Économie de la Thaïlande

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Thaïlande
Indicateurs économiques
Monnaie Baht
Année fiscale 1 Octobre - 30 Septembre
Organisations internationales ASEAN, OMC
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale)
Produit intérieur brut en PPA
Rang pour le PIB en PPA
Croissance du PIB
PIB par habitant en PPA 8 700 $ (est. 2008 PPA)
PIB par secteur agriculture : 11,4 % (2008)
industrie : 44,5 % (2008)
services : 44,1 % (2008)
Inflation (IPC) 5,8 % (2008 est.)
Pop. sous le seuil de pauvreté 8,1 % (2010 est.)
Indice de développement humain (IDH)
Population active 37,25 millions (2008 est.)
Population active par secteur agriculture : 42,6 % (2004)
industrie : 20,2 % (2005)
services : 37,1 % (2005)
Taux de chômage 1,4 % (2008 est.)
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations
Biens exportés
Principaux clients États-Unis 12,6 %, Japon 11,6 %, Chine 9,7 %, Singapour 6,3 %, Hong Kong 5,7 %, Malaisie 5,1 % (2007)
Importations
Biens importés
Principaux fournisseurs Japon 20,3 %, Chine 11,6 %, États-Unis 6,8 %, Malaisie 6,2 %, Émirats arabes unis 4,9 %, Singapour 4,5 %, Taïwan 4,1 %, (2007)
Finances publiques
Dette publique
Dette extérieure 37,9 % du PIB (2007 est.)
Recettes publiques 49,37 milliards $ (2008)
Dépenses publiques 54,29 milliards $ (2008)
Déficit public
Aide au développement

L'économie de la Thaïlande est une économie de pays émergent, fortement dépendante de ses exportations qui représentent plus des deux tiers du PIB, qui est, en PPA, de 627 milliards de $. Le redressement de la Thaïlande depuis la crise économique asiatique de 1997, s'exprime notamment par une spécialisation dans certains secteurs exportateurs comme la construction automobile, l'industrie agroalimentaire, l'électronique ou qui permettent de faire rentrer d'importantes quantités de devises comme le tourisme et ce bien que la majorité de la population active de la Thaïlande travaille encore dans l'agriculture. La croissance du PIB de la Thaïlande tourne depuis une décennie entre 4 % et 7 %, subissant les conséquences des tensions dans le Sud de la Thaïlande, du tsunami de 2004 et l'instabilité politique lié aux chemises rouges et aux chemises jaunes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le système métrique est obligatoire au Siam depuis 1912[1].

Dans les années 1980 et 1990, sous le gouvernement de Prem Tinsulanonda, les investissements japonais, et l'ouverture du pays permettent une certaine industrialisation de la Thaïlande, alors qu'en parallèle le tourisme joue un rôle croissant dans le développement économique du pays. La croissance annuelle moyenne est de 9,4 % entre 1985 et 1996, le pays est alors un tigre asiatique. Elle est encore de 8 % en 1993, année où le PNB s'élève à 136,9 milliards de dollars.

La crise économique asiatique a fortement touché la Thaïlande et sa monnaie le baht, le rôle du niveau important d'actifs toxiques des banques thaïlandaises a été mis en lumière. Entre 1997 et 2001, le pays est alors en proie à des difficultés économiques; mais depuis, la Thaïlande enregistre des taux de croissance particulièrement soutenus : 6,9 % en 2003, 6,1 % en 2004 et 4,5 % en 2005. La croissance prévisionnelle du PIB pour 2006 est d'environ 5,0 %. Pour 2014, la Banque mondiale prévoit une croissance de 1,5% pour l'économie thaïlandaise.[2]

Analyse sectorielle[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agriculture en Thaïlande.

L'agriculture est le principal secteur économique de la Thaïlande employant 59 % de la population active, et contribuant à 8,4 % du PIB en 2008 contre 18 % entre 1980 et 1986.

La Thaïlande est le premier exportateur mondial et l'un des premiers producteurs de riz, bien que le rendement par hectare soit faible. À la fin des années 1980, la production annuelle de riz s'élevait approximativement à 20,8 millions de tonnes, soit une hausse annuelle de quelque 11,3 millions de tonnes par rapport aux années 1960.

Le caoutchouc, qui provient principalement des plantations de la péninsule malaise, est la seconde grande production du pays ; en effet, fin 1980, sa production annuelle s'élevait à environ 860 000 tonnes. La Thaïlande est ainsi le premier exportateur mondial de caoutchouc.

Les Thaïlandais cultivent également le coton, le maïs, le sorgho, la canne à sucre, le tabac, le soja, le café, la noix de coco, le manioc, le kenaf, le durians, l’ananas.

Le pays exploite également de manière importante son potentiel forestier qui couvre 28 % de son territoire, et notamment du teck. Ainsi en 1992, la production annuelle de bois s'élevait à 37,6 millions m3, mais le pouvoir essaye de réduire sensiblement ces exportations de par la surexploitation.

L'élevage se compose de buffles (plus de 6 millions), de bovins (5 millions) et de porcs 4,3 millions.

La prise annuelle de crevettes, poissons et crustacés, atteignant 3,3 millions de tonnes en 1993, n'est pas un secteur négligeable de l'économie thaïlandaise. La crevetticulture commerciale marche bien : dans tout le pays, plus de 30 000 élevages ont produit environ 280 000 tonnes de crevettes en 2006 et les exportations vers l'Europe, le Japon et les États-Unis ont rapporté plus de 2 milliards de dollars. Mais une partie de la pêche qui sert à alimenter les crevettes en Thaïlande est régulièrement accusée au début des années 2010 d'être réalisée par des migrants réduits en esclavage[3].

Mines[modifier | modifier le code]

La Thaïlande était l'un des principaux producteurs d'étain (21 000 tonnes en 1984). Les cours de ce métal ayant chuté des deux tiers au début des années 1980 la production thaïlandaise ne dépassait pas 4 700 tonnes en 1993. La principale production minière est maintenant le lignite (156 millions de tonnes), à quoi s'ajoutent le gypse, le zinc, le tungstène, l'antimoine, le manganèse et le plomb.

Énergie[modifier | modifier le code]

La production annuelle d'électricité s'élevait à 90,91 milliards de kilowattheures en 2001, contre 3 milliards en 1968, provenant pour l'essentiel de centrales thermiques alimentées par le charbon local. Depuis peu la Thaïlande n'importe plus son pétrole ayant découvert plusieurs gisements sur son territoire, exploités par la compagnie nationale PTT Public Company Limited, elle produit 173 800 barils/jours (en 2001), ainsi que 18,73 milliards de m3 de gaz naturel.

Industries[modifier | modifier le code]

En 2007, l'industrie a contribué 43,9 % du PIB mais employé seulement 14 % de la population active, notamment dans l'industrie agroalimentaire, l'industrie textile et l'électronique. Ensuite vient la construction automobile, la production de ciment, de cigarettes ainsi que divers produits chimiques et pétroliers. En 2004, la production automobile a ainsi atteint 930 000 unités, soit deux fois plus qu'en 2001.

Transports[modifier | modifier le code]

Le réseau routier s'est amélioré dans les années 1970, il couvre près de 70 000 km de routes. Le réseau ferroviaire thaïlandais compte lui environ 4 071 km de voies ferrées, géré par l'État.

Le secteur aérien est notamment représenté par la compagnie aérienne Thaï Airways ainsi que des compagnies locales, qui proposent des vols intérieurs et longs-courriers.

Le réseau fluvial, grâce au Menam Chao Phraya navigable sur plus de 80 km à partir de son embouchure, constitue une importante voie navigable intérieure, offrant des passages sur près de 4 000 km de voies fluviales. Le port de Bangkok est ainsi l'un des plus modernes de toute l'Asie du Sud-Est.

Services[modifier | modifier le code]

En 2007, le secteur tertiaire a contribué 44,7 % du PIB et emploie 37 % de la population active. Dans le pays, sont présentes 3 banques publiques généralistes, 5 banques publiques spécialisées, 15 banques privées thaïlandaises et 17 banques étrangères.

Dans la ville de Bangkok sont présents plus de vingt quotidiens, dont huit en langues étrangères (deux en anglais et six en chinois), tirés à plus de 2,5 millions d'exemplaires.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le secteur du tourisme représenterait près de 6 % du PIB, un taux très élevé par rapport aux autres pays de l'Asie du Sud-Est. En 2001, le pays connait un trafic touristique de l'ordre de 10,1 millions de visiteurs qui augmente en 2002 de 7,3 %, à 10,9 millions. En 2007, quelque 14 millions de touristes ont visité la Thaïlande, le pays est connu pour son tourisme balnéaire notamment à Phuket, et pour son tourisme sexuel. En 2011 malgré les inondations, les attentats dans le Sud musulman et la fermeté du baht thaïlandais, la Thaïlande a surpris une fois de plus par sa résilience sur le marché du tourisme. La Thaïlande a enregistré 19 millions d’arrivées touristiques en 2011, soit une augmentation de 19,9 % en glissement annuel, selon le ministère du Tourisme[4].

Travail[modifier | modifier le code]

La population active de la Thaïlande a été estimée à 36,9 millions en 2007, située à 49 % dans l'agriculture, à 37 % dans les services, et à 14 % dans l'industrie. En 2005, les femmes représentaient 48 % de la population active. Moins de 4 % de la population active est syndiquée, mais elle l'est à 11 % dans l'industrie et 50 % dans les entreprises publiques.

Commerce extérieur[modifier | modifier le code]

L'économie thaïlandaise repose en grande partie sur les exportations. Les statistiques montrent que les exportations représentaient en moyenne 69,4 % du PIB en 2006 et 2007, contre une moyenne de 23 % de 1980 à 1986. Le renforcement des échanges commerciaux entre la Chine et la Thaïlande, notamment grâce au China-Asean Free Trade Agreement, devrait étendre le commerce entre les deux pays à hauteur de $100 milliards sur les trois prochaines années, soit le double de ce qu’il est maintenant[5].

Le Japon, les États-Unis, l’Allemagne, la Malaisie, la Chine et les Pays-Bas sont les principaux partenaires commerciaux de la Thaïlande.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le système métrique en Extrême Orient et aux États-Unis, A. Alix, Annales de Géographie, n° 167, années 1921
  2. « Économie thaïlandaise : la croissance peine à redémarrer », sur thailande-fr,‎ 21/10/2014 (consulté le 21/10/2014)
  3. avec AFP, « L'arrière-goût d'esclavage de la crevette thaïlandaise », Le Monde,‎ 11 juin 2014 (lire en ligne).
  4. La Thaïlande enregistre un nouveau record d’affluence en 2011
  5. « La Chine et la Thaïlande renforcent leurs liens commerciaux», 20 janvier 2011, [lire en ligne]

Lien externe[modifier | modifier le code]