Les Naufragés du Batavia

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Les Naufragés du Batavia
Auteur Simon Leys
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Essai et autobiographie
Éditeur Arléa
Collection Littérature française
Date de parution 2003
Nombre de pages 126

Les Naufragés du Batavia est un ouvrage de Simon Leys, pseudonyme de Pierre Ryckmans, publié en 2003. Il y évoque le massacre des survivants du naufrage du Batavia par un psychopathe à la fois autoritaire, lâche et sanguinaire. Ce premier récit est suivi de Prosper présentant une pêche au thon en 1958 sur un des derniers voiliers de pêche en Bretagne.

Présentation[modifier | modifier le code]

Dans Les Naufragés du Batavia, Simon Leys évoque d'une part un fait-divers authentique et dramatique et d'autre part dans Prosper son engagement à bord d'un thonier à voile en 1958[1]. À propos de la juxtaposition de ces deux textes, l'auteur indique « Je crois que pour beaucoup de critique et de lecteur, cela a semblé un remplissage facultatif à côté de Batavia, ouvrage principal. En fait, pour moi, ce sont deux volets qui devraient présenter une égale importance : le diabolique et l'innocence »[2].

Les Naufragés du Batavia[modifier | modifier le code]

Illustration du drame - 1647

Le naufrage du Batavia, affrété par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, est survenu au large de l’Australie le . Les survivants de la catastrophe débarquèrent sur l'archipel des Abrolhos de Houtman, et furent victimes d'un des massacres connus les plus horribles du XVIIe siècle. Toutes causes de mort réunies, seul un tiers des passagers et hommes d'équipage survécut à ce drame.

Les Naufragés du Batavia est un récit est court qui se présente sous la forme d’un résumé des faits. Simon Leys inscrit en exergue de son ouvrage cette phrase d'Edmund Burke : « Tout ce qu’il faut pour que le mal triomphe, c’est que les braves gens ne fassent rien ». L'auteur pratique l'« anatomie d'un massacre » pour expliquer les conditions qui laissent naitre une dictature et comment, les hommes peuvent créer un enfer. Jeronimus Cornelisz, un homme sans aura particuliere, mais porté par une idéologie qu'il a su imposer à quelques disciples , impose une dictature féroce. Anne d'Ornano indique que l'ouvrage permet de découvrir « l’effrayant versant noir de la nature humaine dominée par la cupidité, la violence et la lutte pour le pouvoir »[3],[4],[5].

Prosper[modifier | modifier le code]

Prosper est un texte autobiographique. Alors qu'il était étudiant, il s'embarque en 1958, juste avant son départ pour Taïwan, dans un port breton à Etel à bord du Prosper un des derniers dundee-thoniers à voile[6]. Outre le récit d'une marée[note 1] , Simon Leys y évoque aussi la tragédie d'Etel où lors du passage de la barre d'Étel par le navigateur Alain Bombard où neuf hommes sont morts [7]. Le texte sera rédigé immédiatement par l'auteur, mais publié plus de 45 ans plus tard en 2003. Simon Leys évoque avec nostalgie cette expérience : « ces souvenirs me sont chers et ils évoquent un monde qui a disparu »[8].

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Les Naufragés du Batavia, suivi de Prosper, Paris, Arléa, 2003; éd. poche, Paris, Le Seuil, 2005, coll. "Points".

Récompense[modifier | modifier le code]

Les Naufragés du Batavia reçoit le prix François Guizot en 2004[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Philippe Paquet, Simon Leys. Navigateur entre les mondes, Gallimard, , 670 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. La marée est une campagne de pêche en langage maritime.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fabrice Nicolino Le drapeau noir du deuil (la mort de Simon Leys) 14 août 2014 : « Et bien sûr, écrit Les Naufragés du « Batavia » (Arléa), époustouflant récit d’un fait-divers authentique, suivi d’un texte autobiographique – Prosper – dans lequel Leys raconte sa vie, à l’extrême fin des années Cinquante, à bord du dernier grand voilier de pêche breton »
  2. Pierre Boncenne, Le parapluie de Simon Leys
  3. Simon Leys L'Express, « Mike Dash ayant entre-temps écrit une somme sur l'affaire du Batavia (1), Leys se contente là - mais avec un talent qui n'appartient qu'à lui! - de résumer les faits en un récit haletant. Mais, surtout, il se livre à l' «anatomie d'un massacre» pour nous montrer, en conteur et en penseur hors pair, comment naît une dictature. Et comment, d'une aventure maritime, l'homme peut faire un enfer. »
  4. Philippe Sollers Leçons d’un crime Le Monde, juillet 2003
  5. Anne d'Ornano [1]
  6. Présentation de Prosper, de Simon Leys, illustré par Gildas Chasseboeuf, Le Chasse-Marée, no 240, 6 avril 2012.
  7. Hommage à Simon Leys : Embarqué sur le Prosper en 1958
  8. Paquet 2016, p. 529
  9. Le prix François Guizot 2004

Articles connexes[modifier | modifier le code]