André Gill

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André Gill
André Gill by Nadar.jpg

Portrait par Nadar.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Louis-Alexandre Gosset de GuinesVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
AndrélolVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Domicile

André Gill[1], pseudonyme de Louis-Alexandre Gosset de Guines, né à Paris le et mort à l'asile de Charenton à Saint-Maurice[2], le , est un caricaturiste, artiste peintre et chansonnier français.

Buste d'André Gill sur sa tombe au cimetière du Père Lachaise

Biographie[modifier | modifier le code]

Reproduction de l'enseigne du Lapin Agile.

Il est le fils naturel du comte de Guines et de Silvie-Adelinne Gosset, couturière née le à Landouzy-la-Ville en Thiérache dans l'Aisne. Ses amis le surnommaient « le beau Geille »[3] – c’est ainsi que lui-même prononçait son nom.

Sous le Second Empire, il publie ses premiers dessins en 1859 dans le Journal amusant puis le Hanneton. Ses dessins paraissent dans le journal La Rue de son ami Jules Vallès, ainsi que dans des journaux satiriques comme Le Charivari, La Lune (1866), L'Éclipse (1868). Il publie aussi dans des revues dont il est le fondateur comme Gill-Revue (1868), La Parodie (1869-1870), La Lune Rousse (1876), Les Hommes d’aujourd’hui (1878), La Petite Lune (1878-1879) et l’Esclave ivre (1881). L'Assommoir de Zola - éditions Marpon et Flammarion s.d.

Il ne s'engagea que du bout des lèvres dans la Commune de Paris en 1871, acceptant tout de même de participer à la Fédération des artistes de Courbet et la responsabilité d'administrateur du Musée du Luxembourg.

Il fait partie du cercle des poètes Zutiques en compagnie de son ami et disciple Émile Cohl. Après la chute de la Commune, il délaissa la caricature pour éviter les poursuites et s'enthousiasma pour l’Impressionnisme, sans toutefois rencontrer dans la peinture le même succès que dans le journalisme. Tandis qu'il traversait des difficultés financières, son fils Jacques mourut prématurément en 1881.

Gill est retrouvé le 16 octobre 1881 errant dans les rues de Bruxelles : manifestement désorienté, il semble avoir vagabondé à travers bois depuis des jours. Il est alors conduit par deux de ses amis dans une maison de santé à Evère, au nord de Bruxelles[4]. Ses amis Vallès et Callet le ramènent à Paris avec les plus grandes difficultés et Émile Cohl organisa une souscription[5] lors de son internement à l'Asile de Charenton en 1883.

Alphonse Daudet rapporte dans la préface aux mémoires du caricaturiste son témoignage sur les derniers jours d'André Gill : « Un jour, en sortant, je heurte sur le palier quelqu'un sonnant à ma porte. Tiens!... Gill!... Gill, maigri, des cheveux blancs, mais toujours beau, toujours son cordial sourire de grand enfant sensuel et bon. « Je sors de Charenton... Je suis guéri... » Et l'on descendit au Luxembourg. (...) Trois jours après, on le ramassait sur une route de campagne, jeté en travers d'un tas de pierres, l'épouvante dans les yeux, la bouche ouverte, le front vide, fou, re-fou[6]. »

Certaines de ses caricatures d'hommes de son temps sont restées célèbres : Léon Gambetta, Victor Hugo, Richard Wagner, Alexandre Dumas père, Georges Bizet, Charles Dickens, Jules Verne, Adolphe Thiers.

Également chansonnier à Montmartre, il fréquente le Cabaret des Assassins (qui devait son nom à un tableau relatif aux crimes de Troppmann), qui deviendra célèbre sous le nom Lapin Agile[7], dont il peint en 1875 en guise d'enseigne un lapin bondissant d'une casserole en cuivre[8]. Par jeu de mots, le « lapin à Gill » devint le « Lapin Agile ». L'original de l'enseigne est conservé au musée de Montmartre[9].

Pour les dix ans de sa mort, un banquet est organisé à Montmartre et Auguste Roedel en fait l'affiche.

Sa sépulture se trouve au cimetière du Père-Lachaise sous un buste de Laure Coutan.

Citations[modifier | modifier le code]

« Fort comme un grand coq droit perché
Sur ses larges ergots de pierre,
Moustache noire en croc, paupière
Où l'œil ne s'est jamais caché
Front que l'on voudrait empanaché
De quelques feutres à plume fière
Crayon d'or comme une rapière
Au point rudement accroché. »

Publication[modifier | modifier le code]

  • André Gill, Vingt années de Paris, préface d'Alphonse Daudet, édition C. Marpon et E. Flammarion, Paris, 1883 (en ligne)

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Notice d'autorité personne : Gill, André (1840-1885), BnF, consulté le 20 avril 2012.
  2. Anciennement Charenton-Saint-Maurice dans le département actuel du Val de Marne
  3. « Mémoires d'un Breton de Paris, Paul Sébillot (Lahic-iiac/Cnrs). »
  4. D'après Aude Fauvel, « Punition, dégénérescence ou malheur ? », Revue d'histoire du XIXe siècle, no 26/27,‎ (DOI 10.4000/rh19.751, lire en ligne).
  5. Marinone, « Émile Cohl et la bohème », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze. Revue de l'association française de recherche sur l'histoire du cinéma, no 53,‎ , p. 38–57 (DOI 10.4000/1895.2283, lire en ligne)
  6. Cité d'après Bertrand Tillier, Correspondance et mémoires d'un caricaturiste: André Gill 1840-1885, Éditions Champ-Vallon, (ISBN 2876734451), p. 234.
  7. Jeu de mots sur « Lapin à Gill », ou « Là, peint A. Gill ».
  8. Paul Lesourd, Montmartre, France-Empire, 1973, p. 286
  9. Géraldine Bordère, Le Petit Livre de - Paris à Vélib EDI8, 2010, p. 153

Bibliographie[modifier | modifier le code]

André Gil édition 1887.jpg
  • Charles Fontane, Un maître de la caricature, André Gill, édition L'Ibis, 1927
  • Jean Valmy-Baisse, Le Roman d'un caricaturiste : André Gill, édition Marcel Seheur, 1927. Réédité sous le titre André Gill l'impertinent par les éditions du Félin en 1991
  • Jean Frapat, catalogue de l’exposition André Gill du musée de Montmartre, 1993
  • Fabrice Masanès, Le choix républicain d'André Gill. Préambule à l'élection d'octobre 1877, dans Gavroche, no 102, novembre-décembre 1998, pp. 13-16.
  • Pierre-Robert Leclercq, André Gill. Les Dessins de presse et la censure, Les Belles Lettres, 2015, (ISBN 978-2-251-44541-0)
  • Armand Lods et Véga, André Gill, sa vie - Bibliographie de ses œuvres, éditions Léon Vanier, Paris 1887.

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