Héribert d'Auxerre

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Héribert d'Auxerre
Image illustrative de l’article Héribert d'Auxerre
Tour des évêques,
château de Toucy
Biographie
Naissance Xe siècle
Décès
Toucy
45e évêque d'Auxerre

Héribert[1] († à Toucy le 23 août 996 ou après) fut le 45e[n 1] évêque d'Auxerre de 971 à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils illégitime d’Hugues le Grand duc de Bourgogne et de sa concubine Raingarde, fille de Raoul comte de Dijon et femme d'Ansoud 1er Le Riche dit L’Auxerrois, vicomte d’Auxerre[2]. Par son père il est donc le demi-frère du roi Hugues Capet et du duc de Bourgogne Eudes-Henri.

Héribert devient évêque d'Auxerre le 8 janvier 971[3].

Il est noté pour ses libéralités seigneuriales envers la noblesse, si grandes qu'Eudes comte de Chartres et Héribert comte de Troyes entrent dans sa suite pour profiter de sa prodigalité. Ces grosses dépenses expliquent qu'il n'ait pas accru l'ornementation de sa cathédrale ; du moins les historiens se réjouissent-ils de ce qu'il ne l'a pas non plus appauvrie en la dépouillant de ses meubles qu'elle possédait nombreux à cette époque[4].

Il aime la chasse et pour mieux s'y adonner il fait édifier les châteaux de Saint-Fargeau et de Toucy ; il espère aussi que ces places fortifiées défendront leur voisinage, mais elles serviront plutôt de siège pour des révoltes contre les évêques et des pillages contre leurs biens et ceux des environs[4].

Son demi-frère Eudes-Henri, duc de Bourgogne, aime voir l'ordre régner dans les établissements religieux. C'est lui, sous l'épiscopat d'Héribert, qui demande à saint Mayeul, abbé de Cluny et ami personnel de leur demi-frère et frère Hugues Capet, de restaurer la discipline et le respect de la règle à l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre[3]. Mayeul vient en personne pour ce faire et, une fois ceci accompli, y installe Heldric comme abbé pour lui succéder. Héribert et son frère Henri seront particulièrement attentifs et généreux envers les besoins de l'abbaye et de son abbé Heldric, qui reçoit d'Héribert une donation de onze églises de son diocèse[5],[n 2]. Sur la requête de Gersende (Garlindis) de Gascogne, deuxième femme de Eudes-Henri de Bourgogne depuis 992, ce dernier envoie le même Heldric réformer le monastère de Saint-Léger de Champeaux[6].

En 977 il organise à Auxerre l'intronisation du nouvel archevêque de Sens Sevin, auquel son oncle Raigenard a fermé les portes de Sens. Le 5 octobre 983, Héribert est en retour invité avec Milon évêque de Troyes et Roclen évêque de Nevers à assister à la bénédiction de la nouvelle église de Sens[5].
En 987 il assiste à Nevers à la clôture d'un acte par l'évêque Roclen, en compagnie de Gerberge première femme de Eudes-Henri de Bourgogne, de Othon-Guillaume (fils de Gerberge et de son premier époux Adalberto roi d'Italie), et de Landri seigneur bourguignon[7].
Il assiste également au concile d'Orléans, et en 992 à celui de Saint-Basle de Verzy, près de Reims, lors duquel l’archevêque de Reims Arnoul est déposé[5].

Il tombe malade au château de Toucy. Refusant de se faire ramener à Auxerre[4] suivant la coutume, il y meurt le 23 aout 995. Sa dépouille est inhumée à Notre-Dame-de-la-Cité d'Auxerre ; lorsque cette église est reconstruite quelque deux siècles plus tard, la tombe est conservée « dans un endroit honorable », dit Lebeuf, probablement près de l'autel. Après la destruction de Notre-Dame-de-la-Cité lors de l'agrandissement de Saint-Étienne côté nord, la tombe de Héribert se trouverait approximativement sous les marches du portail nord de Saint-Étienne[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lebeuf (abbé), Mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre..., vol. 2, Auxerre, Perriquet, , 923 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Lebeuf et al. 1848] Jean Lebeuf (abbé), Ambroise Challe et Maximilien Quantin, Mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre : continués jusqu'à nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotations, vol. 1, Auxerre, Perriquet, , 544 p., sur books.google.fr (lire en ligne). Vie d'Héribert : pp. 244-247. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Lebeuf donne Héribert comme 46e évêque d'Auxerre (voir Lebeuf 1848, p. 244). Mais le volume 1 de son Mémoire concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, éditions de 1743 et 1848, comporte une coquille qui se répète à partir de la biographie de Quintilien page 162 : Quintilien ou Cillien est compté comme 26e et 27e évêque d'Auxerre, ce qui engendre un décalage du décompte de Lebeuf des évêques d'Auxerre à partir de Quintilien.
  2. Les onze églises données par Héribert à l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre sont : église Saint-Cyr de Perrigny ; église Saint-Maurice de Venoy ; église Saint-Germain d'Irancy ; église Saint-Georges d'Écan ; église Saint-Pierre de Praiy ; église Saint-Martin de Diges ; église Notre-Dame de Baine ; église Saint-Germain d'Airy (Héry) ; église Saint-Loup du faubourg d'Auxerre ; église Saint-Martial de Seignelay ; et église Saint-Pierre « de monasterio », probablement de Moutiers-en-Puisaye (voir Lebeuf et al. 1848, vol. 1, p. 253). Pour certaines de ces églises, dont Héry, Beine et Seignelay, la donation est confirmée par le pape Eugène III en 1152 ; voir Vaast-Barthélemy Henry, Mémoires historiques sur la ville de Seignelay, vol. 1, (lire en ligne), p. 138.
Références
  1. (en) Charles Cawley, « Heribert », dans « France, Capetian kings », ch. 2 : « Kings of France (Capet) », section B : « Ducs des Francs 936-987 », sur Medlands (consulté le 2 décembre 2017).
  2. Raingarde de Dijon dans « Seigneurs de Villemomble et Villebéon (Villebon) », p. 2, sur racineshistoire.net.
  3. a et b Lebeuf et al. 1848, vol. 1, p. 244.
  4. a b et c Lebeuf et al. 1848, vol. 1, p. 246.
  5. a b et c Lebeuf et al. 1848, vol. 1, p. 245.
  6. Lebeuf 1743, vol. 2, p. 53.
  7. Lebeuf 1743, vol. 2, p. 51.
  8. Jean Lebeuf (abbé), Mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, vol. 1, Auxerre, Perriquet, , 886 p. (lire en ligne), p. 247.