Carrières de Montmartre

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Vide caractéristique d'une carrière de gypse de Montmartre.
Plaque commémorative apposée sur le mur du square Louise-Michel, à l'extrémité nord de la rue Ronsard, où se trouvait l'entrée des carrières de Montmartre.
Entrées des carrières Montmartre, sur le versant est de la butte, telles qu'elles étaient vers 1830, lors de leur exploitation.

Les carrières de Montmartre, dont le gypse fut exploité depuis l'époque gallo-romaine et transformé par les nombreux fours à chaux de la butte Montmartre, ont longtemps servi à confectionner le plâtre le plus fin et le plus réputé, tant pour la construction que pour les moulages : le « plâtre de Paris » ou « blanc parisien ».

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, les carrières s'étendaient sur plus de 300 km de galeries. Le plâtre fut utilisé à grande échelle dans la capitale, d'où le dicton montmartrois : « Il y a bien plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! »[1]

Georges Cuvier (1769-1833) tira des carrières de Montmartre le bloc de gypse dans lequel il découvrit les ossements fossiles de la sarigue, nommée « sarigue de Montmartre », et donna ainsi naissance à la paléontologie.

Lors de la Commune de Paris, les carrières de Montmartre furent transformées en lieu d'exécution et en fosses communes. Elles furent par la suite remplacées par le cimetière de Montmartre, et ont donné son nom à l'actuel quartier des Grandes-Carrières.

Aujourd'hui, ces carrières ont été presque entièrement comblées ou foudroyées. Le foudroyage consiste à provoquer l'effondrement naturel, pour le faire survenir à un moment connu et après avoir sécurisé les alentours. Le principe est le même que pour les avalanches en montagne. La technique consiste à faire exploser un tonneau de poudre dans chaque pilier de sorte que la colline se tasse. Le foudroyage était entrepris lorsqu'il était projeté de lotir et bâtir les quartiers concernés[2]. Cependant, quelques vides inaccessibles subsistent encore sous certaines rues, provoquant parfois des effondrements ou des glissements[réf. nécessaire].

Littérature[modifier | modifier le code]

Les carrières de Montmartre jouent un rôle dans le roman en prose Jourdain de Blaves (Jourdain de Blaye) qui date de la fin du XVe siècle et qui a été conservé par deux éditions du XVIe siècle, dues au imprimeurs parisiens Michel le Noir et Jehan Bonfons :

« Et quant Formont le sceut, il fut fort esbahy et dist qu'il ne s'en pourroit aller a son païs. Or oyez comme le traïstre scet trouver d'alongement. Il saillit hors de Paris si secrettement tout seul et s'en alla vers Mont Martre et se bouta a une karriere que on avoit minee pour avoir la pierre de dedans. Il porta tant de paille que il se povoit bien coucher dessus. Et la y fut tant le traïstre vivant de ce qu'il povoit desrober aux pa[s]toureaulx, car quant il les veoit disgner il leur roboit leur boire et leur manger, et y fut si longuement que le roy d'Escosse retourna de Gardes. »

Michel le Noir, Paris 1520, fueillet .lix. verso

Elles apparaissent également dans le roman Paris d'Edward Rutherfurd.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.tao-yin.com/arts_classiques_tao/montmartre.htm
  2. Jean-François Matteudi et Marc Viré in Barbara Glowczewski et al., « La Cité des cataphiles : Mission anthropologique dans les souterrains de Paris », coll. Sociologies au quotidien, Librairie des Méridiens, (ISBN 9782865630745), 1983, p.48.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]