Dominoterie

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La dominoterie est la conception, la fabrication ou le commerce de papiers peints et imprimés en couleur de motifs géométriques ou floraux que l'on trouve fréquemment autour des imprimés des XVIIIe et XIXe siècles[1]. Intéressant à la fois le spécialiste du livre ancien qui le place à côté des autres types de papier utilisés pour embellir un ouvrage (papiers à la colle, papiers dorés-gaufrés, papiers marbrés, etc.) et celui de l'image imprimée et de l'estampe qui lui le range avec les papiers de tenture, le papier dominoté est une production populaire et utilitaire révélant un monde d'artisanat encore dédaigné par l'historiographie de l'art[1].

Papier dominoté formant la couverture d'une brochure, XVIIIe siècle

Le dominotier est celui qui s'adonne à cette activité. Les dominotiers, réunis en corporation, avaient le droit de « fabriquer le papier marbré et tout autre papier diversement peint de figures que le peuple appelait autrefois domino[2] ». Les papiers sont donc imprimés à partir de motifs gravés en taille d’épargne sur du bois et imprimés en couleurs (xylographie). Plusieurs passages peuvent être possibles pour obtenir une impression en plusieurs couleurs[3]. Le métier de dominotier se confond souvent avec celui de cartier, les deux métiers utilisant la gravure en bois et le coloriage au pochoir pour leur production populaire[4]. De plus, papiers de tenture et dominos se confondent également  : les feuilles fautives ou les chutes de papier du premier sont réutilisées pour couvrir les livres[1]. Cependant, malgré son bas coût, le papier dominoté n'est guère utilisé dans l'édition populaire, les livres populaires se contentant d'une couverture unie[4],[1].

Le mot Dominotiers a aussi été utilisé très circonstanciellement pour désigner les membres d'une association de joueurs de dominos fondée par le sculpteur Dantan le Jeune vers 1838.

Le papier dominoté servait à doubler les coffres, les armoires, les tiroirs, ainsi qu'à garnir les cartons à chapeaux et à décorer les cheminées. Il servira progressivement à décorer les murs des garde-robes, chambres de domestiques, encoignures et intérieurs de meubles. Dans le domaine du livre ancien, ces simples couvertures à bas prix sont plus rares que les reliures de veau, voire de maroquin[1], ce qui s'explique en partie par leur fragilité, mais aussi par le fait que pendant très longtemps, à l’instar de nombreuses autres productions populaires, elles n’ont pas du tout intéressé les collectionneurs.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Papillon, Traité historique et pratique de la gravure en bois, 1766.
  • Marie-Ange Doisy, De la dominoterie à la marbrure, Paris, 1996, pp 60-70.
  • Christophe Beauducel, L'Imagerie populaire en Bretagne aux XVIIIe et XIXe siècles, Rennes, 2009, 498 p. (De nombreuses remarques générales).
  • André Jammes, Papiers dominotés : traits d'union entre l'imagerie populaire et les papiers peints (France, 1750-1820), Paris, éd. des Cendres, 2010, 560 p. (ISBN 978-2-86742-176-1).
  • Marc Kopylov, "Papiers dominotés français. Ou l'art de revêtir d'éphémères couvertures colorées livres et brochures entre 1750 et 1820",Paris, éd. des Cendres, 2012, 404 p. (ISBN 978-2-86742-207-2).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Rémi Mathis, « Redécouvrir le papier dominoté » dans Nouvelles de l'estampe, n°235, 2011, p 62-63
  2. Dictionnaire de Furetière
  3. Ch. Galantaris, Manuel de bibliophilie, Paris, Ed. des Cendres, 1997
  4. a et b André Jammes, Papiers dominotés : traits d'union entre l'imagerie populaire et les papiers peints (France, 1750-1820) ; cf. bibliographie.