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Sorare

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Sorare
Logo de Sorare.

Développeur
Nicolas Julia et Adrien Montfort
Éditeur
Sorare

Début du projet
Date de sortie
2019
Genre
Plate-forme

Site web

Sorare est à la fois le nom d'une start-up française fondée en 2018, et le nom de son jeu de fantasy football (simulation de sports dans lesquels les joueurs achètent, vendent, échangent des cartes (numériques, mais qui représentent des sportifs réels) pour gérer une équipe sportive virtuelle lors de championnats virtuels où les performances des cartes dépendent des résultats des matchs réels des joueurs de football[1].

Le jeu, lancé en 2019 par Nicolas Julia et Adrien Montfort, utilise la technologie blockchain basée sur Ethereum (puis Solana à partir de 2025). Sorare s'est inspiré du concept culturel de la collection de cartes de type Panini, mais en version spéculative (NFT) d'un jeu en ligne, où les cartes sont numérique, freemium (c'est-à-dire gratuites dans une version de base, puis payantes avec ses fonctionnalités avancées). Ce jeu a la particularité d'être basé sur une cryptomonnaie, et donc liée à une blockchain[2].

Le jeu était d'abord basé sur le fantasy football ; les joueurs collectionnaient des cartes numériques représentant des footballeurs réels, dotées d'attributs tels que poste, club, nationalité ou âge, et matérialisées sous forme de NFT sur la blockchain ; le système distinguait des cartes « communes » (en nombre potentiellement illimité, elles étaient distribuées gratuitement à l'inscription, mais sans possibilité de revente), et des cartes « non communes » (limitées et dites rares, super rares uo uniques, achetables en Ethereum, remportées aux enchères ou gagnées en récompense lors de tournois). Ce fonctionnement rapproche Sorare d'un modèle freemium (free‑to‑play) : une première participation de base est gratuite, grâce aux cartes communes, mais l'implication complète dans le jeu, notamment dans les compétitions les plus rémunératrices, nécessite l'achat de cartes non communes dans un système conçu pour être addictif pour le joueur (à qui l'on donne une illusion de contrôle, induite par ses connaissances sur le sport, tout en accentuant sa relation de dépendance à la consultation des performances sportives, en entretenant un sentiment de « sunk cost » poussant à toujours réinvestir dans l'espoir de « rattraper » ses pertes).

Le jeu s'est ensuite progressivement ouvert à d'autres sports et ligues à l'international, notamment au baseball et au basket-ball[3]. En aout 2022, présent dans plus de 170 pays, Sorare compte plus de deux millions d'utilisateurs en août[4],[5].

En juillet 2022, Sorare fait l'objet en France d'une mise en garde de l'Autorité nationale des jeux (ANJ) qui veut s'assurer que l'activité de Sorare ne s'apparente pas à une plateforme de paris sportifs[6]. Le jeu, situé à la frontière floue entre jeu, investissement et pari sportif, a finalement perdu de son attrait dans le contexte de l'effondrement du marché des NFT, hautement spéculatif (éclatement de la bulle NFT).

Fonctionnement du jeu

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Les managers, composent des équipes virtuelles, composées de cinq cartes de joueurs de football (un gardien, un défenseur, un milieu de terrain, un attaquant et une carte extra pouvant occuper n'importe quel poste), qui reposent sur la technologie blockchain ethereum, et plus particulièrement les NFT. Les équipes sont ensuite classées en fonction de la performance des joueurs lors des matchs disputés dans la réalité. Chaque carte dispose d'une rareté déterminée par sa couleur : Limitée (Jaune), Rare (Rouge), Super Rare (Bleu) et Unique (Noir). Plus les cartes sont rares, plus elles valent cher. Les « récompenses » associées augmentent également en fonction de la rareté des cinq cartes alignée lors de la compétition[7],[2].

Les tournois sont dans Sorare le principal mode de participation des joueurs. Ces derniers y engagent des équipes composées de cinq cartes répondant à des critères spécifiques selon les compétitions. Une étude de l'activité hebdomadaire faite par deux chercheurs en Allemagne lors d'une conférence internationale sur le big data (2023 IEEE International Conference on Big Data)[8], mesurée par le nombre de tournois alignées, a montré une croissance régulière jusqu'à un pic en janvier 2022 (avec des interruptions correspondant notamment aux trêves internationales, comme en novembre 2021 lors des qualifications pour la Coupe du monde 2022). Pour recruter et accrocher de nouveaux joueurs, les tournois d'entrée de gamme, dits « casual », n'exigent que des cartes communes et offrent des récompenses du même type, bien que dans ces tournois, seuls les joueurs classés aux trois premières places reçoivent une carte limitée en récompense ; puis l'addiction se construit sur la rareté et la théorie du jeu[2].

Pour accéder à un plus grand nombre de compétitions, les joueurs doivent acquérir des cartes dites "non communes" (plus rares et plus chères), certaines épreuves étant réservées, par exemple, aux cartes limitées. Les tournois dotés de cartes rares ou limitées proposent des gains plus valorisés. Les joueurs peuvent participer deux fois par semaine, chaque « game week » s'étendant du mardi au vendredi ou du vendredi au mardi, avec plusieurs tournois simultanés et une affluence accrue lors des périodes incluant les rencontres de championnats internationaux, notamment le week‑end.

Les scores des joueurs dépendent de leurs statistiques en match, telles que fournies par Opta Sports, et valorisées par la matrice de score établie par Sorare. Les scores additionnés des cinq joueurs, donnent un total à l'équipe du manager.

Technologie

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Sorare fonctionne avec des NFT[9],[10]., sur le réseau de la blockchain d'Ethereum (puis Solana à partir d'octobre 2025)[11], pour, selon l'entreprise, sécuriser la propriété et permettre l'échange de cartes[source secondaire souhaitée]. Grâce à cette technologie, les cartes sont limitées. Elles ne peuvent pas être modifiées, dupliquées ou supprimées. Chaque carte de joueur est représentée comme un jeton non fongible (NFT) en utilisant le standard de jeton ERC-721 sur Ethereum[source secondaire souhaitée]. On a parlé de « cartes Panini 2.0 »[12]

La Start-Up Sorare a cherché à construire un nouveau modèle économique, à la fois basé sur l'e-sport, le divertissement multicanal, et l'émergence et l'attrait pour la nouveauté et l'espoir de gains financiers liés à la blockchain et aux NFT[13].

Les partenariats de licence que Sorare signe avec des ligues, telles que la K League ou des clubs comme l'Atletico Madrid, autorisent Sorare à utiliser les photos officielles des joueurs, les logos de clubs ainsi que leur nom.

Sorare a annoncé son premier partenariat de licensing avec la Jupiler Pro League belge en [1].

En , la société effectue un tour de pré-amorçage de 550 000  avec l'entrepreneur Xavier Niel qui a également investi à travers son fonds Kima Ventures[14]. En , Sorare annonce un partenariat de licensing avec la Juventus Turin afin de tokeniser Cristiano Ronaldo et toute l'équipe sur Ethereum[15]. En , Sorare annonce avoir signé avec plus de 70 clubs de football à travers le monde[16], et opère une levée de 4 millions de dollars avec le champion du monde de football allemand André Schürrle, le fonds d'investissement E.ventures et le fonds d'investissement français Partech[17].

Le 25 février 2021, Sorare annonce[18] une nouvelle levée de fonds de 40 millions d'euros faisant rentrer à son capital de nouveaux business angels comme le champion du monde de foot Antoine Griezmann ou encore le fondateur de Reddit, Alexis Ohanian. Le joueur international espagnol Gerard Piqué est également entré au capital de l'entreprise[19]. En septembre 2021, Sorare officialise un accord avec la ligue de football espagnol pour un partenariat de plusieurs années[20]. L'accord porte sur l'édition de cartes virtuelles des joueurs évoluant en Liga et en Liga 2[21]. Le même mois, Sorare réalise une levée de fonds de 580 millions d'euros, portant sa valorisation à 4,3 milliards de dollars, et établit ainsi le record de la plus importante levée de fonds en France[22]. La même année, Sorare enregistre environ 325 millions d'euros de chiffre d'affaires selon Les Échos[23].

En 2022, Cointribune rapporte que le PDG de Sorare, Nicolas Julia, a rencontré Emmanuel Macron à l’Élysée, en tête‑à‑tête, sur le sujet du développement du Web3 en France, et en décembre 2022, Sorare a fait partie d'une délégation de chefs d'entreprises emmenés par E Macron aux États-Unis[24]. Cette même année, Sorare décide de modifier son offre pour éviter d'être régulée comme un jeu d'argent[25], et le 12 mai 2022, l'entreprise signe un partenariat avec la Major League Baseball pour développer d'autres sports que le football[26]. Le lancement du jeu basé sur le baseball et la MLB a été fait le 19 juillet 2022[27]. Le 7 septembre 2022, Sorare a annoncé un partenariat avec la ligue de basket-ball américaine, la National Basketball Association (NBA) et la National Basketball Players Association (NBPA), qui représente tous les joueurs professionnels de la ligue[28].

Le footballeur argentin Lionel Messi devient ambassadeur de la startup en novembre 2022[29]. Quelques mois auparavant, Sorare avait déjà conclu le même accord avec Kylian Mbappé et Zinédine Zidane[30]. Mbappé n'est pas seulement ambassadeur exclusif du jeu, il est aussi investisseur dans l'entreprise Sorare, qui qui mise, elle, sur la notoriété mondiale du joueur (suivi par des dizaines de millions d'abonnés sur les réseaux sociaux) — pour renforcer l'image et la visibilité de Sorare, dans un marché des NFT incertain puis en difficulté. Selon Nicolas Julia, cofondateur de Sorare, Mbappé participera au développement et au rayonnement marketing du jeu, et le partenariat inclut la fondation du joueur (Inspired by KM), avec un volet présenté comme éducatif et visant à sensibiliser des jeunes défavorisés aux technologies du web3[31].

En janvier 2023, Sorare annonce un partenariat avec la Premier League[32]. Ce partenariat rejoint les autres partenariats déjà en place avec les autres championnats de football européens tels que La Liga, la Serie A, la Ligue 1 et la Bundesliga, et suscite des critiques à propos de la publicité faite par exemple par Kylian Mbappé pour un « jeu d'argent déguisé », publicité jugée ambiguë et potentiellement incitative pour les jeunes.

En 2025, le déclin de Sorare se confirme ; quelques mois après que les autorités anglaises (suite à 3 ans d'enquête) aient confirmé que Sorare était bien un jeu d'argent, illégal car géré sans licence, et après plusieurs années médiatiques où Sorare était présentée comme un licorne et réussite de la French Tech ; comme exemple de création de la startup nation promue par le Président Emmanuel Macron ; comme une entreprise qui a pu rapidement lever des centaines de millions d'euros, et dont la valorisation a été estimée à plus de 4 milliards de dollars, des médias business ou tech comme Maddyness, Le Figaro ou ZDNet décrivent maintenant l'entreprise comme une ex-licorne française du Next 40, confrontée à l'effondrement du marché NFT, à une baisse importante d'attrait et d'activité, à des revenus en recul et des pertes très significatives sur plusieurs années, dans un contexte où les NFT ont « beaucoup moins la cote » auprès du grand public et des investisseurs[33]. Ils présentent l'entreprise comme à la recherche d'un nouveau modèle plus rentable, appuyé sur une réductions d'effectifs et une refonte du jeu (par exemple « Sorare 26 ») tentant de relancer l'engagement et la monétisation[34]. L'activité de Sorare a été initialement dopée par le marché haussier (bull run) des cryptoactifs, puis sapé par le krach des NFT qui fait que de nombreux joueurs-collectionneurs ayant acheté, parfois compulsivement, à des prix très élevés des actifs numériques que sont les cartes NFT du jeu (par exemple, en 2022 Ouest‑France rapporte que la carte unique d'Erling Haaland s'est vendue 265 ETH, soit un peu plus de 609 000 €, en janvier 2022, quelques mois après que celle de Cristiano Ronaldo ait été achetée 400 000 dollars)[35].

En novembre 2025, Sorare présente à son comité social et économique un projet de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) afin de licencier 35 % des 110 employés[36]. L'entreprise emploie plus de 90 % d'hommes.

Environnement de jeu

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Utilisation des cartes sur des services tiers

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Sorare permet l'accès aux données liées aux cartes et managers. Plusieurs sites utilisent ces données pour proposer de l'information ou des jeux annexes à Sorare[37][source secondaire souhaitée].

Sorare est un jeu d'argent en ligne, qui, dans la famille des cryptogames (jeux liés aux cryptomonnaies) requiert de dépenser de plus en plus d'argent pour acheter des cartes et ainsi pouvoir participer aux autres compétitions.

La start-up a mis en place un environnement de jeu où l'engagement peut devenir très soutenu : achats fréquents, participation régulière aux tournois et forte valorisation des cartes rares créent un effet de « boucles de récompense » proches de celles observées dans d'autres systèmes potentiellement addictifs, dans le domaine du jeu d'argent ou dans le domaine de la spéculation financière qui est celui des cryptomonnaies, un domaine qui présente des caractéristiques spécifiques liées à la valeur artificiellement créée par la rareté numérique et la propriété prouvée par la blockchain[38].

Le fait que certains joueurs montrent une activité intense et durable, tandis que d'autres ont des « bursts » très concentrés, évoque des profils de comportement qui peuvent s'apparenter à des dynamiques d'usage compulsif.

Enfin, la corrélation possible entre l'activité des joueurs et les fluctuations du marché crypto laisse penser que le jeu peut activer des mécanismes psychologiques similaires à ceux du trading spéculatif, d'autant que la Start-Up a misé sur la mode des NFT en la croisant avec la mode pour les fantasy sports qui était en plein essor aux États-Unis.

Des chercheurs indépendants ont en Allemagne étudié un indicateur d'addiction qui est la rétention (c'est-à-dire le taux de joueurs qui reviennent jouer au fil des semaines après leur première participation). Ils ont pour cela adapté des méthodes classiques d'études faites pour les jeux freemium (free‑to‑play), car la granularité quotidienne n'étant pas une donnée disponible. Ils ont donc traité chaque « game week » comme une unité temporelle, la semaine 0 correspondant à la première participation d'un joueur à un tournoi utilisant des cartes limitées. Cette étude a porté sur environ 30 000 joueurs inscrits après le 20 août 2021. Elle montre une forte hétérogénéité des cohortes, avec un pic de nouveaux entrants lors de la semaine du 19‑23 novembre 2021. La rétention s'est ensuite stabilisée autour de 30 % après une trentaine de semaines, un niveau élevé mais difficilement comparable aux jeux mobiles F2P classiques, l'échantillon ne comprenant que des joueurs ayant acquis suffisamment de cartes pour participer aux tournois concernés. Les auteurs de l'étude notent que la courbe présentait par deux particularités : une légère remontée en fin de période, attribuée au faible nombre de cohortes observables sur les semaines tardives, et une forme en « zigzag » liée à une distribution inégale des nouveaux joueurs entre les semaines débutant le mardi et celles débutant le vendredi, ces dernières concentrant davantage d'inscriptions et de participations[2].

Une analyse par clustering a permis de caractériser l'« engagement » des joueurs à partir de variables disponibles via l'API (décrivant la durée d'activité, la taille de leur collection de cartes, leurs habitudes de trading, leur participation aux enchères et leur assiduité aux tournois). Ce profilage (fondé sur k‑means, optimisé pour trois groupes) a permis de distinguer[2] :

  1. une majorité (69,3 %) de joueurs actifs (ici définis comme présents depuis environ 133 jours, disposant d'une quarantaine de cartes, pratiquant régulièrement achats, ventes et enchères, et participant à une dizaine de tournois).
  2. un groupe minoritaire (6,8 %) d'utilisateurs moins ou faiblement engagés, actifs sur une période plus courte, dotés d'un nombre réduit de cartes, peu présents en tournois et caractérisés par une activité concentrée sur un laps de temps bref.
  3. un groupe (23,9 %) d'utilisateurs les plus investis (ici définis commeactifs depuis plus de 200 jours, possédant une collection très fournie, particulièrement actifs sur le marché et dans les enchères, et participant massivement aux tournois).

Cette étude a conclu que l'engagement dans Sorare devient élevé une fois les joueurs « convertis » à l'achat de NFT. Elle montre trois grands types de comportements — actifs réguliers, utilisateurs épisodiques et joueurs fortement engagés — qui seront aussi plus ou moins liés au devenir des NFT et à l'évolution du prix de l'Ethereum, deux paramètres dont dépend la valeur financièrement spéculative des cartes, dont la grande incertitude temporelle rendent particulièrement difficile la prédiction du « churn » (prédire le churn consiste, dans le domaine du jeu, à anticiper quels joueurs risquent d'abandonner le jeu afin de comprendre ou prévenir leur départ)[2].

Sorare, une plateforme de paris sportifs ?

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En France, l'ANJ s'interroge sur le fonctionnement et la qualification juridique[39] de Sorare et a lancé une enquête pour savoir si Sorare est un jeu de paris sportifs déguisé. Il s'agit du premier avertissement de l'ANJ qui laisse jusqu'à l'automne à Sorare le soin de prouver que son modèle économique n'est pas celui d'un site de paris sportifs[40].

Si Sorare n'arrive pas à prouver à l'ANJ qu'elle n'est pas une plateforme de paris sportifs, son modèle économique en France serait mis en péril[41] par l'application de la réglementation des plateformes de paris sportifs[42].

En 2024, Sorare échappe encore aux sanctions de l'autorité française des jeux d'argent (ANJ), mais fait l'objet d'une enquête similaire de la part du régulateur britannique des paris et jeux d'argent[40]. Fin septembre 2023, l'autorité anglaise homologue de l'ANJ a annoncé avoir convoqué Sorare dont le statut laisse à penser que la startup mène une activité de pari sportif, sans licence appropriée pour le Royaume-Uni. Sorare conteste cette accusation, et estime que la commission britannique a mal compris l'entreprise, en estimant - à tort selon la start-up - que les lois sur les jeux d'argent s'appliquent à son cas[43].

Analyses critiques

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Sorare a attiré l'attention de l'Autorité nationale des jeux (ANJ), mais d'autres analyses consacrées à la Start-Up ont aussi souligné les risques de dérive vers des pratiques assimilables au jeu d'argent et mis en garde contre la proximité du modèle économique du jeu avec le gambling, en raison de la spéculation sur la valeur des cartes numériques et de la possibilité de pertes financières importantes. Les joueurs étaient exposés à la forte volatilité du marché des NFT sportifs, susceptible d'entraîner des variations rapides et imprévisibles de la valeur des cartes.

La presse spécialisée en cryptomonnaies a aussi relayé la frustration croissante de nombreux joueurs de Sorare, confrontés à l'utilisation massive de bots automatisés sur la plateforme. Ces programmes informatiques mis en place par des spéculateurs (programmes qui pourraient tendre à devenir des agents intelligents) agissent bien plus vite qu'un humain et peuvent fonctionner jour et nuit ; ils dominent alors les enchères et les achats instantanés, rendant la compétition inégale pour les joueurs ordinaires, en donnant un avantage décisif dans un environnement où de l'argent réel est en jeu (ce qui fait évoquer une concurrence déloyale). Ceci alimente un malaise grandissant parmi les utilisateurs, qui se sentent dépassés par des outils automatisés capables de « dribbler » les joueurs humains sur un marché pourtant censé être compétitif et transparent, alimentant les critiques sur le manque de régulation du jeu et sur l'inéquité de son marché interne[44].

En France, dans le champ sanitaire, la Fédération Addiction a publié une note d'alerte, critique, à propos d'une campagne de communication commerciale mettant en scène Kylian Mbappé comme ayant besoin de l'aide du public[45] ; l'ONG rappelant que les jeux impliquant des transactions financières et des mécanismes de récompense variables peuvent favoriser des comportements addictifs, en particulier chez les publics jeunes et vulnérables[46].

Notes et références

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  1. a et b « Sorare, le jeu de simulation qui marie foot et cryptomonnaies », Les Échos, (consulté le ).
  2. a b c d e et f (en) Rafet Sifa et Fabian Hadiji, Towards Retention Analysis in NFT-based Blockchain Games, (DOI 10.1109/BigData59044.2023.10386350), p. 6271–6274
  3. « Sorare s'installe aux États-Unis et séduit la Major League of Baseball », sur Maddyness - Le média pour comprendre l'économie de demain, (consulté le ).
  4. Frédéric Brillet, « Métavers : Ubisoft, Sorare, The Sandbox... les Français s'emparent du nouveau monde », sur Capital.fr, (consulté le ).
  5. Florian Bayard, « NFT : Sorare, le jeu de football qui fait gagner des cryptos, se lance dans le basketball », sur 01net.com, (consulté le ).
  6. Erwan Manac'h, « Sorare, la start-up française reine des cartes à jouer virtuelles, dans le viseur des autorités », sur Mediapart (consulté le ).
  7. « Comprendre la rareté des cartes sur Sorare », sur Cointribune, (consulté le )
  8. (en) IEEE International Conference on Big Data (2023), 15 au 18 décembre 2023 (ISBN 979-8-3503-2445-7, DOI 10.1109/bigdata59044.2023)
  9. Mieszko Mazur et Efstathios Polyzos, « Non-fungible tokens (NFTs) », dans The Elgar Companion to Decentralized Finance, Digital Assets, and Blockchain Technologies, Edward Elgar Publishing, , 280–297 p. (ISBN 978-1-0353-0776-0, lire en ligne).
  10. Thibaut Dalegre, « Sorare migre sur Solana : un tournant stratégique pour le sport digital », sur sportbuzzbusiness.fr, (consulté le )
  11. Rémy R, « Sorare, le géant du fantasy sport, quitte Ethereum pour Solana », sur Journal du Coin, (consulté le )
  12. Margot Marin, « Sorare prend un carton rouge du régulateur britannique », sur Journal du Coin, (consulté le )
  13. (it) Davide Dante, Tra Blockchain, NFT e Fantasy sport. Il caso Sorare e come il mondo del gaming e dell'intrattenimento online potrà cambiare sfruttando le nuove tecnologie e l'ascesa delle cryptovalute (laurea magistrale), université Ca' Foscari de Venise, (lire en ligne).
  14. « Xavier Niel investit dans l'une des pépites françaises de la blockchain », Les Échos, (consulté le ).
  15. (en) « Italian Soccer Giant Juventus Inks Deal for Ethereum-Based Player Collectibles », CoinDesk, (consulté le ).
  16. (en) « Ethereum-based gaming startup Sorare raises $4 million in seed funding », finance.yahoo.com (consulté le ).
  17. (en) Coulter, « Fantasy soccer startup Sorare nets $4 million in a funding round backed by German striker Andre Schurrle », Business Insider (consulté le ).
  18. « Sorare lève 40 millions d'euros auprès de nouveaux investisseurs dont Antoine Griezmann », sur francecrypto.fr, (consulté le ).
  19. « Sorare, la startup française qui révolutionne les cartes de foot à collectionner », sur Europe 1 (consulté le ).
  20. « NFT : Sorare signe un partenariat avec la Liga espagnole », sur lesnumeriques.com, (consulté le ).
  21. « Sorare s'associe à la Liga », sur Sport Stratégies (consulté le ).
  22. « Un demi-milliard d'euros : la start-up française Sorare signe une levée de fonds record pour des cartes numériques à collectionner », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  23. « Comment Sorare a multiplié son chiffre d'affaires par 40 en un an », sur Les Echos, (consulté le ).
  24. Mikaia ANDRIAMAHAZOARIMANANA, « Web3 en France : Emmanuel Macron déploie le tapis rouge à Sorare ? », sur Cointribune, (consulté le )
  25. (en) Maximilien Prué, « Sorare fait évoluer son offre pour ne pas être régulée comme un jeu d'argent », sur Cryptoast, (consulté le )
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  28. « NFT : Sorare signe avec la NBA et s'étend au basketball aux États-Unis », sur LeFigaro, (consulté le ).
  29. Rémy R, « Lionel Messi signe chez Sorare pour promouvoir les NFT », sur Journal du Coin, (consulté le )
  30. « Entretien. Comment le jeu Sorare a convaincu Lionel Messi de devenir ambassadeur de la plateforme », sur brive.maville.com (consulté le ).
  31. Jeff Makvs, « Kylian Mbappé investit dans Sorare et en devient l'égérie », sur Journal du Coin, (consulté le )
  32. Paola Victoria, « Sorare s'associe avec le championnat de Premier League », sur planetsorare.com, (consulté le ).
  33. Julien Khaski, « Sorare : que se passe-t-il chez l'ex-champion de la French Tech ? », sur Maddyness - Le média pour comprendre l'économie de demain, (consulté le )
  34. Ingrid Vergara, « NFT : en quête de rentabilité, la start-up Sorare réduit ses effectifs en France », sur Le Figaro, (consulté le )
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  36. « French Tech : Sorare pourrait supprimer 35 % de ses effectifs », sur Les Échos, (consulté le )
  37. « Sorare : Découvrez l'écosystème autour du jeu », sur Sorare-Blog, (consulté le ).
  38. (en) Alesja Serada, Tanja Sihvonen et J. Tuomas Harviainen, « CryptoKitties and the New Ludic Economy: How Blockchain Introduces Value, Ownership, and Scarcity in Digital Gaming », Games and Culture, vol. 16, no 4,‎ , p. 457–480 (ISSN 1555-4120 et 1555-4139, DOI 10.1177/1555412019898305, lire en ligne, consulté le )
  39. « Le modèle Sorare pointé du doigt dans plusieurs pays », sur Maddyness - Le média pour comprendre l'économie de demain, (consulté le ).
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  41. « L'Autorité nationale des jeux se penche sur le cas de la start-up Sorare », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
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  43. Louis Adam, « Sorare attendu pour s'expliquer devant le régulateur britannique », sur ZDNet, (consulté le ).
  44. Alain, « Aïe Robot - Quand les bots dribblent trop bien les joueurs humains de Sorare », sur Journal du Coin, (consulté le )
  45. Hugh B, « Sorare : Kylian Mbappé a besoin d'aide pour gérer son équipe de football fantasy ! », sur Journal du Coin, (consulté le )
  46. Pauline Amadé Dimitrov, « Kylian Mbappé surprend avec une publicité pour l'appli de foot Sorare », sur Fédération Addiction, (consulté le )

Bibliographie

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Articles connexes

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  • NFT (jetons non fongibles)

Liens externes

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