Roc d'Enfer

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Roc d'Enfer
Vue du roc d'Enfer depuis le nord-ouest.
Vue du roc d'Enfer depuis le nord-ouest.
Géographie
Altitude 2 244 m[1]
Massif Massif du Chablais (Alpes)
Coordonnées 46° 11′ 22″ nord, 6° 36′ 37″ est[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Géologie
Âge Jurassique moyen à supérieur
Roches Roches sédimentaires
Type Anticlinal

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Roc d'Enfer

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Roc d'Enfer

Le roc d'Enfer, ou roc de l'Enfer, est une montagne de Haute-Savoie située sur les communes de Saint-Jean-d'Aulps et La Côte-d'Arbroz. Le sommet culmine à 2 244 mètres d'altitude[1] ce qui en fait l'un des plus hauts sommets du massif du Chablais.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La montagne est initialement dénommée montagne Maudite ou mont Maudit, du latin Mons Maledictum[2],[3],[4]. Sur une carte de 1580, il est nommé La Mont-Maudite[5],[6], qui était aussi utilisé pour désigner le mont Blanc.

Le roc d'Enfer, ou roc de l'Enfer (latin inferus, « d'en bas »), est ensuite le nom donné par les habitants de Saint-Jean-d'Aulps à la montagne, tandis que du côté de Bellevaux et du hameau de Vallon, elle est désignée sous le vocable Pointe d’Oïl (ou Pointe d'Oël) ou Penta d’Oël ou La Penta-d'Oé qui signifie en patois savoyard « pointe de l'aigle »[2],[4],[5],[6]. C'est la forme de Saint-Jean-d'Aulps qui s'est finalement imposée.

Son ancien nom tout comme son appellation actuelle fait par ailleurs référence à des endroits difficiles d'accès et dangereux. De plus le sommet attire régulièrement les orages renforçant son image.

Faune[modifier | modifier le code]

Le roc d'Enfer abrite des aigles royaux, des chamois et des mouflons.

Géologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nappe de la Brèche.

Le roc d'Enfer appartient à la nappe de la Brèche dont il constitue le repli frontal constitué par l'anticlinal du roc d'Enfer[7],[8],[9]. Les flancs sud-ouest et nord-est ont érodé le pli qui expose les formations des schistes ardoisiers et de la brèche supérieure. C'est dans les replis de la formation de la brèche supérieure que sont taillées les crêtes du roc d'Enfer[9].

La base de la nappe est visible dans le vallon de Foron le long du flanc sud-ouest. Vers l'est, l'axe anticlinal s'ouvre sur les séries inférieures : la combe de Graydon constitue une combe où affleure la formation des schistes ardoisiers puis cède la place à une fenêtre tectonique dans la vallée de la Dranse d'Abondance où affleure le sommet de la nappe des Préalpes médianes. Vers le sud-ouest, les couches appartenant à la nappe des Préalpes médianes et formant le cœur de l'anticlinal affleurent et constituent les reliefs environnants de Sommand. Ces couches se poursuivent vers le nord au moyen du synclinal des Raies des Follys formant la dépression où est situé le lac de Pététoz et disparaît au col des Follys sous la nappe supérieure des Préalpes. Enfin, vers le sud-est, en direction des Gets, la nappe de la Brèche est recouverte par la nappe supérieure des Préalpes dans le synclinal des Gets.

Activités[modifier | modifier le code]

Ascension[modifier | modifier le code]

La voie normale part de la vallée de Morzine et passe par le refuge du Graydon[10]. Depuis Bellevaux, il est possible de rattraper la voie par un couloir très raide depuis le col du Graydon et depuis Praz de Lys de passer par le col de Foron.

C'est un sommet relativement dangereux où on dénombre chaque année des accidents, parfois mortels. La nature des roches (brèche et schiste sédimentaire) ainsi que les sentiers étroits et raides contribuent au caractère dangereux et difficile de son ascension. Par temps humide les pentes deviennent glissantes, augmentant le risque de dévisser. Par temps d'orage le secteur attire la foudre, le terrain n'offrant que peu d'abris. Autant d'éléments qui justifient son nom.

Domaine skiable[modifier | modifier le code]

Le domaine skiable du Roc d'Enfer, situé à cheval sur le territoire de Saint-Jean-d'Aulps et de Bellevaux (La Chèvrerie), est aménagé sur les pentes voisines de la montagne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Cartes IGN disponibles sur Géoportail
  2. a et b Cairn interprétation, « Inventaire des ressources patrimoniales de la commune de Bellevaux », sur le site communal de Bellevaux - www.bellevaux.fr, (consulté le 22 décembre 2015), p. 17.
  3. Paul-Louis Rousset, Les Alpes & leurs noms de lieux. 6000 ans d'histoire ? : les appellations d'origine pré-européenne, P.-L. Rousset, , 444 p., p. 131, note 4.
  4. a et b Jean-Philippe Buord, Origines des noms des montagnes de la Haute-Savoie : Petites et grandes histoires des sommets, Color Verba, , 410 p. (ISBN 978-2-95535-630-2).
  5. a et b Gilbert Künzi, Lieux-dits entre Dranse et Arve : Chablais savoyard et Faucigny, Éditions Cabédita, , 201 p. (ISBN 978-2-88295-203-5).
  6. a et b Henry Suter, « Article « Enfer, Enfers » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch, 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009 (consulté le 22 décembre 2015).
  7. Christian Caron, « Survol géologique des Alpes occidentales », Bulletin de la Société fribourgeoise des Sciences naturelles, vol. 62, no 2,‎ , p. 73-81 (DOI 10.5169/seals-308499).
  8. Roland Plancherel, Carte et notice explicative de la Carte géologique de la France (1/50000ème) - Feuille Samoëns-Pas-de-Morgins (655), BRGM, (ISBN 2-7159-1655-8).
  9. a et b Maurice Guidon, « Roc d'Enfer », sur Geol-Alps, (consulté le 23 juin 2017).
  10. Refuge du Graydon

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