György Dózsa

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L'exécution de Dózsa (gravure contemporaine)

György Dózsa de Makfalva (en hongrois : Makfalvi Dózsa György ; roumain : Gheorghe Doja din Ghindari ; allemand : Georg Dózsa von Makfalva ; latin : Georgius Dosa Siculus de Makfalva), né vers 1470 à Dálnok/Dalnic et été exécuté en juillet 1514 à Temesvár/Timișoara, est l'un des chefs de la Révolte de Bobâlna, essentiellement sicule et valaque. Il est considéré comme héros national autant par les Hongrois que par les Roumains.

La révolte[modifier | modifier le code]

Dózsa György / Gheorghe Doja, est un sicule de Transylvanie. Il avait combattu comme mercenaire contre l'Empire ottoman : il fut distingué et anobli. Lors du prêche d'une « nouvelle croisade » contre les Turcs, on promit la liberté aux serfs et aux corvéables qui acceptent de s’y engager, mais les magnats hongrois refusent cette mesure qui menace leurs propriétés, et poursuivent les bandes de paysans qui se rassemblent.

Deux des prédicateurs de la « croisade » nommés Laurentius (hongrois: Mészáros Lőrinc) et Barnabas, sous l’influence des Hussites, dénoncent les nobles et l’Église catholique (au prestige est entamé par le Grand Schisme d'Occident - 1378-1417) à laquelle ils reprochent sa corruption, ses richesses (elle possède 12 % du territoire transylvain) et ses privilèges (elle perçoit la dîme y compris sur les joupanats valaques qui eux, sont orthodoxes). La révolte fut déclenchée par la décision de l’évêque Miklós Csáky, d’employer des hommes d’armes pour collecter des dîmes impayées. Les paysans sicules et valaques se révoltent d’abord sous la conduite d’Antal Budai Nagy (en) : ils sont bientôt rejoints par la bourgeoisie urbaine et la petite noblesse et forment une armée. Les insurgés s’établissent à Rákos près de Pest et les hostilités commencent. Des nobles sont tués, et György Dózsa partage sa troupe en cinq colonnes : deux sont envoyées en Haute Hongrie pour soulever le pays, la 3e, sous le commandement d'Ambrus Száleresi, un bourgeois de Pest, reste à Rákos, et les 4e et 5e armées conduites par Dózsa György/Gheorghe Doja et son frère Gergely/Grigore progressent vers Szeged.

La noblesse hongroise, alliée à Jean Zápolya, voïvode transylvain, massacre le corps d’armée resté à Rákos, pendant que György Dózsa échoue devant Szeged. Il marche sur Csanád, dont il s’empare après avoir battu l’armée commandée par István Báthory (en) et l’évêque Miklós Csáky. L’évêque prisonnier et son trésorier Teleki sont mis à mort par les rebelles. György Dózsa marche ensuite sur Temesvár, et il assiège la ville en vain pendant deux mois. Pendant ce temps, ses armées en Haute Hongrie ont été vaincues et Jean Zápolya de Transylvanie marche contre les insurgés, qui sont surpris, dispersés et massacrés. György Dózsa est capturé[1].

La répression[modifier | modifier le code]

La fin de György Dózsa est célèbre par le caractère atroce de son exécution : il fut placé sur un trône en fer chauffé à blanc, couronné d'une couronne de fer et avec un sceptre en main chauffés également à blanc ; il est ensuite dévoré par six de ses compagnons, auparavant forcés de jeûner par leurs geôliers. La répression menée par la noblesse hongroise de Transylvanie commandée par Jean Zápolya aurait fait près de 60 000 morts.

Pour les historiens marxistes, dans l'optique de la lutte des classes, György Dózsa était considéré comme un « révolutionnaire » ayant pris la tête d'une insurrection paysanne. Il aurait proclamé « la République, l'abolition de la noblesse, l'égalité de tous et la souveraineté du peuple »[2] mais aucune source d'époque ne confirme ce point de vue.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (hu) Harmat Árpád Péter, « A Dózsa György vezette parasztfelkelés », sur Történelem Klub,‎ [« La révolte paysanne dirigée par György Dózsa »]
  2. Friedrich Engels (1850). La guerre des paysans en Allemagne (édition électronique).Introduction, traduction entièrement revue et notes d'Émile BOTTIGELLI. Paris : éditions sociales, 1974 p.  67-68

Liens externes[modifier | modifier le code]