Simon Leys

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Simon Leys
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Nom de naissance Pierre Ryckmans
Naissance
Drapeau : Belgique Uccle (Bruxelles)
Décès (à 78 ans)
Drapeau : Australie Sydney
Activité principale
professeur, sinologue, écrivain, traducteur
Distinctions
Prix quinquennal de l'essai (1981)
Prix du meilleur roman étranger décerné par The Independent et prix Christina Stead du meilleur roman en Australie (1992)
Prix Renaudot (2001)
Prix Guizot-Calvados (2004)
Prix du Centenaire du jury Femina (2004)
Prix mondial Cino Del Duca (2005)
Prix quinquennal de littérature (2005)
Docteur honoris causa de l'université catholique de Louvain (2005)
Auteur
Langue d’écriture français, anglais
Genres

Œuvres principales

Simon Leys, nom de plume de Pierre Ryckmans (Uccle, 28 septembre 1935 – Sydney, 11 août 2014) , est un écrivain, essayiste, critique littéraire, traducteur, historien de l'art, sinologue et professeur d'université de nationalité belge et australienne à partir de 2010, de langue française et anglaise et de confession catholique[1].

Pierre Ryckmans commence sa carrière de sinologue par des traductions et des recherches sur la peinture chinoise en particulier avec sa thèse : Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère de Shitao. Contribution à l'étude terminologique des théories chinoises de la peinture (1970). Pour son ouvrage La vie et l'œuvre de Su Renshan, rebelle, peintre et fou, 1814-1849 (1970), il reçoit le prix Stanislas Julien de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Par ailleurs, sous le pseudonyme de Simon Leys, il fut l'un des premiers intellectuels à dénoncer la Révolution culturelle chinoise et la maolâtrie en Occident en publiant sa trilogie Les Habits neufs du président Mao (1971), Ombres chinoises (1974) et Images brisées (1976). L'opposition d'intellectuels catholiques français maoïstes lui coûtera, en 1971, la perspective d'une carrière à l'université française. Son œuvre porte notamment sur la politique et la culture traditionnelle en Chine, la calligraphie, la littérature française et anglaise (notamment des auteurs catholiques), la mercantilisation de l’université, et la mer dans les œuvres littéraires.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines sociales et familiales[modifier | modifier le code]

Pierre Ryckmans est né le à Uccle, une commune bourgeoise de Bruxelles, dans une maison de l’avenue des Aubépines. Sa famille est une famille belge, aux origines malinoises et anversoises : il est le fils d'un éditeur, le petit-fils d'Alphonse Ryckmans, échevin d'Anvers[réf. à confirmer] puis vice-président du Sénat, le neveu de Pierre Ryckmans, gouverneur général du Congo belge, et de Gonzague Ryckmans, professeur à Louvain et sommité mondiale de l’épigraphie arabique[2],[3]. Il grandit au sein d'une grande famille avec ses deux frères et sa soeur, et aussi de nombreux cousins dont les huit enfants du gouverneur du Congo[4].

Études[modifier | modifier le code]

Il fréquente l’école des Servites de Marie, non loin de la maison familiale, puis fait ses humanités gréco-latines au collège diocésain Cardinal Mercier de Braine-l'Alleud, où un de ses maîtres, l’abbé Voussure, « achève d’ancrer en lui une foi chrétienne inébranlable »[2].

À partir de 1953, il étudie le droit et l'histoire de l'art à l'université catholique de Louvain[2].

Voyage en Chine[modifier | modifier le code]

En 1955, à l'âge de dix-neuf ans, il perd son père prématurément[2]. En mai, il participe au voyage d'une délégation de dix jeunes Belges invités durant un mois en Chine, séjour encadré au cours duquel il prend part à un entretien avec Zhou Enlai, le numéo 2 chinois[5].

Ce séjour le rend favorable à la révolution chinoise[6] et au régime maoïste :

« I confidently extended to the Maoist regime the same sympathy that I felt for all things Chinese »[7],

mais aussi le persuade d'apprendre le chinois afin de pouvoir s'ouvrir à la langue et à la culture du pays :

My overwhelming impression (a conclusion to which I remained faithful for the rest of my life) was that it would be inconceivable to live in this world, in our age, without a good knowledge of Chinese language and a direct access to Chinese culture[8].

Il achève ses études d'histoire de l'art et s'initie à la calligraphie[3].

À l'été 1958, il embarque à Étel, dans le Morbihan, sur l'un des derniers dundées-thoniers en activité. Il rédige aussitôt le récit de cette marée[note 1], qui sera publié quarante-cinq ans plus tard, sous le titre de Prosper [9].

Séjours à Taïwan et au Japon[modifier | modifier le code]

Après avoir voyagé en Afrique et en Asie, il obtient, du gouvernement de Chiang Kai-shek, une maigre bourse d'études pour Taïwan, où il s'inscrit à la section des Beaux-Arts de l’Université nationale de Taïwan[3]. Il a pour professeur Pu Hsin-yu, cousin du « dernier empereur » Pu Yi, et se documente pour sa future thèse de doctorat sur Shitao, un artiste peintre chinois de la dynastie Qing[2]. En 1960, il passe six mois au Japon, il commence à apprendre le japonais et donne des cours de français à des étudiants. Il réside cinq mois à Tokyo puis rejoint Kyoto[10].

Université de Nanyang

Voyage aux États-Unis et objecteur de conscience[modifier | modifier le code]

De retour à Taïwan, il doit repartir en janvier 1962, pour rejoindre la Belgique et effectuer son service militaire, du moins le croit-il. Pierre Ryckmans embarque sur un vieux cargo chinois, traverse le Pacifique Nord, en plein hivers, dans une mer déchaînée, ce qui l'enchante. Il passe des heures sur le pont à admirer la mer. Par ailleurs il profite de la traversée pour lire Two Years Before the Mast (Deux années sur le gaillard d'avant) de Richard Henry Dana, Jr. et les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, il indiquera cinquante ans plus tard que ces livres l'accompagnent encore. Arrivé à la fin février en vue des côtes américaines, le cargo remonte la Columbia River jusqu'à Longview. Puis il traverse les États-Unis, en prenant son temps avec les bus de Greyhound. Les paysages exotiques se succèdent avec l'ouest américain, le Midwest, les grandes villes de l'est et leurs «  sublimes musées ». Il découvre enfin New York, qui après la Rome baroque quelques années plus tôt et Kyoto, constitue un « choc esthétique  » mémorable. Fin avril Pierre Ryckmans quitte à regret New York, n'ayant pas eu le temps de visiter tout Manhattan, et embarque pour rejoindre Le Havre à bord du paquebot Liberté. Revenu en Belgique, il s'attelle d'abord à terminer son mémoire de fin d'études en histoire de l'art[11]. À l'issue de ce travail il obtînt une « grande distinction  » pour son mémoire. Celui-ci sera le prélude à sa thèse de doctorat [12].

Par ailleurs le 13 juin 1961, le parlement belge promulgue une réforme qui permet à certains jeunes de substituer au service militaire un service civil. Trois semaines avant d'être appelé sous les drapeaux Pierre Ryckmans peut bénéficier de la réforme[13]. Il obtient donc le statut d'objecteur de conscience et, en remplacement du service militaire, accomplit trois années de « coopération au développement » d’abord à Singapour, où, grâce à l’écrivaine Han Suyin, il peut étudier et enseigner en chinois à l'université de Nanyang. Soupçonné d’être pro-communiste par le régime de Lee Kuan Yew, il fait ses valises en 1963 et s’installe à Hong Kong, à l'époque colonie britannique[2].

Vie de bohème à Hong-Kong[modifier | modifier le code]

Réfugiés à Hongkong, 1965
File d'attente pour l'eau à Hong Kong en 1963

Pendant son séjour de plus de deux ans à Hong Kong, la vie que mène Pierre Ryckmans n'est pas sans ressembler à une version asiatique de Scènes de la vie de bohème[14], partageant avec trois amis, un artiste et deux étudiants, ce qu'ils appellent « le studio de l'inutilité », une misérable cahute[note 2] d'un bidonville de réfugiés du quartier de Kowloon[15]. Pour Simon Leys, « « ce furent des années intenses et joyeuses, [...], pour moi l'étude et la vie ne formaient plus qu'une seule et même entreprise, d'un intérêt inépuisable ; mes amis devenaient mes maîtres, et mes maîtres, des amis »[16]. Il donne des cours au New Asia College, embryon de la future université chinoise[2], mais étant insuffisamment rémunéré et devant faire face à la cherté des loyers, il complète son salaire en établissant des synthèses de la presse chinoise et des témoignages des réfugiés, de 1967 à 1969, pour le compte de la délégation diplomatique belge de Hong-Kong[17]. Ces rapports seront à l'origine de son livre Les Habits neufs du président Mao[3]. Par ailleurs, il donne des cours à l’Alliance française de la colonie anglaise. C'est à cette époque qu'il rencontre le sinologue René Viénet, alors membre de l'Internationale situationniste[note 3], par l'entremise d'un autre sinologue, Jacques Pimpaneau, qui donne lui aussi des cours au New Asia College[18]. René Viénet, qui constate que les journaux chinois ne donnent pas de la Révolution culturelle une version aussi aseptisée que les écrits des sinologues et journalistes occidentaux, obtient l'accord de Pierre Ryckmans pour que son essai Les Habits neufs du président Mao soit publié par la maison d'édition parisienne Champ libre, dirigée par Gérard Lebovici[19].

Mariage et thèse de doctorat[modifier | modifier le code]

Le , Pierre Ryckmans épouse Han-fang Chang[20], une journaliste[21] rencontrée lors de son séjour à Taïwan. Le couple aura quatre enfants, dont des jumeaux, Marc et Louis, nés le 19 octobre 1967 à Hong Kong[22].

Pour sa thèse de doctorat, il traduit et commente un chef-d'œuvre de l'histoire de l'art chinois, le traité de peinture écrit par Shitao, véritable génie créatif du début du XVIIIe siècle[23]. Elle sera publiée, en 1970, par l'Institut belge des hautes études chinoises à Bruxelles, sous le titre Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère de Shitao. Contribution à l'étude terminologique des théories chinoises de la peinture[24].

De Pierre Ryckmans à Simon Leys[modifier | modifier le code]

Couverture de René Leys (1922)

En 1971, alors qu'il a passé plusieurs années à Hong Kong, « un poste d'observation privilégié de la Chine »[25], mais sans être retourné en Chine communiste depuis 1955[26], il publie, sous le pseudonyme de Simon Leys, aux éditions situationnistes Champ libre, Les Habits neufs du président Mao, un ouvrage sur la Révolution culturelle chinoise. Le titre est une référence au conte de Hans Christian Andersen, Les Habits neufs de l'empereur, où un enfant dit candidement ce qu'il voit quand passe le grand-duc dans ses fameux habits neufs : « Mais le grand duc est tout nu ! ». Sur les conseils de son éditeur, il a décidé de prendre un nom de plume[27], pour ne pas risquer de devenir persona non grata en République populaire de Chine. Il a choisi comme prénom « Simon », en référence au nom originel de l'apôtre Pierre, et comme nom « Leys », en hommage au personnage du roman de Victor Segalen, René Leys, publié en 1922, dans lequel un jeune Belge (tout comme Pierre Ryckmans), présent en Chine dans les derniers mois de la dynastie Qing, divertit son employeur avec le récit des intrigues et des conspirations se nouant à l'intérieur du palais impérial[28]. Enfin, le pseudonyme renverrait par ailleurs à une dynastie de peintres anversois dont le plus célèbre fut Henri Leys[2].

Dénonciation de la révolution culturelle en Chine[modifier | modifier le code]

La thèse centrale du livre de Simon Leys est que la révolution dite culturelle fut un coup politique lancé par Zhou Enlai et Mao Zedong afin de reprendre le contrôle de l’État, qu'ils avaient perdu.

Simon Leys explique ainsi son choix : « Là, il y a eu un contact avec l’horreur de la politique. J’ai compris alors qu’on est acculé, qu’il n’est pas possible d’être seulement en dehors du monde dans un poste d’observation privilégiée. On est dedans, il n’y a pas moyen de ne pas prendre position ». Pour Pierre Boncenne, Simon Leys a été « le premier occidental – avec Jean Pasqualini, l’auteur de Prisonnier de Mao – à oser briser le mur d’idolâtrie devant la tragique réalité chinoise » [29].

Dès la parution du livre Les Habits neufs du président Mao, Simon Leys est critiqué par les membres de la revue Tel Quel, dont Philippe Sollers[30]) est un des principaux animateurs[31]. Simon Leys qualifiait ces contradicteurs de « maoïstes mondains »[32]. Ce n'est que trente ans plus tard que Philippe Sollers reconnaîtra la justesse des analyses de Simon Leys[33] : « Trente ans ont passé, et la question reste fondamentale. Disons-le donc simplement : Leys avait raison, il continue d’avoir raison, c’est un analyste et un écrivain de premier ordre, ses livres et articles sont une montagne de vérités précises... ».

Pour cette thèse, Simon Leys s'est inspiré du bulletin hebdomadaire China News Analysis publié à Hong Kong par le jésuite hongrois László Ladány, directeur d'un centre recueillant et analysant les informations sur la situation en Chine à l'époque : « Le fait est que c’est le P. Ladany qui a inspiré à Pierre Ryckmans, lui qui était un spécialiste de la littérature classique chinoise, toute sa vision de la Révolution culturelle par le biais de China News Analysis. » Toutes les ambassades et consulats étaient abonnés à ce bulletin qui professait que la révolution culturelle était « un conflit de personnes et une immense lutte pour le pouvoir ». Leys a reconnu s'être inspiré des numéros 759, 761, 762, 763 (mai à juillet 1969) pour écrire Les habits neufs du président Mao[34].

Pour le sinologue Jean Daubier : « C'est une anthologie de ragots circulant à Hong-Kong depuis des années et qui ont une source américaine très précise. Il est significatif que l'auteur n'ose guère citer ses sources [...] Cela frise le charlatanisme ». Le journaliste Alain Bouc considère : « Une nouvelle interprétation de la Chine par un « China watcher » français de Hongkong travaillant à la mode américaine. Beaucoup de faits, rapportés avec exactitude, auxquels se mêlent des erreurs et des informations incontrôlables en provenance de la colonie britannique. Les sources ne sont d'ordinaire pas citées, et l'auteur n'a manifestement pas l'expérience de ce dont il parle. La Révolution culturelle est ramenée à des querelles de cliques ».

L'écrivain Pierre Souyri trouve que si Leys, dans Les Habits neufs du Président Mao, « a écrit une chronique souvent minutieusement informée sur certains des aspects de la crise chinoise », en revanche son « interprétation des événements n'est pas convaincante », et l'« on n'est pas du tout persuadé qu'il ait identifié les véritables déterminations des antagonismes qui ont déchiré les milieux dirigeants de la Chine ». Si Mao n'avait été que le « fétiche de bois » réduit à l'impuissance dont parle Leys, comment aurait-il pu mettre en place, se demande Souryi, un appareil de coup d'État à l'insu de ses adversaires et déclencher un mouvement de masse aussi ample pour satisfaire ses ambitions personnelles. Pour Souyri, il se pourrait bien que l'irrationalité des comportements d'une nation tout entière que supposent les explications fournies par Leys, « ne tienne qu'aux interprétations insuffisantes et probablement erronées » de ce dernier[35].

Pour le philosophe et militant maoïste Alain Badiou, dans une note en bas de page d'une tribune ripostant à Laurent Joffrin, Les Habits neufs du président Mao est une « brillante improvisation idéologique de Simon Leys dépourvue de tout rapport au réel politique » et « le prototype presque définitif » de « libelles propagandistes » sur la Révolution culturelle, libelles que Badiou oppose aux « études sérieuses » qui « existent bel et bien, souvent en tant que travaux académiques dans les universités américaines », à savoir La Commune de Shanghai de Hongsheng Jiang (La Fabrique, 2014), The Politics of the Chinese Cultural Revolution de Hong Yung Lee (University of California Press, 1978) et Shanghai Journal, an Eyewitness Account of the Cultural Revolution de Neale Hunter (Frederick A. Praeger, Publishers, 1969)[36],[37].

Le journaliste Francis Deron indique à propos des sources de l'ouvrage Les Habits neufs du président Mao qu'il s'agit : « Des démarquages de poncifs sur des feuilles de papier calque fournies par des services de propagande de Pékin eux-mêmes déboussolés.[...] En fait, Leys ne faisait que lire sans lunettes déformantes la presse du régime et ses émanations, toutes bien assez éloquentes pour permettre de dresser de premiers constats. »[38]. Selon Pierre Boncenne, Simon Leys revendique en 1972, à la deuxième édition des Habits neufs du président Mao, l'exhaustivité des sources utilisées. Dans la presse communiste chinoise, ce sont : Renmin ribao (Le Quotidien du Peuple), Hong qi (Drapeau rouge), Jiefang jun bao (journal de l'Armée populaire de libération), Wenhui bao. Simon Leys utilise aussi les publications des Gardes rouges. Pour la presse de Hong Kong, il lit Da gong bao, journal officiel du régime communiste, Ming bao (Gauche indépendante), Xingdao ribao (droite)... Simon Leys cite aussi les sources des annexes, avec de nombreux documents relatifs à l'affaire Peng Dehuai. Pour les biographies, Simon Leys utilise le Biographical Dictionary of Républican China de Boorman, le Who's Who in communist China, Huang Zhenxia , Zhonggong junren zhi, China News Analysis[39],[40].

Ces idées avaient aussi été anticipées dès août 1967 à Paris, dans une brochure intitulée Le point d'explosion de l'idéologie en Chine, qui décrivait la révolution culturelle comme une « fantastique montée des surenchères dans la lutte pour la totalité du pouvoir », où la faction soutenue par « Mao a commencé son offensive publique contre les positions solides de ses adversaires en faisant marcher les étudiants »[41].

Critiques[modifier | modifier le code]

Aux yeux de l'universitaire Edward Friedman, Leys, qui se dit ancien sympathisant de la révolution chinoise, est gagné par le désenchantement. On peut dire de Leys ce qu'on pouvait dire de ceux qui avaient porté aux nues la révolution bolchévique avant de la décrier. Le tout nouveau rejet n'est que l'inverse de l'ancienne foi aveugle mais cela ne fait pas de Leys le meilleur juge de ce qu'il a autrefois adoré[42].

Selon le philosophe Jean-Claude Michéa, le choix de Leys de démystifier la « grande révolution culturelle prolétarienne » a pour origine, alors qu'il vivait à Hong-Kong en 1967, la découverte, sur le pas de sa porte, d'un journaliste chinois agonisant après « avoir été atrocement torturé par les nervis de Mao »[43]. Par ailleurs, Pierre Ryckmans voit, tous les jours, « les cadavres des suppliciés de la Révolution Culturelle s’échouer sur les plages de la colonie, emmenés par milliers par le courant des fleuves se jetant dans la mer de Chine »[44]. Toutefois, de ces mêmes cadavres décapités trouvés dans les eaux de Hong-Kong en 1968, le sinologue Jean Daubier dira qu'ils étaient le résultat non pas d'exécutions perpétrées par les autorités militaires comme le soutenait Leys mais d'exactions commises par des groupes de civils cantonnais divisés en factions antagonistes et qu'il était grave d'affirmer que ces exactions affectaient le pays tout entier[45].

Jean-François Revel a salué cette dénonciation de la révolution culturelle : « Simon Leys, au milieu de l'océan de bêtises et d'escroqueries intellectuelles qui baignait les côtes poissonneuses de la Maôlatrie intéressée de l'Occident, nous a un jour fait parvenir le message de la lucidité et de la moralité. Sa trilogie, Les Habits neufs du président Mao, Ombres chinoises, Images brisées, est bien l'“acquis à jamais” dont parle Thucydide.»[46].

Attaché culturel à Pékin[modifier | modifier le code]

A l’automne 1971, la République populaire de Chine entre aux Nations Unies. La Belgique décide de rétablir des relations diplomatiques entre les deux pays. En 1972, Pierre Ryckmans est nommé attaché culturel, aux côtés de Jacques Groothaert (en) et Patrick Nothomb, à l'ambassade belge à Pékin, rouverte le . Pierre Ryckmans obtient sans problème son visa pour rentrer en Chine. Patrick Nothomb explique qu'avec ce visa, accordé sous son vrai nom et pas sous le pseudonyme de Simon Leys, les Chinois « s’étaient ménagé une porte de sortie car ils pouvaient se retrancher derrière cette différence de nom pour sauver la face. ». « Dès lors, la venue à Pékin de l’ennemi juré du maoïsme qu’était Simon Leys était pour eux une aubaine car elle ne pouvait qu’apporter de l’eau au moulin de leur lutte contre la Bande des Quatre ». Le premier ministre Zhou Enlai et ses soutiens continuaient de rendre hommage officiellement au Grand Timonier tout en s'attachant à effacer les conséquences de la Révolution culturelle[18].

À son arrivée, Pierre Ryckmans est hébergé par les Nothomb, puis réside à l'hôtel, n'ayant pas encore de bureau. « Je passais mon temps dans les rues », nous dit-il. L'ambassadeur Jacques Groothaert évoque en termes élogieux sa collaboration avec lui : « Pour le diplomate que j’étais, curieux mais fort ignorant de la langue et de la culture chinoises, ce fut un privilège d’être initié et accompagné dans ma découverte par un collaborateur qui alliait l’érudition au sens de l’humour et la finesse d’observation à l’élégance de l’écriture ». Pendant ce séjour de six mois, Simon Leys indique avoir pu « accomplir sept voyages successifs dans les provinces » chinoises. En mai 1972, dans un voyage organisé par l'ambassade, il se rend dans les provinces de Henan, de Shaanxi et de Shanxi, visitant dans cette dernière la brigade maoïste modèle de Dazhai. Il fait ensuite un voyage qui le conduit de Pékin à Canton. En octobre, il visite avec Patrick Nothomb, le Wuhan, Changsha et Shaoshan, les deux voyageurs y posent pour une photo devant la maison natale de Mao Zedong[19],[47].

Déçu par la « vie artificielle de la capitale maoïste » et considérant qu'il avait vu et fait tout ce qu'il était possible pour un étranger[19], il quitte la Chine au bout de six mois pour un poste d'enseignant qui lui est proposé à la section de chinois de l'université nationale australienne à Canberra en Australie[3],[24]. De sa mission à l'ambassade de son pays, il tire la matière d'un nouveau livre, Ombres chinoises, qui paraît en 1974[48]. Patrick Nothomb explique ce décalage de deux ans par la demande de Jacques Groothaert, afin de ne pas gêner le gouvernement belge[19]. Ce deuxième ouvrage de ce qui sera une trilogie, fera connaître Simon Leys à un plus vaste public et notamment, par sa traduction en anglais (Chinese Shadows), aux États-Unis[49].

Candidature à l'université française[modifier | modifier le code]

Faculté des études asiatiques de l'ANU

En 1971, Jacques Gernet propose à Pierre Ryckmans de présenter sa candidature à un poste de maître de conférence à l'unité d'enseignement et de recherche des langues et civilisations de l'Asie de l'Est de l’université Paris 7. Jacques Gernet est encouragé par Paul Demiéville, du Collège de France, qui « avait lu avec intérêt la thèse sur ShiTao et le Su RenShan, ainsi que quelques autres publications érudites de Pierre – mais également les deux premiers chapitres des Habits neufs, qu’il avait savourés »[50]. Pour René Viénet, quatre « cathos-maos » défenseurs du maoïsme se liguèrent, après la sortie de l'ouvrage, pour empêcher Leys d'accéder à l'université en France : « Jean Chesneaux (ex-secrétaire de la Paroisse étudiante), Yves Hervouët (un ancien apprenti jésuite), Jean-Luc Domenach (proche d’une revue chrétienne de grande diffusion, Esprit), Léon Vandermeersch (prosélyte de Lin Biao dans les pages de cette même revue, dont les articles sur la Chine étaient « à hennir de rire », pour reprendre une expression de Pierre) »[51],[52],[53].

Pierre Ryckmans sera tenu à distance de l'université française et ne sera accueilli par elle que de façon ponctuelle. Quant à son mentor, René Viénet, il sera exclu du CNRS. Évoquant cet épisode, Pierre Boncenne se demande « si, dans le petit monde de la sinologie française, le délit de lèse-maoïsme ne servait [...] pas aussi de prétexte pour éloigner un intrus trop brillant et préserver ainsi quelques plans de carrière ? »[54].

Carrière à l'université australienne[modifier | modifier le code]

Une autre occasion se présente toutefois à Pierre Ryckmans. Le professeur Liu Ts'un-yan, directeur du département d'études chinoises de l'université nationale australienne[55], vient à Hong-Kong pour le convaincre de venir en Australie enseigner pour trois ans. Jeune père de famille de quatre enfants, Ryckmans accepte le poste et s'installe à Canberra avec sa famille[2],[56].

Son poste devient permanent, et Pierre Ryckmans enseigne, dix-sept ans durant, la littérature chinoise à l'université nationale australienne (il y sera le directeur de thèse de l'homme politique australien Kevin Rudd)[57].

Au début de cette période, en 1973, il a l'occasion de retourner une troisième et dernière fois en Chine en accompagnant une délégation de son université qui se rend dans divers instituts de recherche[18]. Les autorités chinoises, qui savent qui il est, mais ne veulent pas qu'on sache qu'elles le savent, le laissent entrer[58].

En 1976, il publie Images brisées, le troisième essai de sa trilogie, après Ombres chinoises (1974) et Les Habits neufs du président Mao (1971), sur la Révolution culturelle. Dans ce qui est comme son « testament politique », il « prend congé » (titre du dernier paragraphe) parce que, écrit-il, certains de ses amis s'irritent de sa « propension monomaniaque à dénoncer le maoïsme », et que cela le déprime de ressasser des choses tristes sur un pays auquel il est attaché[59].

Quadrangle de l'Université de Sydney

De 1987 à 1993, il est directeur de la section des études chinoises à l'université de Sydney[60], date à laquelle il décide de prendre une retraite anticipée, ayant constaté que l'enseignement universitaire humaniste de ses débuts s'était mué en simple formation professionnelle hyperspécialisée, une orientation qu'il combattait car ne correspondant plus à l'idée qu'il se faisait de son métier[61],[62] :

When a university yields to the utilitarian temptation, it betrays its vocation and sells its soul[24],

ou encore :

« L’université n’est pas une usine à fabriquer des diplômes, à la façon des usines à saucisses qui fabriquent des saucisses. C’est le lieu où une chance est donnée à des hommes de devenir qui ils sont vraiment »[63].

En 2005, dans un discours iconoclaste prononcé à l’Université catholique de Louvain à l'occasion de la remise d’un doctorat honoris causa, il devait dénoncer cette mercantilisation de l’université[2].

L'affaire des jumeaux apatrides[modifier | modifier le code]

En août 2007, les deux fils de l'écrivain, les jumeaux Marc et Louis Ryckmans (nés le 19 octobre 1967 à Hong Kong), se retrouvent apatrides à la suite d'une erreur administrative[22]. En effet, faute d'avoir fait une déclaration conservatoire avant l'âge de 28 ans, ils sont déchus de leur nationalité belge par le consul de Belgique en Australie[64]. Un an plus tard, malgré une demande en référé, l'affaire n'est pas encore jugée et les fils de Simon Leys sont toujours apatrides[65]. Ce n'est que le 11 avril 2013 que la justice ordonnera à l'État belge de « délivrer, à leur première demande, des passeports belges » à Marc et Louis[66].

En 2010, il prend aussi la nationalité australienne, la Belgique ayant accepté la double nationalité en 2007[67].

Disparition et hommages[modifier | modifier le code]

Atteint d'un cancer, Pierre Ryckmans passe les derniers mois de sa vie à Rushcutters Bay[68], dans la banlieue est de Sydney[69], et meurt le 11 août 2014, à l'âge de 78 ans, laissant derrière lui son épouse, Han-fang, et ses quatre enfants, Jeanne, Étienne, Marc et Louis[20].

En France, dans un communiqué lui rendant hommage en août 2014, la ministre de la culture Aurélie Filippetti indique que « son témoignage précurseur et clairvoyant sur la réalité du maoïsme avec Les Habits neufs du Président Mao lui valut d'être au cœur des affrontements idéologiques des années 1970 »[70].

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Simon Leys est fait commandeur de l'Ordre de Léopold par les autorités belges en 1983[71].

En 1990, il est élu membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique ; il y occupe le fauteuil de Georges Simenon[72], un homme et un écrivain qu'il n'apprécie toutefois que modérément[2]. Il en démissionne en 2013 pour protester contre la privation de la nationalité belge subie six ans durant par ses deux enfants à la suite d'une erreur administrative du Consulat de Sidney[73]. Amélie Nothomb est choisie en 2015 pour occuper le siège laissé vacant. Elle se dit « extrêmement honorée de succéder à Simon Leys », qu'elle a connu dans sa jeunesse[74] alors que celui-ci travaillait à l'ambassade de Belgique à Pékin[75].

En 1996, Simon Leys est choisi comme orateur de la série de conférences Boyer (Boyer Lectures (en)), organisées en novembre et décembre de chaque année par la radio nationale australienne (Australian Broadcasting Corporation). Le sujet de ses interventions a pour titre Aspects of Culture. A View from the Bridge[76].

En 1999, il est fait commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres par les autorités françaises[71].

La journaliste Aude Lancelin, rendant hommage à l'œuvre de Simon Leys et à sa « clairvoyance à l’égard du maoïsme mondain », fait en 2012 l'éloge de la « merveilleuse faculté d’indifférence » qu'il a su conserver vis-à-vis du personnel intellectuel français qui le vénère aujourd'hui et dont les représentants sont « généralement du même métal que ceux qui le couvraient d’injures hier »[77].

Œuvre[modifier | modifier le code]

En 1971, sous le pseudonyme de Simon Leys, Pierre Ryckmans, publie aux éditions Champ libre un essai, Les Habits neufs du président Mao, dénonciation de la Révolution culturelle chinoise. Cet essai est suivi de deux autres, Ombres chinoises (1974) et Images brisées (1976), qui forment avec lui une trilogie politique. Ces essais seront réédités en 1998, avec divers autres essais et articles à propos de certains traits de la culture et de l'art chinois traditionnels, en un seul volume sous le titre Essais sur la Chine.

En 1998, il publie L'Ange et le cachalot, compilation d'une série d'articles ou de préfaces sur la littérature, la Chine et le problème de la traduction, écrits entre 1990 et 1997 ; le titre renvoie à une citation de Gilbert Keith Chesterton : « Un homme qui tâche d'accorder des anges avec des cachalots doit avoir une vision assez sérieuse de l'univers ».

L'année 2005 voit la parution du recueil Les Idées des autres, idiosyncratiquement compilées pour l'amusement des lecteurs oisifs, compilation d'une foule de sentences, avis et apophtegmes puisés à diverses sources et classés selon des rubriques commodes puis, si nécessaire, traduits en français à partir non pas de la langue d'origine mais de celle de rencontre[78].

En 2012, paraît Le Studio de l'inutilité, recueil de divers essais sur l'écrivain britannique Evelyn Waugh, la personnalité de George Orwell, le prix Nobel chinois Liu Xiaobo, Roland Barthes à propos de son voyage en Chine en 1974, les universités, la calligraphie, le tabagisme, etc.

Simon Leys a publié des articles dans L’Express puis dans Le Point[79]. Il collabore en outre au quotidien Le Monde et à l'hebdomadaire Le Figaro littéraire, ainsi qu'aux revues de langue anglaise The New York Review of Books, Quadrant et The Monthly. Il tient également une chronique, « Lettre des antipodes », dans Le Magazine littéraire[80].

Pour l'Encyclopædia Universalis, il a rédigé plusieurs notices sur les peintres chinois[2],[81].

Sur la Chine de Mao[modifier | modifier le code]

La critique de la Révolution culturelle[modifier | modifier le code]

Très factuel, le premier essai de Simon Leys, Les Habits neufs du président Mao, précède de près de trois ans — dans le monde de l'édition francophone — Révo. cul. dans la Chine pop. (1974)[82], un autre rare témoignage de la même veine, reposant lui aussi sur la traduction de nombreux textes publiés à l'époque en Chine. Les Habits neufs du président Mao paraît quatre ans après la brochure Le Point d’explosion de l’idéologie en Chine, publiée en août 1967 par l’Internationale situationniste et rédigée par Guy Debord[83], figure de proue de cette organisation, et treize ans après l'article La Lutte des classes en Chine bureaucratique - Malaventure de Mme de Beauvoir et compagnie, publié par Pierre Souyri dans Socialisme ou Barbarie[84]. À sa sortie, le livre n'est remarqué que par un public restreint.

Dans les années 1970, la publication des ouvrages de Simon Leys sur la Chine provoque l'hostilité des milieux maoïstes français, représentés notamment par la revue Tel Quel, et suscite des attaques dans des quotidiens comme Le Monde[85]. Toutefois, Leys est soutenu immédiatement par des intellectuels comme Jean-François Revel et René Étiemble[86],[87].

Controverse avec Michelle Loi[modifier | modifier le code]

En 1975, Pierre Ryckmans vient de livrer sa traduction de La mauvaise herbe de Lu Xun, assortie d'une belle introduction où il épingle la sinologue Michelle Loi. Celle-ci lui réplique en publiant un livret intitulé Pour Luxun (Lou Sin). Réponse à Pierre Ryckmans (Simon Leys) (Lausanne, Alfred Eibel éditeur, 1975), dont le titre dévoile le nom réel de Simon Leys, au risque d'interdire à celui-ci de pouvoir retourner en Chine. Leys, qu'elle qualifie de « pédant réactionnaire », lui répond en 1976 dans une annexe de son livre Images brisées, court pamphlet intitulé L'oie et sa farce, où il reproche à Michelle Loi d'avoir révélé sa véritable identité. Dans un passage, il parle des dénonciateurs qui voudraient qu'il n'entre plus en Chine : « La seule idée qu'un individu comme Simon Leys puisse constamment souhaiter revoir la Chine, qu'il ait noué dans ce monde-là les liens les plus chers, ne leur paraît pas seulement incompréhensible, elle leur est proprement sacrilège. »

L'essentiel de la réponse de Leys consiste à contester l'autorité et la compétence de Michelle Loi, qu'il qualifie au passage de « pétulante chaisière de la chapelle maoïste parisienne ». Il s'emploie en effet à démontrer, en citant ce qu'il identifie comme des erreurs de sa part, que sa reconversion dans les études chinoises n'est pas couronnée de succès[88]. À l'appui de cette critique, il cite L'Intelligence au pouvoir (Paris, Maspero, 1973) de Michelle Loi :

« Dans cet ouvrage au titre prédestiné, les perles se ramassent par boisseaux : ainsi Qin Shihuang y est défini comme l'Empereur Jaune ! Que diriez-vous d'une spécialiste d'histoire italienne qui prendrait Mussolini pour Romulus ? L'écart chronologique est le même[89]. »

La dénonciation de Michelle Loi comme la vigueur de la réponse de Leys témoignent de la violence des affrontements idéologiques au sein du monde intellectuel européen à l'époque du maoïsme. « Qui se souvient de Michelle Loi ? », interroge Philippe Paquet, de cette « prolixe brochurière » dont le Pour Luxun (Lou Sin). Réponse à Pierre Ryckmans est tombé dans l'oubli. Ce « canard » eut pour intérêt un des pamphlets les plus amusants de Leys, « L'oie et sa farce »[90].

Polémique avec Maria-Antonietta Macciocchi[modifier | modifier le code]

Il faut attendre le 27 mai 1983 pour que Simon Leys trouve une audience plus large, à l'occasion de son passage à l'émission de la télévision française Apostrophes consacrée à la Chine[91], à laquelle Bernard Pivot avait également invité Maria-Antonietta Macciocchi, auteur du livre De la Chine[92]. Après avoir laissé cette dernière parler avec lyrisme de l'homme nouveau qui apparaissait en Chine, Simon Leys (qui avait vécu six mois à Pékin en 1972) répondit en fournissant plusieurs données factuelles suggérant qu'elle n'avait pas vérifié ses sources avant d'écrire son livre, qu'il estime être « d'une stupidité totale », sinon une « escroquerie »[93]. D'après une interview de Bernard Pivot, ce fut le seul cas où, à la suite d'un passage à Apostrophes, les prévisions de vente d'un livre furent révisées à la baisse. Maria-Antonietta Macciocchi dira, toujours à l'occasion de ce passage à Apostrophes : « Simon Leys m'a guillotinée en public ! »[réf. nécessaire]

Engagement catholique[modifier | modifier le code]

Son catholicisme[modifier | modifier le code]

Pierre Ryckmans, qui était fervent catholique, n'était guère disert quant à sa foi[94]. Au-dessus de son bureau, était accroché un portrait de saint Thomas More[95],[96],[97]. Selon Peter Craven, il était adepte d'un catholicisme très traditionnel et conservateur qui le fit s'opposer au polémiste athée Christopher Hitchens, détracteur de la religieuse catholique mère Teresa[98]. Dans le journal suisse Le Temps, Joëlle Kuntz parle du Ryckmans de 1971 comme d'un « curé défroqué »[99].

Pour Pierre Boncenne, tous les livres de Pierre Ryckmans, y compris les écrits polémiques sur la Chine, portent la trace du fait qu'il était catholique[100] : « Son catholicisme est capital pour le comprendre », « Le sujet mériterait un livre à lui tout seul », déclare-t-il à un journaliste qui s'étonne qu'il passe vite sur le sujet dans Le parapluie de Simon Leys[101]. Le sociologue Bernard De Backer estime que l'œuvre de Simon Leys est influencée par sa religion , en particulier au sujet de l’homosexualité de Roland Barthes ou d'André Gide, « mais aussi par sa sensibilité et son riche vocabulaire religieux pour décrire le culte de Mao, ses dévots, ses lieux saints et ses rites »[102]. Pour Ian Buruma, si Leys avait des préjugés concernant la Chine, ils étaient façonnés par sa foi catholique et non pas par son érudition[103].

À la suite d'un discours du père dominicain Jean Cardonnel sur « la sainte alliance Jésus-Mao » (Pierre Boncenne) et d'un colloque tenu à Louvain sur « les implications théologiques du maoïsme », Leys fit parvenir à Jean-François Revel un dessin humoristique représentant le « dialogue constructif entre un écclésiastique progressiste et un rhinocéros sur les implications théologiques de la rhinocérite »[104].

Élève des jésuites et des pères de l'université catholique de Louvain[105], Pierre Ryckmans/Simon Leys se prit d'admiration pour Laszlo Ladany (en), père jésuite d'origine hongroise, emprisonné sous Mao puis établi à Hong Kong, rédacteur, de 1953 à 1982, du bulletin China News Analysis, source incontournable pour les observateurs de la Chine communiste[106].

Son intérêt pour les auteurs catholiques[modifier | modifier le code]

Pierre Ryckmans s'est intéressé à quelques auteurs qui avaient reçu une éducation chrétienne[107] ou s'étaient convertis au christianisme. Il a ainsi écrit plusieurs essais sur Evelyn Waugh, écrivain britannique passé de l'agnosticisme à un catholicisme devenu de plus en plus présent dans son œuvre, essais réunis en 2012 dans le recueil Le Studio de l'inutilité. De même, le titre de son essai L'Ange et le cachalot renvoie à une citation de l'écrivain Gilbert Keith Chesterton, défenseur connu du christianisme. Enfin, il a traduit, en 2013, le livre Sur l'abolition de tous les partis politiques de Simone Weil, écrivain français d'origine juive qui se considérait comme mystique chrétienne et était reconnue comme telle[107],[100].

En Australie, Pierre Ryckmans était président du comité de rédaction de la revue Annals Australasia: Journal of Catholic Culture[108].

Polémique autour de mère Teresa[modifier | modifier le code]

En 1995, le polémiste Christopher Hitchens publie The Missionary Position: Mother Teresa in Theory and Practice[109], attaque en règle contre mère Teresa, en qui il voit « a religious fundamentalist, a political operative, a primitive sermonizer and an accomplice of worldly secular power »[110]. Réagissant à ces attaques, Simon Leys se déclare écœuré par le titre du livre : La Position du missionnaire[100]. Lui-même catholique engagé[97], il note que ce qu’on reproche à la religieuse, c’est de « s’être efforcée d’être chrétienne, au sens le plus littéral du terme ». Il compare l'acceptation par mère Teresa de « l’hospitalité d’escrocs, de millionnaires et de criminels » aux rapports qu’entretenait le Christ avec des personnages peu recommandables. Il déclare qu’à l’article de la mort, il préférerait le réconfort prodigué par l’ordre de mère Teresa aux services d’une « assistante sociale moderne ». Il voit dans le baptême subreptice des mourants, « une marque généreuse de compassion et d’affection ». Enfin, il compare mère Teresa sous les critiques des journalistes au Christ sous les crachats[111].

Dans sa réponse à Leys, Hitchens fait remarquer qu'en avril 1996, mère Teresa avait accueilli favorablement le divorce de la princesse Diana alors qu'elle-même avait conseillé aux Irlandais de voter contre le droit aux mariage et remariage civils (Fifteenth Amendment of the Constitution of Ireland (en)) au référendum du 24 novembre 1995. La conviction de Hitchens que mère Teresa ne prêche pas la même chose aux riches qu'aux pauvres s'en trouve renforcée. Il fait part de ses doutes que le Christ ait jamais fait l'éloge de gens comme les Duvalier à Haïti ou accepté de l'argent « volé à de petits et modestes épargnants » par l'escroc Charles Humphrey Keating, Jr. (en). Enfin, il assimile Leys à ces chefs religieux qui « prétendent que toute critique est insultante, blasphématoire et diffamatoire par définition »[112].

Leys réplique en faisant valoir que le livre de Hitchens « renferme un nombre remarquable de bourdes sur des aspects élémentaires du christianisme » et accuse son contradicteur de faire preuve d'une « ignorance crasse de la position de l'Église catholique sur le mariage, le divorce et le remariage » et de nourrir une « aversion intense et virulente de mère Teresa »[113]. Pour Serge Larivée, Carole Sénéchal et Geneviève Chénard, Leys se contente de décrier le livre de Hitchens à coups d'arguments ad hominem[114].

Au seuil de la mort[modifier | modifier le code]

Lecteur de Pascal, Pierre Ryckmans lisait dans les derniers temps la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies : « Ô Dieu, qui laissez les pécheurs endurcis dans l'usage délicieux et criminel du monde! [...] je demande de n'être pas abandonné aux douleurs de la nature sans les consolations de votre Esprit ». À la fin de sa vie, à l'hôpital, il lisait la Bible. Évoquant, avec son fils Marc, un passage du Livre de la Genèse où l'Éternel « se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre », il s'interrogeait « comment un Dieu omniscient peut-il se repentir de quelque chose d'inéluctable et IL le savait bien ? ». Pierre Ryckmans n'avait pas de réponse[100]. Pour Pierre Boncenne, « Pierre Ryckmans a affronté la mort en grand chrétien »[101].

Sur George Orwell[modifier | modifier le code]

George Orwell à la BBC en 1940

En 1984, Simon Leys publie un essai, Orwell ou l’horreur de la politique, pour saluer la « date orwellienne » de 1984George Orwell évoque Big Brother, une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, de la société de la surveillance et la réduction des libertés. Puis en 2012, il consacre dans son ouvrage Le Studio de l'inutilité un nouveau chapitre à l'écrivain anglais.

Simon Leys y indique la similitude de leurs tempéraments : « même goût de la vérité, même habitude d’avoir raison contre l’intelligentsia, même désinvolture aussi »[115]. George Orwell fut, comme Simon Leys, accusé, par ses détracteurs, d'être un agent de la CIA[116].

Le philosophe Jean-Claude Michéa considère Orwell ou l’horreur de la politique comme la meilleure analyse de l'œuvre de George Orwell, à l'exception toutefois de la biographie de Bernard Crick. Simon Leys y indique que la critique du totalitarisme soviétique par Orwell ne peut se comprendre qu'avec la mise en perspective de la critique du système capitaliste. Pour Leys, le socialisme d’Orwell s'appuie sur les « vertus morales et intellectuelles présumées des gens ordinaires » et non sur des « mythologies positivistes du sens de l’Histoire et de l’Homme nouveau »[117].

Pierre Mertens relève que Simon Leys voit s'incarner chez Orwell l'« utopique prémonition de l’être totalitaire » qu'il a constatée en Chine. Simon Leys apprécie cet écrivain qui indique « avoir horreur de la politique », et qui par la seule littérature décortique « les mécanismes de l’horlogerie idéologique »[3]. Simon Leys, dans ses études sur George Orwell, considère comme « nécessaire [une] prise de parole politique au nom des valeurs non politiques » :

Première édition de George Orwell ou l'horreur de la politique.
« C’est cette dimension humaine qui donne à l’œuvre d’Orwell une place à part dans la littérature politique de notre temps. Plus spécifiquement, ce qui fonde son originalité supérieure en tant qu’écrivain politique, c’est qu’il haïssait la politique. […] Si Orwell plaidait pour qu’on accorde la priorité au politique, c’était seulement afin de mieux protéger les valeurs non politiques. En un sens, quand il s’appliquait à planter des choux, à nourrir sa chèvre et à maladroitement bricoler de branlantes étagères, ce n’était pas simplement pour le plaisir, mais aussi pour le principe ; de même, quand, collaborant à un périodique de la gauche bien-pensante, il gaspillait de façon provocante un précieux espace qui aurait dû être tout entier consacré aux graves problèmes de la lutte des classes, en dissertant de pêche à la ligne ou des mœurs du crapaud ordinaire, il ne cédait pas à une recherche gratuite d’originalité – il voulait délibérément choquer ses lecteurs et leur rappeler que, dans l’ordre normal des priorités, il faudrait quand même que le frivole et l’éternel passent avant le politique. Si la politique doit mobiliser notre attention, c’est à la façon d’un chien enragé qui vous sautera à la gorge si vous cessez un instant de le tenir à l’œil »[118].

Simon Leys s'interrogea à plusieurs reprises sur un parallèle possible entre George Orwell et Lu Xun. Les deux militants ont gardé « une honnêteté foncière et sans illusions ». George Orwell se situait « définitivement de gauche mais avec une vive méfiance pour son côté doctrinaire et partisan ». Lu Xun défendait la révolution mais pensait que sa victoire créerait une nouvelle autorité dont il fallait se défier[119].

Sur Lu Xun[modifier | modifier le code]

Lu Xun en 1936

Sebastian Veg, chercheur du Centre d'études français sur la Chine contemporaine, considère que le travail « mené entre autres par Pierre Ryckmans (Simon Leys) dans le monde francophone », a permis « d’arracher Lu Xun à l’hagiographie communiste »[120]. À l'occasion du centenaire de la naissance de Lu Xun, Simon Leys écrit : « La République populaire de Chine, dans le cadre des Quatre Modernisations, est évidemment impatiente d’égaler ces glorieux exemples de civilisation. C’est ainsi qu’au moment de déclencher une nouvelle purge dans les milieux intellectuels et littéraires, les autorités communistes ont jugé bon d’invoquer d’abord la mémoire d’un grand intellectuel et écrivain ; elles répriment ainsi la contestation au nom du plus courageux des contestataires ; elles écrasent la critique au nom du critique le plus audacieux de la Chine moderne ; elles persécutent l’hérésie au nom d’un hérétique irréductible ; elles prêchent le conformisme et exigent la soumission au nom de celui qui fut le rebelle par excellence. »[121].

Simon Leys a fait reproduire sur la couverture de son ouvrage Essais sur la Chine (collection Bouquins), un poème, rédigé en 1933, de Lu Xun : « M'étant mêlé d'écrire, j'ai été puni de mon impudence; / Rebelle aux modes, j'ai offensé la mentalité de mon époque. / Les calomnies accumulées peuvent bien avoir raison de ma carcasse; / Tout inutile qu'elle soit, ma voix n'en survivra pas moins dans ces pages ». Simon Leys considère à propos de Lu Xun : « Devant un état de choses inacceptables, il prend résolument le parti des victimes, mais il ne se fait aucune illusion sur les chances de réussite de la révolution, ni sur ses conséquences ». Un autre de ses poèmes s'inspire de la flamme gelée, métaphore de son existence, « le feu révolutionnaire qui vit en lui demeure emprisonné sous la glace de l'intelligence lucide »[122].

Sur Confucius[modifier | modifier le code]

Simon Leys a effectué une double traduction de Confucius, d'abord en français[123] puis en anglais. Dans la présentation de sa traduction des Entretiens de Confucius en 1987, Simon Leys indique que « nul écrit n'a exercé une influence plus durable sur une plus grande partie de l'humanité »[124].

Sur la mer[modifier | modifier le code]

L'écrivain, qui consacre une grande part de son travail à traduire, préfacer, écrire des livres sur la mer et les gens de mer, fait partie des Écrivains de Marine, association fondée en 2003 par Jean-François Deniau et regroupant une vingtaine d’auteurs.

« La mer a inspiré les écrivains les plus divers — mais qu'en ont-ils dit ? L'idée d'explorer la littérature française d'un point de vue marin paraîtra sans doute excentrique et arbitraire ; en fait, cette perspective rafraîchissante nous permet de promener un regard neuf sur des monuments familiers, et elle peut aussi nous apporter de surprenantes révélations. En mettant le point final à une entreprise de quelque dix années, je n'ai plus qu'un souhait : puissent les lecteurs tirer de la fréquentation de mon singulier monstre marin ne fût-ce que la moitié du bonheur que j'ai trouvé à le confectionner ! », écrit Simon Leys à propos son ouvrage La Mer dans la littérature française : de François Rabelais à Pierre Loti[125],[126].

Simon Leys préface l'édition de 2011 (Éditions de la Table ronde) du livre de François-Édouard Raynal, Les Naufragés, ou Vingt mois sur un récif des Auckland, rappelant « que l'un des plus précieux cadeaux que l'on puisse se faire entre amis est de se signaler un bon livre ». Il éclaire ensuite le récit véridique et édifiant de F.-E. Raynal, un siècle et demi après Daniel Defoe, du naufrage de cinq marins (français, américain, norvégien, anglais, portugais) au milieu des tempêtes qui assaillent les Îles sub-antarctiques de Nouvelle-Zélande. Il commente la bonne entente, la foi, l'ingéniosité et l'organisation de cet équipage. Jules Verne s'est inspiré de ce récit, publié pour la première fois en 1866 dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours), puis pour L'Île mystérieuse (1874).

Dans Les Naufragés du Batavia, l'écrivain de marine raconte le naufrage d'un navire marchand hollandais (indiaman) de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, en 1629, dans l'archipel corallien des Houtman Abrolhos, au large des côtes Ouest de l'Australie. À son bord, plus de 300 passagers, hommes, femmes, enfants et une riche cargaison. L'auteur s'interroge sur la folie meurtrière d'un des membres de l'équipage, Jeronimus Cornelisz, qui massacre et humilie les deux tiers des survivants. Il analyse la psychologie du criminel[127]. Cet essai est suivi de Prosper, récit autobiographique, présentant une pêche au thon en 1958 sur un des derniers voiliers de pêche breton[128] .

Sur Liu Xiaobo[modifier | modifier le code]

Liu Xiaobo, rédacteur de la charte 08 et prix Nobel de la paix, est un écrivain chinois en prison depuis 2009 pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ».

Simon Leys lui a consacré un texte, Anatomie d’une dictature post-totalitaire. La Chine d’aujourd’hui, publié dans Le Studio de l'inutilité en 2012. Simon Leys y analyse deux textes du dissident chinois : l'un en français La Philosophie du porc et autres essais, traduit par Jean-Philippe Béja et préfacé par Václav Havel, l'autre en anglais No Enemies, No Hatred, publié par Harvard University Press[129].

Simon Leys, comme Liu Xiaobo, estime que la situation où des grands pays développés, dont l'influence politique décroît et qui courtisent un régime chinois « post-totalitaire », constitue un obstacle au développement « global de la démocratie et du droit ». De même, les deux auteurs évoquent le « miracle » chinois qui ponctue les discours des « thuriféraires » de la société chinoise, or le « miracle » serait de s'affranchir des « dommages causés à l’économie, aux droits de l’homme, à la société toute entière »[129].

Simon Leys évoque une autre analyse de Liu Xiaobo à propos du parti communiste qui exercerait une censure sur les nouvelles technologies de l'information afin de préserver son image. Cette censure s'appliquerait aussi bien à l'histoire récente qu'à l'actualité. Ainsi, il existe une continuité avec la période maoïste, ce qui, selon certains observateurs, ne permet pas la « véritable modernisation du pays ». Pour Simon Leys « quelle sorte d’avenir peut-on bâtir sur l’ignorance obligatoire du passé récent ? »[129].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2002, une comédie intitulée The Emperor's New Clothes est tirée de son seul roman publié à ce jour : La Mort de Napoléon. Ian Holm y tient le rôle-titre.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 2008, un document du département « Philosophie, histoire et sciences de l'homme » de la Bibliothèque nationale de France proposa une sélection bibliographique sur la Révolution culturelle. Si parmi les ouvrages retenus se pressaient les écrits de Maria-Antonietta Macciocchi, Jean Daubier, Alain Peyrefitte, K.S. Karol, Han Suyin ou Alberto Moravia, par contre aucun des titres de Simon Leys concernant cette période ne fut retenu, ni aucun titre de la « Bibliothèque asiatique » de René Viénet, ni l'anthologie de la presse des gardes-rouges, Révo. cul. dans la Chine pop.. Pierre Boncenne, qui s'en désole, note toutefois que « la réputation internationale de Leys n'a cessé de s'affirmer »[136].

L'historienne Perrine Simon-Nahum classe l’ouvrage La Dernière Révolution de Mao. Histoire de la Révolution culturelle 1966-1976 des universitaires Roderick Mac Farquhar et Michael Schoenhals paru en 2009, dans la continuité de ceux du sinologue Simon Leys, notamment Les Habits neufs du président Mao[137].

Œuvres complètes de Simon Leys[modifier | modifier le code]

Thèse de doctorat[modifier | modifier le code]

  • Pierre Ryckmans, Les « Propos sur la peinture » de Shitao, traduction et commentaire pour servir de contribution à l'étude terminologique et esthétique des théories chinoises de la peinture, Bruxelles, Institut belge des Hautes Études chinoises (coll. Mélanges chinois et bouddhiques, volume xv), 1970, 231 p.[138] ; réédition sous le titre Les Propos sur la peinture du Moine Citrouille-amère, Paris, Hermann, 1984 ; réédition, Paris, Plon, 2007.
  • Publication de la thèse: Pierre Ryckmans, La Vie et l’œuvre de Su Renshan, rebelle, peintre, et fou, 1814-1849 ?, Paris - Hong-Kong, Centre de publication de l’UER Extrême-Orient – Asie du Sud-Est de l’université de Paris VII, deux volumes, [139]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Les Habits neufs du président Mao : chronique de la « Révolution culturelle », préfacé par René Viénet, Paris, Champ libre, 1971, 314 p. (1er titre de la collection « Bibliothèque asiatique », dirigée par le sinologue situationniste René Viénet) ; éd. poche, Paris, Livre de Poche, 1989
    (en) The Chairman's New Clothes: Mao and the Cultural Revolution, New York, St. Martin's Press, 1978 (translated by Carol Appleyard and Patrick Google)
  • Ombres chinoises, Paris, 10/18, , 312 p.
    (en) Chinese Shadows (Ombres Chinoises) (en), New York, Viking Press, 1977
  • Images brisées, Paris, Robert Laffont, 1976
    (en) Broken Images : Essays on Chinese Culture and Politics, New York, St Martin's Press, 1980
  • (en) Human rights in China, United Daily Newspaper, 1979, 67 p.
  • Préface à L'Enquête sur la mort de Lin Biao de Yao Mingle, Paris, Robert Laffont, 1983
  • La Forêt en feu : essais sur la culture et la politique chinoises, Paris, Hermann, 1983
    (en) The Burning Forest: Essays on Chinese Culture and Politics, New York, Holt, Rinehart and Winston, 1985
  • Orwell ou l'horreur de la politique, Paris, Hermann, 1984 ; Plon, 2006
  • L'Humeur, l'Honneur, l'Horreur : essais sur la culture et la politique chinoises, Paris, Robert Laffont, 1991, 184 p.
  • The view from the bridge, Sydney, ABC Books, 1997
  • Essais sur la Chine, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1998 (recueil réunissant Les Habits neufs du Président Mao, Ombres chinoises, Introduction à Lu Xun, La Mauvaise Herbe, Images brisées, La Forêt en feu, L'Humeur, l'Honneur, l'Horreur, avec une préface de Jean-François Revel)
  • L'Ange et le cachalot, Paris, Le Seuil, 1998 ; éd. poche, Paris, Le Seuil, coll. « Points-Essais » 2002
    (en) The Angel and the Octopus: Collected Essays, 1983–1998, Sydney, Duffy and Snellgrove, 1999
  • Protée et autres essais, Paris, Gallimard, 2001
  • Les Naufragés du Batavia, suivi de Prosper, Paris, Arléa, 2003 ; éd. poche, Paris, Le Seuil, 2005, coll. « Points »
    (en) The Wreck of the Batavia: A True Story, Black Inc., 2005
  • La Mer dans la littérature française : de François Rabelais à Pierre Loti : tome 1, De François Rabelais à Alexandre Dumas ; tome 2, De Victor Hugo à Pierre Loti, Paris, Plon, 2003
  • Les Idées des autres, idiosyncratiquement compilées pour l'amusement des lecteurs oisifs, Paris, Plon, 2005
    (en) Other People's Thoughts – Idiosyncratically compiled by Simon Leys for the amusement of idle readers, Black Inc., 2007
  • Le Bonheur des petits poissons. Lettres des Antipodes, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, , 213 p. (ISBN 978-2709629973)
  • Le Studio de l'inutilité, Paris, Flammarion, , 301 p. (ISBN 978-2081269958)[77]
    (en) The Hall of Uselessness: Collected Essays, Collingwood, Victoria, Black Inc., 2011
  • Quand vous viendrez me voir aux Antipodes. Lettres à Pierre Boncenne, Paris, Philippe Rey, , 188 p. (ISBN 978-2848764481)

Articles, comptes rendus et entretiens de Simon Leys[modifier | modifier le code]

  • (en) « After the Massacres », The New York Review of Books, no October 12,‎ (ISSN 0028-7504, lire en ligne)
  • (en) « The Art of Interpreting Nonexistent Inscriptions Written in Invisible Ink on a Blank Page », The New York Review of Books, no October 11,‎ (ISSN 0028-7504, lire en ligne)
  • (en) Review of Laszlo Ladany, The Communist Party of China and Marxism, 1921-1985, The New York Review of Books, Oct. 11, 1990
  • (en) « Chesterton – the poet who danced with a hundred legs », The Chesterton Review, Vol. 24, Issue 4, November 1998, p. 437-439
  • « Victor Segalen, les tribulations d’un poète en Chine », Le Figaro littéraire, no 3 février,‎ , p. 4-5
  • « L'idée d'université », La Revue générale, no 12,‎ , p. 33-35
  • « Belgitude de Michaux », Magazine littéraire, no janvier,‎ , p. 88-97
  • (en) « Ravished by Oranges », The New York Review of Books, no December 20,‎ (ISSN 0028-7504, lire en ligne)
  • (en) « The Chinese Attitude Towards the Past », China Heritage Quarterly, no 14, June,‎ , p. 88-97 (ISSN 1833-8461)[141]
  • (en) « The Educated man is not a Pot? An interview with Pierre Ryckmans (Simon Leys) », China Heritage Quarterly, no 20, December,‎ , p. 88-97 (ISSN 1833-8461)
  • (en) « The Intimate Orwell », The New York Review of Books, no May 26,‎ (ISSN 0028-7504, lire en ligne)
  • (en) « He Told the Truth About China’s Tyranny », The New York Review of Books, no February 9,‎ (ISSN 0028-7504, lire en ligne) (compte rendu de Liu Xiaobo, No Enemies, No Hatred: Selected Essays and Poems, Belknap Press/Harvard University Press, 366 pp.)
  • Emmanuel Hecht, « Simon Leys : "L'intellectuel français ne sait pas comment on ouvre un parapluie" », L'Express, no 6 avril,‎ (ISSN 0014-5270)

Traductions[modifier | modifier le code]

Traduction du chinois au français[modifier | modifier le code]

Autoportrait de Shitao, (1674)
  • Shen Fu, Six récits au fil inconstant des jours, Bruxelles, Éditions Larcier, (trad. et commentaires Pierre Ryckmans) [142]
  • Shitao, Les Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère, Bruxelles, Institut Belge des Hautes Études Chinoises, (trad. et commentaires Pierre Ryckmans)[143]
  • Kouo Mo-jo, Autobiographie – Mes années d'enfance (trad. et commentaires Pierre Ryckmans), Gallimard, coll. « Connaissance de l'Orient », 1970
  • Lu Xun, La Mauvaise Herbe, Paris, 10/18, (trad. et commentaires Pierre Ryckmans)
  • Jao Tsong-Yi, Peintures monochromes de Dun-Huang (sous le nom de Pierre Ryckmans), École française d'Extrême-Orient, 1978
  • Chen Jo-Hsi, Le Préfet Yin et autres histoires de la révolution culturelle, Denoël, 1980, 272 p.

Traduction du chinois à l'anglais[modifier | modifier le code]

Traduction de l'anglais au français[modifier | modifier le code]

Traduction du français à l'anglais[modifier | modifier le code]

  • (en) Simone Weil, On the Abolition of All Political Parties, Melbourne, Black Inc., , 96 p. (ISBN 9781921870903) (trad.  par Pierre Ryckmans de Note sur la suppression générale des partis politiques, (1940), Gallimard, 1989) (ISBN 2-07-071715-1)

Roman[modifier | modifier le code]

Discours[modifier | modifier le code]

Illustration[modifier | modifier le code]

Pierre Ryckmans était aussi un caricaturiste reconnu par le cercle de ses amis. Son don pour le dessin lui permit d'être l'illustrateur d'un livre de sa fille[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La marée est une campagne de pêche en langage de vieux marins.
  2. En 2012, Simon Leys publie un livre au titre étrange, Le studio de l'inutilité. Celui-ci fait référence à une calligraphie qui décorait la cabane d'un bidonville de Hong Kong où il vit deux ans durant avec trois amis étudiants et artistes.
  3. René Viénet sera ultérieurement l'auteur d'un film, Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires !, sorti en 1977.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Susan Wyndham, « The death of Pierre Ryckmans and his alter ego Simon Leys », The Sydney Morning Herald, 11 août 2014.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Philippe Paquet, « Le sinologue belge Simon Leys est décédé », La Libre Belgique, 11 août 2014.
  3. a, b, c, d, e, f et g Pierre Mertens, Réception de Simon Leys, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 30 mai 1992.
  4. Paquet 2016, p. 57
  5. (en) « An Interview with Pierre Ryckmans », China Heritage Quarterly, no 26, juin 2011.
  6. (en) Reed Irvine (en), The Cameras Can Lie, AIM (Accuracy In Media) Report, February 1978 : « His interest in China was triggered by a trip that he made to the People's Republic when he was nineteen. He was sympathetic to the Maoist regime until 1966 ».
  7. (en) Pierre Ryckmans (Simon Leys), an old China hand, died on August 11th, aged 78, The Economist : « But China remained his great love, and at first he “confidently extended to the Maoist regime the same sympathy that I felt for all things Chinese” ».
  8. (en) The Hall of Uselessness, My First Trip to China, excerpts from Simon Leys’ recent writings and interviews, 2012-09-05.
  9. Présentation de Prosper, de Simon Leys, illustré par Gildas Chasseboeuf, Le Chasse-Marée, no 240, 6 avril 2012.
  10. Paquet 2016, p. 168-171
  11. Paquet 2016, p. 171-173
  12. Paquet 2016, p. 179-180
  13. Paquet 2016, p. 181
  14. (en) The Hall of Uselessness: Collected Essays by Simon Leys, reviewed by Angelo Paratico, Asian Review of Books, 15 septembre 2013 : « The title of the collection comes from Simon Leys’s years in Hong Kong, living in a Kowloon squatter area. This was his home for two years, a guest in the flophouse of a former Taiwanese schoolmate, a calligrapher and seal-carver. Shades of an Eastern Scènes de la vie de bohème perhaps, they shared a miserable room with a young historian and a philologist. A sign hung over them, reading Wu Yong Tong, or “The Hall of Uselessness”. »
  15. Simon Leys et le studio de l'inutilité, Simon Leys, 2011 : « Mais revenons au Studio de l’inutilité : c’était une cahute située au cœur d’un bidonville de réfugiés à Hong Kong (côté Kowloon). Pour s’y rendre de nuit, il fallait se munir d’une torche électrique, car il n’y avait là ni routes ni réverbères — seulement un dédale de sentes obscures qui louvoyaient dans un chaos de baraques boiteuses. Un égout à ciel ouvert longeait le sentier, et de gros rats déboulaient sous les pieds des passants. »
  16. Pierre-Edouard Deldique, Seul contre tous, Simon Leys montra le vrai visage du maoïsme, RFI, 11 septembre 2015.
  17. http://textyles.revues.org/1572
  18. a, b et c Laurent Six Chine : comment Pierre Ryckmans est devenu Simon Leys, rue89.nouvelobs.com, 13 août 2014
  19. a, b, c et d Laurent Six, Aux origines d’Ombres chinoises : une mission de six mois au service de l’ambassade de Belgique en République populaire de Chine, Textyles, 2008.
  20. a et b (en) Michael Forsythe, Pierre Ryckmans, 78, Dies; Exposed Mao’s Hard Line, The New York Times, August 14, 2014.
  21. a et b Biographie de Simon Leys, Who's who.
  22. a et b Philippe Paquet, « Affaire Simon Leys : longue marche pour la vérité et la justice », Lalibre.be, 12 décembre 2011.
  23. (en) Daniel Sanderson, An Interview with Pierre Ryckmans, China Heritage Quarterly, No 26, June 2011.
  24. a, b et c (en) Rowan Callick, Pierre Ryckmans’ early books triggered outrage and controversy in Europe, The Australian, 12 août 2014.
  25. Pierre Haski, Mort de Simon Leys, pourfendeur des intellectuels maoïstes français Rue89, 11 août 2014
  26. (en) Ian Buruma, The Man Who Got It Right, review of The Hall of Uselessness: Collected Essays by Simon Leys, New York Review of Books, August 15, 2013 : « He hadn't even set foot there between 1955 and 1972 ».
  27. Pierre Souyri, Simon Leys, Les Habits neufs du Président Mao, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1973, volume 28, numéro 4
  28. (en) Pierre Ryckmans (Simon Leys), an old China hand, died on August 11th, aged 78, The Economist, 23 août 2014 : « But his chosen surname contained a subtle clue as to who he really was. “Leys” was a homage to “René Leys”, a novel by the French author Victor Segalen, in which a Belgian teenager in old Peking regales his employer with tales of the hidden intrigues and conspiracies taking place within the imperial palace ».
  29. Pierre Boncenne Connaissez-vous Simon Leys ? Institut des Libertés, 4 avril 2013.
  30. Claude Hudelot, Simon Leys, pourfendeur clairvoyant de Mao et du maoïsme, blog La Cina è vicina sous Mediapart, 11 août 2014.
  31. L'écrivain et sinologue Pierre Ryckmans est mort, Le Monde, 11 août 2014 : « Sa critique précoce de la Révolution culturelle (Les habits neufs du président Mao, 1971) lui a valu les foudres de ceux qu'il appela les « maoïstes mondains », en particulier les animateurs de la revue Tel Quel. Une prise de position très éloignée celle de ses pairs à l'époque : ces derniers louant généralement le Grand Timonier. »
  32. La disparition de Simon Leys, France culture, 11 août 2014 : « Le sinologue est alors l'un des premiers Européens à souligner le caractère répressif du régime communiste chinois, ce qui lui vaut les foudres des milieux maoïstes français de l’époque, et notamment l’inimitié de la revue Tel Quel. Le journal « Le Monde » l’accuse de diffuser des mensonges fabriqués par la CIA. « Je pense… que les idiots disent des idioties, c’est comme les pommiers produisent des pommes, c’est dans la nature, c’est normal. » jugeait ainsi l’écrivain à propos de ceux qu’il qualifiait de « maoïstes mondains ». »
  33. Philippe Sollers, Deux et deux font quatre, Le Monde, 3 avril 1998.
  34. A propos de Pierre Ryckmans, alias Simon Leys, et des sources qui ont inspiré 'Les Habits neufs du président Mao', Églises d'Asie, 21 août 2014 : « Dès le début de la Révolution culturelle, le P. Ladany avait compris que cette agitation était un conflit de personnes et une immense lutte pour le pouvoir. Il a voulu le dire haut et fort. Cependant, ses affirmations n’atteignaient pas les intellectuels d’Europe et des États-Unis et le P. Ladany avait le sentiment de prêcher dans le désert, jusqu’à ce que Pierre Ryckmans s’intéresse à ses écrits et les répercute dans le monde entier. Ce dernier a reconnu bien volontiers avoir puisé dans China News Analysis, notamment ses numéros 759, 761, 762, 763 (mai à juillet 1969) pour écrire son livre ».
  35. Pierre Souyri, « La « Révolution culturelle » ou le serpent qui se mord la queue » (compte rendu de Les habits neufs du Président Mao par Simon Leys), in Annales, Économie, Sociétés, Civilisations, 1973, vol. 28, No 4, p. 923-931, en part. p. 931.
  36. Un Alain Badiou n'est possible qu'en France, propos du sinologue Lucien Bianco recueillis par Eric Conan et Alexis Lacroix, revue en ligne Marianne, 13 décembre 2014. Ces journalistes indiquent que Badiou, dans Libération du 26 octobre 2014, cite comme « études sérieuses » trois ouvrages : La Commune de Shanghai, de Hongsheng Jiang, traduit de l'anglais par Eric Hazan, préfacé par Alain Badiou, publié par les Éditions La Fabrique en 2014 ; The Politics of the Chinese Cultural Revolution, de Hong Yung Lee, publié en 1978 par University of California Press ; Shanghai Journal. An Eyewitness Account of The Cultural Revolution, de Neale Hunter, publié en 1969 par Praeger Publishers.
  37. Alain Badiou, L'antique Badiou répond au fringant Joffrin, sur le site de Libération, 26 octobre 2014.
  38. Francis Deron "Les Habits neufs du président Mao", par Francis Deron, Le Monde, 6 août 2008.
  39. Simon Leys, Essais sur la Chine, pages 223 et suivantes
  40. Pierre Boncenne, Le parapluie de Simon Leys, Philippe Rey, 192 pages, p. 37 : « Dès 1972, à l'occasion d'une réédition des Habits neufs, Simon Leys donnera une liste détaillée de ses sources, pour la plupart en langue chinoise avec une place prépondérante accordée à la presse officielle de Chine populaire comme à celle des Gardes rouges (bien des références figuraient déjà dans le texte de la première édition). Quant à la stupide allégation consistant à douter d'informations en provenance de Hong Kong, c'était ignorer qu'il s'agissait du meilleur poste d'observation pour découvrir - parfois en avant première - des documents relatifs au régime communiste et pour recueillir d'innombrables témoignages individuels. Grâce aux voyageurs réguliers, aux immigrants clandestins, aux anciens gardes rouges ayant échappé à la répression, aux habitants gardant des contacts familiaux, aux journalistes ou aux chercheurs comme le père Ladany, ce jésuite d'une science extraordinaire qui faisait paraître le périodique China News Analysis, à Hong Kong on disposait vraiment de données précises et variées sur la réalité chinoise ».
  41. Texte de René Viénet reproduit dans International situationiste, n° 11, pp. 3-12 (lire en ligne).
  42. (en) Edward Friedman, [PDF] Simon Leys Hates China, America Loves Simon Leys, compte rendu de The Chairman's New Clothes et de Chinese Shadows, in Bulletin of Concerned Asian Scholars, Vol. 10, No 3, July-September 1978, p. 19-26, en part. p. 25-26 : « He is, Leys tells us, a former lover of the revolution who has become disenchanted. [...] The lover-turned-hater is not necessarily the best judge of the formerly loved-one. The newly found disgust is only the reverse of the former blind belief ».
  43. Aude Ancellin, Interview de Jean-Claude Michéa, Simon Leys, le fléau des idéologues, Le Nouvel Observateur, 31 août 2014 : « Notons, au passage, que cette décision de démystifier la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne » - alors même que le culte de Mao battait son plein dans la presse française officielle de l’époque - ne devait absolument rien, chez Simon Leys, aux contraintes universitaires du Publish or Perish. Elle s’était en réalité imposée à lui, un jour de 1967, lorsqu’il avait découvert avec effroi un journaliste chinois en train d’agoniser devant sa porte (lui-même résidait alors à Hong-Kong) après avoir été atrocement torturé par les nervis de Mao. »
  44. Luc Rosenzweig Simon Leys quitte la Chine pour l’éternité : Il ridiculisa les maoïstes de tous les pays Causeur.fr, 14 août 2014.
  45. Jean Daubier, compte rendu des Habits neufs du président Mao, Le Nouvel Observateur, du 13 décembre 1971.
  46. Préface à Simon Leys, Essais sur la Chine, Paris, R. Laffont, 1998 (lire en ligne dans Le Parapluie de Simon Leys et L'Abécédaire de Jean-François Revel).
  47. (en) John King Fairbank, China Watch, Harvard University Press, 1987, 219 pages, section 23 : Uncovering the Evils of the Cultural Revolution, p. 179 et suivantes : « In 1972 Leys spent six months in China, living in the Peking Hotel and taking seven trips into the provinces. He visited many of the cities and sites on the regular tour routes around Peking, the ancient capitals Loyang and Sian, the Linhsien irrigation project in Honan, the model Tachai Brigade in Shansi, Mao's Hunan birthplace, and Soochow and Hangchow near Shanghai ».
  48. (en) Ian Buruma, Isabel Hilton (en), Perry Link, 'Whoever Talks About China Talks About Himself'. Remembering Sinologist Pierre Ryckmans, Foreign Policy, August 12, 2014 : « Chinese Shadows was based on recollections and insights gained by the scholarly Sinologist during a six-month stint as the cultural attaché to the Belgian embassy in 1972 ».
  49. Camille Boullenois, La révolution culturelle chinoise sous le regard des Français (1966-1971), L'Harmattan, 2013, 215 p., p. 14-15, p. 14-15.
  50. René Viénet, Pluie d’hommages à Simon Leys. La vérité contre les « sinologues », Causeur.fr, 18 mai 2015.
  51. Pluie d’hommages à Simon Leys La vérité contre les « sinologues », 18 mai 2015.
  52. René Viénet, Mao : Arrêts sur images, par René Viénet, Le Figaro, 15 octobre 2007.
  53. René Viénet, Vertus du documentaire et du web chinois : « Pourquoi Léon Vandermeersch et ses amis Jean-Luc Domenach, Yves Hervouet et Jean Chesneaux, ont-ils tout fait pour que Simon Leys n’enseigne pas en France, lorsqu’il fut invité à présenter sa candidature en 1971 à l’université Paris 7 ? Parce qu’il avait publié Les Habits neufs du président Mao. »
  54. Pierre Boncenne, Le parapluie de Simon Leys, Philippe Rey, 192 pages, p. 77.
  55. (en) Pierre Ryckmans, In Memoriam: Emeritus Professor Liu Ts'un-yan, AO, (1917-2009), China Heritage Quarterly, No 19, September 2009.
  56. « An Interview with Pierre Ryckmans », op. cit.
  57. The Hall of Uselessness, op. cit. : « He taught Chinese literature at the Australian National University, where he supervised the honours thesis of former Australian Prime Minister Kevin Rudd ».
  58. (en) Luke Slattery, Pierre Ryckmans: Distinguished Australian intellectual was a figure of world renown, The Sydney Morning Herald, August 23, 2014 : « The Chinese officials knew who he was, but didn't want it to be known that they knew. They gave him access once more, in 1973 as part of an ANU delegation ».
  59. Dictionnairee des œuvres, vol. IV, Lettres françaises de Belgique : 1981-1990, Duculot, 1994, p. 171).
  60. Simon Leys, site de la faculté des lettres de université catholique de Louvain.
  61. Rowan Callick, op. cit. : « It proved “sheer bliss” working with Liu through the first 15 of his 17 years at the ANU, during what Ryckmans perceived as “the golden age of our universities” [...] Then, he told Sanderson, “when things began to change — education becoming mere training — and took an orientation that corresponded no longer to what I always believed a university ought to be, I opted for early retirement ».
  62. (en) Geordie Williamson, Simon Ley's essays reveal a writer cunning like a hedgehog, The Australian, July 16, 2011 : « Others recall him as a former professor passionately opposed to the hyper-specialised and anti-humanist temper of universities today ».
  63. Le Studio de l’inutilité, Flammarion, 2012 ; cité par Philippe Lançon, Leys, mort d'un bookmaker chinois, Libération, 11 août 2014.
  64. Les fils de Simon Leys sont apatrides, Lalibre.be, 31/08/2007.
  65. Lalibre.be, 14/09/2008).
  66. Philippe Paquet, « La justice donne raison à Simon Leys », Lalibre.be, 16 avril 2013.
  67. Paquet 2016
  68. Littéralement la « baie des coupeurs d'ajoncs »
  69. (en) Nic Stuart (a columnist with the Canberra Times), Pierre Ryckmans, nicstuart.blogspot.fr, 17 août 2014 : « Ryckmans, consumed by cancer, had spent his last months at Rushcutters Bay ».
  70. Victor de Sepausy, Disparition de Pierre Ryckmans, sinologue et écrivain belge.
  71. a et b Simon Leys était honoris causa de la Faculté de philosophie et lettres, site de l'université catholique de Louvain.
  72. Simon Leys, sur le site de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
  73. Le Studio de l'inutilité de Simon Leys, M'enfin!, la chronique belge d'Yves Depelsenaire, sur le site Lacan Quotidien, 3 décembre 2014.
  74. Amélie Nothomb enfin élue à l'Académie... De Belgique, Le Figaro culture, 16 mars 2015.
  75. Ils ont dit....à propos de Simon Leys, Union internationale de la presse francophone, aile Belge, 2014 : « Pendant quelques jours nous logeâmes dans notre misérable appartement [à Pékin] un monsieur qui ne souriait pas beaucoup. Il portait une barbe, ce que je croyais l'attribut du grand âge : en vérité, il avait l'âge de mon père, qui parlait de lui avec l'admiration la plus haute. C'était Simon Leys. Papa s'occupait de ses problèmes de visa. » Amélie Nothomb avait à l'époque cinq ans.
  76. Susan Wyndham, op. cit. : « In 1996 he gave the ABC’s Boyer Lectures, titled Aspects of Culture: A View from the Bridge ».
  77. a et b Aude Lancelin, Il est libre, Leys, Marianne, 29 avril 2012.
  78. [PDF] Simon Leys, Jacques Bonnet, Ben Schott : florilèges et variations de textes courts, Le Monde, 23 décembre 2005.
  79. Jean-Philippe Béja, Simon Leys, un regard lucide sur la Chine contemporaine, Le blog de Jean-Philippe Béja, Médiapart, 13 août 2014.
  80. Décès de Simon Leys, Le Magazine Littéraire.
  81. Liste des articles sur les peintres chinois dans Encyclopædia Universalis.
  82. Ouvrage collectif dirigé par le sinologue Guilhem Fabre.
  83. « Le Point d’explosion de l’idéologie en Chine », repris dans Internationale situationniste, no 11, octobre 1967, p. 3-22, Éditions Fayard, Paris, 1997, et dans Guy Debord, Œuvres, p. 751-763, Gallimard, 2006. Article disponible en ligne.
  84. Sous le pseudonyme de Pierre Brune, Socialisme ou Barbarie, no 24, mai-juin 1958, extraits ici.
  85. Luc Rosenzweig, Simon Leys quitte la Chine pour l’éternité, causeur.fr, 14 août 2014.
  86. Pierre Boncenne, Connaisez vous Simon Leys? Institut des Libertés, 2012 « On imagine mal le discrédit et les insultes ayant suivi la publication d’un diagnostic aussi lucide. Le journal Le Monde – oui, Le Monde… – qualifia Simon Leys de colporteur de piètres ragots et d’agent de la CIA (sic) et jamais n’a fait amende honorable tout en le célébrant, maintenant, comme l’un des grands esprits de notre temps… A l’époque, seuls des intellectuels indépendants et, du reste, pour la plupart venus d’une gauche non contaminée par le stalinisme et la servilité devant le communisme, à savoir René Vienet, Jean-François Revel ou Etiemble, ont tout de suite compris que Simon Leys disait tout simplement la vérité. De même, quelqu’un comme Raymond Aron. Mais l’ensemble de la droite, dans sa version gaulliste ou son versant giscardien, célébrait aussi le « Grand Timonier ». Dans la préface écrite pour l’un des livres de Simon Leys et que l’on trouve dans Essais sur la Chine (collection « Bouquins », Robert Laffont, 1998), Revel écrivait : « Observateur, historien, et penseur, Leys reste au long de ces pages surtout un homme, et un écrivain chez qui la science et la clairvoyance se mêlent merveilleusement à l’indignation et à la satire. Ne cessons pas de relire ces œuvres, pour constater qu’au siècle du mensonge, parfois, la vérité relève la tête et éclate de rire. » »
  87. Pierre Assouline, Pour saluer Pierre Ryckmans et Simon Leys.
  88. Essais sur la Chine, p. 548 : « En principe donc, le spectacle d'une dame qui, sur le tard, a le courage et l'énergie de s'atteler à l'étude du chinois, même si ses efforts ne sont guère couronnés de succès, ne devrait susciter chez nous que la sympathie et le respect. On veut lui souhaiter de tout cœur bonne chance, mais en même temps, dans son propre intérêt, on aimerait pouvoir la persuader de résister pour un temps à ce grand prurit d'écriture qui la travaille si fort, et d'attendre pour parler qu'elle ait d'abord acquis quelque connaissance de ce dont elle parle. »
  89. Essais sur la Chine, p. 549, n. 2.
  90. Philippe Paquet, Le Grand Tisonnier, Textyles. Revue des lettres belges de langue française, No 34, 2008, p. 13-23.
  91. A2, 27 mai 1983.
  92. Documents archivés sur Simon Leys sur le site de l'INA, consulté le 21 mars 2010.
  93. « Je pense... que les idiots disent des idioties, c'est comme les pommiers produisent des pommes, c'est dans la nature, c'est normal. Le problème c'est qu'il y ait des lecteurs pour les prendre au sérieux et là évidemment se trouve le problème qui mériterait d'être analysé. Prenons le cas de Madame Macciocchi par exemple — je n'ai rien contre Madame Macciocchi personnellement, je n'ai jamais eu le plaisir de faire sa connaissance — quand je parle de Madame Macciocchi, je parle d'une certaine idée de la Chine, je parle de son œuvre, pas de sa personne. Son ouvrage De la Chine, c'est ... ce qu'on peut dire de plus charitable, c'est que c'est d'une stupidité totale, parce que si on ne l'accusait pas d'être stupide, il faudrait dire que c'est une escroquerie. »

    (Relevé des propos de Simon Leys à partir de la mise en ligne par l'INA de l'émission.)
  94. (en) Michael Forsythe, Remembering Pierre Ryckmans, The New York Times, 15 août 2014 (Richard Rigby, parlant de Ryckmans) : « actually his Catholicism was something he never talked about a great deal, but was also very, very deep too. It was part of his broader understanding about what life was about ».
  95. Rowan Callick, op. cit. : « "He was also a person of faith, who above his desk always had on the wall a portrait of St Thomas More" [...] He was an ardent Catholic ».
  96. (en) Pierre Ryckmans, Distinguished Australian intellectual was a figure of world renown, op. cit. : « Ryckmans was a practising Catholic. »
  97. a et b (en) Linda Jaivin, 'The Hall of Uselessness' By Simon Leys, The Monthly : « Leys, a committed Catholic ».
  98. (en) Peter Craven, Pierre Ryckmans, the man who shattered our views of Mao, The Australian, 16 août 2014 : « This very whimsical and ironic conservative French Catholic [...] Chief among Ryckmans’s unacceptable opinions was his belief not only in God but a very traditionally conceived Catholicism and this led him into conflict with a man who made something like Orwell’s transition from left to right and like him died too soon, Christopher Hitchens ».
  99. Joëlle Kuntz, La mort d’un guide au chemin des délices, Le Temps, 12 août 2014.
  100. a, b, c et d Pierre Boncenne, Le parapluie de Simon Leys, Paris, Philippe Rey, 2015, chapitre « Un catholique », p. 241-247.
  101. a et b Jean-Claude Raspiengeas, Simon Leys continue de déranger (entretien avec Pierre Boncenne), La Croix, 18 juin 2015.
  102. Bernard De Backer (sociologue) Simon Leys. Un sinologue ombrageux et aimant, La Revue nouvelle, novembre-décembre 2014.
  103. Ian Buruma, Isabel Hilton, Perry Link, op. cit. : « Leys was the opposite of a China-bore. There was nothing monomaniacal about him. If he had any prejudices, they were informed by his Catholic faith, and not by his Chinese learning ».
  104. Pierre Boncenne, Le Parapluie de Simon Leys, Philippe Rey, 2015, p. 242.
  105. Thomas Vincey, Mort de l'écrivain et sinologue Pierre Ryckmans, dit Simon Leys, sur livreshebdo.fr, 11-08-2014.
  106. Eric Muynck, Simon Leys. Somme toute, in La Revue Nouvelle, No 11-12, novembre-décembre 2014 : « Jouer le texte contre son auteur. Investir dans la connaissance de l’autre et de sa langue. Tout lire. Même les petits caractères. Pas étonnant que Simon Leys ait été pris d’admiration pour le père Ladany, ce jésuite d’origine hongroise, emprisonné sous Mao, finalement établi à Hong Kong et auteur du bulletin China News Analysis, source obligatoire pour qui s’intéressait à la Chine. »
  107. a et b (en) Alex Estes, review of The Hall of Uselessness by Simon Leys, The Quarterly Conservation, 2 décembre 2013 : « Leys is a Belgian-born, sea-loving sinologist who happens to be a devout Catholic that taught at university for many years. So it’s no coincidence that his essays mainly concern themselves with French-language literature, China’s history and politics, Catholic writers, the problematic nature of higher education these days, and the sea, as it is found in stories, poems, and novels ».
  108. (en) Rev. Dr Paul Stenhouse MSC, Pierre Ryckman (1975-2014), dans The Chesterton Review, Vol. 40, Issue 3/4, Fall/Winter 2014, 40th Anniversary, p. 504-506 : « Pierre Ryckmans (who served as Chairman of the journal's editorial board ».
  109. (en) Christopher Hitchens, The Missionary Position: Mother Teresa in Theory and Practice, New York, Verso Press, 1995.
  110. Michael Hakeem, review ot The Missionary Position by Christopher Hitchens, Freethought Today, August 1996.
  111. (en) To the Editors, lettre de Simon Leys publiée à la suite de l’article de James Martin, In Defense of Mother Teresa, The New York Review of Books, 19 September 1996.
  112. (en) Christopher Hitchens, Mother Teresa, New York Review of Books, 19 December 1996.
  113. (en) Simon Leys, On Mother Teresa, New York Review of Books, 28 March 2014.
  114. Serge Larivée, Carole Sénéchal et Geniève Chénard, Les côtés ténébreux de Mère Teresa [PDF], in Studies in Religion / Sciences religieuses, published online By SAGE on behalf of the Canadian Corporation for the Studies in Religion, 15 janvier 2013 : « L’ouvrage n’est pas passé totalement inaperçu. Si certains se sont efforcés d’en faire une critique dite objective (par exemple Fosl, 1996 ; Loudon, 1996), d’autres ont plutôt décrié l’ouvrage à coups d’arguments ad hominem (par exemple Donohue, 1996 ; Leys, 1997), ce qui ne favorise guère le débat. »
  115. Simon Leys, critique précoce de la Chine de Mao, s’éteint, Le Devoir, 15 août 2014.
  116. gêneur et rebelle, L'Express, 10 janvier 2002 : « Ne nous étonnons donc pas qu'un autre esprit solitaire ait été le seul, en France, à essayer de faire sortir d'un oubli tout à fait volontaire ce « prophète majeur de notre siècle ». « Je ne vois pas qu'il existe un seul écrivain dont l'œuvre pourrait nous être d'un usage pratique plus urgent et plus immédiat », écrivait ainsi, il y a quinze ans, dans Orwell ou l'horreur de la politique, Simon Leys, lui-même traité d'agent de la CIA pour avoir dit ce qu'était l'enfer chinois quand Saint-Germain-des-Prés maoïsait encore dans l'allégresse. »
  117. Jean-Claude Michéa, Le Nouvel Observateur du 31 août 2014, op. cit..
  118. Matthieu Timmerman Les Essais sur la Chine : le frivole et l’éternel Textyle revue, 2008
  119. Le Parapluie de Simon Leys, page 115
  120. Lu Xun en Chine aujourd’hui.
  121. 100e anniversaire de la naissance de Lu Xun, Le Discours du moustique.
  122. Le Parapluie de Simon Leys, page 112 et suivantes.
  123. Les entretiens de Confucius, trad. Pierre Ryckmans, Gallimard, 1987, 170 p.
  124. Philippe Sollers, Fugues
  125. Tome 1 : De François Rabelais à Alexandre Dumas ; tome 2 : De Victor Hugo à Pierre Loti.
  126. Olivier Lenaire, « L'éclaireur des mers », L'Express, 25/12/2003.
  127. Voir également de Mike Dash, L'archipel des hérétiques. La terrifiante histoire des passagers du Batavia, 2002).
  128. Paquet 2016, p. 529
  129. a, b et c François Danjou, Hommage à Simon Leys et à la liberté de penser, Question Chine, 3 septembre 2014.
  130. Prix Stanislas-Julien Persée, Palmarès des prix et récompenses décernés en 1971
  131. Prix Jean Walter de l'Académie française 1975
  132. Prix Guizot du conseil général du Calvados 2004
  133. Discours de Jean-Claude Casanova, président du jury du prix Guizot 2004
  134. Prix du centenaire du Femina pour Simon Leys. Libération, 7 décembre 2004
  135. Allocution de Renaud Donnedieu de Vabres, Réception en l’honneur des 100 ans du Prix Fémina Ministère de la culture, 7 décembre 2004« Ne croyez que ceux qui doutent, disait Lu Xun, sans doute le plus grand écrivain chinois du XXe siècle. Avec Simon Leys, qui est aussi, sous le nom de Pierre Ryckmans, l’un des plus savants sinologues de notre temps, nous avons douté, non pas de la Chine, mais d’une image mythique de la « Révolution culturelle. Et Simon Leys nous a montré combien la littérature nous permet de percevoir quelle part de notre héritage relève de l’humanité universelle »
  136. Pierre Boncenne, Le parapluie de Simon Leys, Philippe Rey, 192 p., p. 81.
  137. Perrine Simon-Nahum, Mao et le grand désordre de la Révolution culturelle 1er octobre 2009 « On doit tout d’abord saluer une rare réussite, celle d’un style d’ouvrages encore rares en France. Il s’agit de grandes enquêtes à l’anglo-saxonnes menées sur un mode journalistique par des chercheurs ou des correspondants de journaux à l’étranger – Roderick MacFarquhar avait à l’époque pu observer une partie des événements sur place – mais ne rechignant ni à s’appuyer sur l’érudition la plus pointue, ni à embrasser de larges perspectives géostratégiques ou historiques. On peut ainsi classer l’ouvrage de MacFarquhar et Schoenhals, traduit aux éditions Gallimard, dans la lignée de ceux de Simon Leys (Les Habits neufs du Président Mao. Chronique de la “Révolution culturelle”, Arlea, 2009) ou plus récemment du livre consacré par Francis Deron, journaliste au Monde disparu cet été, au Cambodge (Le Procès des khmers rouges, Gallimard, 2009). »
  138. http://textyles.revues.org/1574
  139. https://textyles.revues.org/2388
  140. (exposé fait au Sydney Institute le 22 septembre 1992)http://www.thesydneyinstitute.com.au/publications/the-sydney-papers-archive/page/5/
  141. article initialement publié en 1989 dans Papers on Far Eastern History, devenu par la suite East Asian History
  142. Réedition chez Christian Bourgois, 1982, J. C. Lattès, 2009
  143. Rééditions Hermann, 1984, 2000 ; Plon, 2007
  144. Réedition en poche chez Petite bibliothèque Payot, 1995
  145. rééd., Paris, Plon, 2005
  146. Pierre Ryckmans In Memoriam: Emeritus Professor Liu Ts'un-yan24 août 2009
  147. http://www.arllfb.be/ebibliotheque/discoursreception/leys30051992.pdf

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notices nécrologiques[modifier | modifier le code]

  • Jocelyn Chey, Pierre Ryckmans 1935-2014, in The Journal of the Oriental Society of Australia, Vol. 46 (2014), p. 1-2
  • Pierres d'attente pour le tombeau de Simon Leys (1935-2014), in revue Commentaire, 2014/4, No 148, p. 869-878 (René Viénet, La vérité engendre la haine, p. 870 - Jean-Claude Casanova, Un moraliste, p. 873 - Pierre Boncenne, La vérité sans ménagement, p. 875 - Gil Delannoi, Orwell en sentences, p. 877)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Simon Leys, études bibliographiques ou critiques[modifier | modifier le code]

  • Benjamin I. Schwartz, review of Chinese Shadows, in The New Republic, August 1977, p. 40
  • Peggy Durdin, review of Chinese Shadows, in Worldview, Vol. 21, No. 3 (March 1978), p. 51
  • Sally Borthwick, review of Chinese Shadows, in Australian Journal of Chinese Affairs, No. 1 (1979), p. 145
  • Textyles, revue des lettres belges de langue française, no  34, 2008, consacré à Simon LeysDocument utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Lançon, « Leys, mort d'un bookmaker chinois », Libération,‎ (ISSN 0335-1793, lire en ligne)
  • Pierre Boncenne, Le Parapluie de Simon Leys, Paris, Philippe Rey, 2015, 250 p., (ISBN 978-2-84876-446-7)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Boncenne, Quand vous viendrez me voir aux antipodes, lettres de Simon Leys à Pierre Boncenne, Paris, Philippe Rey, 2015, p. 189Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Paquet, Simon Leys. Navigateur entre les mondes, Gallimard, , 670 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Document[modifier | modifier le code]

  • Mister Ryckmans et Docteur Leys (1935-2014) France Culture, 18 juin 2016. Par Alain Lewckovicz. Réalisation : Rafik Zenine. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret.: « Traducteur, calligraphe, écrivain et grand lecteur, Simon Leys, décapita définitivement le maoïsme parisien tout en conspuant ses ambassadeurs de la mondaine intelligentsia de salon, et fit son entrée au panthéon des humanistes et des hommes honnêtes au sens confucéen du terme. »