Matthieu Pigasse

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Matthieu Pigasse
Description de l'image Matthieu Pigasse.jpg.
Naissance (47 ans)
Clichy, Drapeau de la France France
Nationalité Française
Profession
Homme d'affaires
Formation
Famille
Jules Pigasse (grand-père)
Jean-Daniel Pigasse (père)
Albert Pigasse (oncle)
Jean-Paul Pigasse (oncle paternel)
Alix Etournaud (épouse)

Matthieu Pigasse, né le à Clichy (Hauts-de-Seine), est un homme d'affaires français.

Ancien administrateur civil du ministère de l'Économie et des Finances, il est directeur général délégué de la banque Lazard en France et vice-président de Lazard en Europe, ainsi que propriétaire et président du magazine Les Inrockuptibles, et actionnaire du journal Le Monde et du Huffington Post.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jean-Daniel Pigasse, qui a été journaliste à La Manche libre. Son oncle, Jean-Paul Pigasse, a été directeur de la rédaction de L'Express[1]. Son frère, Nicolas Pigasse, est cofondateur du magazine Public et sa sœur, Virginie Pigasse, a travaillé au magazine Globe[1].

Études et cabinets ministériels[modifier | modifier le code]

Diplômé de Sciences Po, il sort de l'ENA en 1994 et débute sa carrière en tant qu'administrateur civil au ministère de l'Économie et des Finances, à la Direction du Trésor, où il est chargé de la gestion de la dette et de la trésorerie de l'État. Il devient en 1998 conseiller technique au cabinet du ministre Dominique Strauss-Kahn puis, un an plus tard, directeur adjoint du cabinet du ministre Laurent Fabius, chargé des questions industrielles et financières[2].

Monde des affaires[modifier | modifier le code]

Sur les conseils d'Alain Minc, Bruno Roger le recrute à la banque Lazard en 2002[2] comme associé-gérant de la banque. Il prend la tête de l'activité « conseil aux gouvernements » en 2003, devient en 2005 directeur du marketing, puis vice-président de Lazard Europe l'année suivante et enfin codirecteur général délégué de Lazard France en .

Il intervient en tant qu'intermédiaire sur de nombreux dossiers, comme la vente du PSG par Canal+, la fusion Suez-Gaz de France, la vente par Accor de sa participation dans le Club Med, la vente d'AB Groupe à TF1, la vente de l'activité de transmission et distribution (T&D) d'Areva, la renégociation de la dette de l'Argentine après la faillite du pays en 2001, la dette irakienne ou encore la nationalisation du gaz bolivien[3]. Il travaille également sur le rapprochement de la Caisse d'Épargne et de la Banque populaire, sur la création puis sur l'augmentation de capital de Natixis et le sauvetage de son ancien rehausseur de crédit CIFG[4].

Il est par ailleurs membre du conseil d'administration des groupes Lucien Barrière et Derichebourg et de l'agence Relaxnews. Il est également administrateur du Théâtre du Châtelet, nommé à ce poste par Bertrand Delanoë.

Médias[modifier | modifier le code]

Matthieu Pigasse appartient à une famille très présente dans les médias : son grand-oncle qu'il n'a jamais connu, Albert Pigasse, fut le fondateur de la collection « Le Masque » ; son père, Jean-Daniel Pigasse, fut le secrétaire de la rédaction de l'hebdomadaire régional La Manche libre ; quant à son frère, Nicolas Pigasse, il est directeur de la rédaction du magazine people Public. Parmi ses cousins germains figurent les journalistes Sylvain Augier et Christian Jeanpierre[5].

En 2005, Matthieu Pigasse organise la vente de Libération à Édouard de Rothschild, actionnaire de la maison concurrente de Lazard. En 2007, il tente, dans le sillage d'Alain Minc, de s'emparer, sans succès, de la présidence du conseil de surveillance du Monde.

En 2009, il achète l'hebdomadaire culturel et politique Les Inrockuptibles, dont il préside le conseil d'administration, et travaille au lancement d'une nouvelle formule, ce qui n'est pas sans susciter des remous au sein de la rédaction, qui lui reproche notamment de chercher à éloigner les fondateurs du magazine[6].

Il est actif dans d'autres médias et vend Newsweb à Arnaud Lagardère, conseille Murdoch sur Eurosport, aide Pink TV, puis soutient financièrement le site d'information Rue89[7].

En juin 2010, il prend le contrôle, avec Pierre Bergé et Xavier Niel du quotidien Le Monde, malgré l'opposition de Nicolas Sarkozy[8],[9]. Le même trio, via leur holding Le Monde Libre (LML), acquiert en 2014 65% du Nouvel Observateur pour 13,4 millions d’euros[10].

En mai 2015, il rachète la station musicale Radio Nova[11].

Politique[modifier | modifier le code]

Depuis son passage dans les cabinets ministériels de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius, il est resté proche du Parti socialiste et particulièrement de Dominique Strauss-Kahn[12].

Il est membre du conseil d'administration de la Fondation Jean-Jaurès, think tank du parti socialiste, ainsi que de la fondation pro-européenne EuropaNova.

En 2007, il a fait partie des Gracques[2],[13].

En 2007, le « banquier de gauche » conseille Ségolène Royal et ne cache pas ses ambitions concernant un ministère en cas de victoire de la candidate socialiste à l'élection présidentielle[7].

En 2009, il collabore avec Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et aussi Manuel Valls[14], lequel le consulte dès son intronisation à Matignon[15]. En 2012, il soutient le projet de François Hollande de taxation des revenus supérieurs à 1 million d'euros à 75 %[16], ce que lui reproche Philippe Villin qui avance qu'il « ne paraît guère payer d'impôt en France »[12], information que Matthieu Pigasse dément affirmant que « la très large majorité de [ses] revenus est imposée en France »[17].

Pour célébrer les trente ans de l'élection de François Mitterrand, Matthieu Pigasse et Pierre Bergé organisent un concert place de la Bastille à Paris qui réunit entre 40 000 et 70 000 participants[18].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Matthieu Pigasse est père de trois enfants[7].

Il est amateur de musique punk rock[19],[2]. En juin 2009, la presse à sensations fait état d'une liaison avec la journaliste Marie Drucker[20],[21]. Il a épousé la journaliste et écrivain Alix Étournaud en décembre 2010[22],[23].

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Mathieu Pigasse et Gilles Finchelstein, Le Monde d'après, une crise sans précédent, Plon,‎
  • Révolutions, Plon,‎
  • Éloge de l’anormalité, Plon, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Odile Benyahia-Kouider, « Matthieu Pigasse rachète les Inrockuptibles », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c et d Grégoire Biseau, « Argent double », Libération,‎ (lire en ligne).
  3. Anne Michel, « Matthieu Pigasse : Le banquier que l'on s'arrache », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. Matthieu Pechberty, « Matthieu Pigasse aime mieux jouer au banquier qu'au financier », La Tribune,‎ (lire en ligne).
  5. Marie-Pierre Subtil, « Matthieu Pigasse », pages « Actionnaires du Monde », Le Monde daté du dimanche 7 novembre 2010 (paru le 6), p. 19.
  6. Le Canard enchaîné, numéro 4659 du 10 février 2010.
  7. a, b et c Odile Benyahia-Kouider, « Le banquier des Inrocks », Le Nouvel Observateur, no 2328,‎ (lire en ligne).
  8. Billet “Ouf ! Nicolas Sarkozy ne sera pas le « maître du Monde »…”, 30 juin 2010, sur le blog « LAIT D'BEU ».
  9. Sylvie Andreau et Benoist Simmat, « Le Monde vote contre Sarkozy », 26 juin 2010, LeJDD.fr.
  10. « Le trio Bergé-Niel-Pigasse autorisé à racheter «le Nouvel Obs» », AFP, 5 juin 2014.
  11. « Matthieu Pigasse rachète Radio Nova », sur Le Figaro (consulté le 21 mai 2015)
  12. a et b Matthieu Pigasse, un banquier d'influences, marianne.net, 4 octobre 2012
  13. Matthieu Pechberty, « L'irrésistible ascension de Matthieu Pigasse, star de la finance et des médias », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  14. Michel Revol, « Valls s'en va-t-en guerre », Le Point, no 1926,‎ (lire en ligne).
  15. Ariane Kujawski et Yann Duvert, « Gouvernement Valls: le jour d'après », BFM,‎ (consulté le 6 avril 2014)
  16. Pigasse : «Il faut une action audacieuse sur le pouvoir d’achat», liberation.fr, 8 mai 2012
  17. BPI : Pigasse nie tout conflit d'intérêts, lejdd.fr, 27 septembre 2012
  18. « 10 mai: succès du concert à la Bastille », France 2,‎
  19. Elisabeth Chavelet, « Matthieu Pigasse, iconoclaste rock'n roll », Paris Match,‎ (lire en ligne).
  20. Ève Roger, « Les dessous de la planète people », Le Nouvel Observateur, no 2336,‎ (lire en ligne).
  21. Airy Routier, « Double je : Patron de Lazard, Matthieu Pigasse fait son entrée chez les people », Challenges,‎ (lire en ligne).
  22. « Biographie Matthieu Pigasse. », sur Who's Who.
  23. « Marie Drucker, cible d’une vendetta ! », sur Le Soir,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]