Jean Chesneaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Jean Chesneaux
Biographie
Naissance
Décès (à 84 ans)
à Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Thématique
Titres Professeur des universités
Profession HistorienVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur École des hautes études en sciences socialesVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux
  • Contribution à l'histoire de la nation vietnamienne
  • Sun Yat-sen
Distinctions Prix Ptolémée (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoireVoir et modifier les données sur Wikidata

Jean Chesneaux
Naissance
Décès (à 85 ans)
Paris
Type de militance militant associatif
Cause défendue communisme
maoïsme
anticolonialisme

Jean Chesneaux () est un historien spécialiste de l'Asie orientale, notamment du Viêt Nam et de la Chine où il séjourne pour la première fois en 1948, et militant politique et associatif.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Jean Chesneau a été professeur à l'Université Paris Diderot et à l'École des hautes études en sciences sociales.

Plusieurs publications témoignent de son activité d'universitaire, comme son étude sur Sun Yat-sen, considéré comme le « père de la Chine moderne », écrite en 1959 et rééditée en 1982.

Engagements politiques[modifier | modifier le code]

De par ses engagements, Jean Chesneaux a été un témoin de son siècle. Membre du PCF jusqu'en 1969, il faisait preuve d'une grande culture, et ses centres d'intérêt étaient divers. Mais il fut également, dans ses œuvres, avec des personnalités comme Léon Vandermeersch et Jean-Luc Domenach, un partisan de ce « maoïsme français » qui a nié obstinément les crimes du président Mao et de la Révolution culturelle et qui a empêché entre autres choses Simon Leys d'enseigner en France[1],[2].

À la mort de Mao Zedong, en 1976, il admet être « dans une impasse intellectuelle après tant d’années d’identification à un projet maoïste dont j’ai un peu trop longtemps rechigné à admettre le naufrage »[3]. En 1978, il décide de quitter l’institution universitaire et le secteur des études chinoises spécialisées[4].

Dans les années 1970, il s'intéresse particulièrement aux luttes contre le projet d'extension du camp militaire du Larzac, comme en témoigne un recueil de bandes dessinées dont il fut initiateur, En avant vers de nouvelles aventures.

Lié d'amitié avec François Partant, il fut l'un des premiers à diffuser et à vulgariser ses thèses. Il publie de nombreux articles sur les problèmes Nord-Sud et liés aux questions de développement. Tout particulièrement, le rôle de la France dans la région de l'océan Pacifique retient son intérêt ; il publie quatre livres sur le sujet (Transpacifiques en 1987, La France dans la Pacifique en 1992, Tahiti après la bombe en 1995, et After Moruroa - France in the South Pacific en 1998).

Il a été président de Greenpeace France de 1997 à 2004. Un peu après, il a également été membre du conseil scientifique d'Attac[5] et du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix.

Il a aussi été membre du Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire[6].

Un passionné de science-fiction[modifier | modifier le code]

Passionné de science-fiction, il publie en 1971 un livre intitulé Jules Verne, une lecture politique, qu'il refondra sous un nouveau titre trente ans plus tard. Il écrivit également plusieurs articles sur George Orwell en 1984. Le titre qu'il choisit pour l'édition anglaise de son livre Modernité-Monde fut Brave Modern World, allusion transparente à l'ouvrage célèbre de Aldous Huxley Le meilleur des mondes (en anglais Brave New World).

Un intérêt pour l'évolution technique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, il publie deux ouvrages sur la « modernité » (De la modernité en 1983 puis Modernité-Monde en 1989), qui l'amènent à s'intéresser aux évolutions de la technique. Il collabore également à la revue Terminal 19/84, qui étudie l'informatisation de la société.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Contribution à l'histoire de la nation vietnamienne, Éditions sociales, 1955
  • Sun Yat-sen, Club français du livre, 1959
  • Le Mouvement ouvrier chinois de 1919 à 1927, Mouton, 1962
  • Introduction aux études d'histoire contemporaine de Chine, 1898-1949 (avec John Lust), Maison des Sciences de l'Homme, 1964
  • Les Syndicats chinois, 1919-1927, Mouton, 1965
  • Les Sociétés secrètes en Chine, Julliard, 1965.
  • L'Asie orientale aux XIXe et XXe siècles, PUF, 1966.
  • Histoire de la Chine, sous la direction de Jean Chesneaux, Paris, Hatier, 1969-77 ; (ISBN 2218030284) , (ISBN 9782218030284)
    • 1. Des guerres de l'opium à la guerre franco-chinoise, 1840-1855, par Jean Chesneaux et Marianne Bastid, 1969
    • 2. De la guerre franco-chinoise à la fondation du Parti communiste chinois, 1885-1921, par Marianne Bastid, Marie-Claire Bergère, Jean Chesneaux, 1972
    • 3. La Marche de la Révolution, 1921-1949, par Jean Chesneaux et Françoise Le Barbier, 1975
    • 4. Un nouveau communisme, 1949-1976, par Joël Bellassen, Jean Chesneaux, Anne-Marie Dubois, Françoise Le Barbier et alia, 1977
  • Une lecture politique de Jules Verne, Maspero, 1971.
  • Dir. Jean Chesneaux, Georges Boudarel, Daniel Hémery, Tradition et révolution au Viêt Nam, Paris, Anthropos, 1971.
  • Le Viêt Nam, François Maspero, 1972.
  • Le Mouvement paysan chinois 1840-1949, Le Seuil, 1976.
  • Du passé, faisons table rase ? À propos de l'histoire et des historiens, Maspero, 1976.
  • Le PCF, un art de vivre, Maurice Nadeau, 1980.
  • En avant vers de nouvelles aventures. Dix années de luttes populaires en bandes dessinées, (en collaboration), Millau, ed. Larzac université, 1980.
  • Sun Yat-Sen, Bruxelles, Éditions Complexe, 1982.
  • De la modernité, La Découverte, 1983.
  • Transpacifiques, La Découverte, 1987.
  • Modernité-Monde. Brave Modern World, La Découverte, 1989.
  • La France dans la Pacifique. De Bougainville à Moruroa, (en collaboration avec Nic Maclellan), La Découverte, 1992.
  • Tahiti après la bombe : quel avenir pour la Polynésie, L'Harmattan, 1995.
  • Habiter le temps, Bayard Culture, 1996.
  • After Moruroa - France in the South Pacific (with Nic Maclellan), Ocean Press, 1998.
  • Carnets de Chine - Voyager Avec, Quinzaine Littéraire/Louis Vuitton, 1999
  • Le Mouvement ouvrier chinois de 1919 à 1927, École des hautes études en sciences sociales, 1999.
  • L'Art du voyage : Un regard plutôt politique sur l'autre et l'ailleurs, Bayard Culture, 1999.
  • Jules Verne, un regard sur le monde, Bayard, 2001.
  • L'Engagement des intellectuels 1944-2004, Itinéraire d'un historien franc-tireur, Bibliothèque historique, Privat, 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Viénet, Mao : Arrêts sur images, par René Viénet Le Figaro, 15 octobre 2007
  2. René Viénet, Vertus du documentaire et du web chinois « Pourquoi Léon Vandermeersch et ses amis Jean-Luc Domenach, Yves Hervouet et Jean Chesneaux, ont-ils tout fait pour que Simon Leys n’enseigne pas en France, lorsqu’il fut invité à présenter sa candidature en 1971 à l’université Paris 7 ? Parce qu’il avait publié Les Habits neufs du président Mao. »
  3. Jean Chesneaux, sinologue et militant Rue89, 4 août 2007
  4. Alain Roux, L'œuvre de Jean Chéneaux: essai pour un bilan sincère 2007
  5. En hommage à Jean Chesneaux sur le site www.france.attac.org
  6. http://cvuh.blogspot.fr/2007/07/adherents-du-cvuh.html.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]