Robert Georges Nivelle

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Officier général francais 3 etoiles.svg Robert Georges Nivelle
Image illustrative de l'article Robert Georges Nivelle

Naissance
Tulle
Décès (à 67 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau français France
Arme Flag of France.svg Armée française
Artillerie
Grade Général de division
Années de service 1878 – 1921
Conflits Révolte des Boxers
Première Guerre mondiale
Commandement 5e régiment d'artillerie
61e division d'infanterie de réserve
3e Corps d'Armée
IIe Armée
Commandant en chef des Armées
Faits d'armes Bataille de Verdun
Bataille du Chemin des Dames
Distinctions Voir section « Distinctions »
Autres fonctions Membre du Conseil supérieur de la guerre

Robert Georges Nivelle, né le 15 octobre 1856 à Tulle et mort le 22 mars 1924 à Paris, est un militaire français. Il est généralissime et commandant en chef des armées françaises pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Artilleur de formation et diplômé de l'École polytechnique (X 1876), il participe au corps expéditionnaire envoyé en Chine pour réprimer la révolte des Boxers en 1900, puis sert en Afrique. Colonel commandant le 5e régiment d'artillerie lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, il s’illustre d'abord dans la bataille de Dornach (18 août 1914), puis lors de la bataille de l’Ourcq (5 - 10 septembre 1914), où ses canons mettent en déroute le 4e corps de la 1re armée du général Alexander von Kluck.

Il sert en Indochine, en Algérie et en Chine en tant qu'officier d'artillerie, et est promu général de brigade en même temps que Pétain, en octobre 1914, au début de la Première Guerre mondiale.

Le 19 avril 1916, il succède à Pétain dans la charge de défendre Verdun au commandement de la IIe armée et reprend aux Allemands les forts de Douaumont et de Vaux aux côtés du général Mangin, en montrant déjà peu de respect pour les vies humaines[1]. À la suite de ces victoires, le 25 décembre 1916, et parce que ses promesses d'une victoire rapide séduisaient la commission de l'Armée à la Chambre, il remplace comme commandant en chef des armées le général Joffre, élevé à la dignité de maréchal de France mais jugé trop statique et usé par deux années successives de combat de tranchées sans aucune occasion de percée décisive.

Il décide de mettre fin à la guerre d'usure menée autour de Verdun et de revenir à « l'attaque brusquée » : il comptait emporter la décision par des attaques frontales massives à l’abri d’un rideau de feu. De mère anglaise, ce qui lui valait de parler couramment l'anglais, il charmait ses alliés britanniques. Séduit, Lloyd George accepte de placer des troupes britanniques sous son commandement. Mais on a prétendu que garder un secret n’était pas le fort de Nivelle, et il aurait parlé de son offensive à des dames au cours d’un dîner. Il parlait également de son projet aux journalistes (sans toutefois en exposer le plan précis). Comble de malchance, les Allemands saisirent un exemplaire de son plan d’attaque dans une tranchée qu’ils avaient conquise. L'offensive qu'il déclencha n’eut donc aucun effet de surprise contre une très forte défense le 16 avril 1917, et la bataille du Chemin des Dames, également nommée « Offensive Nivelle », se solda par un échec et fut très coûteuse en vies humaines : les Alliés perdirent 350 000 hommes (morts ou blessés) pour un gain de terrain minime. Ce fut le début des fameuses mutineries de 1917, maîtrisées par Pétain, qui le remplaça en catastrophe, en mai 1917, et fit fusiller quarante-neuf soldats, dont certains furent des soldats fusillés pour l'exemple. Le nom de Craonne, situé au cœur de la bataille du Chemin des Dames, a été popularisé par La Chanson de Craonne, qui reste associée aux mutins de 1917 de la Première Guerre mondiale.

Surnommé dès les premiers jours de la bataille du Chemin des Dames « le boucher », Nivelle voit sa disgrâce avérée, en décembre 1917, lorsqu'il est nommé commandant en chef des troupes françaises d'Afrique du Nord, loin du front. Le temps de la réhabilitation vient une fois la paix revenue, lorsqu'il est nommé au Conseil supérieur de la guerre, élevé à la dignité de Grand'croix dans l'Ordre de la Légion d'honneur et décoré de la Médaille militaire. Mort dans son lit en 1924, son corps est inhumé aux Invalides. Dans son éloge funèbre, le ministre de la Guerre d'alors, André Maginot, lui rend hommage.

États de services[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Françaises :

chevalier le .
officier le .
commandeur le .
grand-officier (1916)
grand'croix le .

Étrangères

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Malcolm Brown évoque « le coruscant général Robert Nivelle, passé maître dans l'art de l'autopromotion et auréolé d'une vanité assez communicative » (Verdun 1916, Perrin, 2006, p. 121)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) J. M. Winter, The experience of World War I, New York, Oxford University Press, 1989 (ISBN 0-19-520776-9).
  • Denis Rolland, Nivelle, l'inconnu du Chemin des Dames, Paris, Imago, 2012 (ISBN 9782849521663).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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