Rue Lepic

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18e arrt
Rue Lepic
Partie haute de la rue Lepic avec le Moulin-de-la-Galette en arrière-plan.
Partie haute de la rue Lepic avec le Moulin-de-la-Galette en arrière-plan.
Situation
Arrondissement 18e
Quartier Grandes-Carrières
Début Boulevard de Clichy
Fin Place Jean-Baptiste-Clément
Morphologie
Longueur 755 m
Largeur 10 à 14 m
Historique
Dénomination 24 août 1864
Ancien nom Rue de l'Empereur, rue Royale
Géocodification
Ville de Paris 5523
DGI 5595

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Lepic
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Rue Lepic est une voie située dans le quartier des Grandes-Carrières du 18e arrondissement de Paris. C'est l'une des rues les plus renommées de la butte Montmartre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancienne rue de la commune de Montmartre, cette voie provient de la rectification et de l'aménagement de plusieurs chemins de terre et sentiers conduisant de la barrière Blanche place Blanche au haut de la butte Montmartre.

Un jour de l'année 1809, Napoléon Ier décide de se rendre à l'église Saint-Pierre de Montmartre pour voir le télégraphe Chappe qui y est installé. À cette époque, l'accès à l'église ne peut se faire que par le Vieux Chemin, actuelle rue Ravignan. Ce chemin est en très mauvais état et l'Empereur est contraint de finir à pied, laissant son cheval à la hauteur de l'actuelle place Emile-Goudeau. Le curé lui signale l'intérêt de créer une voie ayant une pente plus adaptée à la circulation. L'Empereur lui donna satisfaction en créant l'actuelle rue Lepic.

D'abord dénommé chemin Neuf, le chemin Vieux étant l'actuelle rue Ravignan, cette voie prit en 1852 le nom de rue l'Empereur et en 1864 celui du général Louis Lepic[1] (1765–1827), qui se distingua à la bataille d'Eylau en 1807.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • Au no 1 : hôtel Beauséjour, où s'installent le peintre Jules Pascin (1885-1930) et sa maîtresse Hermine David de 1907 à 1909[2].
  • Au no 11 : le club de jazz Autour de Midi[3].
  • Au no 15 : le Café des 2 Moulins, où furent tournées des scènes du film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.
  • Au no 25 : emplacement du cabaret de La Vache enragée en 1910. Le sculpteur Paul Vannier a vécu à cette adresse.
  • Au no 50 : le chansonnier Jehan Rictus y habita de 1918 à 1933.
  • Au no 53 : Jean-Baptiste Clément, auteur de la chanson Le Temps des cerises y a vécu en 1880 après le retour des communards exilés. Il alla ensuite habiter en 1891 au no 110. Domicile de Pierre Jacob, poète et chansonnier, auteur de la chanson Rue Lepic[4] chantée par Yves Montand.
  • Au no 54 : le peintre Vincent van Gogh et son frère Théo habitèrent au troisième étage de 1886 à 1888. Au premier étage s'était installé le marchand-brocanteur Alphonse Portier. Le peintre Armand Guillemin a également habité au premier étage. Une plaque y est apposée.
  • Au no 56 : siège de Vandoren, manufacture de becs et anches pour clarinettes et saxophones, fondée en 1905 ; l'immeuble a été construit en 1931.
  • Au no 57 : l'acteur Michel Beaune y est mort.
  • Au no 59 : emplacement du Moulin de la Fontaine-Saint-Denis construit en 1724. Le peintre Charles Léandre y a logé en 1910.
  • Au no 64 : le dessinateur satirique Jean-Louis Forain y habita en 1910.
  • Au no 65 : entre ce numéro et le no 21 de l'avenue Junot, emplacement du Moulin Neuf construit en 1741.
  • Au no 66 : la salle du Grenier jaune, où eurent lieu des représentations du laboratoire théâtral Art et Action[5].
  • Au no 68 : le poète Paul Fort s'installa aux environs de 1900 au rez-de-chaussée en compagnie de la poétesse Margot-mon-Page avant de vivre rue Gay-Lussac.
  • Au no 72 : atelier du peintre Félix Ziem qui y est mort. Le sculpteur roumain Victor Brauner y a installé son atelier. Le poète, traducteur et critique français Yves Bonnefoy y a vécu.
  • Au no 73 : entre ce no  et le no 13 de l'avenue Junot, emplacement du Moulin Vieux, premier des moulins édifiés en haut de la butte (déjà cité en 1591) puis disparu en 1860.
  • Au no 77 : le Moulin de la Galette et le Moulin Radet.
  • Aux nos 85 et 87 : emplacement du Moulin de la Petite Tour ou de la Tour à Rollin, construit en 1647.
  • Au no 87 : un des nombreux lieux d'habitation à Montmartre, après 1882, du peintre Adolphe Willette.
  • Au no 89 : le romancier et dramaturge Georges Courteline, y habita.
  • Aux no 89 à no 93 : emplacement du Moulin de la Vieille Tour construit en 1623.
  • Aux no 95 à no 99 : emplacement du Moulin du Palais construit en 1640. La guinguette qui lui était annexée fut célèbre en 1712.
  • Au no 96 : immeuble peint par Vincent van Gogh où est né le peintre Gen Paul.
  • Au no 98 : l'écrivain Louis-Ferdinand Céline y emménage en 1929[6] avec la danseuse Elizabeth Craig. Céline y écrit ses deux plus importants romans Voyage au bout de la nuit (1932) et Mort à crédit (1937). Il y vit jusqu'en 1941, puis déménagea au no 4 rue Girardon.
  • Au no 100 : sur le toit, ancien observatoire construit en 1860 par le docteur autrichien Gruby[7]. Maison habitée par Jean Baptiste Clément en 1891.
  • Au no 102 : emplacement approximatif du Moulin de la Grande Tour construit en pierre et disparu avant la Révolution française.


Variétés[modifier | modifier le code]

  • En septembre 1960, Fernand et Jackie Sardou ouvrent le cabaret Chez Fernand Sardou en lieu et place du cabaret Belzébuth. Le chanteur Michel Sardou y fera ses débuts tout d'abord comme serveur.
  • Dans le film La Traversée de Paris du réalisateur Claude Autant-Lara, c'est dans cette rue que Martin et Grandgil, doivent, durant l'Occupation et en pleine nuit, transporter un cochon dépecé destiné au marché noir,
  • Dans le film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, Amélie travaille au Café des 2 Moulins situé au no 15 de la rue Lepic.
  • Dans les années 1950–1960 avait lieu une course de lenteur réservée aux véhicules automobiles. Le vainqueur était celui qui avait mis le plus de temps pour rejoindre l'arrivée.
  • Bernard Dimey a écrit et clamé un poème intitulé Au Lux-bar. Il y décrit l'ambiance d'un troquet de la rue Lepic.
  • Louis Renault a gagné un pari et obtint son premier gros succès commercial[8] en gravissant au volant de sa petite voiture et devant une foule épatée, toute la rue Lepic. C'était le soir de Noël 1898, et "Monsieur Louis" repartit avec 12 commandes.
  • Rue Lepic, des chansons consacrées à la rue :

Accès[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire historique des rues de Paris, Jacques Hillairet, éditions de Minuit, pp. 38–39
  2. André Roussard, Les peintres à Montmartre, Paris, 1999, Éditions A. Roussard, p.458.
  3. (en) Insérer ici un texte non formatéenues 10 of the best live music venues in Paris dans The Guardian du 6 mai 2011.
  4. Plaque commémorative sur la façade du no 53.]
  5. Michel Corvin, Le théâtre de recherche entre les deux guerres: le laboratoire Art et Action, L'Âge d'Homme , 1970 : http://books.google.fr/books?id=N54_twMziJkC&pg=PA102&lpg=PA102&dq=%22grenier+jaune%22+rue+lepic&source=bl&ots=VfiLfysqlH&sig=rAxHRIVLjqLTIaDDTaWNnZaTrms&hl=fr&sa=X&ei=9K5qU-fWM4Kq0QWw7YGwDA&redir_esc=y#v=onepage&q=%22grenier%20jaune%22%20rue%20lepic&f=false
  6. Chronologie du volume I romans dans la Bibliothèque de la Pléiade, p. LXV, (ISBN 978-2-07-011000-1).
  7. Gino Appert, « Brèves d'histoire : l'ancien observatoire privé de Gruby », dixhuitinfo.com, (consulté le 16 août 2016)
  8. Qu'a donc fait Louis Renault pour se faire remarquer ? sur caradisiac.com .
  9. Vidéo de Rue Lepic d'Yves Montand sur YouTube.