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Pablo Casals

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Pablo CasalsPau Casals
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Pablo Casals vers les années 1910 ou 1920.

Nom de naissance Pau Casals i Defilló
Naissance
El Vendrell (Catalogne, Espagne)
Décès (à 96 ans)
San Juan (Porto Rico)
Activité principale violoncelliste, chef d'orchestre, compositeur

Pablo Casals, né Pau Casals i Defilló ou Pau Casals le à El Vendrell (province de Tarragone, Espagne) et mort le à San Juan (Porto Rico), est un violoncelliste, chef d'orchestre et compositeur espagnol.

Pablo Casals s'est engagé en faveur de la république et de la liberté, contre les dictatures, en particulier celle de Franco en Espagne. Il fut proposé sans succès au prix Nobel de la paix en 1958.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Dès sa plus tendre enfance, Pablo Casals joue de divers instruments. Il étudie le violoncelle au conservatoire de Barcelone dès 1888, puis la composition à Madrid où il va continuer à se perfectionner, occupant divers postes comme instrumentiste ou pédagogue.

En 1899, il commence à être reconnu, ce qui lui vaut de jouer, le 20 mai 1899, devant la reine Victoria, et, plus tard, devant la reine Élisabeth de Belgique.

Le trio « Cortot, Thibaud, Casals », Barcelone[modifier | modifier le code]

Il commence à jouer avec Jacques Thibaud et Alfred Cortot en 1905, trio mythique de la première moitié du XXe siècle. Il est de plus en plus reconnu, invité, rencontre les plus grands musiciens de son temps (il sera le dédicataire de nombreuses œuvres) et en 1919, toujours fidèle à sa Catalogne natale, il crée à Barcelone, un orchestre de très haut niveau qui porte son nom. Les plus grands chefs d'orchestre le dirigeront, de Fritz Busch à Stravinski.

Prades, Porto Rico[modifier | modifier le code]

Fin 1936[1], Casals fuit l’Espagne franquiste et trouve refuge dans la petite ville de Prades au pied du Canigou. Il refuse toutes les invitations à jouer ou diriger en protestation à la dictature de Franco et mène une existence solitaire et très modeste[2]. En 1950, il sort de son silence pour participer à Prades aux commémorations du bicentenaire de la mort de Bach. C’est le premier Festival Pablo-Casals auquel il invite les plus grands interprètes de son temps comme Clara Haskil, Joseph Szigeti, Rudolf Serkin, Isaac Stern ou Marcel Tabuteau, pour en faire un haut-lieu de ferveur musicale. Il y participera encore à l'âge de 90 ans.

En 1956, il s’installe à San Juan à Porto Rico, le pays de sa mère et de sa jeune épouse. Il y crée l'orchestre symphonique en 1957, compose et, inlassablement, transmet son art lors de nombreuses « master classes ». Casals était un ami personnel de la reine Élisabeth de Belgique[3], veuve du roi Albert Ier et passionnée par la musique.

Engagements[modifier | modifier le code]

La tombe d'Antonio Machado à Collioure, édifiée à l'initiative de Pablo Casals

Tout au long de sa longue vie, Casals fut un défenseur acharné et enthousiaste du violoncelle, mais aussi de la musique dans une inébranlable foi dans les valeurs qu'elle peut transmettre. Ses enregistrements sont habités de cet enthousiasme et de son énergie.

Il essaye de favoriser l'accès à la musique pour le plus grand nombre, que ce soit avec des associations de concerts, la création de ses divers orchestres ; il jouera même dans des conditions mouvementées lors de la guerre d'Espagne.

Dans la période difficile des années d'avant et d'après la Seconde Guerre mondiale, il restera inflexible sur ses idéaux, quelles qu'en soient les conséquences pour sa carrière :

  • lors de la guerre civile, il va soutenir les républicains espagnols et va s'exiler en 1936. Apôtre de la paix, il était également un défenseur acharné de la Catalogne ;
  • dès 1933, il refuse de jouer en Allemagne ;
  • après guerre, il ne donne plus de concerts pour marquer sa désapprobation du laxisme de la communauté internationale envers le régime politique du caudillo Franco. Il participe néanmoins à plusieurs galas de soutien au mouvement pacifiste et antifasciste de son ami Louis Lecoin.

En 1958, Casals fut à l'initiative[4] de la construction de la tombe d'Antonio Machado à Collioure.

Chronologie (années 1876-1920)[modifier | modifier le code]

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Pablo Casals
Portrait par Ferdinand Schmutzer.
  • 1876 : Pau Casals naît le 29 décembre au n° 2 de la rue Santa Ana, de El Vendrell, en Catalogne. Il est fils du musicien Carles Casals Riba et de Pilar Defilló, une catalane née à Puerto Rico où ses parents catalans s'étaient déplacés pour travailler.
  • 1889 : Il vient vivre à Barcelone, et est engagé pour jouer au Cafè Tost trois heures chaque nuit, sept jours par semaine, pour 4 pesetas par mois.
  • 1890 : Découvre les Suites pour violoncelle de J.-S. Bach. Son père lui achète un violoncelle.
  • 1891: Fait la connaissance de Enrique Granados, avec qui commence une grande amitié.
  • 1893 : Réussit avec succès les examens de l'École municipale de musique de Barcelone.
  • 1893 : Va vivre à Madrid avec sa mère et ses frères Lluís et Enric, où il commence la seconde étape de sa formation au Conservatoire de musique et déclamation, avec Jesús de Monasterio comme professeur de musique de chambre. Il obtient une bourse de 250 pesetas de la reine María Cristina.
  • 1895 : Voyage à Bruxelles pour étudier au Conservatoire de musique. Mécontent d'être méprisé par le professeur avant d'avoir joué une seule note, Casals l'éblouit par son jeu, refuse l'accueil et les excuses qui lui sont alors faites, et décide d'aller à Paris. En conséquence, la reine María Cristina lui retire la pension. Après des jours difficiles à Paris, il décide de revenir à Barcelone.
  • 1896 : En mai, il entre comme professeur à l'École municipale de musique de Barcelone, et en novembre, comme professeur de violoncelle au Conservatoire du Liceu. Il est recruté par le Grand Orchestre du Grand Théâtre du Liceu comme violoncelliste.
  • 1897 : Constitue le "Quatuor Crickboom" avec les violonistes Mathieu Crickboom et Josep Rocabruna, et l'altiste Rafael Gálvez. Il fait une tournée en Espagne avec Enrique Granados et Mathieu Crickboom. La reine María Cristina lui offre un violoncelle : un Gagliano.
  • 1899 : Va à Paris, en s'installant dans la maison de la cantatrice américaine Emma Nevada. Donne le concerto de Lalo le 20 mai au Crystal Palace de Londres et le 17 décembre à Paris.
  • 1900 : se fixe à Paris et commence sa carrière de soliste.
  • 1901 : première tournée aux États-Unis.
  • 1903 : Première tournée en Amérique du Sud, avec le pianiste Harold Bauer et le violoniste Moreira de Sá.
    Buste de Pau Casals à Wolfenbüttel, Allemagne
  • 1904 : voyage de nouveau aux États-Unis, pour jouer comme soliste. Le 15 janvier, il joue pour la première fois à la Maison-Blanche, invité par le président des États-Unis, Theodore Roosevelt.
  • 1905 : commence une relation sentimentale avec Guilhermina Suggia, violoncelliste portugaise.
  • 1905 : fonde le Trio Cortot-Thibaud-Casals, avec le violoniste Jacques Thibaud et le pianiste Alfred Cortot ; le trio sera un des plus prestigieux du monde.
  • 1905 : premier voyage en Russie. Joue au Salon de la noblesse de Saint-Pétersbourg.
  • 1908 : son père, Carles Casals Riba décède.
  • 1912 : en janvier, il interprète avec Eugène Ysaÿe le Double concerto de Brahms à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et le 20 février, dans le Grand Salon de la Musikverein de Vienne. Il joue le Triple concerto de Beethoven avec Georges Enesco (avec lequel il s'était lié au début du siècle) et Donald Francis Tovey à Budapest. Rupture de la relation sentimentale avec Guilhermina Suggia.
  • 1914 : il se marie avec la soprano américaine Susan Metcalfe (1878-1959), le 4 avril à New Rochelle (New York). Tous deux commencent une tournée aux États-Unis.
  • 1914 : premier concert au Metropolitan Opera House de New York, le 13 décembre, en interprétant le Concerto de Saint-Saëns et le Kol Nidrei de Max Bruch.
  • 1915 : premiers enregistrements pour la Columbia Gramophone Company.
  • 1917 : en octobre, après la Révolution russe, Casals décide de ne plus jouer dans ce pays.
  • 1919 : retourne à Barcelone. Il s'installe au numéro 440 de l'Avinguda Diagonal, près du Passeig de Gràcia.
  • 1919 : fonde à Barcelone l'Orchestre Pablo-Casals[5], avec son frère Enric Casals comme premier violon, Enric Ainaud comme premier violon adjoint et Bonaventura Dini comme premier violoncelle.
  • 1920 : participe, avec Alfred Cortot et Jacques Thibaud, à la fondation de l'École normale de musique de Paris, où chaque été, il donne des cours d'interprétation.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pau Casals jeune, vu par Ramon Casas (MNAC)
  • 1895 : Le 14 février, il reçoit la distinction de Caballero de la Real Orden de Isabel la Católica (Chevalier de l'Ordre royal d'Isabelle la catholique).
  • 1927 : Nommé Fill Predilecte (Enfant Préféré) de El Vendrell, sa ville natale (Tarragone).
  • 1934 : Nommé Doctor honoris causa de l'Université d'Édimbourg.
  • 1934 : La ville de Barcelone le nomme Fill adoptiu (Fils Adoptif) et lui remet la Medalla de la Ciutat (Médaille de la Ville).
  • 1939 : Nommé Doctor honoris causa de l'Université de Barcelone.
  • 1945 : Nommé Doctor honoris causa des universités d'Oxford et de Cambridge. Casals refuse la distinction en guise de protestation devant l'inaction du gouvernement britannique face à la dictature de Franco en Espagne.
  • 1945 : nommé citoyen d'honneur de Perpignan.
  • 1946 : le 7 novembre, il est nommé grand officier de la Légion d'honneur.
  • 1958 : Pau Casals est proposé pour le prix Nobel de la paix.
  • 1963 : médaille de la Liberté, accordée par le président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy, le 24 octobre 1963, 28 jours avant son assassinat. Sur l'enregistrement du concert donné à la Maison-Blanche, on entend distinctement les sanglots du musicien lorsqu'il joue el cant dels ocells (Le Chant des Oiseaux), une chanson populaire catalane dont il avait fait une sorte d'hymne personnel.
  • 1971 : grand-croix de l'ordre national du Mérite.
  • 1971 : médaille de la Paix des Nations unies, remise par le secrétaire général de l'ONU, U Thant, pendant la session du 24 octobre 1971.
  • 1979 : médaille d'or de la Generalitat de Catalunya.

Élèves[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

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Filmographie[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • La musique chasse la haine chez ceux qui sont sans amour. Elle donne la paix à ceux qui sont sans repos, elle console ceux qui pleurent.
  • Rien n'est plus naturel que d'aimer son pays, mais pourquoi notre amour connaît-il des frontières ?

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dr René Puig (médecin de P. Casals à Prades depuis la fin 1936) dans "Pablo Casals", Revue "Conflent", 1965, p.3
  2. Cet épisode de la vie de Casals est reconstitué par la saga d’Henri Gourdin, La Jeune Fille et le Rossignol, éditions du Rouergue, 2008, et La Violoncelliste, Éditions de Paris – Max Chaleil, 2012.
  3. http://prades-festival-casals.com/pablo-casals-et-la-reine-elisabeth-de-belgique/
  4. http://www.collioure.net/files/dynamic/php/art.php?contenu=machado
  5. Dictionnaire de la Musique - Larousse

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-M. Corredor, Conversations avec Pablo Casals, Albin Michel, Paris, 1955, 347 pages
  • Ma vie racontée à Albert E. Kahn, Stock Musique, Paris, 1970, 224 pages (titre original : Joys and Sorrows: Reflections by Pablo Casals as told to Albert E. Kahn, 1970, traduit de l'anglais par Jean-Bernard Blandenier).
  • J.-L. Tingaud, Cortot-Thibaud-Casals : un trio, trois solistes, Josette Lyon (Les Interprètes créateurs), Paris, 2000
  • Arthur Conte, la légende de Pablo Casals, editions Proa 1950
  • Arthur Conte, La légende de Pau Casals, Balzac Editeur 2013
  • Henri Gourdin, La jeune fille et le rossignol, éditions du Rouergue 2009 (évoque l’arrivée de Casals à Prades et les premiers temps de son exil).
  • Henri Gourdin, La Violoncelliste, Editions de Paris – Max Chaleil 2012 (reconstitue l’existence de Casals à Prades sous Vichy – 1940 à 1944).
  • Jean-Jacques Bedu, Pablo Casals : un musicien, une conscience, Gallimard (Collection Découvertes) 2012
  • Henri Gourdin, Pablo Casals : l'indomptable, Editions de Paris – Max Chaleil, Paris, 2013
  • Henri Gourdin, La Suggia : l'autre violoncelliste, Editions de Paris - Max Chaleil, Paris, 2015

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • "La jeune fille et le rossignol", Historia, n°739 - juillet 2008.
  • "Un écrivain fasciné par Pablo Casals", Le Violoncelle, n°32 - septembre 2009, p16-19.
  • "La musique à l'heure de l'occupation : l'engagement politique de Pablo Casals", Le Violoncelle, n°44 - septembre 2012, p18-19.
  • "Lutherie. De la courge au Goffriller : Les violoncelles de Pablo Casals", Le Violoncelle, n°45 - décembre 2012, p24-25.
  • "Une biographie de Pablo Casals", Le Violoncelle, n°48 - septembre 2013, p14-16.
  • "Biographie : Pablo Casals, l'indomptable, L'Accent Catalan, n°80 - janvier-février 2014, p33.
  • "Casals vivant", Classica, n°159 - février 2014, p132.
  • "Passion Casals", Diapason (magazine), n°623 - avril 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]