Moulin de la Galette

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Moulin de la Galette
Image dans Infobox.
Partie du moulin dit de la Galette au coin de la rue Lepic
et de la rue Girardon.
Présentation
Type
Construction
Le Blute-fin : 1622
Le Radet : 1717
Patrimonialité
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Coordonnées
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Le moulin de la Galette est le seul moulin à vent en état de marche de la butte Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris, rue Lepic. Son moulin frère est visible à l'angle de la rue Lepic et de la rue Girardon. L'ensemble désignait jadis un célèbre bal public ouvert par la famille de meuniers Debray, depuis le XIXe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Deux moulins initiaux[modifier | modifier le code]

Le moulin de la Galette est en réalité constitué de deux moulins à vent : le Blute-fin et le Radet entre lesquels s'est ouvert un bal public qui prendra le nom de « moulin de la Galette »[1].

Ces deux moulins sont perchés sur un petit tertre au milieu du maquis de Montmartre, sur lequel les Romains avaient autrefois établi un temple dédié au dieu Mars (mens Marlis : mont de Mars) qui jouxtait un autre dédié à Mercure[2],[3],[4]. Ce lieu peut également être lié au mons Martyrum, le « mont des Martyrs » (la rue des Martyrs y mène) pour les victimes des persécutions antichrétiennes[5].

Vue des deux moulins vers 1885.

Ce qui figurera plus tard le « moulin de la Galette » serait mentionné pour la première fois en 1622 sous le nom de « moulin du Palais », nouvelle appellation par les religieuses de l'abbaye de Montmartre tentant d'effacer en partie le souvenir du temple païen des Romains[6],[7],[8],[9],[4].

Le Blute-fin[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, la famille Debray prétend que le moulin Blute-fin a été érigé en 1295, comme le montre une gravure dans le bois de son pignon[10]. D'autres sources indiquent qu'il est probablement construit en 1621 ou 1622 sous le nom de « moulin Vieux »[1].

Le 22 juillet 1358, le prévôt des marchands de Paris Etienne Marcel, allié à Charles le Mauvais, s'y rend pour épier les mouvements des bandes de mercenaires qui ravagent les faubourgs ; ce moulin est l'un de ses postes d'observation[9],[1].

Durant des années, ce moulin est équipé d'ailes de type flamand comme on peut encore l'apercevoir sur des cartes postales anciennes[11].

Le nom de « Blute-fin » vient du verbe « bluter » qui signifie « tamiser la farine pour la séparer du son » (voir Blutage). Il pourrait provenir également de l'expression « bout-à-fin » voire « but-à-fin », noms que l'on trouve sur des documents pour le désigner[10],[9].

Datant du XIIIe siècle (?) ou XVIIe siècle, il est souvent restauré[1].

La famille Debray acquiert ce moulin en 1809.

Actuellement intégré sur la parcelle d'une résidence privée, il n'est plus accessible au public.

Le Radet[modifier | modifier le code]

Selon les Debray, le moulin Radet existerait depuis 1268 et s'appelait autrefois le « moulin Chapon », du nom de son précédent propriétaire, le meunier François Chapon[1]. D’abord installé à l’angle de la rue de l’Abreuvoir et du chemin des Regards, il est de nombreuses fois démonté et déplacé de la butte Saint-Roch à la butte Montmartre sous le règne de Louis XIII[9],[1] et en 1717 où il est déménagé sur un terrain entre les rues Norvins, Girardon et de l’Abreuvoir[1], pour être acheté par Jacques Ménessier et reconstruit en 1760 sous le nom de « moulin Radet »[1],[11].

En 1812, le Radet dans un piteux « état de conservation est racheté par Nicolas-Charles Debray pour la somme fort modeste de 1 200 livres »[1].

Il n'occupe un emplacement à la croisée de la rue Girardon et de l’allée ou impasse des Deux-frères (aujourd'hui disparue), soit à l’intérieur du clos de la Ferme Debray d'antan, à proximité du Blute-fin, où Debray le transfère, que depuis 1834 où il est transformé en guinguette les dimanches et jours fériés puisque victime du progrès (il n'était pas équipé d'ailes Berton) et de la concurrence, il a abandonné ses activités de minoterie au profit du divertissement[1],[12],[9].

En 1915, il échappe de peu à la destruction[2],[8]. Il est démonté et installé sur une parcelle de la rue Girardon[1].

En 1924, Pierre-Auguste Debray vide le Radet de son mécanisme, qui est à nouveau déplacé à l'angle des rues Girardon et Lepic, planté sur le toit d'une construction devenue restaurant[2],[1].

Minoterie et meunerie[modifier | modifier le code]

La famille Debray, meuniers des dames bénédictines de l'abbaye de Montmartre depuis le XVIe siècle[13],[14],[9], possédent une trentaine de vaches, et plusieurs arpents de terre dans les environs et à la barrière de Clichy[9]. Elle acquiert par Nicolas-Charles Debray les deux moulins : le Blute-fin en 1809 et le Radet en 1812, pour y produire une farine réputée alentour.

Comme auparavant les autres moulins de Montmartre, ces deux derniers bâtiments échappés de la destruction relative à l'urbanisation[15] ne servaient pas uniquement à moudre le blé : ils étaient également utilisés pour presser les vendanges ou concasser les matériaux nécessaires aux manufactures jusque dans les années 1870 - dont l’albâtre issu des carrières de Montmartre et destiné à la fabrique de porcelaine fondée en 1771 à Clignancourt ou ceux nécessaires à la parfumerie située au carrefour des rues Norvins et Girardon[1],[16].

Enseigne[modifier | modifier le code]

Le Moulin de Blute-fin, V. Van Gogh, 1886

En 1585, Jacques Liger, seigneur de Clignancourt, achète le « moulin du Palais » installé au lieu-dit le Palais sur la Butte à Nicolas Guillot, puis en confie l’exploitation aux meuniers Debray qui finiront par l'acquérir[1].

Le moulin Blute-fin, construit en 1622, a souvent été retapé. En 1834, son propriétaire Nicolas-Charles Debray y ajoute une taverne devenue guinguette qui est à l'origine constituée sur un terrain entre le moulin Blute-fin et le moulin Radet[1].

Un bal apparaît un peu plus tard, qui s'appelle initialement « le Bal Debray » comme le montrent les dessins et photographies d'époque, se tenant au lieu dit « moulin de la Galette », mais le tout sera rebaptisé « moulin de la Galette », officiellement en 1895[1].

La galette était ce petit pain de seigle que les meuniers Debray débitaient, accompagné d'un verre de lait[13],[9], probablement d'ânesse, aux amateurs de pittoresque. Miracle montmartrois, ces habiles commerçants transformèrent vers 1830 le pain en pâtisserie, le lait en vin et leur moulin en cabaret[9].

Le moulin Radet sur le toit du restaurant dit « Moulin de la Galette »

Le Radet est construit en 1717 après son déplacement de la butte Saint-Roch[1],[15]. Dans les années 1760, il est entièrement reconstruit. En 1834, date à laquelle il ne sert plus à moudre[9], Debray le transfère à l’intérieur du clos de sa ferme, où il est transformé en guinguette les dimanches et jours fériés[1],[12].

En 1915, une association, Les Amis du Vieux Montmartre, sauve le Radet de la destruction, qui, selon son propriétaire qui voulait le raser, faisait doublon avec le Blute-fin dans son activité commerciale[2],[8]. Il est démonté et installé sur une parcelle de la rue Girardon - opération moins onéreuse pour les Debray que d'autres propositions[1].

En 1924, Pierre-Auguste Debray effectue d'importants travaux dans sa propriété pour valoriser les activités festives du Moulin de la Galette : le Radet est vidé de son mécanisme et figure désormais une carcasse publicitaire déplacée à nouveau à l'angle des rues Girardon et Lepic, plantée sur le toit d'une construction devenue restaurant qui porte ce nom pour attirer les touristes[2],[1].

Dans les années d'après-guerre, on pouvait encore monter sur la terrasse en bois sur le toit du Blute-fin afin d'apercevoir le tout Paris se dérouler à ses pieds.

Le moulin et les terrains qui l'entourent sont inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du

Le moulin de la Galette (moulin Blute-fin) surplombant la rue Lepic.

[17]. Après avoir servi de dancing et de music-hall puis de salle d'émissions publiques de radio et de télévision, la salle, fermée en 1966, devint studio de l'ORTF et disparut avec l'Office en question en 1974[2].

Le moulin est restauré en 1978, mais ne tourne pas. En , Lucien Poupeau, charpentier, avec les conseils techniques de Marcel Charron, charpentier-amoulangeur en retraite, est chargé de la rénovation des ailes[1] .

De nos jours[modifier | modifier le code]

Désormais, le Blute-fin est le dernier moulin de la Butte en état de fonctionnement, il se trouve actuellement au sein d'une propriété privée témoignant par ses derniers vestiges de l’ancien maquis de Montmartre mais n'est pas visitable[1]. Il n'est pas en trop mauvais état[réf. nécessaire] et les pièces importantes du mécanisme, comme les meules, existent toujours.

De nos jours, le moulin Blute-fin se situe exactement au 75-77 rue Lepic et celui du Radet, à l'angle des 83 rue Lepic et 1 rue Girardon, les deux figurant l'ancien moulin de la Galette pour les Parisiens et les curieux du monde entier, friands de légende montmartroise[1].

Dans l'enceinte de la résidence privée qui comprend la partie sud de l'impasse des Deux-Frères, se trouve la mire du Nord.

Le bal au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Contexte géographique et social[modifier | modifier le code]

Les moulins de Montmartre, versant nord, 1865
Moulins, Montmartre, photographie d'H. Bayard, v. 1842

Au XVIIIe siècle, il y a encore plus de vingt-cinq moulins, tant sur les hauteurs qu'aux abords de Montmartre[9],[18]. Le dramaturge Jean-François Regnard écrit ses vers[1] :

« Où de trente moulins les ailes étendues

M’apprennent chaque jour, quel vent chasse les nues ».

En haut de la Butte Montmartre, on trouve encore au début du XIXe siècle le moulin des Prés, le moulin de la Fontaine-Saint-Denis, le moulin de la Béquille, le moulin Vieux, le moulin Neuf, le Blute-Fin, le Radet (anciennement Chapon) et le moulin des Brouillards, côté occidental ; également les moulins la Vieille Tour, la Grande Tour, la Petite Tour et du Palais, le long d'un chemin appelé « rue des Moulins » (future rue Norvins) ; aussi les moulins Paradis, la Turlure et de la Lancette, à l'est, ceux le moulin du Vin, la Vieille-Tour, la Grande-Tour, la Petite-Tour, le moulin Paradis, la Poivrière,

[9]. En 1829, le poète P.-D. Écouchard-Lebrun les appelle « les enfants d'Eole ⟨qui broient⟩ les dons de Cérès »[18],[19]. En 1810, Montmartre compte 16 bals autorisés, pouvant annoncer leur ouverture, et quantité d'autres bals ou guinguettes[16]. Cinquante ans plus tard, il ne reste plus que trois moulins appartenant tous aux Debray[16],[12].

Moulins à Montmartre, H.-A. Bonnefoy, 1900

Les bals ouvrent les dimanches, lundis et jours fériés.

Montmartre et Paris sont alors deux communes séparées par le mur des Fermiers généraux, qui seront réunies en 1860[20]. Le village de Montmartre est constitué du Haut‑Montmartre où les moulins sont plantés sur la butte gypseuse et du Bas‑Montmartre qui se différencie du premier par sa proximité parisienne et sa population[20].

La Guinguette, terrasse d'un café à Montmartre, v. 1886. Toile peinte dans la guinguette "Aux billards en bois" (aujourd'hui restaurant "A la bonne franquette") à l'angle des rues des Saules et Saint-Rustique.

Au début du XIXe siècle, ce Haut-Montmartre est un village de vignerons, de laboureurs et de meuniers dont les moulins surtout jouissent déjà d'une grande célébrité car leurs propriétaires tiennent en même temps des cabarets[16]. Sa mauvaise renommée tient aux carriers qui l'habitent également et à ses carrières ouvertes offrant refuge aux voleurs et aux vagabonds de la grande ville, jusqu'à ce qu'elles ferment[16].

Au milieu du même siècle, la population se transforme majoritairement en cabaretiers, propriétaires de guinguettes et de tables d'hôtes, avec une minorité se composant généralement d'employés, d'ouvriers, de petits rentiers attirés par des loyers et certains produits de consommation (sans droits d'octroi à payer) moins chers qu'à Paris[16].

Montmartre compte 636 habitants en 1806[réf. souhaitée], et plus de 40 000 âmes au milieu du XIXe siècle - ne cessant d'augmenter, qui s'y installent à cause des démolitions haussmanniennes de Paris, ce qui lui fait gagner en sécurité (gentrification)[16].

La clientèle des guinguettes vient surtout du Bas-Montmartre et de Paris. La Butte reste alors un coin de campagne plaisant et ombragé, avec des vignes en coteaux et de nombreuses sources, où on aime aller en promenade. La pente est âpre (le « bonheur de l’ascension », écrit Éric Hazan[21]) et on y monte éventuellement à dos d'âne - ceux qui servent en semaine à « monter » le blé aux moulins et à « descendre » la farine en ville[22] -, en empruntent le Vieux Chemin dont le tracé correspondra approximativement à la future rue Ravignan, en se désaltérant en chemin à l'ombre des tonnelles des cabarets[1],[16].

Afin d’accueillir les visiteurs de plus en plus nombreux, peu à peu, se sont développées des guinguettes où se restaurer, boire le petit vin blanc aigre montmartrois et danser[1]. Le plus célèbre bal (et son restaurant) est celui du Poirier-sans-Pareil (aussi connu sous le nom de bal Dourlan)[23], situé à l'emplacement de l'actuelle place Émile-Goudeau (autrefois place Ravignan), à la place du Bateau-Lavoir ; il ferme en 1830, le sous-sol étant miné par des carrières de plâtre[24].

Situation[modifier | modifier le code]

Le moulin de Blute-Fin, 1886

En 1833, l'un des fils de la famille Debray, surnommé « le petit père Debray », propriétaire des moulins le Radet et le Blute-Fin, guéri de sa blessure à la suite d'un coup de lance reçu en 1814 lors de la défense de Paris (voir infra), et amateur de danses et d'entrechats, réunit dans son moulin des jeunes gens pour leur enseigner son art favori et les grâces du maintien qu'on y doit apporter[9]. Son succès lui fait ensuite penser au profit qu'il peut en tirer en fondant un bal public[9]. Il ouvre ainsi le « bal Debray » le dimanche, situé en plein air dans la cour de la ferme familiale, au pied du Blute-fin situé près du Radet. L'année suivante, Debray transfère le Radet à l’intérieur de sa ferme[2],[12].

De 15h à la nuit tombée, on y vient danser et déguster des galettes, confectionnées par la femme de Debray, accompagnées d'un verre de lait (éventuellement d'ânesse) - boisson qui sera échangée plus tard contre le vin aigrelet cultivé sur les flancs de la butte. Le succès est immédiat et la clientèle populaire[2].

Vers 1860, le moulin de la Galette est l'un des trois moulins restant sur la Butte - tous appartenant à la famille Debray[16],[12] ; le troisième, un petit moulin venu de Montrouge et installé sur la Butte en 1830, sera détruit en 1911[12],[18].

En 1864, la création de la rue Lepic (anciennement rue chemin Neuf en 1809 puis rue l'Empereur en 1852) permet aux Parisiens et aux voitures d'accéder plus facilement au haut de la butte Montmartre en évitant d'emprunter les chemins boueux très mal entretenus[2].

De 40 000 vers 1850, la population augmente passant en 1861 à 57 000 habitants, en grande partie chassés de la ville à la suite des travaux du baron Haussmann.

Très vite, le Bal Debray devient le « moulin de la Galette », en ne prenant ce dernier nom « officiellement » qu'en 1895[2]. L'entrée est au 3, rue Girardon à l'angle de la rue Lepic.

Au cours des années, le bal se transforme. De bal en plein air entre les deux moulins, il devient une grande salle fermée décorée de grands lustres à candélabres et de palmiers que montrent les photographies prises notamment en 1898[1]. À l'extérieur de la salle de bal se trouvent des jeux, des stands de tir, des escarpolettes...

Description[modifier | modifier le code]

Terrasse et plateforme d'observation au Moulin de Blute-Fin, Van Gogh, 1887

Sur le toit du Blute-fin se trouve une plateforme en bois ouverte tous les jours, où le point de vue montre le tout Paris.

Les écrivains qui ont fréquenté cet établissement distinguent le moulin de la Galette et le Bal Debray. En 1899, Rodolphe Darzens, biographe d'Arthur Rimbaud, en fait la description :

« La porte, peinte en rose et en vert cru, est surmontée dans un cercle de globes blancs de ces deux mots : “Bal Debray”. Un couloir qui monte et tout de suite la vaste salle lumineuse, avec un pourtour semé de tables et de bancs. L'espace où l'on danse est entouré d'une balustrade de bois rouge ; au bout sur une estrade, l'orchestre. Avant la danse c'est quatre sous par couple. La plupart du temps c'est la danseuse qui paie son cavalier. »

Orchestre[modifier | modifier le code]

Le tableau d'Auguste Renoir intitulé Bal du Moulin de la Galette et peint en 1876 figure un orchestre qui joue sur une estrade figurée au fond du tableau à gauche, sous les globes d'un éclairage au gaz (voir infra).

Le compositeur Auguste Bosc (qui fondera en 1904 le Bal Tabarin) est engagé pour diriger l’orchestre du moulin, dans les années 1880[2].

Cet orchestre est ainsi décrit quelques années auparavant par André Gill dans son Moulin de la Galette[réf. souhaitée] :

« Un orchestre d'estropiés
Donne le branle à cette foule
On s'écrase les pieds
On chahute, on hurle, on se soûle. »

Danses[modifier | modifier le code]

Affiche (1896) par Auguste Roedel

Le « petit père Debray » est un amateur de danse, qui dispense des cours à partir de 1833 aux riverains et aux Parisiens qui viennent prendre l’air le week-end[2],[1]. Le succès de ses cours lui donnera l'idée d'ouvrir le « Bal Debray » au moulin de la Galette qu'il possède.

Un journaliste de « Comoedia » écrit : « On dansait, on gambadait, la meunière était avenante et le meunier complaisant »[18].

De nouvelles danses apparaissent et il faut faire appel à un orchestre plus professionnel pour remplacer les « estropiés ». La polka est toujours dansée mais le quadrille, le chahut puis le cancan et plus tard le French-cancan vont prendre de l'importance. Les propriétaires recrutent le compositeur Auguste Bosc qui va faire vibrer son orchestre et soulever l'ardeur des danseurs. Auguste Bosc deviendra par ailleurs propriétaire en 1904 du fameux Bal Tabarin où il ponctuera de coups de feu les quadrilles à l'aide d'un revolver à six coups.

Vedettes et clientèle[modifier | modifier le code]

Les futures vedettes du French-cancan, la Goulue et Valentin le Désossé, font leurs débuts au Moulin. Les peintres, les dessinateurs sont des clients attitrés, tels Renoir, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Signac, Utrillo, Van Dongen ou Picasso, et le lieu va inspirer plusieurs d'entre eux qui le représenteront dans leurs œuvres. Y frayent également des personnages hauts en couleur de la bohème[2].

À partir de 1834, quand le bal passe de plein air à salle fermée, il s'encanaille un peu plus[2]. La majeure partie de la clientèle est populaire et il est fréquent qu'une petite Montmartroise y fasse une halte pour danser. Sa mère vient la chercher et la foule crie : « Marie, v'la ta mère ! » et toutes les Marie quittent rapidement leurs partenaires. La jeune Marie se prend deux gifles et la foule conspue la mère.

La direction est très stricte, éloigne la clientèle trop crapuleuse issue souvent des carrières et repousse les filles de mauvaise vie et leurs souteneurs, mais on raconte que certaines louaient de belles robes pour le dimanche, soulevaient un client, et rendaient les habits le lendemain. Depuis 1900, le Tout-Paris, acteurs et actrices connus, monte à l'assaut de Montmartre le mardi et déguste les galettes avec un verre de muscat.

Organisation[modifier | modifier le code]

À partir de 1833, le bal du moulin fonctionne le dimanche mais le reste de la semaine demeure réservé aux activités meunières[2].

À partir des années 1870 où le moulin cesse de moudre et jusqu'en 1914, le bal est ouvert quatre jours par semaine[2].

Est organisé tous les ans, le Concours International de l’Accordéon au Moulin de la galette et le samedi , est organisé au moulin de la Galette, le premier Championnat du Monde d'accordéon[25] ; le vainqueur est Freddy Balta devant Yvette Horner et André Lips[26].

Aujourd'hui, situé juste au-dessous du moulin Radet, on trouve un restaurant que la célèbre chanteuse franco-égyptienne, Dalida, fréquentait régulièrement. Sa table d'origine a même été conservée[27][source insuffisante].

Témoignage[modifier | modifier le code]

Bal du Moulin de la Galette (détail), A. Renoir, 1876

Le journal L’Intransigeant du 28 mai 1882, par la plume de Gramont, raconte[28] :

« Dimanche dernier, je fus au bal. Au bal du Moulin de la Galette.

J’y suis allé – avec deux copains… X..., tavernier du diable, et… B..., librettiste et dominotier (...).

Je l’adore moi ce bastringue, avec sa grande salle rectangulaire, au plancher ciré, tout luisant – son orchestre aux trombones beuglants, aux glapissantes flûtes – ses couples juvéniles tournoyant dans la valse, sautillant dans la polka, se déhanchant dans le quadrille ; – ses tables ou d’autres amoureux consomment la main pressant la main avec tendresse, le classique saladier de vin sucré ou des absinthes auxquelles la fadasse addition de l’orgeat donne une teinte maladive, chlorotique, une verdeur blafarde ou une blancheur verdâtre – la couleur des faces de noyés…

J’aime ce moulin – « fondé (sic) en 1295 » – et son jardin montueux, et son vertigineux « point de vue » d’où tout le vaste tas de pierre Paris se découvre ; sa reproduction enfantine de la prise des Buttes par les alliés (?), et ses chevaux de bois, qui « sans espoir de foin » accomplissent « leurs galops ronds » et son Tir historique, et sa galette enfin, exquise, bien faite avec « du beurre dedans » – car le Moulin de la Galette n’est pas de ces établissements à la menteuse enseigne, qui induisent en erreur les naïfs. Non, au Moulin de la Galette – il y a de la galette. C’est pour cela même que les patrons en gagnent. La probité dans le commerce. Tout est là.

X..., Z... et moi, après avoir parcouru le jardin, être grimpés au point de vue, nous entrâmes dans la salle et nous nous assîmes sur la plate-forme pour examiner danses et danseurs.

A une table devant nous, il y avait ce spectacle :

Un couple, un tout jeune couple, assis devant deux absinthe-orgeat. Paul et Virginie de Montmartre. Juliette et Roméo naturalistes. L'éternelle « elle et lui ». Tous deux vicieux candidement collés et ingénus. Ayant à eux deux quelque chose comme trente-cinq ans. Ne dansant pas, ne regardant pas les danseurs ni les promeneurs qui fluaient et refluaient le long du pourtour dans les deux sens.

Lui, tout à elle ; elle, tout à lui. Le « jeune homme » fiérot, protecteur, un bras passé autour de la taille de la petite. Elle, le contemplant, - parfois se soulevant, haussant sa joue jusqu'à la bouche de son « homme » pour se faire embrasser, comme ça, devant tout le monde - mais vite, et avec une discrétion relative. Jolie, d'ailleurs, cette môme. Un peu colorée et maflue. Il suffisait de la nipper et de la faire - par un moyen quelconque - pâlir et maigrir - pour la rendre charmante (...).

Assurément, ces messieurs et demoiselles ne sont pas des modèles de vertu, des parangons de chasteté. Mais au Moulin de la Galette, ils donnent un bien bon exemple : celui d'une gaîté sincère. On voit qu'ils s'amusent pour de bon. C'est quelque chose. La gaieté et la jeunesse, - voilà deux belles qualités. Exiger en outre de la vertu, serait exiger trop. On ne peu pas tout avoir !

Aussi préférerons-nous toujours le bastringue de la rue Lepic - où l'on n'est du tout vertueux - mais où l'on rigole - aux réunions et aux bals de « la haute » ou de « la moyenne » - où l'on n'est pas vertueux non plus - mais où, en revanche, on s'embête (...). »[28].

Épisode sanglant ou légende ?[modifier | modifier le code]

Légende[modifier | modifier le code]

Le , lors du siège de Paris, l'armée impériale russe est à Paris, à la porte de Pantin. Le maréchal Marmont, responsable de la défense de Paris, entame des pourparlers pour un armistice. Celui-ci est signé le 31 et les troupes françaises se replient vers le sud de la capitale. La butte Montmartre n'est alors plus défendue.

De nombreux Montmartrois ont fui, mais il reste un noyau d'irréductibles, parmi lesquels des membres de la famille Debray, meuniers de pères en fils, qui décident de tenir tête aux envahisseurs : les quatre frères Debray et le fils unique de l'aîné, plantés sur les hauteurs de la butte[13]. Se préparant à investir l’îlot de résistance, les Russes commandés par le comte de Langeon (Français au service du tsar) sont accueillis par le tir d'un boulet tiré par l'aîné des Debray, couchant plusieurs assaillants. L'officier russe demande que celui qui a tiré se livre. Pour toute réponse, Debray fait feu sur l'officier qui s'écroule, et Debray est abattu en retour[13]. Son fils, Nicolas-Charles Debray, qui était à son côté, est transpercé par une lance ; il survivra, et c'est lui qui, sous la Restauration, transformera le moulin en guinguette.

En représailles, les Russes découpent le corps du père en quatre morceaux qu'ils attachent sur les ailes du moulin. À la nuit tombée, la femme de Debray va récupérer les restes du supplicié, les met dans des sacs de farine, et les emporte au cimetière du Calvaire à Saint-Pierre de Montmartre[13]. Dans cette bataille, trois Debray sur cinq ont perdu la vie sur la pente nord de la colline[13],[9].

C'est Auguste Debray, l'arrière-petit-fils du héros de Montmartre, qui rapporte le récit de ce drame, à la fin du XIXe siècle[29].

Une autre version dit :

« Malgré les avantages incontestables de sa situation, Montmartre n'avait été armé que de neuf pièces de canon, sept au moulin de la Lancette et deux au moulin Neuf, les deux saillants extrêmes d'est et d'ouest de la butte : avec trois pièces de réserve, c'était tout ce qui pouvait tirer utilement de ces hauteurs, le 30 mars 1814.

Le matin, après avoir installé son quartier général au Château-Rouge, le roi Joseph passait en revue les gardes nationaux qui servaient les batteries :

« Tenez bon, Messieurs, s'écria-t-il pour les électriser, Napoléon est à La Villette! »

La nouvelle était fausse. C'étaient les Prussiens et non l'empereur qui étaient à La Villette. Les canonniers se firent hacher sur leurs pièces. Parmi eux se trouvaient quatre meuniers du nom de Debray, c'étaient les quatre frères ; criblés de coups de baïonnettes, les trois plus jeunes furent laissés pour morts. Le soir même, la capitulation de Paris eut lieu.

L'aîné des Debray servait encore avec son fils les pièces qui étaient braquées devant leur moulin, quand l'ordre de cesser le feu fut apporté. Ce brave avait résolu de venger ses frères ; il attendit qu'une colonne ennemie fut à portée, et envoya sur elle deux bordées de mitraille. C'étaient des Russes. Ils se ruèrent sur la batterie ; les gardes nationaux soutinrent le choc ; mais, accablés par le nombre, ils durent se rendre. Le commandant russe exigea que celui qui avait commandé le feu lui fût livré, ou que des prisonniers allaient être fusillés. Debray sortit des rangs et, au moment où l'officier mettait la main sur lui, il le tua d'un coup de pistolet. Massacré sur-le-champ par l'ennemi en fureur, son cadavre fut coupé en quatre morceaux et accroché à chacune des ailes du moulin.

La nuit suivante, la veuve de ce héros vint détacher ses restes et les fit porter, dans un sac à farine, au petit cimetière de l'église Saint-Pierre, où sa tombe existe encore. Son fils avait été cloué d'un coup de lance à l'arbre du moulin, dans l'intérieur duquel il s'était réfugié. Il survécut trente ans à cette horrible blessure, ne pouvant plus absorber que du lait, car il avait eu l'estomac lésé.

Le moulin qui aurait été la scène de ce drame aurait été autrefois celui qui est connu sous le nom de But-à-fin... [9]»

Légende basée sur des faits réels[modifier | modifier le code]

La tombe Debray existe, contrairement à ce que pouvait prétendre l'historien André Maillard. Elle se trouve dans le cimetière Saint-Pierre de Montmartre.

Sur le sommet de cette tombe, un moulin est visible ainsi que des gravures sur le côté :

« FAMILLE DEBRAY », « Pierre-Charles DEBRAY, MEUNIER PROPRIÉTAIRE A MONTMARTRE, DÉCÉDÉ LE , TUÉ PAR L'ENNEMI SUR LA BUTTE DE SON MOULIN, Aimée-Geneviève BAILLY, Épouse de Pierre-Charles DEBRAY, NÉE A MONTMARTRE LE 11 JAN. 1754, DÉCÉDÉE LE . »

Rien n'a été découvert sur le fils du meunier, surnommé plus tard « le petit père Debray », qui serait à l’initiative du bal de la Galette. Le fils du meunier ne pouvait plus boire d'alcool à la suite du coup de lance russe, reçu le dans l'estomac, et c'est la raison pour laquelle il aurait initialement imposé le lait comme boisson (accompagné d'une galette) au bal public du Blute-fin[13],[9].

Le moulin et les arts[modifier | modifier le code]

Arts graphiques[modifier | modifier le code]

La carcasse vide du moulin Radet perchée sur un restaurant à l’angle des rues Lepic et Girardon, de nos jours, n'est pas le moulin de la Galette d'origine, même s'il en porte désormais le nom[1].

Dès le début du XIXe siècle nombre de peintres, la plupart étant oubliés, s'intéressent aux paysages de la butte. Georges Michel, le « Ruysdael de Montmartre », et Théodore Rousseau, peignent les deux moulins depuis la Plaine Saint-Denis, située au nord de Paris.

Les deux moulins, le Radet, puis le Blute-Fin, ont été peints sous le même nom de Moulin de la Galette. Huguet, le « Rembrandt des moulins à vent », Jean-Baptiste Corot, et Toulouse-Lautrec peignent le Radet. Auguste Renoir immortalise la célèbre guinguette située entre les deux moulins dans son Bal du moulin de la Galette. C'est la silhouette du Blute-fin qui apparaît dans le Moulin de la Galette de Picasso.

Quelques œuvres représentent cet endroit très célèbre :

Eugène Atget l'a également photographié en 1899[31].

Chansons[modifier | modifier le code]

Lucienne Delyle a chanté Le Moulin de la Galette.

Georges Brassens fait également référence au moulin de la Galette dans sa chanson Les Amours d'antan :

« Mais quand par-dessus le moulin de la Galette,
Elle jetait pour vous sa parure simplette,
C'est Psyché tout entière qui vous sautait aux yeux. »

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab et ac Caroline Hauer, « Paris : Le Moulin de la Galette, histoire de la plus célèbre guinguette de Montmartre, légende des Moulins Radet et Blute-fin - XVIIIème - Paris la douce, magazine parisien lifestyle, culture, sorties, street art », (consulté le 20 mars 2021)
  2. a b c d e f g h i j k l m n o et p Caroline Hauer, « Paris : Les artistes au Moulin de la Galette - XVIIIème - Paris la douce, magazine parisien lifestyle, culture, sorties, street art », (consulté le 20 mars 2021)
  3. « Montmartre », sur www.paris-pittoresque.com (consulté le 7 avril 2021)
  4. a et b Ce temple figurait sur le lieu dit que les anciens titres de l'abbaye de Montmartre appelaient tantôt « terres du Mont de Mercure », tantôt « terres du Temple de Mercure » ou « terres du Temple », et qui avait pris plus tard le nom de « terres du Palais », « par un effet du zèle falsificateur des religieuses, qui pensaient effacer de leur montagne cette dernière trace d'une histoire qui leur déplaisait, en substituant le mot palais au mot temple ». Lire en ligne
  5. Lire en ligne Les lieux des noms de France et Les environs de Paris illustrés (1856)
  6. Sellier, op. cit., p. 23
  7. Remarque : Beaucoup d'histoires ont été racontées sur les moulins de la butte Montmartre. En regardant en détail la partie gauche de la Pietà de Saint-Germain-des-Prés (vers 1500, Musée du Louvre : Piétà), on constate que si on voit bien l'abbaye de Montmartre et un certain nombre de détails sur la butte, il n'y a aucune trace de moulins. Pour ce qui est du moulin près duquel Jeanne d'Arc livre un combat, il devait se trouver plus bas, au pas de la Chapelle. La première trace écrite d'un moulin sur la butte remonte à 1529 quand le seigneur de Clignancourt, Jacques Léger, décide d'acheter un moulin à Nicolas Guillot. Ce moulin, installé au lieu-dit le « Palais », près du château des Brouillards, a été appelé le « moulin Vieux ». Il comprenait un socle en pierre sur lequel tournait une charpente en bois. Cependant, Jacques Hillairet, dans Connaissance du Vieux Paris signale qu'Étienne Marcel fit d'un moulin de Montmartre son poste d'observation, en juillet 1358, pour surveiller les mouvements de bandes de mercenaires. De même, Le Tasse écrit en 1570 que deux choses l'avaient impressionné à Paris, les vitraux de Notre-Dame et les moulins de Montmartre. Regnard écrit un siècle plus tard : « Où de trente moulins les ailes étendues
    M'apprennent chaque jour quel vent chasse les nues. »
    C'est en 1622 qu'a été édifié près du Moulin Vieux un moulin appelé le « moulin du Palais », puis le « Bout-à-Fin » à cause de l'excellence de sa farine, et enfin le « Blute-Fin » ou « moulin de la Galette ». Souvent restauré, il a conservé son mécanisme. Le Radet aurait d'abord été construit sur la butte Saint-Roch puis déplacé vers 1636 ou 1667. En 1925, il n'est plus qu'une carcasse vide placée à l'angle de la rue Lepic et de la rue Girardon. Le moulin Vieux a été démoli en 1850.
  8. a b et c « Monument : Le Moulin de la Galette 75-77 rue Lepic - 75018 Paris », sur Paris.info
  9. a b c d e f g h i j k l m n o p et q « Les moulins de Montmartre, à Paris. », (d'après Charles Sellier), sur www.cosmovisions.com (consulté le 7 avril 2021)
  10. a et b Charles Sellier (1844-1912), Curiosités du vieux Montmartre : les moulins à vent, la porcelaine de Clignancourt, le Mont-Marat / Charles Sellier, (lire en ligne)
  11. a et b « Le moulin Radet et le Blute Fin - Paris 18e », sur www.moulins-a-vent.net (consulté le 21 mars 2021)
  12. a b c d e et f « Au début du XXe siècle, le troisième des derniers moulins que la Butte possédait encore était situé dans le petit jardin privé de la famille Debray ; mais il était beaucoup plus petit que les deux autres. En revanche, il avait été aussi nomade que le précédent, car il venait de Montrouge. Son arrivée à Montmartre ne datait guère que de 1830).». Lire en ligne
  13. a b c d e f et g Guide de Paris mystérieux, éditions Tchou, Paris, 1966, p. 431
  14. Sellier, op. cit., p. 22
  15. a et b « Le moulin Radet et le Blute Fin - Paris 18e », sur www.moulins-a-vent.net (consulté le 21 mars 2021)
  16. a b c d e f g h et i « Paris : Histoire de Montmartre », (D'après Les environs de Paris illustrés, par Adolphe Joanne paru en 1856), sur www.paris-pittoresque.com (consulté le 7 avril 2021), p. 4
  17. Notice no PA00086755, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. a b c et d « Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski », sur Gallica, (consulté le 11 avril 2021)
  19. Ponce-Denis-Écouchard Lebrun, Œuvres choisies de Lebrun précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages par M. D***. Avec portrait, Janet et Cotelle, libraires, rue saint-André-des-arcs, no 55, (lire en ligne)
  20. a et b Anne Monjaret et Michela Niccolai, « Montmartre ou l’autre Paris », Ethnologie française, vol. 164, no 4,‎ , p. 711 (ISSN 0046-2616 et 2101-0064, DOI 10.3917/ethn.164.0711, lire en ligne, consulté le 7 avril 2021)
  21. Eric Hazan, L’Invention de Paris, Paris, 2002, Le Seuil, p. 249
  22. En 1779, des fouilles amènent la découverte, entre Belleville et la butte, d'une pierre couverte de caractères gravés I C ILEC HEM INDE SANES  : « Ici le chemin des ânes ». Lire en ligne (D'après Les environs de Paris illustrés, par Adolphe Joanne, paru en 1856) et « Histoires de Paris : Le chemin des ânes »
  23. Paul Jarry, « Le Poirier sans pareil – Histoire d’un bal perché », (consulté le 4 avril 2021)
  24. Chriswac, « Rue Ravignan (2) Montmartre. », sur Montmartre secret, (consulté le 4 avril 2021)
  25. « Un jeune virtuose de l'accordéon se classe troisième au Championnat du Monde à Paris », L'Égalité de Roubaix-Tourcoing,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  26. Le Petit Journal 10 juin 1938 (retronews.fr)
  27. « Sur les pas de Dalida à Montmartre », sur Montmartre-Guide.com, Montmartre un Village (consulté le 11 juillet 2016).
  28. a et b Louis de Gramont, « L’Intransigeant 28 mai 1882 », sur RetroNews - Le site de presse de la BnF (consulté le 2 avril 2021)
  29. Curiosités du Vieux Montmartre, op. cit. Lire en ligne, pp. 20-21
  30. (en + es) Isabel Coll Mirabent, Charles Deering and Ramón Casas : A Friendship in Art : Charles Deering Y Ramón Casas : Una Amistad en El Arte, Evanston (Illinois), Northwestern University Press, , 413 p. (ISBN 978-0-8101-2843-9, lire en ligne), fig. 5 (p. 29) et p. 99–101 : « The painter felt that a figure was inseparable from its environs, and thus that the background had to complement the idea of the subject. Thus he situated Satie in front of the Moulin de la Galette. »
  31. Notice no APMH00039928, base Mémoire, ministère français de la Culture.

Sources[modifier | modifier le code]