Cap Ferret

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Cap Ferret
Station balnéaire du Cap Ferret
Station balnéaire du Cap Ferret
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Coordonnées 44° 37′ 19″ Nord, 1° 14′ 59″ Ouest
Océan Océan Atlantique

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Cap Ferret

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Cap Ferret

Le Cap Ferret est un cap français formant un cordon littoral qui se situe à l'extrémité sud de la presqu'île de Lège-Cap-Ferret en Gironde. Il sépare l'océan Atlantique et le bassin d'Arcachon.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Villages de la presqu'île du Cap Ferret.

La presqu'île du Cap Ferret n'a que 3 000 ans d'histoire géologique : c'est la formation la plus récente de la côte gasconne. Comme dans de nombreux sites des Landes de Gascogne, le sol comporte une couche de grès résultant de la cimentation des grains de quartz entre eux par des hydroxydes de fer et de matière organique : la couche d'Alios. L'eau ruisselant dans la nappe est donc très chargée en fer et, lorsqu'elle débouche sur la plage, elle provoque des traînées oxydées aux couleurs de rouille.

C'est ce phénomène qui justifie l'appellation donnée à la pointe de la presqu'île de « Lou Cap Herré », « La Tête de ferrugineuse » en gascon. Par la suite des géographes orthographièrent Cap Horet ou Herret, puis Ferret sous l'influence du français, mais en conservant dans la prononciation le son du « h » aspiré gascon[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Cap Ferret est l'extrémité de la presqu'île de Lège-Cap-Ferret qui s'est formée par l'allongement, depuis seulement environ 2 000 ans, d'une flèche sableuse, alimentée par la dérive littorale nord-sud due aux courants côtiers, et qui ferme partiellement le bassin d'Arcachon. Celui-ci, à l'est, et l'océan Atlantique, à l'ouest, offrent au Cap Ferret une situation géographique et climatique originale entre deux « mers ». On peut ainsi profiter, d'un côté, des paysages du bassin d'Arcachon et, de l'autre, des vagues et de l'immensité de la Côte d'Argent. À la Pointe, où s'effectue la jonction entre le bassin d'Arcachon et l'océan Atlantique, on observe, au milieu des passes, le banc d'Arguin et, au-delà, la dune du Pilat (ou dune du Pyla).

Historique de l'évolution de la flèche sableuse du Cap Ferret.

Le site est soumis à une forte érosion éolienne et marine ; cette dernière marque plus particulièrement la Pointe en raison du phénomène cyclique d'ouverture des passes du bassin d'Arcachon à chaque marée descendante.

L'observation de l'évolution de la flèche sableuse au cours des derniers 250 ans montre une progression durant environ 60 ans (1768-1826) puis une stabilité relative durant environ 70 ans (1826-1894). De 1894 à 1964, la flèche s'est allongée de 70 m alors que la rive interne s'est érodée et, depuis 1973, on observe un recul constant de la flèche vers le nord du fait de l'érosion qui continue[2].

Évolution de la flèche du Mimbeau.

Le banc dit « du Mimbeau » est une langue de sable couverte en partie de végétation (oyats, tamaris, petits pins…) et qui forme une lagune séparée du Bassin juste avant la Pointe du Cap Ferret. Son nom vient du surnom d’un marin de La-Teste-de-Buch, Jean Dubos, qui y avait installé une cabane et qui disparut en mer en 1831[3].

La flèche du Mimbeau s’est formée aux alentours de 1880. Jusqu’en 1950, cette flèche était alimentée par le sable transporté par la houle depuis l’extrémité du Cap Ferret. Avec les premières protections contre l’érosion marine construites depuis 1950, l’alimentation en sable du Mimbeau s’est interrompue. Son enracinement s’est déplacé vers le nord jusqu’en 1984 et sa pointe s’est rallongée. Depuis 1996, le Mimbeau ne montre plus d’importantes modifications[2] ; cependant, en 2016, la fosse du Mimbeau, c’est-à-dire le « trou » situé au large de la flèche sableuse, s’approfondirait dangereusement faisant craindre des effondrements[4].

Ressources pétrolières[modifier | modifier le code]

Sur la presqu’île du Cap Ferret se situent des forages exploitant une nappe de pétrole située à 3 200 m de profondeur appartenant aux ressources du bassin aquitain. Le puits du Cap Ferret, ouvert en 1962, exploitait par un forage dévié, le gisement de « Lavergne » situé sous la mer, entre la Pointe et le banc d’Arguin[5]. Il a été fermé en 1994 par ESSO-Rep, filiale d’Exxon et ancien exploitant, en raison du débit trop faible. Le puits a été déplacé plus au nord à cause de l’érosion.

La société pétrolière Vermilion, qui a racheté les champs pétrolifères d'Esso, a été autorisée à réexploiter le gisement de « Lavergne » jusqu’en 2029 et à forer des puits additionnels[6],[7]. Les hydrocarbures sont acheminés via un oléoduc au bec d'Ambès.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers habitants[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, quelques pêcheurs s'installent en divers endroits de la presqu'île, tandis que la pointe n'est occupée que de façon temporaire. Les pêcheurs de La Teste et de Meyran (quartier et port de Gujan-Mestras) y accostent en pinasse pour traquer les poissons à l'entrée du bassin ou sur le rivage côté océan. Ils érigent alors quelques cabanes de fortune sur les plages qu'ils peuvent atteindre facilement par un chenal. Protégés par la pointe du Cap Ferret, ils sont à l'abri des vents d'ouest et à proximité des bancs de poissons entrant ou sortant du Bassin et de ceux qui circulent en haute mer. En 1857, une douzaine de cabanes sont présentes sur les plages à proximité du phare qui vient d'être édifié, le « quartier des pêcheurs ». Tout au long de cette seconde moitié du XIXe siècle, quelques fonctionnaires, douaniers, gardiens de phare et gardes forestiers chargés de l'ensemencement des dunes, rejoignent cette population de pêcheurs venue principalement des ports de la rive sud du Bassin. Pour ceux-ci, le territoire de la presqu'île du Cap-Ferret est désigné comme étant « de l'autre côté d'eau ».

Sous l'impulsion de Napoléon III, l'ostréiculture se généralise à partir de 1860, et des concession sur le Domaine publique maritime sont octroyés pour construire des cabanes ostréicoles. C'est à cette période charnière que l'ostréiculture et un peu plus tard le tourisme, vont s'imposer dans le paysage économique local.

Du fait de sa difficulté d'accès par voie de terre, la presqu'île du Cap Ferret est restée longtemps un lieu accessible uniquement par voie maritime par quelques ostréiculteurs, des pécheurs en mer et des chasseurs passionnés. De résidents occasionnels, quelques-uns s'y installent pourtant peu à peu de manière permanente, constituant plusieurs villages échelonnés le long de la péninsule : La Pointe aux chevaux, L'Herbe, La Vigne, Petit et Grand-Piquey, Les Jacquets... Même si quelques villas sont construites pour des propriétaires fortunés, l'approvisionnement en denrées de première nécessité et la scolarité des enfants posent problème, faute de structures adaptées. L'appartenance administrative de la presqu'île à la « lointaine » commune de La Teste-de-Buch ne facilite pas les choses, avec l'apparition d'un tourisme « sauvage » dont les constructions envahissent le pays de façon plus ou moins désordonnée voire illégale.

Naissance de la station balnéaire du Cap Ferret[modifier | modifier le code]

Historique de l'occupation du Cap Ferret.

Des premiers essais de boisement ont été réalisé par l'État au Cap Ferret dès 1809[8]. De ce fait, les terrains appartenant à l'État étaient administrés par les Eaux et Forêts et formaient une partie de la forêt domaniale de Garonne[9] sur la moitié sud de la presqu'île appartenant à la commune de La Teste.

Une aliénation importante de la forêt domaniale, de Piquey au Boque, avait déjà eu lieu en 1860 au profit de la famille Lesca. Le Cap Ferret est constitué de terrains dunaires sablonneux, soumis aux embruns et à une très forte érosion marine sur la pointe et la côte noroît, sur lesquels les semis de pins maritimes venaient mal et, lorsqu’ils arrivaient à s’installer, donnaient des arbres tortueux et sans valeur commerciale.

1908, l'aliénation des « 44 hectares »[modifier | modifier le code]

Affiche vente aux enchères des 44 hectares en 1908.

De riches concessionnaires de postes de chasse, désirèrent s'implanter plus durablement sur le Cap, et usèrent de leur influence auprès de l'administration, de telle sorte que dès 1898, on évoquait la possibilité d'aliénation[10]. Ainsi, l’administration décida de se débarrasser d’un terrain boisé appartenant à l’État d’une superficie de 44 hectares, situé vers la pointe du Cap Ferret en bordure du Bassin (loi d’aliénation du 6 août 1905[11]) et le mit en vente aux enchères publiques le 12 octobre 1908, ceci pour une mise en valeur orientée vers des activités de « chasse, pêche et station balnéaire ». La vente était accompagnée d’obligations très précises transférées aux acquéreurs : défense des berges, viabilisation selon un plan établi, respect du code forestier, libre passage le long du rivage, mesures d’hygiène[12]

Ces conditions ne furent pas respectées notamment en ce concerne la défense des berges, si bien que par exemple devant le restaurant « Chez Hortense » environ 175 m, équivalant à un hectare, ont été emportés par les courants. L’acquéreur fut la Compagnie foncière des habitants du Cap-Ferret, organisme peu transparent administré par le sénateur girondin Joseph Capus[13] et Maurice Larronde[12]. Le lot fut adjugé pour 0,70 franc le mètre carré soit l’équivalent du prix d’une douzaine d’huîtres de l'époque. De nos jours la voirie est toujours en déshérence et le raccordement au tout à l’égout n’a été réalisé qu’en 2005. Ce quartier original de « Robinsons » fortunés a été porteur de conflits entre ses résidents et l’administration[13].

Au sud des « 44 ha » s’est installé en 1985, Benoît Bartherotte, qui, pour protéger ses « cabanes » construites sur son vaste terrain et jouir d’un panorama unique sur la dune du Pyla, engouffre perpétuellement des tonnes de remblais dans une digue éphémère[14].

1919, l’échange « Labro »[modifier | modifier le code]

Jean Bousquet, garde forestier au Cap Ferret.

Dix ans après la vente des « 44 hectares », en janvier 1919, l’Etat considérant à nouveau que la conservation des terrains du Cap-Ferret ne présentait pas d’intérêt forestier en raison des peuplements clairsemés, de la charge que représentent l’entretien des berges soumises à l'érosion, et des nombreuses concessions accordées (environ 180) en bordure du Bassin, décida se séparer de 493 hectares du Cap Ferret. Pour cette opération, l’Etat souhaita non pas vendre mais échanger.

Se présenta opportunément un architecte parisien, Charles Labro associé à un entrepreneur de travaux publics, « Alexandre » Joyeux, qui se porta acquéreur en vue de les échanger, de 2551 hectares de forêts de faibles valeurs[15]. Le nouveau propriétaire, la Compagnie d’entreprises immobilières (CEI), commença dès 1920 à vendre le Cap-Ferret par lot et construisit des voies et la route le reliant à Piquey (11 km). L’acteur principal du lotissement, ponctué de crises multiples, de faillites, de mutations de sociétés, de spéculations et même d’escroqueries en tous genre, fut Alexandre Joyeux, personnage inquiétant, plus ou moins lié au célèbre Joseph Joanovici[12]. La maison forestière du Cap-Ferret, occupée par Jean Bousquet, devenue inutile, est comprise dans l'échange Labro. Elle sera transformée en auberge de 1927 à 1980, date à laquelle elle sera démolie pour édifier un centre commercial et d'animation, dénommé « La Forestière »[16].

Avec l’érosion éolienne, la dune non entretenue par les propriétaires privés, a envahi des lots et des maisons proches de l’océan sur le quartier dit « des Ensablés ». Après maîtrise foncière, par achat amiable et expropriation dans l’intérêt public, de lourds travaux de contrôle des mouvements dunaires ont été réalisés en 1994-1995[17] par le Conservatoire du littoral dans ce secteur[18]. Désormais un sentier d’interprétation du paysage « Abécédaire » permet de parcourir ce cordon dunaire sur 5 km[19].

Le développement de la station balnéaire du Cap Ferret, connut un coup d’arrêt avec la faillite de la CEI en 1936 et au frein qu’imposa l’administration à l’anarchie du lotissement. Les multiples concessionnaires devaient acheter les parcelles qu’ils louaient auparavant. Mise en zone de défense durant l’occupation allemande, le village du Cap Ferret connut une période d’abandon, jusqu’à 1945. Puis à partir de 1955, avec l’autorisation de rachat des terrains appartenant à la CEI par la Nouvelle Société foncière du Cap Ferret, une accélération du développement en 1957 et 1960, ceci en majeure partie grâce aux riches Bordelais[20].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Barthélémy Daney dit « Bélisaire »
  • Le phare
Article connexe : Phare du Cap-Ferret.
  • Le sémaphore. Un premier sémaphore aurait existé en 1808 au Cap Ferret, probablement pour surveiller l'entrée du Bassin d'éventuelles attaques anglaises durant le blocus continental de Napoléon Ier jusqu'en 1810. Le sémaphore actuel a été construit en 1898. Il était équipé d'un télégraphe Chappe jusqu'en 1950. La chambre de veille a été surélevée à 30 mètres du sol en 1955. Elle permet notamment de transmettre des informations aux marins et au pêcheurs sur l'état de franchissement des passes du Bassin d'Arcachon. La surveillance visuelle et par radar est assurée 24h/24h sur mer mais aussi sur terre, cette dernière permettant de prévenir des incendies de forêts jusqu'à 100 kilomètres à la ronde[21],[13].
  • Jetée de Bélisaire. Débarcadère de la liaison avec Arcachon. La première jetée en bois a été construite en 1877. Elle a prit comme dénomination « Bélisaire », surnom de Barthélémy Daney (1863-1913), marin pêcheur de Gujan-Mestras, reconvertit en aubergiste dans ce quartier du Cap-Ferret et qui participa financièrement du débarcadère et du premier tramway. Les premières liaisons maritimes régulières de marchandises et de passagers avec Arcachon était assurées à partir de 1902 par le steamer « Le Courrier du Cap » créées par l'entreprenant Léon Lesca[13].
  • Tramway du Cap-Ferret
Article connexe : Tramway du Cap-Ferret.
Monument « Guyot de Salins ».
  • Monument « Guyot de Salins ». À proximité de « La Forestière » se trouve sur un petit tertre, en mémoire du jeune Ferdinand Guyot de Salins[22] inspecteur-adjoint des forêts à Arès[23], et du brigadier des Eaux et Forêts Popis, morts noyés le 16 octobre 1883, leur baleinière à voile de l'administration ayant chavirée, un petit monument en forme de pyramide de pierres avec une plaque de marbre gravée relatant l’héroïsme de de Salins périssant en sauvant son subordonné. La version de ce drame relatée par la presse de l'époque est sensiblement différente : l'inspecteur provoqua le chavirage de l'embarcation en grimpant au mat pour remettre la drisse defaite par le souffle d'une tempête ; sur les 4 personnes agrippées au bateau, de Salins puis Popis finirent par lâcher prise et coulèrent, tandis que les 2 rescapés, les gardes des Eaux et Forêts Ducamin et Bousquet, furent sauvés par des employés de la Villa Algérienne[1],[24].
Vitral de ND des Flots.
  • Eglise « Notre-Dame-des-Flots ». A l’emplacement de l’église actuelle se situait une chapelle construite en 1893. C’était le second lieu de culte après la chapelle privée de la villa Algérienne (édifiée entre 1865 et 1885). Elle était desservie par les dominicains du Moulleau jusqu’à leur expulsion en 1903, puis par le chapelain de la villa Algérienne. La chapelle fut agrandie en 1932 pour contenir 200 places et Notre-Dame-des-Flots est érigée en paroisse en 1936 par Monseigneur Feltin, dès qu’un presbytère fut construit pour le curé. En 1955, l’abbé Robert Marquaux (1911-1977)[25] décide de transformer la chapelle en église moderne. Il fait appel à l’architecte Raymond Morin-Roux et l'entreprise Etienne Martin du Cap-Ferret. La première pierre est posée en 1956 et l’église est bâtie par étapes jusqu’en 1966, en fonction des fonds disponibles, rassemblés par les paroissiens à l’occasion de dons, kermesses et tombolas. L'architecture de conception ultramoderne[26], à la forme de nef en bateau renversée, demanda beaucoup d’audace car la construction fut réalisée au-dessus et autour de la chapelle existante qui ne fut démolie qu’en 1963. Le vitrail du fond, œuvre de M. Lafond et Hugues Maurin, forme un véritable « mur de lumière ». La nef est dotée d’un balcon. La sculpture de la vierge en cuivre repoussée qui orne la façade a été dessinée par Hugues Maurin[27], professeur aux Beaux-Arts, et forgée par Alphonse Sauvage, artisan au Cap-Ferret. La nouvelle église fut bénie par Monseigneur Richaud en août 1966[28]. Une croix haute de 6 m forgée également par Alphonse Sauvage fut mise en place en 1968 avec un hélicoptère[29]. L’abbé qui exerça de 1952 à 1977, année de sa mort, comme curé en la paroisse du Cap Ferret, après avoir été vicaire à Saint Bruno de Bordeaux de 1945 à 1952, est inhumé dans l’église Notre-Dame-des-Flots. L’ancienne croix des marins tombée dans le sable à la Pointe, fut restaurée et installée sur le parvis de l’église Notre-Dame-des-flots en 1983[16]. Monseigneur Ricard a célébré le 50e anniversaire de la fin de la construction de l’église le 23 juillet 2016.
Nouvelle Maison des enfants du spectacle (détruite).
  • L’ancienne Maison des enfants du spectacle. La Mutuelle du spectacle de Bordeaux et du sud-Ouest fut fondée à l’initiative d’André-Georges Mauret-Lafage (1871-1954)[30]. Ancien typographe, attiré par le théâtre, il fut co-directeur du Grand Théâtre de Bordeaux de 1920 à 1948, sauf pendant la période d’occupation. Il fit construire en 1927 à la pointe du Cap Ferret, en bordure de l’Océan, au niveau de la place qui porte désormais le nom de « Mauret-Lafage » (accès à la plage dite « du Sémaphore » ou « des Dunes »), une maison de vacances pour les enfants nécessiteux du monde du spectacle. Dans les années 1940, cette maison fut entièrement recouverte par la dune littorale poussée par les vents d'ouest. En 1949, un nouveau bâtiment fut reconstruit sur un terrain plus éloigné de l’océan, de l’autre côté de l’avenue de Bordeaux (au niveau de l’actuelle avenue des Souchets)[3]. En 2004, le chanteur Pascal Obispo acheta cette parcelle de 1,5 hectare, fit raser les anciennes constructions pour y bâtir sa résidence secondaire et son studio d’enregistrement, plus quelques « cabanes », tennis et piscine[31].
Croix des marins.

Notoriété[modifier | modifier le code]

Le Cap Ferret est une station balnéaire réputée de la Côte d'Argent. Cela lui vaut d'être fréquenté, notamment l'été, par de nombreuses célébrités qui recherchent le calme et la beauté du bassin d'Arcachon. Ainsi, avec des prix de maisons dépassant presque toujours le million d'euros, le Cap Ferret est surnommé le « Saint-Tropez de l'Atlantique »[32].

La station est prisée depuis le début du XXe siècle, des personnalités comme Le Corbusier, Jean Cocteau, Raymond Radiguet et Jean Anouilh y ont séjourné[33].

  • Audrey Tautou a acheté en 2008 une maison des « 44 hectares » ayant appartenu à la famille Lillet[34].
  • Jean-Louis Debré a acquis une maison dans les « 44 hectares » en 2011[35].
  • André Armandy (1882-1958), romancier parisien, découvrit le Bassin en 1924 quand il séjourna dans un hôtel du Cap Ferret. Il a écrit Les Cribleurs d’océan[36] mettant en scène la vie des marins-pêcheurs du Bassin confrontés à un drame passionnel. Il revint au Cap Ferret en 1945 et se fit construire une villa aux « 44 hectares »[13].
  • La dynastie Alaux. Daniel Alaux (1853-1933), conservateur du musée des beaux-arts de Bordeaux et peintre du bassin d’Arcachon, fit construire en 1890 une cabane, Les Liserons, au Cap Ferret (au nord de chez « Hortense »). C’est surtout son épouse Lisa Alaux (1830-?) qui fit des aquarelles du Cap Ferret. Leur fils Gustave (1887-1965), peintre également, épousa une voisine du Cap Ferret, Marie-Antoinette Pellotier (1887- ?), dont le père, le docteur Pellotier, était propriétaire de la villa Bagatelle au Cap Ferret, où il résida. Le cousin de Gustave, Jean-Paul Alaux (1876-1955), est l’auteur des fameuses aquarelles japonisantes du Moulleau.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source : (Ragot 1992).
  2. a et b Bruno Manciet, L’évolution morpho-bathymétrique des passes du Bassin d’Arcachon de 2000 à 2010 : Conséquences et enjeux (Mémoire universitaire, Master 2), Bordeaux, , 117 p. (lire en ligne).
  3. a et b Source : (Baumann 2001).
  4. « Risques sur le littoral : à Lège-Cap-Ferret, le Mimbeau en zone rouge ? [édition abonné] », sur sudouest.fr,‎ (consulté le 13 août 2016).
  5. Un second puits, installé en forêt au « Truc vert », exploite le gisement de « Courbey », situé entre la presqu’île et l’île aux Oiseaux, et découvert en 1996
  6. « Des puits de pétrole bientôt réactivés au Cap ferret », sur sudouest.fr,‎ (consulté le 7 août 2016).
  7. « Vermilion, gériatre du pétrole », sur sudouest.fr,‎ (consulté le 7 août 2016).
  8. Henri de Coincy, « Note sur les ateliers de semis des dunes de la Gironde », Bulletin de géographie historique et descriptive,‎ , p. 234-246 (lire en ligne).
  9. Cette forêt domaniale porte le nom de la dune « Garonne », évoquant le naufrage en avril 1806 d'une gabarre portant ce nom, sur la côte de la presqu'île à proximité, afin de la distinguer de la forêt domaniale de « La Teste » située de l'autre côté du Bassin sur la partie principale de la commune de La Teste-de-Buch ; source : « Origine (et orthographe) de deux toponymes côtiers in Bulletin de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch n° 73, p. 61 », sur shaa.fr,‎ (consulté le 10 août 2016).
  10. Source : (Ragot 1980)
  11. « Journal officiel de la république du 10 août 1905 ; loi de 6 août 1905 d’aliénation de 30 lots de dunes et forêts domaniales pour 378 ha », sur gallica.bnf.fr,‎ (consulté le 4 août 2016)
  12. a, b et c Source : (Clemens 1988)
  13. a, b, c, d et e Source : (Marliave 2002)
  14. Article sur Benoît Bartherotte : « Le franc tireur du Cap-Ferret », sur lexpress.fr,‎ (consulté le 5 août 2016).
  15. Les 2 551 hectares de l’échange « Labro » étaient constitués de 1 809 ha du domaine de Cadarache (château et forêt), département des Bouches-du-Rhône, actuellement centre atomique et de 742 ha d’une forêt sur la commune de Moissac-Bellevue, département du Var, actuellement en taillis peu productif de chêne vert de la forêt domaniale de Pelenc
  16. a et b Source : (Baumann 1992)
  17. J.M. Courdier et J.P. Duval, Chantier pilote des « Ensablés », dunes du Conservatoire au Cap-Ferret (Gironde) pp. 27-35 : in Biodiversité et protection dunaire ; coordination J. Favenec ; actes du colloque, Bordeaux, 17-19 avril 1996, Paris, Lavoisier, , 310 p. (présentation en ligne)
  18. « Dunes du Cap-Ferret », sur conservatoire-du-littoral.fr (consulté le 6 août 2016)
  19. « Une balade dans les dunes de A à Z », sur sudouest.fr,‎ (consulté le 6 août 2016)
  20. Source : (Prioul 1964)
  21. « Photos anciennes et vidéo de 4:13 de 1973 du sémaphore », sur obassin.fr (consulté le 3 août 2016)
  22. Cousin germain d'Arthur de Salins, général et fondateur du scoutisme en France
  23. Sorti de l'école forestière de Nancy, de Salins, prit ses fonction de garde-général à son premier poste du cantonnement d'Arès en octobre 1881, âgé de 22 ans ; il fut promus inspecteur-adjoint à titre posthume
  24. Marquis de Belleval, « Ferdinand Guyot de Salins (1859-1883) [Hagiographie posthume ; 47 p.] », sur gallica.bnf.fr,‎ (consulté le 7 août 2016)
  25. « Série de témoignages vidéos, sur l’histoire de Notre-Dame-des-Flots, réalisées pour le 50e anniversaire de l’église », sur youtube.com,‎ (consulté le 9 août 2016)
  26. « Photos de Notre-Dame-des-Flots », sur Architectures modernes de 1950 à 1970 (consulté le 9 août 2016)
  27. « Janine et Hugues Maurin à l’honneur », sur sudouest.fr,‎ (consulté le 11 août 2016)
  28. « Histoire de l’’édification de l’église Notre-Dame-des-Flots », sur lecapferret.net (consulté le 9 août 2016)
  29. « Histoire de l’église Notre-Dame-des-Flots », sur Secteur paroissial de Lège-Arès (consulté le 9 août 2016)
  30. « Mauret-Lafage, [[chevalier de la Légion d’honneur]] en 1929 puis [[officier de la Légion d'honneur]] en 1949 », base Léonore, ministère français de la Culture]
  31. « Le « studio » de Pascal Obispo à Cap-Ferret », sur lexpress.fr,‎ (consulté le 21 août 2016)
  32. Voir sur sudouest.fr.
  33. « Le cap Ferret, sans petits mouchoirs », sur Le Figaro,‎ (consulté le 28 décembre 2014).
  34. « Audrey Tautou a du mal à assumer sa notoriété », sur lejdd.fr,‎ (consulté le 7 août 2016).
  35. « Zone rouge, zone bleue : l'histoire de la maison de Jean-Louis Debré au Cap-Ferret [édition abonné] », sur sudouest.fr,‎ (consulté le 13 août 2016).
  36. Publié en 1929 et réédité en 1996 avec des commentaires et notes de Max Baumann « Présentation des Cribleurs d'océan », sur Bibliographie du Bassin d'Arcachon (consulté le 8 août 2016);

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Ragot, Le Cap-Ferret, de Lège à la Pointe, La Teste, édité par l’auteur, , 205 p. ; réimpression en 1 seul volume des tome 1 « Des origines à la fixation des dunes » et tome 2 « De l’ensemencement des dunes à nos jours », 1973
  • Jacques Ragot, La Presqu’île Lège Cap-Ferret : Evocation historique, vol. 1, La Teste, Editions de l’Equinoxe, coll. « Le temps retrouvé », , 87 p. (présentation en ligne)
  • Max Baumann, La Presqu’île du Cap Ferret, de Bélissaire à la Pointe (vol. 3), éditions Equinoxe, coll. « Métamorphoses », , 108 p. (ISBN 2-908209-55-1, présentation en ligne)
  • Max Baumann (réédition vol. 2), Le Cap Ferret, éditions Equinoxe, coll. « Le Temps retrouvé », , 191 p. (ISBN 2-84135-266-8, présentation en ligne)
  • Olivier de Marliave (500 articles), Dictionnaire du Bassin d’Arcachon, Bordeaux, Sud-Ouest, , 352 p. (ISBN 978-2-87901-491-3, présentation en ligne)
  • Jacques Clémens, « Le Cap-Ferret des années vingt… une affaire parisienne », Bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, no 56,‎ , p. 15-35 (lire en ligne)
  • Christian Prioul, « Les propriétaires des biens de villégiature au Cap-Ferret (Gironde) », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, vol. 35, no 4,‎ , p. 440-442 (lire en ligne)

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