Guide de haute montagne

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Guide de haute montagne
Code ROME (France) G1201

Le guide de haute montagne est un professionnel diplômé d’État qui conduit contre rémunération, une ou plusieurs personnes en montagne. Il est non seulement celui qui montre le chemin, mais il est aussi celui qui apprend à le choisir, grimpe à vos côtés, et vous enseigne les techniques nécessaires pour évoluer en montagne.

Historique[modifier | modifier le code]

Le terme « guide » est d’origine indo-européenne, il dérive de la langue sanskrit véda, vidya, synonyme de la connaissance suprême. Par glissement successif, ce mot a donné lieu au mot guida en ancien provençal. Il signifie à cette époque celui qui va devant, celui qui connaît et qui sait. C’est avec les premiers récits bibliques et les grands déplacements humains qu’apparaît la figure du guide, incarnée par exemple par Moïse.

Pendant l'Antiquité, les habitants des hauts lieux, qui sont ceux qui connaissent le mieux le terrain de montagne, sont sollicités dans un cadre militaire. D'Alexandre le Grand à Hannibal Barca, les armées ont besoin de guides pour traverser les régions montagneuses : c'est le temps fort des conquêtes militaires. Ces traversées de cols, faites par nécessité de survie, ont fait l'objet de récits rapportant l'audace et le courage des guides.

Au cours du Moyen Âge, la circulation des biens et des personnes devient plus importante. Les guides permettent alors aux diplomates, papes et pèlerins de franchir les passages obligés des Alpes. C'est en Sapaudia (nom donné à la Savoie au IVe siècle) qu'on en rencontre le plus. Ils sont à cette époque appelés "marrons", sans doute en référence au terme latin marra ou sarcloir, harpon, désignant la longue canne leur permettant de sonder la neige devant eux. On pourrait également relier cette appellation au hameau de la « Maronne » situé dans le village de La Garde, carrefour de l’Oisans, où les guides étaient en permanence sollicités.

Avec la Renaissance et le renouveau culturel italien, le trafic transalpin s’intensifie, et la corporation des marrons, qui bénéficie de franchises d’impôts, s’agrandit. Les particularités de la montagne commencent par ailleurs à intriguer les scientifiques et les souverains : c’est ainsi que le mont Aiguille est gravi par Antoine de Ville en 1492, sur ordre de Charles VIII. L’identité du marron, symbolisé par son long bâton ferré, se renforce peu à peu et sa pratique se diversifie avec l’évolution du matériel : la « ramasse », genre de chaise à porteur, est utilisée pour transporter les clients, les « cothurnes » (souliers) cloutés font office de crampons. Jusqu’à cette époque, le guide incarne le passeur, mais il est, encore et avant tout, paysan, berger ou chasseur.

C’est au XVIIIe siècle que l’activité du guide se redéfinit. L’exploration des « glacières » de Chamonix au Montenvers puis la conquête du Mont Blanc par le Docteur Paccard et Jacques Balmat en 1786 marquent l’avènement de l’alpinisme moderne et la professionnalisation de l’activité. Les périodes révolutionnaires puis napoléoniennes sont néanmoins défavorables : les franchises d’impôt sont retirées et la construction de routes, voies ferrées et tunnels (comme celui du Fréjus en 1871) leur font concurrence. Auparavant utilitaire, l’activité se tourne alors vers le loisir et le tourisme. À cette période le métier se structure régionalement, et les compagnies et bureaux de guides commencent à se mettre en place. La première compagnie est créée en 1821 à Chamonix, puis d’autres voient le jour, dans les Alpes, les Pyrénées[1],[2].

Dates de création des premières compagnies de guide :

  • 1821 : Compagnie des guides de Chamonix
  • 1850 : Compagnies des guides de Courmayeur
  • 1863 : Compagnie des guides de Bagnères-de-Bigorre
  • 1864 : Compagnie des guides de Saint Gervais Mont Blanc
  • 1872 : Compagnie des guides de Bagnères-de-Luchon
  • 1876 : Compagnie des guides de la Vanoise

L’idée d’organiser la formation des guides apparaît dès la fin du XIXe siècle, lorsque le Club Alpin Français, fondé en 1874, décerne des certificats aux guides dont les compétences sont évaluées et classées par catégories : muletier porteur, guide de 2de classe, guide 1re classe 2[3]. Mais la mise en place d’un véritable diplôme attendra jusqu’à la création de la Fédération française de la montagne. En 1946, l’École nationale de ski et alpinisme (ENSA) à Chamonix est reconnue comme seul organisme de formation des professionnels de la montagne. Elle absorbe l’École Supérieure du Ski et d’Alpinisme dirigé par Édouard Frendo, ainsi que le Collège des Praz dirigé par Jean Franco, dans les années 1940. Par la suite, la loi du 18 février 1948 instaure les diplômes à caractère national d’aspirant guide, et de guide de haute montagne, en définissant les conditions d’exercice de l’activité[4],[5].

En 1975, une loi réformant celle de 1948 est mise en place par Pierre Mazeaud. La profession est rattachée aux dispositions de la loi de 1963, réglementant la profession d’éducateur physique et sportif. Cette loi déstabilise la profession, dont le cadre réglementaire subira de nombreuses modifications. Un diplôme d’Accompagnateur Moyenne Montagne, rattaché au Brevet d’État d’Alpinisme, puis un Brevet d’État d’Escalade seront créés en 1978 et 1984.

Formation[modifier | modifier le code]

Cursus de formation des guides de haute montagne.

En France, les guides de haute montagne sont formés par l'École nationale de ski et alpinisme (ENSA), située à Chamonix. Il s'agit d'une formation de longue haleine, qui s'étend sur plusieurs années, et qui passe par le diplôme intermédiaire d'aspirant-guide, lequel peut emmener des clients en montagne avec des limites en fonction de l'altitude et de la difficulté.

Devenir guide nécessite une grande pratique de la montagne, sous toutes ses formes, et un sens aigu du terrain et de ses dangers. La formation qui permet l’obtention du diplôme d’État dure généralement 5 ans, elle est assurée par l’École nationale de ski et alpinisme à Chamonix. Avant d’obtenir le diplôme de guide de haute montagne il faut valider un examen probatoire puis des stages de formation qui confèrent au candidat le diplôme provisoire d’aspirant guide. L’aspirant est enfin confirmé en tant que guide de haute montagne à l’issue d’un stage final. Un recyclage, organisé par le SNGM, est également obligatoire tous les 6 ans, afin de garantir la capacité des guides à poursuivre l’exercice de leur profession. Le détail de la formation est disponible sur le site de l'ENSA[6], mais cette formation doit être réformée à l'horizon 2009.

Prérogatives[modifier | modifier le code]

Les prérogatives attribuées au métier de guide sont aussi variées que les terrains sur lesquels il évolue. Elles permettent à son détenteur :

  • la conduite et l’accompagnement de personnes dans des excursions ou des ascensions de montagne en rocher, neige, glace et terrain mixte ainsi que dans des excursions de ski de randonnée et en ski hors pistes
  • l’enseignement des techniques correspondantes.
  • l’encadrement et l’enseignement de la pratique des canyons à caractéristiques verticales et aquatiques nécessitant l’usage d’agrès.
  • l’entraînement aux pratiques de compétition dans les disciplines précitées.

Les prérogatives des guides leur permettent donc d’animer, enseigner ou encadrer les activités suivantes :

Déontologie[modifier | modifier le code]

Bien que la profession soit contrôlée par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, un code de recommandations déontologiques a été mis en place par le Syndicat national des guides de montagne (SNGM), concernant les droits et les obligations du guide. Il rappelle ses obligations professionnelles générales, concernant sa relation avec ses clients et ses différents partenaires (refuges, collectivités, fournisseurs, etc.), ainsi que les règlements disciplinaires qu’il se doit de respecter. En adhérant au SNGM, les guides s’engagent à respecter ce code.

Répartition[modifier | modifier le code]

Un guide peut travailler soit en tant qu’indépendant, soit en tant que salarié, auprès d’associations ou d’organismes de voyage par exemple. S’il travaille de manière indépendante, comme c’est le cas pour 95 % des guides, il pourra choisir d’adhérer à un bureau des guides local, ou tout autre structure privée ou publique, ou bien encore de travailler directement avec une clientèle privée. Toutefois, être membre d’un bureau ne lui empêche pas de développer lui-même sa propre clientèle.

Liste des compagnies de guides[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Livre :Profession, Guide de haute Montagne, Éd M. Zalio (parution 2008)
  2. Les alpinistes en France (1870-1950), Olivier Hoibian
  3. Histoire des Guides de montagne : Alpes, Pyrénées, Renaud de Bellefon
  4. La montagne oubliée, Paul Keller (2005)
  5. DVD: Guide, les risques de la passion réalisé par Laurent Cistac
  6. Aspirant-guide - Guide de Haute-montagne

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]