Économie de Taïwan

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Taïwan
Indicateurs économiques
Monnaie Nouveau dollar de Taïwan
Année fiscale année calendaire
Organisations internationales OMC, APEC
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 504,5 milliards de $ (2011, FMI)
Produit intérieur brut en PPA 886,2 milliards de $ (2011, FMI)
Rang pour le PIB en PPA 19e (per capita: 20e)
Croissance du PIB 10,5 % (2010)
PIB par habitant en PPA 37 932 $ (2011, FMI)
PIB par secteur agriculture : 1,6 % (2009)
industrie : 29,2 % (2009)
services : 69,2 % (2009)
Inflation (IPC) -0,87 % (2009)
Pop. sous le seuil de pauvreté 1,08 % (2008)
Indice de développement humain (IDH) 0,868 (2011, 22e, très élevé)
Population active 10,92 millions (2009)
Population active par secteur agriculture : 5,1 % (2008)
industrie : 36,8 % (2008)
services : 58 % (2008)
Taux de chômage 4,4 % (2011) http://www.indexmundi.com/g/g.aspx?c=tw&v=74&l=fr
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 203,6 milliards $ (2009)
Biens exportés
Principaux clients
Importations 174,3 milliard $ (2009)
Biens importés
Principaux fournisseurs
Finances publiques
Dette publique 33 % du PIB (2009)
Dette extérieure
Recettes publiques 53,3 milliard $ (2009)
Dépenses publiques 57,2 milliard $ (2009)
Déficit public
Aide au développement
Sources :
https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/tw.html

L'économie de Taïwan est une économie capitaliste développée et dynamique, avec un PIB per capita en PPA de près de 38 000 $ US en 2011 (légèrement supérieur à la moyenne de l'UE ou à celui du Japon), et un PIB de 484,7 milliards $ US en 2012 (soit la 19e puissance économique du monde). Sa croissance reste soutenue avec une croissance moyenne de 2,4 % de 2011 à 2013 et 3 % attendus en 2014.

Le PIB par habitant (en parité de pouvoir d'achat) est au vingtième rang mondial (2012). Ce PIB est construit sur l'industrie avec 27,5 % des emplois directs, mais beaucoup plus en indirect. Le secteur des services, moins efficace, emploie 71,1 % des Taiwanais, dont beaucoup dans de petites boutiques ou ebntreprises de BTP et de trading. Enfin, l'agriculture est en chute rapide à 1,4 % des emplois (2007).

Le pouvoir gouvernemental de Taïwan relâche progressivement son rôle de guide sur les investissements et le commerce avec les pays étrangers. En accord avec cette politique, plusieurs banques et sociétés industrielles ont été privatisées. La croissance du produit intérieur brut est de 8 % en moyenne ces trois dernières décennies. Les exportations ont augmenté, et depuis la seconde guerre mondiale, ont fourni un fort stimulant pour l'industrialisation.

L'inflation et le chômage sont bas, l'excédent commercial fournit un surplus substantiel et les réserves de change sont les cinquièmes plus grandes au monde.

La part de l'agriculture dans le PIB ne cesse de baisser. Elle a ainsi chuté à 1,4 % du PIB en 2007 contre 35 % en 1952.

Le secteur des services, pour beaucoup lié au commerce, aux exportations et importations représente 73 % du PIB Taiwanais.

Les froupes de Taiwan ont par ailleurs profité de l'ouverture de la Chine pour investir massivement à Hong Kong, Shen-Zhen et dans la province de Fu-Zhou pour y installer des usines d'industrie lourde traditionnelle, précédemment sur l'île.

Ces industries 'lourdes' ont été remplacées par des industries plus avancées et technologiques, telles que les filières électroniques et de semi-conducteurs et écrans plats.

Les entreprises et investisseurs taïwanais sont devenus des investisseurs majeurs en Chine, au Viêt Nam, en Thaïlande, en Indonésie, aux Philippines, et en Malaisie.

La demande en travailleurs manuels a mené à un afflux de travailleurs étrangers, légaux et illégaux.

Grâce à son approche financière conservatrice et la force entrepreneuriale de ses PMI et PME familiales, Taïwan a peu souffert de la crise économique asiatique de 1997-1999, comparé à ses voisins et a poursuivi une croissance régulière.

Au contraire du Japon et de la Corée du Sud, avec leurs gigantesques chaebols et Zaibatsus, Taïwan tire sa force des entreprises familiales, la plupart TPE et PME, de 0 à 5 et de 6 à 200 salariés. Un actif Taiwanais sur sept est un chef d'entreprise, taux le plus élevé des pays de l'OCDE et pays développés.

L'économie taïwanaise s'est rapidement rétablie de la crise financière mondiale de 2008-09 et, à la suite de sa forte interconnexion avec la Chine, n'a pas cessé son expansion.

Le PIB par habitant exprimé en valeur PPA est passé de 34.743 US$/h en 2010 à 38.500$/h en 2012, dépassant celui de la Finlande, de la France et du Japon ! Le PIB-PPA par tête semblait prêt à passer au-dessus de celui du Royaume-Uni et de l'Allemagne à l'horizon 2012-13.

Le salaire minimum, nettement plus bas qu'en France n'empêche pas la croissance et l'enrichissement des ménages, plus riches qu'en France et avec un pouvoir d'achat (PPA) supérieur de 10 % à 15 %... Il est depuis le 1er avril 2013 de 19 047 dollars taïwanais (491 € au 1er mai 2013)[1]

Historique[modifier | modifier le code]

Taiwan est resté jusqu'en 1947-1949 une île à population majoritairement insulaire, dont une forte population était d'origine océanienne. Jusqu'en 1945-47, la population de l'île était de 5 à 6millions d'habitants.

Le grand bouleversement sur l'île a eu lieu au moment de l'arrivée massive des troupes de Tchang-Kai-Tchek et des nationalistes chinois en 1949, après leur défaite contre Mao et l'Armée Rouge. Cette invasion brutale depuis Canton, Macao, Hong Kong et tous les ports de la Chine du sud a fait triplé la population et a de facto donné le pouvoir aux nouveaux venus, avec 12 des 18 millions d'habitants de ce territoire qui a vu sa population tripler en 3 ans ! Cette arrivée a bien sûr provoqué une explosion du BTP et de la construction de logements, peu confortables dans les premières années, puis en amélioration régulière.

Taiwan comme le Japon est une île majoritairement montagneuse et rocheuse et n'offre que très peu d'espaces cultivables et habitables et peu de ressources naturelles. Le développement économique de Taïwan de 1949-53 a été fait avec très peu de moyens en espace et peu de capitaux d'investissement, si ce n'est les fortunes emportées par les nationalistes chinois lors de leur fuite de Chine continentale en 1947-49.

Pendant la période 1953-1959, les autorités ont adopté une politique de substitution aux importations pour réduire la dépendance du pays, la priorité allant au développement de l'agriculture, considérée à l'époque comme un élément clé de l'économie nationale.

De 1959 à 1979, une politique d'encouragement aux exportations a été mise en œuvre afin d'assurer le développement de l'industrie manufacturière, en particulier des textiles. Depuis 1979 des plans économiques décennaux se sont succédé pour augmenter la part de l'industrie dans l'économie, en développant des secteurs de haute technologie et à forte valeur ajoutée tels que les technologies de l'information et de la communication, l'électronique, la construction mécanique et le transport.

Taiwan a aussi choisi de se doter d'un TGV dans les années 1990, en attribuant le marché à un consortium ALSTOM-Siemens. Mais à la suite de fortes pressions du Japon (ex-puissance coloniale et d'occupation) et de ses entreprises, ces travaux ont finalement été attribués à Hitachi et à un consortium japonais...3 ans plus tard. Celui-ci est maintenant opérationnel, avec un nombre considérable de tunnels et ponts entre Tai-Peï, la capitale et Kao-Shiung, la 2e ville du pays.

Taïwan a très fortement investi et réinvesti dans l'industrie chaque année depuis 1960, époque à laquelle l'agriculture jouait encore un rôle important (27,2 % de l'économie, 26,1 % pour l'industrie, et 46,7 % pour les services) et 2011, où l'agriculture a quasi disparu avec 1,4 % d'une économie dominée par l'industrie (27,5 %) et les services (71,1 %).

L'une des 3 plus grosses entreprises industrielles du monde, Foxconn (Hon Hai en chinois), emploie près de 1,5 millions d'ouvriers et ingénieurs, dont l'immense majorité en Chine, principalement dans les 9 usines géantes de Shen-Zhen (400.000 salariés) et de Zheng-Zhou (225.000). Foxconn est le principal fabricant des iPhones, iPads et iPods d'APPLE avec un nouveau sous-traitant Taiwanais, Pegatron.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/03/31/le-geant-taiwanais-foxconn-veut-sortir-de-sa-dependance-vis-a-vis-d-apple_4392790_3234.html

Le PIB des Taiwanais est ainsi passé de 177 dollars américains par an en 1950 à 17 116 US$ en 2008[2] et à 20.174 US$ en 2013, soit une multiplication par 120...

Le commerce extérieur[modifier | modifier le code]

Le commerce extérieur a été le moteur de la croissance rapide de Taïwan des 40 dernières années.

L'économie du Taïwan est orientée vers l'exportation et les échanges, principalement vers les USA et la Chine. Taiwan dépend donc principalement de la bonne santé de ces deux économies partenaires (Chine, USA), qui sont aussi les deux pays les plus riches de la planète...

La valeur totale de commerce a été multipliée par 15 dans les années 1960, par 10 dans les années 1970, et à encore doublée dans les années 1980. Les années 1990 ont vu une augmentation plus modeste, légèrement moins que le double, de la croissance.

Les exportations ont changé depuis les denrées agricoles majoritaires en 1953-60 vers les produits et sous-ensembles industriels (98 % des exportations 2011).

Le secteur de l'électronique et des télécommunications est le 1er secteur d'exportation industriel de Taïwan et bénéficie aussi d'achats massifs et d'investissements américains.

En tant qu'économie indépendante, Taïwan est aussi devenu membre du Organisation mondiale du commerce (OMC) comme Territoire douanier séparé de Taïwan, Penghu, Kinmen et Matsu (souvent raccourci en "Chinese Taipei" « Taipei chinois » - les deux noms résultant de l'influence de la RPC à l'OMC) en janvier 2002. Pékin rêve depuis toujours d'intégrer Taiwan à la Chine, malgré le développement remarquable de l'île, qui représentait 50 % du PIB chinois en 1992 et environ 15 % aujourd'hui pour moins de 2 % de sa population.

Malgré ses 23,4 millions d'habitants, Taiwan est la 14e puissance commerciale du monde en 2012, avec 301,11 milliards US$ d'exportations et 270,73 milliards US$ d'importations (chiffres du Ministère des Finances Taiwanais), pour un total de 571,84 Mds US$ de commerce international, soit 24.437 US$/habitant !

Taïwan est le plus grand fournisseur au monde de puces informatiques (Fonderie semi-conducteur) et est le fabricant principal de panneaux d'affichage à cristaux liquides, mémoire informatique DRAM, équipement en réseau informatique, et concepteur et fabriquant en électronique du consommateur. La production de textile, bien qu'en baisse en importance, Taïwan perdant son avantage sur les marchés en termes de compétition en main-d'œuvre intensive (travail bon marché), est un autre secteur d'exportation industriel majeur.

Les importations sont dominées par les matières premières et les articles capitaux, qui représente plus de 90 % du total.

Taïwan importe aussi la plupart de ses besoins énergétiques. Les États-Unis sont le troisième plus grands partenaires de commerce de Taïwan, prenant 15 % d'exportations taïwanaises et fournissant 10,9 % de ses importations. La République populaire de Chine est devenue récemment le plus grand partenaire de Taïwan en importation et exportation. En 2006, le RPC a représenté 22,5 % et 11,9 % d'exportations de Taïwan et d'importations respectivement (excluant Hong Kong) (selon le CIA World Factbook).

Cette tendance augemente rapidement car les deux économies deviennent plus que jamais interdépendentes. Les importations depuis la 'République Populaire' consistent surtout de matières premières agricoles et industrielles.

Les exportations vers les États-Unis, et notamment APPLE, COMPAQ ou HP sont principalement des biens électroniques et biens de consommation. En 2002, les excédents de Taïwan avec les États-Unis étaiten 8,7 milliards de $ et ont encore augmenté depuis.

Avec la forte hausse des revenus des entrepreneurs et salariés Taïwanais, la demande pour les biens de consommation importés et de haute qualité augmente rapidement, notamment en vin, champagne et spiritueux.

Le manque formel de relations diplomatiques entre la République de Chine (Taïwan) et les partenaires de commerce de Taïwan semble ne pas avoir freiné sérieusement le commerce de Taïwan en croissance rapide.

La République de Chine maintient des bureaux culturels et de commerce dans plus de 60 pays avec lesquels elle n'a pas de relations officielles pour représenter l'intérêt taïwanais. En plus de l'OMC, Taïwan est membre de la Banque asiatique de développement comme « Taipei, Chine » (un nom résultant de l'influence de la RPC sur la banque) et le forum de Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC) comme “Chinese Taipei » (pour la même raison que ci-dessus).

Ces développements reflètent l'importance économique de Taïwan et son désir de devenir plus intégré dans l'économie globale. Taïwan a négocié avec les États-Unis pour une Zone de libre-échange, mais ceci est devenu difficile en raison de l'expiration de la "procédure rapide" (fast track authority) présidentielle.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La hausse du salaire minimum mensuel confirmée malgré le tassement de la croissance économique », sur Taïwan Info,‎ 1er mai 2013 (consulté le 2 mai 2013)
  2. Groupe de travail du Conseil sur la construction navale, « Le secteur de la construction navale au Taipei chinois », sur Organisation de coopération et de développement économiques,‎ Décembre 2009 (consulté le 22 mai 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]