Târgu Mureș

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Târgu Mureș
Coa Romania Town Marosvásárhely.svgROU MS Targu Mures Flag.gif
Collage Marosvásárhely.png
Nom officiel
(ro) Târgu Mureș (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Noms locaux
(ro) Târgu Mureș, (hu) MarosvásárhelyVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays
Județ
Chef-lieu
Târgu Mureș (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Capitale de
Superficie
66,96 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
320 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
134 290 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
2 005,5 hab./km2 ()
Fonctionnement
Statut
Municipalité de Roumanie (en), Chef-lieu du comté (d), grande ville (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Chef de l'exécutif
Dorin Florea (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Contient les localités
Târgu Mureș (d), Mureșeni (d), Remetea (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Alliance pour le climat (en) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Jumelages
Histoire
Fondation
Identifiants
Code postal
540003–540680Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

Târgu Mureș, anciennement orthographiée Tîrgu Mureș (en hongrois Marosvásárhely et en allemand Neumarkt am Mieresch) est une ville de (134 290 habitants en 2011)[1] située au centre de la Transylvanie, dans le Pays sicule, en Roumanie. C'est le chef-lieu du județ de Mureș.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville de Târgu Mureș, centre politique, économique et culturel de première importance est située sur le plateau de Transylvanie (en roumain : Podișul Transilvanei). La ville s'est d'abord développée sur la rive gauche du Mureș. Elle est ensuite grimpée à l'assaut des collines environnantes pour maintenant atteindre la vallée de la Niraj au sud et la rive droite du Mureș au nord, tandis qu'elle grandissait le long de la rivière en aval vers la ville d'Ungheni.

La municipalité de Târgu Mureș comprend la ville de Târgu Mureș elle-même (133 124 habitants en 2011) et les localités de Mureșeni (en hongrois : Meggyesfalva) et Remetea (en hongrois : Remeteszeg) (1 166 habitants en 2011)[2].

Târgu Mureș se trouve à 339 km au nord-nord-ouest de Bucarest, la capitale du pays, à 171 km au nord-ouest de Brașov, à 107 km à l'est de Cluj-Napoca et à 124 km au Nord de Sibiu.

Histoire[modifier | modifier le code]

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L'intérieur de la Citadelle de Târgu Mureș.

La localité est mentionnée pour la première fois dans les registres du Vatican, en 1332, sous le nom de Novum Forum Siculorum (en hongrois : Székelyvásárhely) les Sicules de Transylvanie sont des fermiers-soldats magyarophones. L'existence de corporations indique qu'il s'agissait déjà d'une ville, les archives de la ville contiennent un document signé par Louis d'Anjou, roi de Hongrie, qui accordait de nouveaux droits à la corporation des tanneurs.

En 1405, le roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg accorde à la ville le droit d'organiser des foires. En 1482, le roi Mathias Corvin l'élève au statut de ville royale. Le , Gabriel Bethlen, prince de Transylvanie, signe un document par lequel la ville devient une Ville libre royale et change son ancien nom de Székelyvásárhely (cité des Sicules) en Marosvásárhely (cité du Mureș).

Au cours des siècles, la ville servit plusieurs fois de siège à la Diète (conseil) de Transylvanie et c'est ici que furent élus plusieurs princes de Transylvanie.

En 1754, la Table royale (Cour suprême de justice de la Transylvanie) s'installe dans la ville. Mais, en 1867, l'autonomie de la Transylvanie est abolie et le pays est directement rattaché à la Hongrie au sein de la monarchie austro-hongroise, la ville devient alors le chef-lieu du comitat Maros-Torda. Le traité de Trianon en 1920 cède la Transylvanie à la Roumanie.

Timbre hongrois de 1916.

Comme toute la Roumanie, Târgu Mureș fut soumise aux régimes dictatoriaux carliste, fasciste de Miklós Horthy et communiste de à . Après le Deuxième arbitrage de Vienne, elle est occupée par la Hongrie entre et , et par les Soviétiques de 1944 à 1952. Durant la présidence de Nicolae Ceaușescu, la vie intellectuelle est bridée et les relations avec l'étranger très limitées, ce qui pénalise entre autres les Hongrois de Transylvanie et notamment les enseignants. Les émigrés hongrois en Occident dévoilent cette politique, et cela contribue au discrédit du régime communiste, mais discrédite également la Roumanie en tant que nation. Conséquence de ces faits, une certaine tension nationaliste se fait jour en 1990, après la chute de la dictature, et Târgu Mureș est le théâtre d'affrontements interethniques de Târgu Mureș, qui se soldent par la mort de cinq hommes (deux Roumains et trois Hongrois) et 258 blessés. Mais les anciens et les femmes de Târgu Mureș firent preuve d'un esprit de médiation qui apaisa rapidement les plus échauffés et dénoncèrent cette instrumentalisation d'un pouvoir post-communiste désireux de se poser en défenseur de l'intégrité de la nation, et dont les médias friands de sang s'étaient emparés en les qualifiant de « guerre inter-ethnique »[3],[4].

Depuis le boom économique des années 2000, le développement rassemble les habitants par-delà origines et différences, et les tensions se sont en grande partie dissipées. Beaucoup de familles sont d'ailleurs mixtes et bilingues.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population
AnnéePop.±%
1850 8 719—    
1880 13 688+57.0%
1890 15 191+11.0%
1900 20 299+33.6%
1910 26 779+31.9%
1920 31 998+19.5%
1930 40 058+25.2%
1941 46 332+15.7%
1956 65 455+41.3%
1966 86 464+32.1%
1977 130 076+50.4%
1992 164 445+26.4%
2002 150 041−8.8%
2011 134 290−10.5%

Composition ethnique[modifier | modifier le code]

La composition ethnique de la ville a été modifié au cours du XXe siècle. En 1910, Târgu Mureș comptait une large majorité de Hongrois (les Rroms et les Juifs ne sont alors pas décomptés séparément dans le recensement).

En 1930, après l'intégration de la ville à la Roumanie, la population roumaine augmente du fait de l'exode rural. L'importante communauté juive est largement déportée par le régime Szálasi à la fin de la Seconde Guerre mondiale, peu avant l'arrivée des armées roumaine et soviétique.

À la fin de la période communiste, les Hongrois restaient majoritaires mais ne représentent plus que la moitié de la population. Cette tendance s'inverse lors du recensement de 2002 et se confirme en 2011.

Composition ethnique[5],[1]
Année Hongrois Roumains Allemands Rroms Juifs
1910 86,8 % 9,0 % 2,3 %
1930 57,2 % 26,8 % 1,7 % 1,1 % 12,1 %
1966 63,6 % 34,8 % 0,6 % 0,5 % 0,4 %
1992 51,4 % 46,1 % 0,3 % 2,0 % 0,1 %
2002 46,73 % 50,34 % 0,2 % 2,4 %
2011 52,0 % 44,9 % 0,2 % 2,5 % 0,1 %

Religions[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2011, la composition religieuse de la population est la suivante[6] :

Politique[modifier | modifier le code]

Titulaires de la fonction de maireVoir et modifier les données sur Wikidata
IdentitéPériodeDuréeÉtiquette
DébutFin
Imre Fodor (d)
( - )
4 ans UDMR
Dorin Florea (d)[7],[8]
(né en )
En cours20 ans CDR

PDL
ALDE
Élections locales de 2016[9]
Parti Sièges
Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) 6
Parti national libéral (PNL) 4
Parti social-démocrate (PSD) 9
Parti des hommes libres (POL) 3

Éducation et culture[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Palatul Culturii - Le Palais de la Culture.

La ville possède un réseau complet d'enseignement, écoles collèges, lycées ainsi que plusieurs universités.

  • Université de médecine et de pharmacie, ouverte en 1945, installée dans les locaux de l'ancien lycée militaire austro-hongrois (1907) qui comprend des facultés de médecine générale, dentaire et de pharmacie.
  • Université Petru Maior qui comprend une école d'ingénieurs, des facultés de sciences, de littérature, d'économie, d'administration et techniques.
  • Université écologique Dimitrie Cantemir (depuis 1991) avec des facultés de géographie, d'histoire, de psychologie, de psycho-pédagogique et de pédagogie.
  • Université des arts du théâtre (transférée de Cluj) avec des sections roumaines et hongroises.
  • Université Sapientia (depuis 2000), qui est l'université hongroise de la ville.

Principaux musées de la ville[modifier | modifier le code]

  • Museum de Sciences Naturelles (1890-1913).
  • Musée d'Ethnographie et des Arts Populaires, installé dans le Palais Todalafi (palais baroque de 1758-1772).
  • Musée des Beaux-Arts.
  • Musée d'Histoire.

Musique et autres événements[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

  • TV Mureș est une chaîne locale dont la programmation est entièrement bilingue roumain/hongrois.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Centre-ville de Târgu-Mureș.
Bâtiment dans la vieille-ville.

La ville possède un ensemble important de monuments, tant civils que religieux ou militaires, du Moyen Âge au XXe siècle.

Les constructions les plus anciennes de la ville sont la Citadelle et son église de style gothique datant de 1492. De la Renaissance (1554) date la Maison Köpeczi-Teleki, plus ancien palais de la ville.

De nombreux édifices datent de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle :

  • l'Église catholique romaine de Saint-Jean le Baptiste, de style baroque (1728-1750).
  • l'Église orthodoxe en bois (1793-1794) avec des fresques de 1814.
  • le Palais Teleki (1797-1803), de style baroque.
  • la Bibliothèque Teleki, qui compte 200 000 volumes dont 52 incunables, de style baroque (1799-1802), commandée par le comte Sámuel Teleki, chancelier de Transylvanie et grand bibliophile dont les collections (40 000 volumes) ont été constamment enrichies, notamment de la collection Bolyai (80 000 volumes), de collections confisquées à des institutions religieuses (monastères).
  • la Table royale (Masa regală) (1828).

Un bon nombre d’édifices ont été construits au début du XXe siècle, lorsque György Bernády était maire de la ville :

  • l'actuelle Préfecture (Palatul administrativ), datant de 1905-1907 dans le style art nouveau.
  • le Palais de la Culture, né de la volonté austro-hongroise de doter toutes les provinces de l'Empire de lieux culturels. Construit de 1911 à 1913 l'influence de la Sécession viennoise y est très nette (courbes et contre-courbes, profusion du décor intérieur) ainsi que celle de l'éclectisme (toits de tuiles vernissées par exemple). Il abrite aujourd'hui un auditorium, la bibliothèque du județ, des salles de conférences, le Musée des Beaux-Arts et le Musée d'Histoire.
  • l'Université de Médecine.
  • la Maison Bányai (Casa Bányai) (1904-1907) de style éclectique.
  • la Synagogue (1900), construite selon les plans de l'architecte viennois Jakob Gartner. Elle fut restaurée en l'an 2000.

D'autres édifices ont été construits plus tardivement au XXe siècle :

  • la Cathédrale orthodoxe, construite entre 1925 et 1934 longtemps la plus grande de Roumanie.
  • la Petite Cathédrale construite dans les années 1930 pour les besoins du culte gréco-catholique.
  • le Théâtre National inauguré en 1973.

Sports[modifier | modifier le code]

Basketball[modifier | modifier le code]

Le BC Mureș est un club évoluant en 1re division. L'ambiance de la Sala Sporturilor (Arène des Sports - 2 800 places) est assez réputée, notamment pour l'accueil des joueurs, qui se fait au son de Welcome to the Jungle.

Football[modifier | modifier le code]

Le FCM Târgu Mureș est un club de la ville fondé en 2004 (et rebaptisé en 2008). Son principal fait de gloire reste sa victoire lors de l'édition 2009-2010 du championnat de D2, qui lui permet l'accession en Liga 1 l'année d'après (il sera néanmoins relégué après l'édition 2011-2012). Le club joue ses matchs à domicile au Stade Trans-Sil (8 000 places).

La section féminine du club est le ASA Târgu Mureș.

La ville accueille un autre club de football, qui évolue en 4e division, le Gaz Metan Târgu Mureș.

La ville disposait enfin du club de l'ASA Târgu Mureș fondé en 1962 mais disparu en 2007.

Volley-ball[modifier | modifier le code]

Le CSU Târgu Mureș (volley-ball féminin) évoluait en 2013-2014 dans la Divizia A1.

Bowling[modifier | modifier le code]

Electromureș est le club le plus important de la ville.

Communications[modifier | modifier le code]

Bus urbain de la ligne 23 de Târgu Mureș, précédemment en usage à la RATP.

La ville est très bien reliée au réseau de communications roumain.

Routes[modifier | modifier le code]

Târgu Mureș se trouve sur l'itinéraire européen 60 qui traverse la Roumanie d'ouest en est, d'Oradea à Constanța.

La route nationale DN15 se dirige vers le nord-est, la ville de Reghin, les montagnes, le județ de Harghita et la Moldavie.

La route nationale DN13 (E60) se dirige vers l'ouest, la ville de Luduș, Cluj-Napoca et la Hongrie.

Vers le sud, la route nationale DN15 (E60) rejoint Sighișoara, Brașov et Bucarest.

Voies ferrées[modifier | modifier le code]

Târgu Mureș est reliée à Bistrița au nord et Miercurea-Ciuc (Csíkszereda) à l'est. Vers l'ouest, on peut se rendre à Turda.

Aéroport[modifier | modifier le code]

La ville possède un aéroport international situé à une quinzaine de kilomètres qui a enregistré 80 000 passagers en 2008. Des liaisons vers Bucarest (compagnie Tarom), Timișoara (compagnie Carpatair), Budapest (compagnie Malév), Paris (avec Wizz Air), Copenhague et Billund au Danemark (compagnie Cimber Air)[10].

En plus, à 90 km de Târgu Mureș se trouve l'aéroport de Cluj, quatrième aéroport roumain en termes de trafic aérien.

Santé[modifier | modifier le code]

Grâce à ces structures et a son université de médecine et de pharmacie, Târgu Mureș est l'une des villes avec les meilleurs soins dans le pays.

La ville accueille l'un des plus grands hôpitaux de Transylvanie, dont un pole cardiovasculaire très reconnu en Roumanie.

Depuis que la Roumanie a adhéré a l'Union européenne, une activité de tourisme médical notamment dentaire s'est développé dans la ville.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Târgu Mureș est jumelée avec[11] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ro) « Tab8. Populația stabilă după etnie – județe, municipii, orașe, comune », sur recensamantromania.ro.
  2. (ro) « Populaţia stabilă pe judeţe, municipii, oraşe şi localităti componenete la RPL_2011 » [xls], sur recensamantromania.ro (consulté le 18 octobre 2015)
  3. A. Sutö, « Vivre et écrire en Transylvanie », La Nouvelle Alternative, no 18,‎
  4. Jean-Baptiste Naudet, « Le nationalisme roumain, danger réel ou pétard mouillé ? », La Nouvelle Alternative, no 22,‎ .
  5. « Recensements du județ de 1850 à 2002 », sur kia.hu (consulté le 23 janvier 2020)
  6. (ro) « Tab13. Populaţia stabilă după religie – județe, municipii, orașe, comune », sur recensamantromania.ro.
  7. « Rezultatele alegerilor locale din 2012 », Bureau électoral central (d)
  8. « Rezultatele alegerilor locale din 2016 », Bureau électoral central (d)
  9. (ro) « Rezultate finale 5 iunie 2016 », sur www.2016bec.ro (consulté le 12 juin 2016).
  10. « Site officiel de l'aéroport de Târgu Mureș », sur targumuresairport.ro (consulté le 23 janvier 2020)
  11. (ro) « Orase infratite », sur tirgumures.ro, (consulté le 23 janvier 2020).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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