Matthieu Pigasse

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Matthieu Pigasse
Description de l'image Matthieu Pigasse.jpg.
Naissance (48 ans)
Clichy, Drapeau de la France France
Nationalité Française
Profession
Homme d'affaires
Formation
Famille
Jules Pigasse (grand-père)
Jean-Daniel Pigasse (père)
Albert Pigasse (oncle)
Jean-Paul Pigasse (oncle paternel)
Alix Etournaud (épouse)

Matthieu Pigasse, né le à Clichy (Hauts-de-Seine), est un homme d'affaires français.

Il est responsable monde des fusions-acquisitions et du conseil aux gouvernements de la banque Lazard, dont il est directeur général délégué en France ainsi que propriétaire et président des Nouvelles Editions Indépendantes (qui contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova), et actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jean-Daniel Pigasse, qui a été secrétaire de rédaction à La Manche libre. Son oncle, Jean-Paul Pigasse, a été directeur de la rédaction de L'Express[1]. Son frère, Nicolas Pigasse, est cofondateur du magazine Public et sa sœur, Virginie Pigasse, a travaillé au magazine Globe[1]. Son grand-oncle, Albert Pigasse, fut le fondateur de la collection « Le Masque ». Parmi ses cousins germains figurent les journalistes Sylvain Augier et Christian Jeanpierre[2].

Études et cabinets ministériels[modifier | modifier le code]

Diplômé de Sciences Po, il sort de l'ENA en 1994 et commence sa carrière en tant qu'administrateur civil au ministère de l'Économie et des Finances, à la Direction du Trésor, où il est affecté à la sous-direction chargée de la gestion de la dette et de la trésorerie de l'État. Il devient en 1998 conseiller technique au cabinet du ministre Dominique Strauss-Kahn puis, un an plus tard, directeur adjoint du cabinet du ministre Laurent Fabius, chargé des questions industrielles et financières[3].

Carrière dans la banque d'affaires[modifier | modifier le code]

Sur les conseils d'Alain Minc, Bruno Roger le recrute à la banque Lazard en 2002[3] comme associé-gérant. Il prend la tête de l'activité « conseil aux gouvernements » en 2003, devient en 2005 directeur du marketing et vice-président de Lazard Europe puis codirecteur général délégué de Lazard France en . En avril 2010, il est nommé seul dirigeant de Lazard en France et responsable mondial des activités de fusions et acquisitions de Lazard en avril 2015[4]

Il fait partie des banquiers d’affaires les plus actifs en Europe[5].

Il intervient en tant que conseil sur de nombreux dossiers en fusions-acquisitions, comme la vente du PSG par Canal+, la fusion Suez-Gaz de France, la vente par Accor de sa participation dans le Club Med, la vente d'AB Groupe à TF1, la vente de l'activité de transmission et distribution (T&D) d'Areva, la fusion de la Caisse d'Épargne et de la Banque populaire, la création puis sur l'augmentation de capital de Natixis et le sauvetage de son ancien rehausseur de crédit CIFG[6], le rachat de parts L'Oréal à Nestlé par le premier, l'acquisition de Darty par la Fnac[7]. Il est également connu pour être intervenu en conseil aux gouvernements, notamment sur la renégociation de la dette de l'Argentine après la faillite du pays en 2001, la restructuration de la dette grecque et ukrainienne[8], de la dette irakienne, ou encore la nationalisation du gaz bolivien[9].

Il est par ailleurs membre du conseil d'administration des groupes BSkyB, Lucien Barrière et Derichebourg et anciennement de l'agence Relaxnews. Il est également vice-président du Théâtre du Châtelet [10].

Médias[modifier | modifier le code]

Matthieu Pigasse appartient à une famille très présente dans les médias.

En 2005, Matthieu Pigasse organise la vente de Libération à Édouard de Rothschild. En 2007, il tente, dans le sillage d'Alain Minc, de s'emparer, sans succès, de la présidence du conseil de surveillance du Monde.

En 2009, il achète l'hebdomadaire culturel et politique Les Inrockuptibles, dont il préside le conseil d'administration, et travaille au lancement d'une nouvelle formule, ce qui n'est pas sans susciter des remous au sein de la rédaction, qui lui reproche notamment de chercher à éloigner les fondateurs du magazine[11].

Il est actif dans d'autres médias et vend Newsweb à Arnaud Lagardère, conseille Murdoch sur Eurosport, aide Pink TV, puis soutient financièrement le site d'information Rue89[12].

En juin 2010, il prend le contrôle, avec Pierre Bergé et Xavier Niel du quotidien Le Monde, malgré l'opposition de Nicolas Sarkozy[13],[14]. Le même trio, via leur holding Le Monde Libre (LML), acquiert en 2014 65% du Nouvel Observateur pour 13,4 millions d’euros[15]. En octobre 2015, le Groupe Le Monde annonce avoir renoué avec les bénéfices, conformément à la volonté de ses actionnaires[16].

En décembre 2013, Matthieu Pigasse investit dans le groupe média Melty[17].

En 2014 et 2015, ce trio manifeste son intérêt pour LCI[18] et I-Télé[19].

En juillet 2015, Matthieu Pigasse devient président des Eurockéennes de Belfort[20].

En septembre 2015, il rachète la station musicale Radio Nova[21],[22] et annonce des projets transversaux avec Les Inrockuptibles au sein des Nouvelles Editions Indépendantes (LNEI)[23]. En mars 2016, il annonce avoir pris une participation dans VICE France pour accompagner sa montée en puissance et notamment le lancement de la chaîne TV Viceland[24].

En avril 2016, il s’associe avec Xavier Niel et Pierre-Antoine Capton pour lancer Mediawan, un SPAC de 250 millions d’euros destiné à investir dans des médias européens avec l’ambition de devenir l’un des plus grands acteurs européens des contenus[25].

Politique[modifier | modifier le code]

Depuis son passage dans les cabinets ministériels de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius, il est resté proche de Dominique Strauss-Kahn[26],[27].

Il est membre du conseil d'administration de la Fondation Jean-Jaurès, think tank du parti socialiste, ainsi que de la fondation pro-européenne EuropaNova.

En 2007, il a fait partie des Gracques[3],[28].

En 2007, le « banquier de gauche » conseille Ségolène Royal et certains lui prêtent des ambitions concernant un ministère en cas de victoire de la candidate socialiste à l'élection présidentielle[12].

En 2009, il collabore avec Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et aussi Manuel Valls[29]. En 2012, il soutient le projet de François Hollande de taxation des revenus supérieurs à 1 million d'euros à 75 %[30], ce que lui reproche Philippe Villin qui avance qu'il « ne paraît guère payer d'impôt en France »[26], information que Matthieu Pigasse dément affirmant que « la très large majorité de [ses] revenus est imposée en France »[31].

En 2011, pour célébrer les trente ans de l'élection de François Mitterrand, Matthieu Pigasse et Pierre Bergé organisent un concert place de la Bastille à Paris qui réunit entre 40 000 et 70 000 participants[32].

En 2012, il soutient le projet de François Hollande de taxation des revenus supérieurs à 1 million d'euros à 75 %[33], ce que lui reproche Philippe Villin qui avance qu'il « ne paraît guère payer d'impôt en France »[26], information que Matthieu Pigasse dément affirmant que « la très large majorité de [ses] revenus est imposée en France »[34].

En mars 2014, il publie Eloge de l’anormalité, dans lequel il critique l’incapacité des élites politiques et économiques à sortir de la crise que traverse l’Europe autrement que par des mesures d’austérité, et celle de François Hollande à réformer la France[35].

En avril 2014, Manuel Valls[29] le consulte dès son intronisation à Matignon[36].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Matthieu Pigasse est père de trois enfants[12].

Il est amateur de musique punk rock[37],[3]. En juin 2009, la presse à sensations fait état d'une liaison avec la journaliste Marie Drucker[38],[39]. Il a épousé la journaliste et écrivain Alix Étournaud en décembre 2010[40],[41].

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Mathieu Pigasse et Gilles Finchelstein, Le Monde d'après, une crise sans précédent, Plon,
  • Révolutions, Plon,
  • Éloge de l’anormalité, Plon, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Odile Benyahia-Kouider, « Matthieu Pigasse rachète les Inrockuptibles », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  2. Marie-Pierre Subtil, « Matthieu Pigasse », pages « Actionnaires du Monde », Le Monde daté du dimanche 7 novembre 2010 (paru le 6), p. 19.
  3. a, b, c et d Grégoire Biseau, « Argent double », Libération,‎ (lire en ligne).
  4. Anne Drif, « Matthieu Pigasse prend la tête du M&A de Lazard dans le monde », Les Echos,‎ (lire en ligne).
  5. Anne Drif, « M&A : les banquiers français conquièrent le classement européen », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  6. Matthieu Pechberty, « Matthieu Pigasse aime mieux jouer au banquier qu'au financier », La Tribune,‎ (lire en ligne).
  7. Jean-Pierre de la Rocque, « La méthode Pigasse et Roger pour réveiller Lazard Paris », Challenges,‎ (lire en ligne).
  8. David Wighton, « The Lazard Banker Shaping Greece’s and Ukraine’s Financial Fate », Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  9. Anne Michel, « Matthieu Pigasse : Le banquier que l'on s'arrache », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  10. « Conseil d'administration », sur Théâtre du Châtelet (consulté le 23 juillet 2016)
  11. Le Canard enchaîné, numéro 4659 du 10 février 2010.
  12. a, b et c Odile Benyahia-Kouider, « Le banquier des Inrocks », Le Nouvel Observateur, no 2328,‎ (lire en ligne).
  13. Billet “Ouf ! Nicolas Sarkozy ne sera pas le « maître du Monde »…”, 30 juin 2010, sur le blog « LAIT D'BEU ».
  14. Sylvie Andreau et Benoist Simmat, « Le Monde vote contre Sarkozy », 26 juin 2010, LeJDD.fr.
  15. « Le trio Bergé-Niel-Pigasse autorisé à racheter «le Nouvel Obs» », AFP, 5 juin 2014.
  16. « Le Monde va renouer avec les bénéfices », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  17. « Matthieu Pigasse investit dans Melty, l'éditeur de sites pour jeunes », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  18. « Le trio Bergé Niel Pigasse manifeste son intérêt pour LCI », sur Le Monde (consulté le 23 juin 2016)
  19. « Matthieu Pigasse est intéressé par LCI mais aussi par iTélé », sur Les Echos (consulté le 23 juin 2016)
  20. « Matthieu Pigasse nommé Président des Eurockéennes de Belfort : je suis tombé amoureux de ce festivalrachète Radio Nova », sur L'Est Républicain (consulté le 21 mai 2015)
  21. « Matthieu Pigasse rachète Radio Nova », sur Le Figaro (consulté le 21 mai 2015)
  22. « Matthieu Pigasse s'offre Radio Nova », sur L'Express (consulté le 21 mai 2015)
  23. « Matthieu Pigasse affiche les nouvelles ambitions de LNEI », sur CB News (consulté le 21 mai 2015)
  24. « Matthieu Pigasse entre au capital de Vice France », sur Le Figaro (consulté le 21 mai 2015)
  25. « Niel, Pigasse et Capton lancent Mediawan, leur société commune dans les médias », sur Le Figaro (consulté le 21 mai 2015)
  26. a, b et c Matthieu Pigasse, un banquier d'influences, marianne.net, 4 octobre 2012
  27. « Pigasse, le banquier qui murmure à l'oreille de Tsipras », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  28. Matthieu Pechberty, « L'irrésistible ascension de Matthieu Pigasse, star de la finance et des médias », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  29. a et b Michel Revol, « Valls s'en va-t-en guerre », Le Point, no 1926,‎ (lire en ligne).
  30. Pigasse : «Il faut une action audacieuse sur le pouvoir d’achat», liberation.fr, 8 mai 2012
  31. BPI : Pigasse nie tout conflit d'intérêts, lejdd.fr, 27 septembre 2012
  32. « 10 mai: succès du concert à la Bastille », France 2,‎
  33. Pigasse : «Il faut une action audacieuse sur le pouvoir d’achat», liberation.fr, 8 mai 2012
  34. BPI : Pigasse nie tout conflit d'intérêts, lejdd.fr, 27 septembre 2012
  35. Hollande et Ayrault se mentent à eux-mêmes, parismatch.com, 21 mars 2014
  36. Ariane Kujawski et Yann Duvert, « Gouvernement Valls: le jour d'après », BFM,‎ (consulté le 6 avril 2014)
  37. Elisabeth Chavelet, « Matthieu Pigasse, iconoclaste rock'n roll », Paris Match,‎ (lire en ligne).
  38. Ève Roger, « Les dessous de la planète people », Le Nouvel Observateur, no 2336,‎ (lire en ligne).
  39. Airy Routier, « Double je : Patron de Lazard, Matthieu Pigasse fait son entrée chez les people », Challenges,‎ (lire en ligne).
  40. « Biographie Matthieu Pigasse. », sur Who's Who.
  41. « Marie Drucker, cible d’une vendetta ! », sur Le Soir,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]