Tourisme médical

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Le tourisme médical consiste à se faire soigner dans un pays autre que celui où l'on réside, par économie ou pour bénéficier des soins et des prix qui ne sont disponibles qu'à l'étranger.

Succès du tourisme médical[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs phénomènes distincts qui contribuent au développement de ces activités :

  • les disparités de niveau de vie entre pays qui permettent, dans un pays moins développé, d'abaisser le coût de revient de l'offre de soins par rapport au pays d'origine du patient. Ainsi, le journal The Economist cite une étude qui estime qu'un Américain peut économiser jusqu'à 85 % sur ses frais médicaux en se faisant soigner à l'étranger[1] ;
  • les disparités d'infrastructures sanitaires qui vont conduire par exemple un citoyen britannique qui ressort du NHS 100 % public[2] à rechercher une offre de soins dans un pays tel que la France, parfois dans le cadre d'accords bilatéraux entre pays, faute de pouvoir bénéficier d'une offre de soins adéquate dans son pays ;
  • les disparités de législations/réglementations qui vont se traduire par un renchérissement d'actes chirurgicaux dans certains pays, du fait des primes d'assurances obligatoires souscrites par les praticiens et répercutées dans leurs tarifs ou qui limitent l'accès à certains actes médicaux tels que l'avortement ou la stérilisation ;
  • l'ouverture des frontières en particulier dans le domaine des biens et des services qui permet à un praticien d'un pays X de tenir des consultations dans un pays Y pour programmer un acte médical dans un pays Z. Cette ouverture des frontières est liée également à la diffusion plus rapide de l'information, qui permet à des centres médicaux d'un pays de toucher plus facilement des clients potentiels à l'étranger ;
  • la non/faible prise en charge, en particulier en France, de certaines interventions comme la chirurgie esthétique (hors chirurgie réparatrice) par la Sécurité sociale. Tout ce qui est considéré comme esthétique d'ailleurs n'est pas du tout remboursé en France (implants dentaires, blanchiment des dents).

Depuis plusieurs années, le phénomène s’est répandu mondialement : l’Asie, Europe de l'Est (Roumanie, Hongrie, Serbie, Pologne, République tchèque), et maintenant l’Afrique du Nord (Tunisie, Maroc). se sont lancés dans ce secteur. Près de 3 millions de touristes, issus principalement des pays riches, se rendent chaque année dans ces pays de destination pour réaliser des actes médicaux ou de chirurgie esthétique[3], c'est le tourisme esthétique, une spécialité du tourisme médical. Les projections montrent que près de 20 millions de touristes médicaux pourraient franchir les frontières dès 2015.

Si certains pays d'Amérique du Sud se spécialisent essentiellement en chirurgie plastique, d’autres ont choisi la chirurgie dentaire, ou encore l’ophtalmologie. En tête de ligne des pays proposant des actes de chirurgie plastique, viennent le Brésil, la Bolivie, et le Costa Rica [réf. nécessaire]. Ces pays ont su tirer profit d’une image internationale forte représentant la femme latine toujours en tête des concours de beauté internationaux [réf. nécessaire]. Viennent ensuite les pays du Maghreb : Tunisie, Maroc.

En Europe, d’autres pays se sont spécialisés dans la chirurgie dentaire tels que la Hongrie, la Roumanie (opticiens+chirurgie dentaire) ou encore la République tchèque [réf. nécessaire].

La Thaïlande et l’Inde se sont spécialisés dans les greffes d’organes, des spécialités en cardiologie, et des chirurgies à cœur ouvert[4].

On peut aussi noter que le choix des destinations est fortement influencé par la langue parlée dans le pays d'accueil. Ainsi un patient français souhaitant réaliser certains soins s'orientera plus vers les pays francophones comme la Tunisie et le Maroc, tandis qu'un anglophone se tournera vers l'Afrique du Sud ou l'Inde. Cependant, de nombreuses cliniques, hôpitaux, polycliniques et cabinets dentaires prennent soin de proposer leurs services médicaux dans la langue d'origine du patient.

Avantages du tourisme médical[modifier | modifier le code]

La santé est un secteur économique qui était très peu soumis à la concurrence, en raison de la difficulté pour un malade de bouger loin de chez lui pour se faire soigner. Le tourisme médical permet d'introduire cette concurrence, au bénéfice des patients[1]. Plus précisément, le journal estime ainsi que les patients bénéficient directement des prix plus bas, mais également indirectement de l'amélioration de la qualité permise par la concurrence. En effet, les hôpitaux des pays développés sont obligés de plus en plus de tenir compte du tourisme médical et doivent adapter leur offre en améliorant les prestations ou en diminuant leurs prix[réf. nécessaire]. C'est le cas des pays du Roumanie dans lesquels les tarifs d'un séjour médical sont beaucoup plus abordables qu'ailleurs. Cette région du l'Europe s'est faite un succès auprès des patients étrangers notamment ceux qui veulent effectuer en particulier une chirurgie, visiter un opticien ou dentiste.

Risques du tourisme médical[modifier | modifier le code]

Cependant, certaines interventions, comme la chirurgie esthétique et les implants dentaires, nécessitent un suivi post-opératoire. Cela semble difficile lorsque le praticien est à des milliers de kilomètres. Il faut également se renseigner sur les garanties et les recours juridiques en cas de complications[5].

Tourisme médical vers la France[modifier | modifier le code]

Le coût du tourisme médical, effectué par des patients étrangers non résidents sur le sol français n'est pas imputé sur le budget de la Sécurité Sociale. Il est financé par le patient lui-même ou son assurance santé ou par son employeur ou encore par l'état d'origine.

Les patients étrangers non résidents en France peuvent être pris en charge par les hôpitaux publics ou privés s'ils payent à l'avance tout ou partie du devis estimant le cout de leur intervention.

  • Vous n'êtes pas résident en France et non assuré à l'Assurance maladie en France
  • Avant de vous rendre en France pour une intervention chirurgicale, vous devez entrer en contact avec l'hôpital Français qui vous délivrera un devis. Il s'agit d’hospitalisation programmée.
  • Le financement du devis dépend de votre situation au regard de la législation Française.

- soit vous êtes ressortissant d'un pays de l'Union européenne ou de l'Espace Économique Européen

ou de la Suisse. Voir le site du http://www.cleiss.fr/ Dans ce cas, vous devez demander à votre assurance maladie d'origine un accord de prise en charge financière sous la forme d'un formulaire E112.

Votre assurance santé a un droit de regard et peut ne pas vous délivrer cet accord. Surtout s'il s'agit de soins qui peuvent être délivrés dans votre pays d'origine.

En cas d'accord, vous devrez régler le "reste à charge" , c'est à dire la différence entre le montant du remboursement par votre assurance santé et le devis. Ceci sera indiqué au devis en fonction de la prise en charge de votre assurance.

- si vous n'êtes pas ressortissant d'un pays de l'Union européenne ou de l'Espace Économique Européen

ou de la Suisse, vous devrez :

1. régler en totalité le devis avant de vous rendre en France auprès de l'hôpital qui accueille.

2. justifier d'un Visa Schengen pour soins que vous pourrez demander au consulat de France de votre pays d'origine.

Les soins en France ne sont pas "gratuits". Les résidents Français lorsqu'ils travaillent obtiennent des droits à l'Assurance maladie en France auprès de leur Caisse primaire d'assurance maladie ( sont alors ouverts des droits au Régime général de la Sécurité Sociale ou à d'autres régimes particuliers ou à la Couverture maladie universelle). Les Français non résidents peuvent aussi s'assurer volontairement à l'Assurance maladie en France au travers de la Caisse des Français de l'étranger.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Importing competition » The Economist, 16 août 2008, p. 10
  2. NHS (National Health Service) est le nom que portent les organismes de santé publics. Le système est marqué par une très forte réglementation, [1]
  3. figure 2, 2008, Rapport Deloitte "Consumers in search of value"
  4. Time Magazine, octobre 2006
  5. « Tourisme dentaire : Une patiente soignée en Hongrie par un escroc », Le Courrier du Dentiste

Voir aussi[modifier | modifier le code]