Áron Márton

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Áron Márton
Serviteur de Dieu
Image illustrative de l’article Áron Márton
Biographie
Naissance
Csíkszentdomokos (en),
Drapeau de la Hongrie Hongrie
Décès (à 84 ans)
Alba Iulia,
Drapeau de la Roumanie Roumanie
Titre cardinalice Archevêque
Évêque de l’Église catholique
Évêque de Alba Iulia

Blason
Non recuso laborem (Je ne suis pas réticent à travailler)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Áron Márton, né le à Csíkszentdomokos (en) et mort le à Alba Iulia, était un prélat catholique hongro-roumain, évêque d'Alba Iulia de sa nomination à la fin de 1938 jusqu'à sa démission en 1980. Il servit de prélat pendant une période tumultueuse comprenant la Seconde Guerre mondiale et l'émergence du régime communiste en Roumanie. Entre et 1955, il fut arrêté par les autorités communistes. En , il fut élevé au rang d'archevêque « ad personam » par le pape Pie XII.

L'organisation Yad Vashem l'a honoré le en tant que « Juste parmi les nations » pour ses efforts visant à mettre un terme à l'expulsion de juifs roumains et hongrois au cours de la Seconde Guerre mondiale[1].

Il porte le titre de « Serviteur de Dieu ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et prêtrise[modifier | modifier le code]

Áron Márton est né de parents paysans Sicules à Csíkszentdomokos (en), dans le pays sicule, situé alors en Autriche-Hongrie, le [2].

Il obtient son diplôme d'études secondaires en 1915 à Gyulafehérvár et est enrôlé dans l'armée austro-hongroises peu après. Il participe à des batailles de la Première Guerre mondiale en tant que lieutenant et fut blessé à plusieurs reprises (à Doberdo puis à Oituz et à Asiago). À la fin de la guerre, il trouva du travail en tant qu’agriculteur et ouvrier métallurgiste à Brașov de 1918 à 1920[2].

En 1920, il commence ses études théologiques à Alba Iulia et devint aussitôt chapelain à Ditrău ( - ) après avoir été ordonné prêtre en 1924 (à Alba Iulia) par Mgr Gusztáv Károly Majláth. Il est ensuite nommé aumônier à Gheorgheni le , puis professeur de religion dans cette ville de 1926 à 1928[2]. Il devient ensuite professeur d'études théologiques dans différentes localités et a enseigné dans une école secondaire de 1928 à 1929 dans le comptés de Mureș. Il est ensuite prêtre à Turnu Roșu du au . Il a également été aumônier de la cour et archiviste du diocèse d'Alba Iulia avant de servir en tant que prêtre au collège de Cluj. Le , il fut brièvement administrateur de la paroisse Saint-Michel de Cluj.

Évêque[modifier | modifier le code]

Le , il est nommé évêque d'Alba Iulia dans un décret signé par le pape Pie XI. Il reçoit sa consécration épiscopale en 1939 d'Andrea Cassulo, juste après le décès de ce pape, avant d'être intronisé dans son nouveau siège épiscopal. Áron Márton est l'un des premiers intellectuels à s'opposer publiquement aux préparatifs de la Seconde Guerre mondiale. Il resta dans le sud de la Roumanie, qui faisait partie de cette dernière après le deuxième arbitrage de Vienne en 1940. Dans un discours prononcé devant l'Église Saint-Michel (lors d'une visite à Kolozsvár, le , pour l'ordination de trois nouveaux prêtres), il condamne la déportation des Juifs roumains et hongrois. Au cours de la même semaine, le , il écrit également au gouvernement hongrois, ainsi qu’à la police locale et à d’autres autorités pour demander l’interdiction de la déportation. Il n'obtient pas de réponse et fut expulsé d'Alba Iulia[1].

En 1945, après la mort du cardinal Jusztinián Serédi, le pape Pie XII souhaite que Áron Márton devienne le prochain cardinal de Hongrie, dirigeant ainsi le siège vacant de Serédi. Mais ce souhait se heurte à l'opposition des communistes hongrois qui voient un autre prélat pour ce poste.

Áron Márton continue d'être un ardent défenseur de la liberté religieuse et des droits de l'homme, ce qui fait de lui un opposant au régime communiste roumains instauré en 1947. Il est arrêté le et condamné à la réclusion à perpétuité en 1951[2]. En 1949, Pie XII l'éleve au rang d'archevêque « ad personam ». Il est emprisonné à Jilava en banlieue de Bucarest, puis à Aiud, en Transylvanie[3], avant d'être transféré dans le nord du pays à Sighetu Marmației en . Il a été finalement libéré en 1955[2].

Il décide de revenir à son évêché après sa libération, où il reçoit un accueil chaleureux de la part d'une foule enthousiaste. Cela posa problème aux autorités s et il est confiné à la détention à domicile par la suite. Áron Márton n'a pas été autorisé à quitter l'épiscopat pendant la décennie qui suivit et est autorisé à en sortir plus tard en 1967. Il est libéré à la suite de négociations que le cardinal Franz König avait menées à Bucarest. Mais Márton restera toujours prudent face au harcèlement possible de la part des autorités et des volontaires l'accompagnaient souvent lors de ses visites pastorales pour assurer sa sécurité. Il a été président de la Conférence épiscopale roumaine de 1970 à 1980.

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1972, il est diagnostiqué d'un cancer. Il présente sa démission de son diocèse au pape Jean-Paul II. Cette démission a été acceptée le . Il décède peu de temps après, le , et a été inhumé dans la cathédrale diocésaine. Le , il reçoit le titre posthume de «Juste parmi les nations» de Yad Vashem pour ses activités de défense des Juifs pendant la guerre[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Márton, Áron », Yad Vashem (consulté le 9 août 2017)
  2. a b c d et e « Servant of God Áron Márton », Mindszenty Alapítvány (consulté le 9 août 2017)
  3. (ro) Denisa Bodeanu, « Arestarea, procesul și detenția episcopului Márton Áron », Caietele CNSAS, no 6,‎ , p. 234.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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