487 et il la place au-dessus de celle de tous les autres compositeurs contemporains; pour cette raison il invite Obrecht à Ferrare pendant six mois en 1487.

En 1504, Obrecht se rend de nouveau à Ferrare mais, à la mort du duc, au début de l'année suivante, il se retrouve sans emploi. On ne sait dans quelles conditions il reste dans cette ville, mais il meurt lors de l'épidémie de peste qui y éclate juste avant le 1er août 1505.

Style[modifier | modifier le code]

Obrecht écrivit principalement de la musique religieuse ; des messes et des motets. On connaît de lui également quelques chansons profanes. Il était disciple de Johannes Ockeghem. Jacob Obrecht fut, à côté d’un Josquin des Prez, l'un des principaux représentants de la polyphonie franco-flamande du Moyen Âge et du début de la Renaissance. Dans ses messes et motets, il utilisait toujours la technique du cantus firmus dans laquelle l’on écrivit, autour d’une mélodie souvent préexistante, les autres voix d’une composition polyphonique. Adhérant au style néerlandais, Obrecht fut novateur. Il était en avance sur son temps, notamment dans le domaine harmonique et dans celui de la variation dans les méthodes de traiter une mélodie existante. Cela était reconnu de ses contemporains. Ainsi, Johannes Tinctoris inclut Obrecht dans une courte liste des plus grands compositeurs, bien que ce dernier n’ait que 25 ans à cette époque et qu’il demeura de l'autre côté de l'Europe.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre d’Obrecht comprend des messes, des motets et des pièces profanes. Les œuvres suivantes ont été préservées :

Messes[modifier | modifier le code]

  1. Missa Adieu mes amours;
  2. Missa Ave regina celorum;
  3. Missa Beata viscera;
  4. Missa Caput;
  5. Missa Cela sans plus;
  6. Missa De Sancto Donatiano;
  7. Missa De Sancto Martino;
  8. Missa De tous biens playne;
  9. Missa Fors seulement;
  10. Missa Fortuna desperata;
  11. Missa Grecorum;
  12. Missa Je ne demande;
  13. Missa L’homme armé;
  14. Missa Libenter gloriabor;
  15. Missa Malheur me bat;
  16. Missa Maria zart;
  17. Missa O lumen ecclesie;
  18. Missa Petrus Apostolus;
  19. Missa Pfauenschwanz;
  20. Missa Pluriorum carminum (I),
  21. Missa Pluriorum carminum (II);
  22. Missa Rose playsante;
  23. Missa Salve diva parens,
  24. Missa Scaramella (frag);
  25. Missa Sicut spina rosam;
  26. Missa Si dedero;
  27. Missa Sub tuum praesidium;
  28. Missa Veci la danse barbari.

Messes attribuées à Obrecht[modifier | modifier le code]

  1. Missa Gracuuly et biaulx;
  2. Missa De Sancto Johanne Baptista
  3. Missa Je ne seray plus;
  4. Missa N’aray-je jamais;
  5. Missa Sine nomine;
  6. Missa Beata progenies.

Motets[modifier | modifier le code]

  1. Alma Redemptoris mater;
  2. Ave Maris stella;
  3. Ave Regina coelorum;
  4. Beate es, Maria;
  5. Benedicamus in laude Jhesu;
  6. Cuius sacrata viscera (I);
  7. Cuius sarata viscera (II);
  8. Factor orbis / Veni, Domine;
  9. Haec deum caeli;
  10. Inter praeclarissimas virtutes;
  11. Laudemus nunc dominum;
  12. Laudes Christo redemptori.;
  13. Mater Patris, nati nata;
  14. Mille quigentis / Requiem;
  15. O Beate basili / O beate pater;
  16. Omnis spiritus laudet;
  17. O preciosissime sanguis;
  18. Parce domine;
  19. Quis numerare queat;
  20. Regina celi;
  21. Salve crux, arbor vite / O crux lignum;
  22. Salve Regina (I);
  23. Salve Regina (II);
  24. Salve Regina (III);
  25. Salve sancta facies / Homo quidam;
  26. Si bona suscepimus;
  27. Si sumpsero.

Motets dont l’attribution est douteuse[modifier | modifier le code]

  1. Discubuit Jesus,
  2. Judaea et jerusalem;
  3. Magnificat;
  4. Nec mihi nec tibi.

Œuvres profanes[modifier | modifier le code]

Chansons néerlandaises[modifier | modifier le code]

  1. Als al de weerelt,
  2. Den haghel ende die calde snee;
  3. Hebbe gheen ghelt;
  4. Ic draghe de mutse clutse;
  5. Ic hoerde de clocskins luden;
  6. Ic ret my uit spacieren;
  7. Ic weinsche alle scoene vrouwen;
  8. Lacen adieu;
  9. Laet u genoughen;
  10. Meskin es hu (adiu, adiu);
  11. Moet mij laten u vriendelic schijn;
  12. Rompeltier;
  13. Sullen wij langhe in drucke;
  14. T’Andernacken;
  15. T’meisken was jonck (De tusche in Busche);
  16. Tsat een (cleen) meskin;
  17. Waer sij di han;
  18. Wat willen wij metten;
  19. Weet ghy wat mijnder jonghen herten.

Chansons françaises[modifier | modifier le code]

  1. Fors seulement;
  2. Helas mon bien,
  3. J’ay pris amours;
  4. Ma menche vel ma buche;
  5. Marion la doulce;
  6. Se bien fait;
  7. Tant que nostre argent dura;

Compositions instrumentales et autres[modifier | modifier le code]

  1. La Tortorella;
  2. Fuga;
  3. -7. 5 pièces instrumentales.

Lien interne[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :