Gorges du Pont-du-Diable

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Gorges du Pont-du-Diable
La Dranse dans les gorges.
La Dranse dans les gorges.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Régions Auvergne-Rhône-Alpes
Départements Haute-Savoie
Coordonnées 46° 18′ 25″ nord, 6° 36′ 57″ est
Rivière Dranse de Morzine
Géologie
Âge Jurassique supérieur (roche)
Pléistocène supérieur (karst)
Roches calcaire

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Gorges du Pont-du-Diable

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(Voir situation sur carte : Rhône-Alpes)
Gorges du Pont-du-Diable

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(Voir situation sur carte : France)
Gorges du Pont-du-Diable

Les gorges du Pont-du-Diable est un karst situé le long de la Dranse de Morzine dans le massif du Chablais en Haute-Savoie. Le site a été aménagé à partir de 1893 et a été classé en 1908 pour sa valeur esthétique. Il est situé sur la commune de La Vernaz et est intégré comme géosite dans le Geopark Chablais[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Pont du Diable est couramment utilisé en Europe pour décrire des constructions relativement audacieuses au dessus de vallées profondes[2]. Selon le folklore local, « le diable aurait construit un pont, réputé impossible en ce lieu, à la demande des villageois. En contrepartie, il aurait exigé la première âme qui franchirait le pont. Mais les hommes le dupent en faisant traverser en premier une chèvre ».

Géologie[modifier | modifier le code]

Le karst est situé dans la nappe des Préalpes médianes plastiques et affecte les roches calcaires de la formation du Moléson d'âge Jurassique supérieur. Il s'agit d'un calcaire fin (mudstone à wackestone) et organisé en bancs d'épaisseur pluri-métrique. À l'endroit du karst la nappe forme un large synclinal (synclinal de Jotty) dont la formation du Moléson définit les deux crêtes rocheuses visibles sur la rive gauche de la Dranse de Morzine et culminant avec le mont Billiat et la Grande pointe des Journées. Il est moins marqué sur la rive droite où il forme la ligne de crête au dessus des chalets de Tréchauffé.

En amont, la vallée de la Dranse de Morzine est relativement élargie car creusée dans les séries tendres de la nappe supérieure des Préalpes (grès et marnes) puis elle se ressert à hauteur de la Baume où débute l'affleurement de la nappe des Préalpes médianes. Un premier synclinal (synclinal d'Ouzon), dont la formation du Moléson constitue son armature, referme la vallée en amont du lac du Jotty. Il est suivi par un large anticlinal où le Trias et le Jurassique inférieur à moyen affleurent et fait la jonction avec le synclinal de Jotty. Ainsi le franchissement de la formation du Moléson dans les synclinaux successifs conduit à la formation de cluses dans lesquelles sera creusé les gorges du Pont-du-Diable par surimposition[2].

La formation des gorges du Pont-du-Diable remonterait à la glaciation du Würm au cours duquel les eaux du torrent sous-glaciaire se sont infiltrées dans les fractures de ces calcaires ouvrant un cours d'eau souterrain dont le niveau de base s’est progressivement enfoncé comme en témoignent les multiples étages de l'érosion karstique marqués en particulier par les marmites de géant dont les plus profondes sont toujours actives. Au cours du retrait glaciaire, l’encaissement de la rivière a été suivi de l’effondrement de la voûte qui a transformé la cavité karstique en un étroit canyon. Puis le glissement de blocs issus de la moraine würmienne bordant les gorges a obstrué partiellement les gorges, formant le toit des gorges et dont les plus gros constituent le pont du Diable. Leur surface rugueuse et irrégulière démontre qu'ils n'ont pas été affecté par des processus de dissolution et de ruissellement comme les parois des gorges.

Exploitation touristique[modifier | modifier le code]

Passerelle des gorges du pont du Diable

À l'image des gorges du Fier ou des gorges du Sierroz, une activité touristique autour des gorges du Pont-du-Diable se développent dès le XIXe siècle. Jean Bochaton, menuisier du Chablais, obtint en 1892 l'autorisation de « construire un escalier de bois avec supports de fer pour permettre la visite des Gorges du Pont du Diable »[2]. Il creuse ainsi des marches dans la roche et installe des passerelles pour les premiers visiteurs dès 1893[3] qui sont surtout des curistes venant de Thonon-les-Bains et d'Évian-les-Bains.

La création des congés payés en 1936 favorise le développement du site qui est alors menacé d'abandon. De nouvelles passerelles sont construites ainsi qu'un hôtel à proximité. La construction du barrage du Jotty en 1949 dévie une partie des eaux de la Dranse de Morzine mais un débit minimale est conservé. Cette mise en valeur touristique s'accompagne d'une patrimonialisation institutionnelle avec son classement en 1908. Sa mise en valeur géologique débute en 2008[3] avant son incorporation dans le Geopark Chablais en 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Gorges du Pont du Diable », sur Geopark Chablais.
  2. a b et c Matthias Schultz, « Les Gorges du Pont du Diable, une “microcluse“ fermée par un éboulement morainique, La Vernaz, Haute-Savoie », sur Planet-Terre, .
  3. a et b Emmanuel Reynard, Fabien Hobléa, Nathalie Cayla et Christophe Gauchon, « Les hauts lieux géologiques et géomorphologiques alpins », Revue de Géographie Alpine, vol. 99, no 2,‎ (DOI 10.4000/rga.1412).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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