Uber (entreprise)

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Uber
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Logo de la société.

Création 2009
Fondateurs Garrett Camp (en), Travis Kalanick, Oscar Salazar
Siège social Drapeau des États-Unis San Francisco (États-Unis)
Produits Voiture de tourisme avec chauffeur
Effectif 2 200
Site web https://www.uber.com

Uber, anciennement UberCab, est une entreprise technologique qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d'utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport.

L'entreprise est basée dans la ville californienne de San Francisco, aux États-Unis. En 2015, elle est valorisée à 50 milliards de dollars[1] et ses applications sont commercialisées dans plus de 310 villes dans le monde[2]. Elle est dirigée par un de ses fondateurs, Travis Kalanick.

Organisant une activité commerciale régulière de vente de service comme s’il s'agissait d'une activité occasionnelle dispensée d'inscription[réf. nécessaire] et d'assurance professionnelle[réf. nécessaire], la société fait l'objet de nombreuses polémiques, en raison de débats sur ses pratiques, où la libre concurrence qu'elle défend se heurte à des accusations de concurrence déloyale et de travail dissimulé de la part des pouvoirs publics et des professionnels qui respectent [non neutre] la réglementation sociale, fiscale et administrative en vigueur. Engagée dans un développement rapide, à la fois géographique et via la gamme des services proposés, la société Uber a vu son activité interdite dans plusieurs villes ou pays du monde.

L'extension du concept à plusieurs secteurs économiques est à l'origine du principe dit de l'uberisation.

Historique[modifier | modifier le code]

San Francisco[modifier | modifier le code]

La société Uber est fondée officiellement par Garrett Camp (en), Travis Kalanick et Oscar Salazar en 2009 sous le nom de UberCab (« SuperTaxi »). L'idée leur vient en 2008[3] alors qu'ils assistent au salon LeWeb à Paris. Ils cherchent à se déplacer en taxi et n'arrivent pas à en trouver un, constatant les mêmes problèmes dans le système de taxis parisiens que dans celui de San Francisco. Alors qu'ils travaillent encore pour StumbleUpon, ils retournent à la Silicon Valley et montent un service de chauffeur privé à la demande nommé UberCab[4].

Garrett monte un prototype d'application sur iOS et convainc Travis Kalanik de le rejoindre sur le projet. Ce dernier devient Chief Incubator au cours de l'été 2009 et a pour mission de passer le cap du prototype, c'est-à-dire de trouver un directeur-général et de lancer Uber à San Francisco afin de changer les habitudes de consommation du transport des populations urbaines, de réduire le nombre de véhicules particuliers et de devenir acteur d'un écosystème de transports partagés. Le nom de domaine uber.com est initialement la propriété d'un service de blogue et de réseautage social, mais l'entreprise qui en a la propriété ayant fermé en septembre 2008, il est transféré à UberCab en 2009. Le produit est ensuite officiellement lancé à San Francisco en 2010[5]. Ryan Graves est alors CEO de l'entreprise. Il cédera par la suite son poste à Travis Kalanick[6].

L'application est lancée à San Francisco en 2010 sur iOS et Android. Par la suite l'entreprise étend progressivement la couverture de son service à d'autres villes dans le monde.

À l'international[modifier | modifier le code]

En décembre 2011, Travis Kalanick déclare que pour répondre à la demande croissante à laquelle fait face Uber, l'entreprise prévoit de couvrir 25 villes supplémentaires en dehors des États-Unis dans les 14 mois à venir, dont Paris. Elle annonce également en décembre 2011 une levée de fonds de 32 millions de dollars, soit 24 millions d'euros[7], auprès notamment de Menlo Ventures, Jeff Bezos et Goldman Sachs.

En août 2013, la société Google et le fonds TPG décident d'investir dans Uber sur la base d'une valorisation de 3,5 milliards de dollars[8]. Au total, Google Ventures (qui investit 258 millions de dollars, soit 188 millions d'euros), TPG et le groupe Benchmark apportent 514 millions de dollars à la société californienne, selon le site AllThingsD[9]. Travis Kalanick déclare doubler le chiffre d'affaires de l'entreprise tous les 6 mois[10].

En Belgique Uberpop est interdit par le tribunal de commerce de Bruxelles le 16 avril 2014 après une plainte déposée par la société Les Taxis Verts. Uber annonce continuer à opérer son service malgré l'interdiction[11]. Dans un nouveau jugement du 24 septembre 2015 le tribunal de commerce de Bruxelles confirme son interdiction et intime à Uber la cessation de ses activités en Belgique dans les vingt et un jours de la signification du jugement sous peine d'astreinte de 10 000 euros par infraction[12].

En juin 2014, Uber lève 1,2 milliard de dollars, soit 879 millions d'euros, valorisant l'entreprise à 17 milliards de dollars[10]. Un record depuis les levées de fonds de Facebook. Uber annonce une baisse des prix de 25 % des tarif UberX à San Francisco. En Californie, le service fonctionne alors à perte[13]. En Allemagne, Uber est interdit à Berlin en août 2014[14] et à Hambourg en septembre[15].

Le 18 novembre 2014, le site BuzzFeed révèle que le vice-président de l'entreprise, Emil Michael, a déclaré au cours d'une conversation en présence de la presse que l'entreprise devrait investir « un million de dollars » pour révéler des casseroles sur les journalistes critiques envers Uber [16],[17]. Plus tard le PDG, Travis Kalanick, déclare que les remarques d'Emil « ne représentent pas [l'entreprise] » et « dénotent un manque de leadership et un manquement à nos valeurs et à nos idéaux »[18].

Une nouvelle levée de fonds de 1,2 milliard de dollars survient en décembre 2014 auprès d'investisseurs inconnus ; la nouvelle valorisation d'Uber s'élève alors à 40 milliards de dollars[1]. Au total, depuis sa création, Uber a levé 2,7 milliards de dollars[1].

En Inde, Uber est interdit dans la ville de New Delhi le 8 décembre 2014 à la suite de l'arrestation la veille d'un conducteur Uber pour avoir violé une passagère[19]. Le même jour aux États-Unis, la ville de Portland porte plainte contre Uber pour violation de sa réglementation. La ville met également en place un système de pénalisation des chauffeurs à hauteur de 1 500 dollars pour l'entreprise et 2 250 pour le conducteur[20]. Uber réplique en déclarant soutenir ses chauffeurs devant la justice et en créant une pétition qui autorise son service dans la ville, qui recueille plus de 11 000 signatures[21].

Le 9 décembre, UberPOP est interdit en Espagne par un tribunal madrilène[22]. Le 24 décembre, le PDG d'Uber Travis Kalanick est inculpé personnellement en Corée du Sud pour l'exercice illégal de la profession de taxi. Il encourt jusqu'à deux ans de prison et près de 15 000 euros d'amende[23].

En 2015, Uber est présent dans 51 pays et 253 villes dans le monde, dont San Francisco, New York, Paris, Londres, Brasilia, Bogota, Le Caire, Tel Aviv, Johannesburg, Bombay, Pékin, Sydney.

En Uber lève 1,6 milliard de dollars auprès de Goldman Sachs. L'opération, réalisée sous la forme de convertibles valorise l'entreprise à plus de 41 milliards de dollars[24].

Le 13 avril 2015, l'État de Genève déclare le service UberX opéré sur Genève illégal et somme à la société d'arrêter ses activités sur le territoire cantonal. La société annonce faire recours auprès du tribunal administratif genevois contre cette décision. Elle argue qu'elle ne possède aucun véhicule et ne fait que mettre en relation des passagers et des chauffeurs et qu'elle n'est donc pas une société de transport. Or, pour effectuer ce type de prestation sur le territoire genevois, telle que la mise en relation, une concession de transport est nécessaire, ce que la société Uber refuse d'acquérir[25].

En 2015, Uber cherche à optimiser son service de cartographie. En lice pour acquérir le service Here de Nokia face à un consortium de constructeurs automobiles allemands[26], l'entreprise aurait d'ores et déjà racheté une partie de Bing Maps, le service de cartographie de Microsoft[27].

En août 2015, Uber annonce vouloir mettre en place en Inde d'un système d'accès gratuit au réseau internet 4G pour l'ensemble de ses clients[28].

Au Canada[modifier | modifier le code]

Le service Uber est depuis mars 2012 disponible à Toronto[29], la plus grande ville du Canada. Le 3 juillet 2015, après un mois de délibérations, la Cour supérieure de l'Ontario rejette une requête de la ville de Toronto, jugeant que celle-ci n'était pas parvenue à démontrer au tribunal qu'Uber avait contrevenu à des lois municipales ou opéré un service illégal de taxi[30]. En septembre 2015, le conseil municipal de Toronto approuve une motion visant à encadrer le service d'Uber puisque, selon le maire John Tory, c'est « ce que veulent les gens et cela donnera à nos chauffeurs la justice qu'ils méritent »[31].

En janvier 2016, Edmonton est la première ville canadienne à légaliser Uber

Uber existe à Montréal depuis le 29 octobre 2014[32]. Le service arrive dans la ville de Québec en février 2015[33]. Il est offert à Laval et Longueuil depuis novembre 2015[34].

Le maire de Montréal, Denis Coderre, s'aligne dès le départ avec les lobbies de l'industrie du taxi[35] et affirme en août 2015 ne pas vouloir céder à la pression d'Uber[36], qui demande à ses usagers de talonner leurs élus pour qu'ils légalisent le service[37]. Mais au même moment, le gouvernement du Québec de Philippe Couillard se dit ouvert à la légalisation d'Uber et des services similaires de transport[38]. Pour le premier ministre Couillard, ce genre de services peut être encadré mais il est illusoire pour les taxis de rêver à leur interdiction[39].

Le service d'Uber et ceux, similaires, que pourraient offrir dans la ville ses concurrents, sont légalisés par le conseil municipal d'Edmonton le 27 janvier 2016[40]. La ville d'Edmonton est la première au Canada à légaliser Uber[41].

À Montréal, les chauffeurs de taxis choisissent la confrontation. Le conseil municipal de la ville de Montréal les oblige, sous peine de contravention, à ouvrir la portière aux clients ayant commandé un taxi et impose un code vestimentaire à compter du 1er janvier 2016[42]. À partir du 15 octobre 2015, les taxis montréalais n'ont plus le droit, comme ils le faisaient auparavant, de refuser le paiement par carte de crédit[43]. Le 31 janvier 2016, l'industrie du taxi, représentée par le syndicat des Métallos, annonce qu'elle demandera une injonction permanente pour faire désactiver l'application mobile sur l'ensemble du territoire québécois[44].

En France[modifier | modifier le code]

En France, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif tentent d'encadrer l'activité dite de "maraude électronique", mais la société Uber s'est engagée dans un combat judiciaire visant à contester cette nouvelle réglementation[45].

Lancement dans les grandes métropoles[modifier | modifier le code]

À l'occasion du salon LeWeb11 en , Uber annonce son lancement en France, à Paris. La capitale est la première ville hors des États-Unis à accueillir le service[46]. L'arrivée d'Uber à Paris s'inscrit dans un contexte de libéralisation du transport de personnes en France, puisque le 22 juillet 2009 a été votée la loi mettant fin à la notion de grande remise au profit de la réglementation exploitation de voitures de tourisme avec chauffeur. Simplifiant les règles sur la grande remise qui réglementent le transport haut de gamme, cette loi ouvre la voie aux voitures de tourisme avec chauffeur[47].

En décembre 2011, une soixantaine de voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC) haut de gamme sont enregistrées sur l'application Uber et circulent dans la capitale[7] qui compte alors environ 19 000 taxis[47]. Uber ne possède en effet aucun véhicule et fait travailler avec des entreprises de voitures avec chauffeur[48].

En juin 2013, Uber annonce élargir son offre à Paris avec le lancement d'UberX, une version économique (comprendre low cost)[49] d'Uber qui propose les mêmes services qu'un VTC traditionnel, mais avec des véhicules moins luxueux et à un prix réduit[50].

La société Uber est alors critiquée pour son montage financier complexe, qui permet à la société californienne de ne pas payer ses impôts et taxes dans l'hexagone, à l'instar d'Apple, Google, Amazon ou encore Yahoo![51].

En décembre 2013, le gouvernement français annonce l'instauration au 1er janvier 2014 d'un délai de 15 minutes obligatoires entre la commande et la prise en charge de l'usager pour les VTC. La mesure doit entrer en application au 1er janvier 2014. Le 20 décembre 2013, l'Autorité de la concurrence rend un avis négatif à propos de ce décret[52]. Quatre sociétés de VTC (Allocab, Le Cab, Chauffeur-privé et Snapcar) saisissent le Conseil d'État. Le décret est finalement suspendu en référé en février 2014 pour un problème de distorsion de la concurrence. L'autorité de la concurrence émet un avis favorable aux VTC en janvier 2014, et qualifie la loi Thévenoud d'« aveu d'échec concernant l'application efficace des mesures existantes pour lutter contre la maraude, et qui, sous couvert de régulation concurrentielle, vise à nouveau à régler un problème de police ». Selon l’avis, « d'autres dispositifs de contrôle seraient plus efficaces pour contrer la maraude illégale »[53].

En , l'entreprise lance UberPop à Paris et dans sa proche banlieue, une nouvelle option de transport entre particuliers. L'application permet à des conducteurs particuliers[pas clair] d'être contactés par des usagers pour des trajets urbains tarifés moins chers qu'UberX. Un nombre limité de critères est mis en place pour être chauffeur d'UberPop comme un âge minimum (21 ans), la possession d'un permis B depuis 1 an minimum et un extrait de casier judiciaire vierge[54]. La France est le premier marché hors États-Unis à voir naître ce service[55].

Le service va rapidement s'attirer les foudres de la concurrence.[pas clair] Uber poursuit néanmoins son expansion : après Lyon en mars 2013[56] et Lille en juin 2014[57], l'entreprise se lance en septembre 2014 dans trois nouvelles villes françaises, Bordeaux[58], Toulouse[59] et Nice[60]. Uber couvre ainsi six villes françaises en 2014.

En , Uber lance une solution à destination des entreprises : Uber for Business[61]. L'application permet aux entreprises de payer les déplacements professionnels de leurs employés. Un mois plus tard, en novembre, l'entreprise lance UberPool à Paris, une nouvelle option permettant de partager son trajet avec un autre utilisateur situé proche de soi et voyageant dans la même direction, afin de partager le prix du trajet[62].

Loi Thévenoud[modifier | modifier le code]

Face à l'arrivée d'Uber et sur fond de rivalités entre les VTC et les taxis, le député Thévenoud a fait une proposition de loi pour réguler le marché et contrer Uber. Uber a critiqué la conformité de cette loi à la constitution via plusieurs questions prioritaires de constitutionnalité, dans des procédures commerciales ou administratives. Ainsi la Cour de cassation et le Conseil d'État ont renvoyés trois QPC au conseil constitutionnel sur le volet VTC, celui-ci a rendu sa décision le 22 mai 2015 qui invalide partiellement cette loi et en limite la portée[63],[64].

Saisie d'autres QPC dans des procédures séparées concernant le service UberPop, la cour de cassation a renvoyé le 23 juin 2015 la question devant le conseil constitutionnel[65]. Celui-ci a confirmé le 22 septembre 2015 que le premier alinéa de l'article L. 3124-13 du code des transports était conforme à la Constitution[66]

Le décret d'application de la loi Thévenoud parait le 30 décembre 2014 au Journal officiel. La principale obligation pour les chauffeurs est de justifier d'un certificat d'assurance pour le transport de personnes à titre onéreux [67] mais cette obligation ne rentre en vigueur qu'au 1er juillet 2015[68] et une formation à partir de 2016[69]

Ce décret instaure également une amende à l'encontre des conducteurs de véhicules à titre onéreux qui exercent leur activité sans avoir de carte professionnelle (ce qui s'applique aux chauffeurs Uber Pop car ils ne sont ni taxi, ni VTC)[70]. Mais ce décret est en cours de contestation par la société Uber devant la justice administrative[71].

Critiques à la suite de son expansion[modifier | modifier le code]

Le service étant déjà très critiqué par les autres professionnels du transport de personnes, deux sociétés de VTC, Transdev et Le Cab, engagent des procédures judiciaires à l'encontre d'UberPop pour « concurrence déloyale » au tribunal de commerce de Paris, en . Rapidement rejoints par les taxis, ils plaident sur la base de la loi Thévenoud selon laquelle chaque conducteur de VTC doit suivre une formation d'un minimum de 250 heures. De plus, UberPop ne payant aucun impôt en France et ne garantissant aucune protection légale à ses clients conducteurs et passagers l'entreprise est une menace au regard du droit du travail, du droit des consommateurs et des finances de l'État[72],[73],[74]. Pour sa défense, la société assure que la loi Thévenoud n'est pas applicable, car elle n'a pas été notifiée à la Commission européenne et lance une pétition qui rassemble le 11 décembre 2014 plus de 54 000 signatures[75]. Le 12 décembre 2014, Le tribunal de commerce de Paris rejette la demande d'interdiction d'UberPop[76], considérant qu'il n'est pas compétent pour appliquer les sanctions pénales, mais également que l'examen de l'application de cette loi relève du droit européen et non d'une procédure en référé, l'évidence du cas n'étant pas démontrée. Le tribunal envoie également à la Cour de cassation deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) posées par les avocats d'Uber lors du procès[77]. Le gouvernement français annonce en revanche qu'UberPop sera interdit en France dès le 1er janvier 2015, quand la loi Thévenoud sur la régulation de la concurrence avec les taxis entrera en vigueur[78]. Uber déclare cependant compter poursuivre ses activités en 2015, y compris son service UberPop : « le service continuera de fonctionner. Pour qu'il arrête, il faudra une décision de justice pour rendre exécutoire l'avis ministériel »[79].

Parallèlement, Uber est condamné en octobre 2014 à 100 000 euros d'amendes par le tribunal correctionnel de Paris pour pratiques commerciales trompeuses, la justice estimant qu'UberPop ne doit pas être comparé à un service de covoiturage, mais à une offre payante de transport destinée aux particuliers[80]. Cette condamnation oblige Uber à indiquer sur son site web que les chauffeurs risquent eux-mêmes une condamnation pénale mais ne suspend pas le service[81]. Uber fait appel de la décision et continue d'exercer son service UberPop[82].

La France est le second marché d'Uber en Europe, et depuis ses débuts, un « laboratoire d'expérimentation » pour l'entreprise[83]. Selon Thibaud Simphal, Directeur de Uber France, le nombre d'utilisateurs de l'application en France s'élève à 500 000, dont 160 000 utilisateurs d'UberPop[84]. Aussi, selon le président de l'Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM), Alain Griset, « Si Uber ne disparaît pas, il faudra repenser notre modèle de société ».

Deux patrons d'Uber France ont toutefois été entendus par la police au sujet de leur activité illicite[85].

Produits[modifier | modifier le code]

Le service permet de géolocaliser, via un smartphone, une tablette ou un ordinateur, le véhicule le plus proche de soi pour ensuite le réserver. Les utilisateurs peuvent suivre l'approche de la voiture qu'ils ont réservée sur l'application. Le paiement est réalisé automatiquement à la fin de chaque course par prélèvement bancaire. Il n'y a donc pas d'échange de monnaie entre conducteur et passager. Les services proposés par Uber sont particulièrement utilisés dans les périodes de moindre disponibilité des moyens de transport traditionnels, notamment la nuit et le week-end.

Sur le marché français, Uber propose six services accessibles depuis l'application ou le site Internet de l'entreprise. Ces services se différencient en fonction du type de véhicule, du tarif et du type de chauffeur (professionnel, particulier régulier ou occasionnel), et proposent des tarifs différenciés.

  • UberX, chauffeurs professionnels proposant des berlines standards ;
  • Uber Berline, chauffeurs professionnels proposant des berlines de luxe ;
  • UberVan, chauffeurs professionnels proposant des vans (capacité 6 personnes) ;
  • UberPOP, conducteurs particuliers occasionnels au volant de leur véhicule personnel (service suspendu en France depuis le 3 juillet 2015)
  • UberPool, permettant de partager son trajet avec un autre passager situé au même endroit et allant dans la même direction ;
  • UberEats, proposant la livraison de repas parmi les meilleurs restaurants parisiens.

À l'étranger, Uber multiplie les offres, en proposant entre autres des services de coursier et transport de colis, ou en testant des offres plus diverses, telles que la livraison de repas à partir d'une liste de restaurants et de plats présélectionnés[86].

Le 18 août 2015, Uber a annoncé vouloir expérimenter à San Francisco UberEats (en), un nouveau service de livraison de repas offrant un choix sommaire de repas, proche de la tradition de la lunch-box[87]. Le service avait initialement été lancé sous le terme d'UberFresh. Sa présence est d'ailleurs limitée aux quartiers d'affaires d'une dizaine de villes américaines.

Depuis le 14 octobre 2015, UberEats est disponible à Paris, dans les arrondissements du centre (1er, 2ème, 8ème et 9ème). L'utilisateur peut commander à manger parmi une sélection de repas. Uber garantit une livraison en moins de 10 minutes[88].

Tarification[modifier | modifier le code]

Les tarifs sont déterminés par un algorithme, qui prend en compte le type de service utilisé, et augmente avec la demande de transports[89]. Ces pratiques tarifaires ont donné lieu à plusieurs polémiques. Lors de la prise d'otages de Sydney, Uber avait multiplié ses tarifs par 4 en moyenne, pour les personnes désirant quitter la zone de la prise d'otages, avant de faire marche arrière devant les réactions scandalisées[90]. À Paris, lors du réveillon de la Saint-Sylvestre 2014-2015, plusieurs utilisateurs se sont plaints de tarifs multipliés par plus de 10, la société ayant déplafonné ses tarifs[91].

Selon le modèle économique présenté par la société, les 80 % du tarif payé par le client sont redistribués au chauffeur, les 20 % restants revenant à Uber sous forme de commission. Une plainte accusant la société de publicité mensongère a été déposée en décembre 2014 par une utilisatrice américaine, qui considérait qu'en réalité la société en gardait pour elle une part substantielle, et a obtenu qu'Uber produise avant le 23 janvier 2015 des mails sur sa politique tarifaire[92].

Sélection des chauffeurs[modifier | modifier le code]

En France, la société recrute ses chauffeurs sur la base de plusieurs critères : autorisation de facturer pour le segment professionnel, ancienneté du véhicule, contrat d'assurance couvrant le transport de passagers, ancienneté du permis supérieure à 3 ans pour les particuliers[93]... Sur son site, Uber dit « surveille[r] régulièrement les notes attribuées par les utilisateurs »[94].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Incidents à caractère sexuel[modifier | modifier le code]

Plusieurs incidents concernant le comportement de certains chauffeurs en matière de comportement sexuel ont été rapportés : accusation de viol en Inde[95], aux États-Unis[96], agression sexuelle à Melbourne[97], propos sexistes pendant le transport et messages envoyés sur les portables de clientes à Paris[98]. Toutefois, les chauffeurs, n'étant pas salariés d'Uber, sont considérés comme des tierces parties, ce qui dégage sa responsabilité[95].

Application pour smartphone soupçonnée de contenir un spyware[modifier | modifier le code]

Des chercheurs experts en sécurité informatique affirment que l'application pour smartphone pourrait espionner les données des utilisateurs[99],[100],[101]. L’application Uber exige pour fonctionner d’accéder aux données de mail (log), d’autonomie, de GPS, de contacts, de MMS et de SMS (log).

UberPop[modifier | modifier le code]

Manifestation de taxis contre UBER le 25 juin 2015 à la porte Maillot à Paris

Le service UberPop, qui permet à des particuliers de transporter des passagers, a fait l'objet de plusieurs polémiques et de conflits en France, que ce soit au niveau du manque de formation des chauffeurs[102] ou encore de l'absence d'assurance professionnelle des conducteurs[103].

Pendant le mouvement de grève des taxis de , où des affrontements entre VTC et taxis ont lieu[104], la société Uber défend ses voituriers, en publiant notamment des infographies montrant le soin apporté à la sélection des chauffeurs[54]. La société assure notamment que les chauffeurs payent des impôts et ont également besoin de diplômes, arguments souvent utilisés par les taxis contre les VTC[54],[105].

À la suite des nombreux événements survenus entre les taxis Parisiens et les Uber pop, durant lesquels des chauffeurs de taxi ont vandalisé des véhicules et porté des coups à des chauffeurs d'Uber ainsi qu'à des utilisateurs de ce service, François Hollande demande leur dissolution[106]. Les dirigeants de UberPop passeront en correctionnel en septembre 2015 pour plusieurs chefs d'accusations, selon le journal Le Monde : « pratique commerciale trompeuse, complicité d'exercice illégal de la profession de taxi et traitement de données informatiques illégal »[107]. Le service est suspendu en France par Uber à partir du 3 juillet 2015[108].

Références[modifier | modifier le code]

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  2. « Uber : dans les coulisses d’une machine de guerre juridique », sur Les Echos,‎ (consulté le 26 octobre 2015)
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  6. (en) « Uber CEO "Super Pumped" About Being Replaced By Founder », sur techcrunch,‎
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  16. (en) « Uber Executive Suggests Digging Up Dirt On Journalists », sur BuzzFeed,‎
  17. (en) « Uber Won’t Investigate Journalists, Company Says After Exec Suggests It Investigate Journalists », sur techcrunch.com,‎
  18. (en) « Uber CEO Says Exec’s Threats To Journalists “Showed A Lack Of Humanity” But Doesn’t Fire Him », sur techcrunch.com,‎
  19. (en) « Uber cab driver in India arrested after suspected rape », sur Reuters,‎
  20. (en) « Portland, Oregon has sued Uber over last week's illegal launch », sur The verge,‎
  21. (en) « Support Uber Portland », sur Uber.org
  22. « Revers en série pour Uber, interdit en Espagne et poursuivi à Portland », sur Les Echos,‎
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  24. Technos : Uber lève 1,6 milliard de dollars auprès de Goldman Sachs, Boursier, 22 janvier 2015
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  26. Uber proposerait 3 milliards de dollars pour s'offrir Nokia Here
  27. Uber Acquires Part Of Bing’s Mapping Assets, Will Absorb Around 100 Microsoft Employees
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  43. Les taxis ne peuvent maintenant plus refuser la carte de crédit et carte de débit, Laurence Houde-Roy, Journal Métro, 16 octobre 2015.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Kutsuplus, un système finlandais, présenté comme une alternative

Lien externe[modifier | modifier le code]