Henryk Górecki

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Henryk Górecki

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Górecki en 1993

Nom de naissance Henryk Mikołaj Górecki
Naissance 6 décembre 1933
Czernica
Drapeau de la Pologne Pologne
Décès 12 novembre 2010 (à 76 ans)
Katowice
Drapeau de la Pologne Pologne
Activité principale Compositeur
Style Musique classique
Musique contemporaine
Années d'activité 1955-2010
Formation Académie de musique Karol Szymanowski de Katowice
Descendants Anna, Mikołaj
Distinctions honorifiques Voir section dédiée

Henryk Mikołaj Górecki (prononciation : ˈxɛnrɨk mʲiˈkɔwaj guˈrɛ͡tski), né le 6 décembre 1933 à village Czernica, gmina Gaszowice, voïvodie de Silésie, le sud de la Pologne et mort le 12 novembre 2010 à Katowice[1], est un compositeur polonais de musique contemporaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Même si son père et sa mère étaient deux musiciens amateurs de talent, Henryk Mikołaj Górecki ne commence vraiment à étudier la musique (violon, clarinette, piano) qu'à partir du milieu des années 1950, à l'Académie de musique de Katowice (auprès de Bolesław Szabelski). Il reçoit son diplôme en 1960[2]. Il termine ses études musicales à Paris au début des années 1960 ; il y a l'occasion d'entendre Anton Webern, Olivier Messiaen et Karlheinz Stockhausen. Ensuite, il passera la plupart de son temps en Pologne, à enseigner la musique à l'Académie de Katowice de 1968 à 1979[2] et surtout à composer une œuvre profondément marquée par la culture et l'âme de son pays, bien qu'extrêmement avant-gardiste.

Malgré la reconnaissance internationale qu'il reçoit, Henryk Górecki reste tourné vers son pays. Selon Adrian Thomas, « le passé musical de la Pologne, son Église et sa culture traditionnelle sont le rocher inébranlable sur lequel son identité, son héritage authentique, ainsi que ceux de son pays, sont fondés. »

Marié à la pianiste Jadwiga Rurańska, il a eu deux enfants : sa fille Anna est pianiste et son fils Mikołaj, compositeur.

Style[modifier | modifier le code]

La musique de Górecki couvre une large variété de styles, mais elle tend à être harmoniquement très simple. Ses premières œuvres se rapprochent du sérialisme de Pierre Boulez et d'autres, mais par la suite, il sera plus souvent rapproché de la musique minimaliste. À l'instar d'Arvo Pärt, à qui il est parfois comparé, sa musique reflète souvent sa foi catholique (par exemple, le Miserere op. 44, pièce pour chœur de 1981).

Son œuvre la plus connue est la Symphonie no  3 pour orchestre et soprano, op. 36 (1976), dite des chants plaintifs. Elle est composée de trois mouvements. Le chant du premier mouvement, lento - sostenuto tranquillo ma cantabile, est une complainte du XVe siècle, le deuxième mouvement, lento e largo - tranquillissimo, chante des inscriptions (invocations à la Vierge Marie) retrouvées sur le mur d'une prison de la Gestapo à Zakopane et le troisième mouvement, lento - cantabile-semplice, reprend une chanson traditionnelle. Tout du long, la musique est lente et contemplative avec le premier mouvement prenant la forme d'un canon pour cordes de plus de la moitié de la durée totale de l'œuvre. Celle-ci s'étend généralement sur environ 50 minutes.

Jusqu'au début des années 1990, Henryk Mikołaj Górecki était peu connu hors du cercle restreint des professionnels et amateurs de musique contemporaine d'avant-garde. C'est au succès inattendu de l'enregistrement de la Troisième Symphonie par la London Sinfonietta, dirigée par David Zinman et avec Dawn Upshaw (soprano), distribué par le label Nonesuch Records en 1992, que Henryk Górecki doit sa notoriété auprès d'un public qui dépasse celui des amateurs de musique contemporaine, en entrant notamment dans le Top 50 britannique, avec plus de 400 000 exemplaires vendus dans ce pays[3] et près d'un million dans le monde[2]. Cette notoriété n'a toutefois pas été suivie d'un intérêt persistant du public pour le reste de sa production. Le compositeur s'est par ailleurs toujours défendu de vouloir écrire une musique qui réponde aux attentes d'un public quel qu'il soit.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Quatre Préludes op. 1 pour piano (1955)
  • Sept Postludes op. 2 pour violoncelle et piano (1955/56)
  • Onze Swingludes op. 3 pour clarinette, violoncelle et piano (1956)
  • Sonate pour piano no 1 op. 6 (1956)
  • Chants sur la joie et le rythme op. 7 pour deux piano et orchestre de chambre (1959-1960)
  • Sonate pour deux violons op. 10 (1957)
  • Concert pour cinq instruments et un quatuor d'archets op. 11 (1957)
  • Épitaphe op. 12 pour chœur mixte et un ensemble instrumental (1958)
  • Cinq Pièces op. 13 pour deux pianos (1959)
  • Symphonie no 1 « 1959 » op. 14 pour orchestre d’archets et percussion (1959)
  • Trois Diagrammes op. 15 pour flûte seule (1959)
  • Monologhi op. 16 pour soprano et trois ensembles instrumentaux (1960)
  • Scontri op. 17 pour orchestre (1960)
  • Diagramme IV op.18 pour flûte seule (1961)
  • Genesis I - Elementi op. 19. no 1 (1962)
  • Genesis II - Canti strumentali op. 19 no 2 (1962)
  • Genesis III - Monodramma op. 19 no 3 (1963)
  • Trois Pièces dans le style ancien pour orchestre d’archets (1963)
  • Choros I op. 20 per strumenti ad arco (1964)
  • Refrain op. 21 pour orchestre (1965)
  • La Musiquette op. 22 pour deux trompettes et guitare (1967)
  • La Musiquette II op. 23 pour 4 trompettes, 4 trombones, 2 pianos et percussion (1967)
  • Old Polish Music op. 24 pour instrument à air et archets (1967-1969)
  • La Musiquette III op. 25 pour alto (1967)
  • Cantate op. 26 pour orgue (1968)
  • Canticum graduum op. 27 pour orchestre (1969)
  • La Musiquette « concert de trombone » op. 28 pour clarinette, trombone, violoncelle et piano (1970)
  • Ad matrem op. 29 pour soprano solo, chœur mixte et orchestre (1971)
  • Deux chants sacrés op. 30 pour baryton solo et orchestre (1971)
  • Symphonie no 2 op. 31 pour soprano et baryton solo, chœur mixte et orchestre (1972)
  • Euntes ibant et flebant op.32 pour chœur mixte a cappella (1972-1973)
  • Amen op. 35 pour chœur mixte a cappella (1975)
  • Symphonie no 3, « Symphonie des chants plaintifs » op.36 pour soprano solo et orchestre (1976)
  • Beatus vir op. 38 psaume pour baryton solo, chœur mixte et grand orchestre (1979)[4]
  • Concerto pour clavecin (ou piano) et orchestre à cordes op. 40 (1980)
  • Chants bénis de framboise op. 43 pour voix et piano (1980)
  • Miserere op. 44 pour chœur mixte a cappella (1981 révisé en 1987)
  • Chants pour la poésie de Juliusz Slowacki op. 48 pour voix et piano (1983)
  • Recitativa i ariosa « Lerchenmusik » op. 53 pour clarinette, violoncelle et piano (1984-1985)
  • Chants marials op. 54 cinq chants pour chœur mixte a cappella (1985)
  • O domina nostra op. 55 - Méditation sur Notre Dame de Jasna Góra pour soprano solo et orgue (1982-1985)
  • Sous ta défense op. 56 chant marial pour chœur mixte de 8 voix a cappella (1985)
  • Les cloches sonnent Angelus Domini op. 57 pour chœur mixte a cappella (1986)
  • Pour toi, Anne-Lill op. 58 pour flûte et piano (1986)
  • Totus tuus op. 60 pour chœur mixte a cappella (1987)
  • Przybądź Duchu Święty « Viens Esprit-Saint », op. 61 (1988)
  • Premier quatuor à cordes « La nuit tombe », op. 62 pour chœur mixte (1988)
  • Bonne nuit op. 63 pour soprano, flûte alto, 3 tam-tams et piano (1988-1990)
  • Intermezzo pour piano (1990)
  • Deuxième quatuor à cordes, « Quasi una fantasia », op. 64 (1990-1991)
  • Concerto-Cantata op. 65 pour flûte seule et orchestre (1991-1992)
  • Kleines Requiem für eine Polka op. 66 (Petit requiem pour une polka) pour piano et 13 instruments (1993)
  • Piece for string quartet (1993)
  • Trois pièces pour textes de Stanislaw Wyspianski pour voix et piano (1996)
  • Salve sidus Polonorum. Cantate sur saint Adalbert op. 72 pour grand chœur mixte, deux pianos, orgue et ensemble d’instruments à percussion (1997-2000)
  • Troisième Quatuor à cordes (1999)
  • Lobgesang pour chœur mixte et cloches d’orchestre (1999)
  • Niech nam żyją i śpiewaja (chant de noce) pour ensemble vocal (2000)
  • Hej, z góry, z góry! Koniku bury (Avance mon cheval), cinq chants de la région de Kurpie pour chœur a cappella (2002)

Honneurs[modifier | modifier le code]

Henryk Górecki a reçu le titre de docteur honoris causa de l'Université de Varsovie, de l'Académie de musique de Cracovie, de l'Université Jagellonne de Cracovie en 2000[5], de l'université catholique de Lublin et de l'université Concordia de Montréal[2],[6].

Par ailleurs, il a été décoré de la croix de commandeur de l'ordre Polonia Restituta en 1994 (élevé commandeur avec étoile en 2003), décoré de l'Ordre Ecce Homo en 2000, a reçu la Médaille du Mérite culturel polonais Gloria Artis en 2005, et élevé au grade de Chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand en 2009. Peu avant sa mort, il devient membre de l'Ordre de l'Aigle blanc en 2010.

Citations[modifier | modifier le code]

Quand ses élèves de Katowice lui demandaient quand écrire de la musique, il répondait toujours[7] :

« Si vous pouvez vivre sans musique pendant deux ou trois jours, alors n'en écrivez pas. Occupez le temps avec une fille, ou une bière. […] Si vous ne pouvez pas vivre sans musique, alors écrivez-en. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]