Meillerie

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Meillerie
Meillerie vue du lac Léman.
Meillerie vue du lac Léman.
Blason de Meillerie
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Thonon-les-Bains
Canton Évian-les-Bains
Intercommunalité Communauté de communes Pays d'Évian Vallée d'Abondance
Maire
Mandat
Lydie Spindler
2014-2020
Code postal 74500
Code commune 74175
Démographie
Gentilé Meillerons
Population
municipale
330 hab. (2014)
Densité 84 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 24′ 25″ nord, 6° 43′ 05″ est
Altitude Min. 372 m – Max. 1 000 m
Superficie 3,91 km2
Localisation

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Liens
Site web meillerie-locum.fr

Meillerie est une commune française qui se situe dans le département de la Haute-Savoie, dans le Chablais français.

Géographie[modifier | modifier le code]

Meillerie est située au nord du département de Haute-Savoie, au bord de la rive sud du lac Léman, à 45 km de Genève, 10 km d'Évian-les-Bains, et 7 km de Saint-Gingolph, à la frontière suisse.

La commune se compose d'un chef-lieu et de deux hameaux : le Locum (prononcer locome), au bord du lac, et les Plantés en moyenne montagne.

Situation[modifier | modifier le code]

Meillerie est un ancien village de pêcheurs, de carriers, et de batellerie, surplombant le lac avec une vue sur la riviera vaudoise et Lavaux.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type montagnard en raison du massif alpin, tempéré par la proximité du lac Léman.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Meillerie est limitrophe de :

- à l'est, Saint-Gingolph ;

- au sud, Thollon-les-Mémises ;

- et à l'ouest, Lugrin.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La plus ancienne forme retrouvée date du XIe siècle, Melleria, mais au cours du temps, ce nom a souvent changé. On peut également trouver Malleria ou Milleria. C'est au XIXe siècle que l'on trouve le plus grand nombre de versions différentes : Melliéré, Meilleré, Meilleré-sous-Thollon, Meilleré-en-Chablais, Milliéré.

D'après l'abbé Gonthier, le nom de Meillerie viendrait d'un mot celte signifiant « rochers ». Ce nom est porté par plusieurs localités et lieux-dits en France et en Suisse : par exemple, La Meilleraie-Tillay en Vendée, et la Tête de Meilleret au-dessus du village des Diablerets dans les Préalpes vaudoises.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Mèlèrya (graphie de Conflans) ou Mèlyeria (ORB)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, lorsque Meillerie se trouve sous la prévôté du Grand Saint-Bernard, le village ne compte que deux-cents habitants. La commune est protégée par le prévôt, mais en situation de dépendance et vit essentiellement de l'exploitation du bois produit par la forêt de Meillerie, ainsi que de la pêche et du commerce de la navigation.

C'est en 1166 qu'un premier document sur Meillerie (Maleria) apparaît. Celui-ci fait état du don de Meillerie et de ses territoires appartenant au diocèse de Lausanne, à l'abbé Rodulfus de l'abbaye Saint-Maurice d'Agaune par l'évêque de Lausanne, et ceci pour une livre de poivre chaque année à lui-même ainsi qu'à ses successeurs.

Au XIIe siècle s'installe à Meillerie une communauté de chanoines réguliers de Saint-Augustin. Ces chanoines possédaient déjà une église et un bâtiment conventuel, mais dans la première moitié du XIIIe siècle, des seigneurs locaux, grâce à une dotation, leur permettent de reconstruire l'ensemble des bâtiments (dont une partie est encore visible au prieuré de Meillerie).

Deux des prieurs de Meillerie, Pierre et Martin, deviennent prévôts du Grand Saint-Bernard, et font de ce prieuré leur résidence principale, ainsi que le centre religieux et administratif de la prévôté. Non seulement Meillerie devient un centre politique et religieux important de la région lémanique, mais également le centre d'une vaste seigneurie qui englobe Thollon-les-Mémises, Lugrin, et Maxilly.

Au XVe siècle, les prévôts délaissent peu à peu Meillerie, et les affrontements avec Évian, au sujet du bois de Bret, s'intensifient à tel point que les habitants de Meillerie sont contraints de demander l'aide de ceux de Thollon en 1532. C'est à partir de cette date que Meillerie devient un hameau de Thollon.

Les chanoines réguliers restent à Meillerie jusqu'en 1752, date à laquelle la prévôté est démembrée, et c'est l'Ordre des saints Maurice et Lazare qui reçoit Meillerie et y installe un curé.

XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolution française, une troupe de grenadiers est détachée à Meillerie et logée par la municipalité de Thollon dans le prieuré.

Le XIXe siècle voit le développement des carrières de pierre de Meillerie, qui vont alimenter les rives du lac Léman et fournir du travail à un grand nombre de personnes.

En 1803, Meillerie est érigé en paroisse portant le nom de Saint-Bernard. Le nombre important de paroissiens oblige la municipalité de Thollon à construire une nouvelle nef dans le prieuré, et à abandonner l'ancienne église paroissiale située au bord du lac.

C'est au XIXe siècle, avec l'essor de l'industrie de sa pierre calcaire de qualité que Meillerie connait son âge d'or. En un peu moins de cent ans l'évolution démographique est importante : de 1806 à 1904 le nombre d'habitants passe de 406 à 1 084 personnes mais le village est peu adapté à accueillir une concentration humaine si importante. La population y est entassée dans cette pente abrupte, les sont maisons étroites, en hauteur, et les escaliers pentus. L'insalubrité s'y installe : les ordures et le fumier côtoient alors les maisons, en absence d'eau potable la population boit l'eau du torrent ou du lac. Le village, plus particulièrement la rue des pêcheurs datant du XVIIIe siècle, centre de la vie populaire, est rythmé par les allers et retours, et les chassés-croisés des carriers et des bateliers. La route nationale, construite au XIXe siècle, abrite une population bourgeoise, les maisons y sont plus modernes et on y retrouve des édifices publics tels que la mairie, l'école et la poste.

Enfin, en 1860, en même temps que l'annexion de la Savoie par l'empire français, Meillerie est séparée de la commune de Thollon. La limite entre Meillerie et la commune de Thollon est modifiée par décret le .

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Léman à Meillerie en avril 2016.

Au XXe siècle, en quarante ans, la population diminue, se réduisant à 473 habitants en raison de la Première Guerre mondiale, de la suppression de la zone franche et de l'apparition du béton armé qui ont entraîné la fermeture des carrières à Meillerie. Les hommes sont donc amenés à quitter le village.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui la commune connait alors un léger renouveau avec une population d'environ 350 habitants, en raison de la proximité de la frontière suisse. Meillerie espère aussi obtenir des retombées économiques supplémentaires grâce à la mise en valeur de son patrimoine.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Meillerie.svg

Les armes de Meillerie se blasonnent ainsi : D'azur à la barque de Meillerie, la coque et le mât au naturel, aux deux voiles triangulaires d'argent,une flamme de gueules à la croix d'argent flottant vers senestre, attachée à la mâture surmontée d'une fleur de lys aussi d'argent, ladite barque accostée de deux colonnes du même posées chacune sur un mont de sinople mouvant de la pointe, celle de dextre surmontée d'une losange d'or, celle de sénestre d'une étoile du mème, au chef cousu de gueules chargée d'une croix d'argent.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Situation administrative[modifier | modifier le code]

La commune de Meillerie appartient au canton d'Évian-les-Bains, qui compte selon le redécoupage cantonal de 2014 33 communes[2].

La commune est membre de la communauté de communes Pays d'Évian Vallée d'Abondance.

Meillerie relève de l'arrondissement de Thonon-les-Bains et de la cinquième circonscription de la Haute-Savoie, dont le député est Marc Francina (UMP) depuis les élections de 2012[3].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1983 mars 2008 Eugène Vesin    
mars 2008 2013 Laurent Pertuiset    
2013 en cours Lydie Spindler    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1861. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 330 habitants, en augmentation de 4,76 % par rapport à 2009 (Haute-Savoie : 7,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
686 754 827 930 901 877 825 888 972
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 084 1 065 861 786 737 631 472 412 333
1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014 -
282 320 258 305 280 309 326 330 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Les carrières de Meillerie, en service de 1800 à 1939, ont servi à la construction de bâtiments autour du lac Léman.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Photographie montrant le port de Meillerie en hiver
Le port de Meillerie en hiver.
Photographie montrant la "pierre à Rousseau" dominant le Léman
La pierre à Rousseau dominant le Léman.

Meillerie compte plusieurs lieux et de monuments qui traduisent son histoire :

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Meillerie fut immortalisé par Jean-Jacques Rousseau et Lord Byron, pour la Dent d'Oche et Grammont qu'ils voyaient depuis Vevey.[pertinence contestée]

Le port et le lac ont été le cadre du film L'Éternel Retour, avec Jean Marais et Madeleine Sologne sur un scénario de Jean Cocteau, transposition moderne de la légende amoureuse de Tristan et Yseult.

Meillerie sert de cadre à deux aventures de la série Les Six Compagnons de Paul-Jacques Bonzon dans la bibliothèque verte de l'éditeur Hachette : Les Six Compagnons et le château maudit (1965) et Les Six Compagnons et l'âne vert (1966), ainsi qu'au roman historique Le Prieur de Meillerie de Sidonie Bochaton (éditions Cabédita).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sidonie Bochaton, Le Prieuré de Meillerie, vol. 1, Lyon, , mémoire de maitrise universitaire
  • Jean-François Gonthier, « Le Bois de Bret », dans Œuvres historiques, Thonon-les-Bains, 1901-1903, chap. 3
  • Lucien Quaglia, « Meillerie et la prévoté du Grand-Saint-Bernard », dans Annales valaisannes, , brochure
  • Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Histoire des communes savoyardes : Le Chablais, Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 978-2-7171-0099-0), p. 351-355, « Le canton d'Evian-les-Bains », 385-387, « Meillerie ».

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 17
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  2. « Décret no 2014-185 du 18 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département de la Haute-Savoie », Légifrance, (consulté en octobre 2014).
  3. « Résultats des élections législatives de 2012 : Haute-Savoie (74) - Cinquième circonscription (résultats officiels) », sur le site du ministère de l'Intérieur (consulté le 15 mars 2015).
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .