Montagne d'or (mine)

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Montagne d'Or
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Ressources
Exploitant
Compagnie Montagne d'Or (Colombus Gold / Nordgold)
Ouverture
2022 (prévisionnel)
Situation
Coordonnées
Localisation sur la carte de Guyane
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La Montagne d'Or (ou mine de la Montagne d'Or) est un projet d'exploitation minière d'une concession aurifère de l'Ouest de la Guyane française porté par la Compagnie Minière Montagne d'Or[1], une co-entreprise associant la société junior canadienne Colombus Gold, chargée de l'exploration, et la société russe Nordgold, chargée de l'extraction.

Le projet Montagne d'Or est contesté par les organisations amérindiennes et par le collectif Or de question[2].

Situation géographique et géologique[modifier | modifier le code]

Carte de la Guyane avec la localisation du projet de mine "Montagne d'Or" entre les deux réserves biologiques intégrales

Les concessions minières liées à l'exploitation de la "Montagne d'Or" se situent sur la commune de Saint-Laurent du Maroni, dans le département d'outre-mer français de Guyane. Ils se trouvent dans la province géologique de Mana–Iracoubo, dans le bassin du fleuve Mana qui a son embouchure près de l'estuaire du Maroni, entre les villages d'Awala-Yalimapo et de Mana.

Le gisement de Montagne d'Or se trouve dans la zone dite "Paul Isnard", région composée de roches du Paléoprotérozoïque, et plus précisément du Rhyacien. Il s'agit de roches volcaniques, des basaltes et des rhyolites, qui appartiennent à la ceinture de roches vertes du Paramaca. Ils existent également quelques niveaux sédimentaires. Ces roches correspondent aux parties rodées d'une séquence d'arc volcanique, formé entre 2,18 et 2,13 milliards d'années. Au cours de la formation de la chaîne de montagne transamazonienne, ces roches ont été plissées pour former des synclinaux séparés par un ensemble de granites de composition sodique, le complexe central de TTG (Tonalite, Trondhjémite, Granodiorite), daté entre 2,15 et 2,12 milliards d'années.

Sur ce secteur, les roches volcaniques sont composées de laves en coussins, témoignant d'éruptions sous-marines et de roches felsiques, témoignant d'éruptions volcaniques explosives. L'ensemble est recoupées par des intrusions de roches granitiques et des dykes de diabase tardif. Elles ont été fortement déformées selon une direction Est-Ouest. Une forte schistosité témoigne de l’aplatissement des roches dans une zone de déformation. Le métamorphisme régional varie du niveau des schistes verts supérieurs à celui des amphibolites inférieurs. La minéralisation forment deux zones principales, et deux zones secondaires. Elles est disposées sous forme disséminée ou sous forme de veinules. L'or est associé à de la pyrite, de la pyrrhotite et de la chalcopyrite, dans une zone riche en chlorite et séricite.

Le secteur minier "Paul Isnard" à proprement parler se situe au sud de la ville de Saint-Laurent du Maroni à laquelle il est relié par une route forestière de 120 km, passant par la Croisée d’Apatou. Il est situé à 180 km à l’ouest de Cayenne [3].

La zone minière se situe dans une zone de type 2 du Schéma Départemental d’Orientation Minière de 2011[réf. souhaitée], une zone autorisée pour toutes activités de prospection et d’exploitation, mais soumis à de strictes contraintes compte tenu de la sensibilité des milieux . Elle se trouve au sein d'une réserve biologique dirigée, au nord de la réserve biologique intégrale de Dékou-Dékou, et au sud de celle de Lucifer, zones où l’activité minière est interdite[4].

Historique du projet "Montagne d'or"[modifier | modifier le code]

L'exploitation de l'or en Guyane existe depuis le milieu du xixe siècle. Aujourd'hui, l'or est extrait soit de manière légale, soit de manière illégale et clandestine, directement dans la roche mère ou bien dans le lit des rivières. Les conséquences environnementales de l'exploitation illégale (mercure, déforestation...) sont nombreuses et impactent en premier lieu les populations autochtones. Plusieurs gisements potentiels, plus importants et plus profonds ont été pressentis [5] depuis les années 2000, dont celui de la Montagne d'Or confirmé par plus d’une cinquantaine de forages au diamant principalement réalisés par ou pour Guyanor et Golden Star Resources de 1996 à 1998[réf. souhaitée][6].

Avant 2008 Exploitation de l'or alluvionnaire et premières explorations[modifier | modifier le code]

Historique des entreprises propriétaires du secteur Paul Isnard entre 1994 et 2017

Le site aurifère "Paul Isnard", du chercheur d'or du même nom, comprend des concessions minières exploitées depuis le XIXe siècle. La découverte d'or alluvionnaire dans la région daterait de 1873 [7]. Elles sont gérées jusqu'en 1987 par la Compagnie Minière des Placers de l'Inini (COTMIG) sur les sites de Citron et Paul Isnard. De 1986 et 1997, la Société de travaux publics et de mines aurifères en Guyane (SOTRAPMAG) continue à exploiter l’or alluvionnaire et y installe une base vie dans le village de Citron, qui compte 150 personnes, avec une école et une infirmerie[7]. La société Guyanor est créée en 1993[8] et rachète en 1994 la SOTRAPMAG, propriétaire de 8 concessions minérales sur le site de Paul Isnard valables jusqu'au 31 décembre 2018. Elle y exploite l'or alluvionnaire jusqu'en 1997, enregistrant chaque année des pertes d'exploitation[9]. Cependant entre 2000 à 2008, la COTMIG continue l'exploitation en payant une redevance à la SOTRAPMAG[10].

Entre 1975 et 1995 le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a réalisé pour le compte du Ministère de l’Industrie un inventaire minier de la Guyane[7]. En 1976, il repère pour la première fois des traces d'or dans le sol du secteur[7]. Il s’est recentré sur la recherche de minéralisations en or au début 1980. Il fait état de traces discrètes d' « hydrothermalisme précoce transposé par les tectoniques ultérieurs sont soupçonnées par le BRGM dans le secteur de la Montagne d'or dans la région de Paul-Isnard »[5] où des « disséminations sulfurées et minéralisations discordantes polymorphes »[5] peuvent évoquer la présence de filons d'or. (p. 16) Ces gisements primaires nécessitent néanmoins pour leur mise en exploitation « une forte capacité industrielle » rappelait en juillet 1995 le BRGM[5].

Entre 1994 et 1998, puis en 2001, 200è et 2008 [7], la société Golden Star Resources et sa filiale Guyanor[11] continuent l'exploration, notamment au moyen de forages au diamant[6], et identifient un gisement aurifère potentiel important sur le site Montagne d′Or[10],[7]. En 2004 une restructuration entre Golden Star Resources et Guyanor se met en place, ce dernier ayant des soucis financiers[réf. souhaitée][12], et en 2005 Guyanor devient EURO Ressources[13]. En 2008, elle rachète ses part et se dissocie de Golden Star.

2008-2010 Renouvellement du permis exclusif de recherche et transferts de la concession[modifier | modifier le code]

En 2008, le groupe EURO Ressources, au travers de la SOTRAPMAG, demande le renouvellement du Permis Exclusif de Recherches (PER) pour le site Paul Isnard d'une superficie de 140 km2, attenante aux 8 concessions de minerai, elles aussi détenues par le groupe[10]. Ils s'engagent dans le même temps à investir 600 000 supplémentaires en dépense d′exploration[10].

En novembre 2009, EURO/SOTRAPMAG concluent un accord à l'amiable avec Golden Star Resources concernant un litige sur la propriété du site Paul Isnard. Cet accord comprend le transfert de la SOTRAPMAG, demandeuse du Permis Exclusif de Recherches, à Golden Star Resources en échange d'une redevance sur la production en or du site de Paul Isnard. Cette redevance est égale 10% de la production (jusqu'à 2 millions d'onces) et 5% de la production (entre 2 et 5 millions d'onces) multiplié par la différence entre le prix du marché de l'or et 400 $[14]. En décembre 2009, Golden Star Resources notifie EURO que le PER sera transféré à un tiers-parti: la SA Auplata. La transaction est estimé à 1 500 000 $ (750 000 $ pour le permis et 750 000 $ pour les concessions)[14]. La société Auplata présidée par Jean-François Fourt, également président de de la société minière Luxembourgeoise OSEAD[15] active en Afrique.

2010-2014 Exploration par Columbus Gold[modifier | modifier le code]

Dès 2010, SOTRAPMAG entreprend un programme d'exploration par carottage du gisement[16]. Entre décembre 2010 et l'été, Auplata signe une joint-venture avec la société d'exploration et de développement aurifère canadienne Columbus Gold qui se transforme en rachat complet des concessions Paul Isnard par cette dernière[17],[18]. La SOTRAPMAG devient donc une filiale à 100% de Columbus Gold[16].

Entre 2011 et 2013, Columbus Gold mène des travaux d’exploration minière plus poussés sur le filon de la Montagne d'or[7]. Fin 2012, Columbus Gold termine la 1re partie d’une série de sondages supplémentaires de prospection (15 824 m de carottage répartis en 45 sondages[19]) et conclut sur la base des méthodes d’estimation[réf. souhaitée][20], que le potentiel du site avait été sous-estimé (de 184 % selon l’entreprise[21]).

En 2013, Auplata détient encore près de 30% des parts de Columbus Gold[22] et ne se départira de la totalité que début 2016[23]. En septembre 2013 de cette année, Columbus Gold signe un accord (entente d'option[24]) avec Nordgold qui permettra à Nordgold de devenir actionnaire majoritaire (en acquérant 50,01 % des parts du projet « Montagne d'Or » et de certains autres titres miniers du projet Paul Isnard) et en échange d’un apport d’au moins 27 millions de dollars sur 3 ans[25], et moyennant un paiement à Columbus Gold de 4,2 millions de dollars en espèces au plus tard le 21 mai 2014. Ces 4,2 millions de dollars constituent une contrepartie de l'achat par Columbus Gold d'une redevance sur le projet aurifère de Paul Isnard.

En novembre 2013, la société EURO Ressources transfert à Columbus Gold ses droits sur la redevance due par Auplata (selon l'accord signé avec Golden Star Resources) en échange de liquidités, revenu net de fonderie et des parts dans la société Columbus Gold. Fin 2016, EURO détenait approximativement 13.4% des parts de Columbus Gold[26].

2014-2017 Études par Columbus Gold[modifier | modifier le code]

En 2015, sur la base des résultats d’une campagne de sondages par forage (« maille de forage aux 50 mètres sur toute l'étendue latérale du gisement et jusqu'à une profondeur verticale de 200 mètres, et inclut des forages aux 25 mètres sur certains secteurs prioritaires. » [27]) Colombus Gold finalise l'évaluation économique préliminaire du gisement [7]. Ce projet est présenté par ses promoteurs comme pouvant devenir la plus grande mine d’or de Guyane [27].

Fin 2015, la compagnie Iamgold lance une OPA et devient propriétaire à près de 90% de la société EURO Ressources[28],[29]. Début 2016 la société Auplata reçoit la gestion de 7 des 8 concessions de la Montagne d'Or par amodiation de la SOTRAPMAG[30],[31],[32]. En juillet 2016, la SOTRAPMAG, qui exploite et explore le site depuis des décennies pour plusieurs entreprises-mère, et filiale de Columbus Gold depuis 2010, prend le nom de "Compagnie Minière Montagne d’Or"[7].

En juillet 2016, la "Compagnie Minière Montagne d'Or" se voit attribué deux nouveaux permis exclusifs de recherche ( dit « Permis Bernard » - 29 km2 et « Permis Cigaline » 24,4 km2) sur les zones adjacentes à concession entourant le camp "Boeuf Mort" pour une durée de 5 ans. L'objectif pour la compagnie est d'étudier si le filon aurifère s'étend vers l'Est ou l'Ouest. Sur cette période, la société s'est engagée à investir respectivement 675 000 euros et 930 000 euros sur les permis "Bernard" et "Cigaline" [33].

En 2017 est publiée une étude de faisabilité qui démontre la possibilité de développement d'une exploitation minière à ciel ouvert susceptible de produire 237 000 onces d'or d'or par an (environ 7,3 tonnes d'or) pendant les 10 premières années à une teneur moyenne de 1,73 g/t[34].

2017-2018 Demandes d'autorisation et débats publics[modifier | modifier le code]

Or alluvionnaire[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 2017 est ouverte une enquête publique relative à la demande d’autorisation d’ouverture de travaux miniers (AOTM) concernant l’exploitation d’or alluvionnaire par la Compagnie Minière Montagne d’Or sur la concession n° 215-C02/46, pour une durée d'un mois[35]. Le 20 juillet elle est prolongée de 4 semaines, jusqu'au 25 aout inclus[36]. La période choisie pour cette enquête publique est contestée par les associations environnementales et des populations autochtones [37]. Le commissaire enquêteur organise par ailleurs une réunion publique en présence d'un représentant de la compagnie minière le 27 juillet[38]. Cette dernière a « viré à la cacophonie », les critiques concernant essentiellement le projet de mine industrielle et non l'exploitation de l'or alluvionnaire[39].

Mine industrielle à ciel ouvert[modifier | modifier le code]

Le dossier de demande d'autorisation pour la mine industrielle devrait être déposé par la Compagnie Montagne d'Or au quatrième trimestre 2017[40]. La compagnie Montagne d'or promet également un débat public au quatrième trimestre 2018 [41]. L'instruction des dossiers devrait se faire entre fin 2017 et début 2019[42]

Exploitation[modifier | modifier le code]

Le début de l'extraction par la Compagnie Minière Montagne d'Or est prévu en 2022[43].

Caractéristiques du site d'exploitation[modifier | modifier le code]

Ensemble de concessions "Paul Isnard"[modifier | modifier le code]

Carte détaillée des 10 concessions et des 2 PER

Dix concessions minières entourent le projet "Montagne d'Or", dont 8 appartiennent au binôme Colombus Gold/Nordgold (7 étant gérées par la société Auplata, et deux appartiennent à la société Tanon[44]. La superficie additionnée de ces concessions, toutes valables jusqu'au 31 décembre 2018, mesure environ 150 km2[44]. La concession visée essentiellement pour l'exploitation industrielle du filon est la plus au Sud (no 215 - C02/46), qui comprend le camp de ""Boeuf mort"[45]. La "Compagnie de la Montagne d'Or" a par ailleurs deux permis exclusifs de recherches sur les zones dites "Bernard" et "Cigaline"[33]

Propriétaire En gestion[30] Numéro de concession Date d'octroi[44] Date de validité[44] Superficie approximative[30],[44] Acte institutif[30]
Compagnie Montagne d'Or amodiation au profit d'Auplata no 692 - C01/19 10/10/1919 31/12/2018 1,2 à 1,32 km2 Décision du 10 octobre 1919 du Gouverneur de la Guyane française instituant le permis d'exploitation de placer no 692
Compagnie Montagne d'Or amodiation au profit d'Auplata no 25 - C02/24 27/11/1924 31/12/2018 4,53 à 5 km2 Décision du 27 novembre 1924 du Gouverneur de la Guyane française, instituant la concession de mines de 3e catégorie no 25
Compagnie Montagne d'Or amodiation au profit d'Auplata no 214 (225?) - C01/46 21/05/1946 31/12/2018 17,41 à 18,47 km2 Arrêtés du 21 mai 1946 du Gouverneur des Colonies, Gouverneur de la Guyane française et du Territoire de l'Inini, instituant les concessions de mines d'or no 214, 215 et 216.
Compagnie Montagne d'Or - no 215 (226) - C02/46 21/05/1946 31/12/2018 16,07 km2 Arrêtés du 21 mai 1946 du Gouverneur des Colonies, Gouverneur de la Guyane française et du Territoire de l'Inini, instituant les concessions de mines d'or no 214, 215 et 216.
Compagnie Montagne d'Or amodiation au profit d'Auplata no 216 - C03/46 21/05/1946 31/12/2018 22,65 à 23,92 km2 Arrêtés du 21 mai 1946 du Gouverneur des Colonies, Gouverneur de la Guyane française et du Territoire de l'Inini, instituant les concessions de mines d'or no 214, 215 et 216.
Compagnie Montagne d'Or amodiation au profit d'Auplata no 217 - C01/48 14/06/1948 31/12/2018 24,5 à 25 km2 Arrêtés du 14 juin 1948 du préfet de la Guyane française instituant les concessions de mines d'or no 217, 218 et 219
Compagnie Montagne d'Or amodiation au profit d'Auplata no 218 - C02/48 14/06/1948 31/12/2018 25,73 km2 Arrêtés du 14 juin 1948 du préfet de la Guyane française instituant les concessions de mines d'or no 217, 218 et 219
Compagnie Montagne d'Or amodiation au profit d'Auplata no 219 - C03/48 14/06/1948 31/12/2018 24,82 à 25 km2 Arrêtés du 14 juin 1948 du préfet de la Guyane française instituant les concessions de mines d'or no 217, 218 et 219
Tanon - no 102 C01/32 28/12/1932 31/12/2018 5 km2
Tanon - no 145 C01/33 20/11/1933 31/12/2018 6,23 km2
Compagnie Montagne d'Or - PER Cigaline 6/07/2016 6/07/2021 24,4 km2 Arrêté du 6 juillet 2016 accordant un permis exclusif de recherches de mines d’or et de substances connexes (cuivre, zinc, plomb, argent et molybdène) dit « Permis Cigaline» (Guyane)[46]
Compagnie Montagne d'Or - PER Bernard 6/07/2016 6/07/2021 29 km2 Arrêté du 6 juillet 2016 accordant un permis exclusif de recherches de mines d’or et de substances connexes (cuivre, zinc, plomb, argent et molybdène) dit « Permis Bernard» (Guyane)[47]

Concession C02/46[modifier | modifier le code]

La concession visée se situe au bout d'une piste de 125 kilomètres depuis Saint-Laurent-du-Maroni et est aussi accessible par avion (1h de trajet depuis Cayenne) avec une piste d’atterrissage située à Camp Citron [7].

Gisement d'or[modifier | modifier le code]

Filon (3g d'or/tonne et projet d'excavation sur le site "Montagne d'Or"

Le Bureau de recherches géologiques et minières mentionne le nom de «Montagne d'or» pour l'un de ses prospect dès les années 1950 [48] et ce nom est gardé par la société Colombus Gold qui veut exploiter ce gisement.

Le gisement de la Montagne d'or est un amas sulfuré (formé en association avec des volcans sous-marins), formant un gisement rare et souvent complexe (au contraire d'un filon d'or, faille remplie de dépôts minéraux, plus simples, plus petits et plus riches en or) [49]. L'exploitation du gisement primaire nécessaire d'extraire la roche, de la broyer et de séparer l'or des autres mineraux [49].

La quantité que pourrait produire la mine, ainsi que la qualité de l'or ont évolué au cours du temps:

  • En 2013, une estimation publiée par Columbus Gold évoquait un potentiel de 5,37 tonnes d'or[27].
  • En 2015, Guyane 1re annonce une évaluation à 150 t, précisant qu'il s'agit de l'équivalent de la production totale officielle de toutes les mines de Guyane de 1985 à 2015[3].
  • En 2015 le porteur du projet annonce « 83,2 millions de tonnes de minerai titrant 1,45 gramme d'or par tonne (3,9 millions onces) selon une teneur de coupure de 0,4 gramme par tonne (0,4 g/t Au), et les ressources Inférées représentent 22,4 millions de tonnes de minerai titrant 1,55 gramme d'or par tonne (1,1 millions onces) selon une teneur de coupure de 0,4 gramme par tonne », soit un potentiel identifiées (selon l’évaluation faite à partir des sondages) de 155 tonnes d’or métal (= 5 millions d’onces) , et peut être (selon lui) «  deux fois plus  »[21].
  • En mai 2017, selon Columbus Gold, les ressources mesurées et indiquées sont estimées à 3,85 millions d'onces d'or, soit 85,1 millions de tonnes de minerai à 1,401 g/t, et les ressources inferrées sont estimées à 960 000 onces, soit 20,2 millions de tonnes à 1,484 g/t[34],[49].

La compagnie Nordgold espère tirer un bénéfice de 370 millions d’euros grâce à plus de 85 tonnes extraites d’or sur 20 ans[50].

Projet de la "Compagnie Montagne d'Or"[modifier | modifier le code]

Projet d'exploitation de l'or secondaire[modifier | modifier le code]

Description du projet[modifier | modifier le code]

Carte de l'exploitation d'or secondaire prévue sur 3 zones, ainsi que les sites prospectés par l'étude d'impact, au Nord du projet d'excavation de la mine à ciel ouvert

Un projet d'exploitation de l'or secondaire (alluvionnaire) devrait s'étendre sur un kilomètre carré, réparti en 3 zones sur la concession n° 215 - C02/46, au nord du projet d'excavation[51].

L'exploitation de l'or alluvionnaire devrait être gérée par l'entreprise locale Atenor[52] qui précise qu'« il n’y a aucune corrélation entre l’AOTM Boeuf-Mort et le Projet Montagne d’or » mais que les titres miniers se terminant en fin 2018 « il faut prouver qu’il y ait une ressource minière (...) pour justifier une petite présence d’or afin de poursuivre leur projet »[52]. Le Collectif "Or de question" dit « s’interroger sur les réelles motivations de cette demande (…) réservée aux artisans, mais sollicitée par une multinationale » [37].

La DEAL Guyane, pour le compte de l'autorité environnementale, a émis le 30 décembre 2016 un avis sur le projet d'exploitation de l'or secondaire[35]. Elle souligne la présence d'enjeux forts à très forts vis à vis de la faune et la flore (espèces endémiques, rares, protégées...), des milieux naturelles (présence de forêt primaire malgré une partie dégradée), d'un risque naturel lié à l'instabilité des versants du massif Dekou-Dekou, d'un couloir écologique entre les deux réserves intégrales situées au nord et au sud, et de la qualité des eaux superficielles (notant que la plupart des criques sont déjà dégradées par l'activité aurifère précédente)[53].

Étude d'impact et enquête publique[modifier | modifier le code]

Durant l'été 2017, une enquête publique relative à la demande d’autorisation d’ouverture de travaux miniers (AOTM) concernant l’exploitation d’or secondaire par la Compagnie Minière Montagne d’Or sur la concession n° 215-C02/46 a été publiée[35],[36].

Les principaux impacts, relevé par l'autorité environnementale à partir du dossier d'étude d'impact sont: « la destruction d'habitat et l'appauvrissement de la faune aquatique, le déboisement de 7 hectares de forêt primaire, le dérangement de l'avifaune et des mammifères, la modification du cortège d'espèces, l'érosion suite aux défrichement, l'augmentation des matières en suspension dans l'eau, la remobilisation de mercure, le risque de pollution, la dérivation des cours d'eau »[53]. Les mesures proposées par la Compagnie Montagne d'Or pour supprimer, réduire et si possible compenser ces impacts, et relevés par l'autorité environnementale sont: « l'évitement des zones les plus préservées, la limitation du défrichement, l'interdiction de la chasse, la conservation de la terre végétale et le stockage des andains, le comblement des fosses et la replantation (pour les zones non destinées à être réutilisées), la réhabilitation au fur et à mesure de l'exploitation, le nettoyage du site et la suppression de toutes les structures en fin d'exploitation, l'évitement de la partie amont préservée d'un des cours d'eau, [l'utilisation de] circuit fermé, [l'utilisation de] dérivation évitant les sections rectilignes supérieures à 50m et les berges verticales, [l'utilisation de] bassins de décantation »[53]. L'autorité environnementale recommande par ailleurs la création d'une pépinière pour accompagner la revégétalisation des zones déboisées (indiquant que cet impact est sous évaluée par la compagnie) ainsi que d'effectuer la déforestation hors zone de nidification[53].

L'autorité environnementale souligne le manque occasionnel de lisibilité de l'étude d'impact et l'absence d'une appréciation des impacts de l'ensemble du programme de travaux dans le cadre du projet d'exploitation minière (mine à ciel ouvert) du secteur[53]. La compagnie Montagne d'or que cette demande est indépendant du projet d'exploitation de l'or primaire[54]. L'autorité environnementale conclut que ce projet n'entrainera pas d'impact supplémentaire important mais contribuera à augmenter l'état de dégradation du site (destruction d'habitats et dérangement d'espèces)[53].

Projet de mine industrielle[modifier | modifier le code]

Description du projet[modifier | modifier le code]

Considérée comme une mine à faible teneur en or, il est prévu d'exploiter le gisement par une mine à ciel ouvert[55]. Les infrastructures minières prévues par Colombus Gold devraient couvrir une surface de 8 km2[43]. La fosse prévue devrait être de 2,5 kilomètres sur 500 mètres pour une profondeur de 400 mètres[56]. Elle sera exploitée selon des paliers de 10 à 15 mètres de hauteur[55].

La méthode d'exploitation passe par le déboisement et le décapage de la zone, le creusement de la partie superficielle ((saprolite), jusqu'à 50 mètres) à la pelle mécanique, et le creusement de la roche dure à l'explosif [55]. Le sol de surface est mis de côté et stocké pour servir à la réhabilitation ultérieure du site. Les roches sont broyées, stockée sur le site [57], puis chargées sur des camions puis transportées jusqu’à l’usine de traitement[55].

Le traitement du minerai devrait se faire à proximité du site d'excavation[58], par cyanuration et gravimétrie, et permettre de récupérer jusqu'à 95% du minerai d'or [57]. La roche est réduite à l'état d'une poudre fine (inférieure à 100 micron), devrait être traitée par gravimétrie pour en extraire les particules les plus grosses, puis par cyanuration en cuve fermée[57]. La compagnie montagne d'or avance que les réactifs, dont le cyanure, seront recyclés, l'eau traitée et les roches entreposées dans un parc à résidu[57]. Les deux zones d'accumulation prévues seront isolées du sol par des géomembrane synthétiques étanches[58].

Étude d'impact et débat public[modifier | modifier le code]

Les travaux sont initialement estimés en mai 2017 à 266 millions d’euros puis réévalués en juillet de la même année, devant la Commission nationale du débat public, à 80 millions d'euros. France Nature Environnement y voit une manœuvre pour passer sous le seuil réglementaire demandant un débat public (150 millions d’euros)[56],[59].

Travaux[modifier | modifier le code]

L'installation d'une mine sur le filon de la Montagne d'or nécessite des moyens techniques et financiers importants, compte tenu d'un environnement climatique difficile (en saison des pluies particulièrement) et de la distance par rapport aux zones habitées (alimentation en électricité). Des investissement de plusieurs centaines de millions de dollars seront nécessaires pour le développement minier: amélioration de la piste entre St-Laurent du Maroni, énergie, construction des installations (usine de traitement, base vie) et mise en route de la mine. La mine pourrait être opérationnelle vers 2022[60].-->

Enjeux économiques et sociaux[modifier | modifier le code]

Le développement de ce projet minier s'insère dans le cadre économique de la Guyane, et en particulier de l'Ouest du territoire, où le taux de chômage atteint 22,3 %[61] en Guyane et 34,1 % à St Laurent du Maroni (2016). En 2017, l’étude de faisabilité économique a été finalisée. Les demandes relatives à l’exploitation du minerai primaire n'ont pas été déposées (juin 2017). Les retombées économiques pour l’état français ou la Guyane sont en cours d'évaluation: impôts indirects importants, rentrées fiscales directes plus limitées (car « actuellement (2015) la fiscalité sur l’or est très faible. »), contribution à l'émergence de filières industrielles dans l'Ouest de la Guyane. Le droit minier (Code minier français) et la fiscalité minière sont en cours de réforme en France.

Revenus publics[modifier | modifier le code]

D’après le journal les Échos « selon certaines hypothèses du projet  », l’entreprise pourrait verser annuellement plus de 5 millions d’euros de redevance aux collectivités locales (en incluant les cotisations sociales), 16 millions d’impôt sur les sociétés, et 30 millions de taxes sur les biens et services et de cotisations sociales[21]. Selon la Compagnie Montagne d'Or, les retombées peuvent comprendre 348 millions d’euros de cotisations sociales et 345 millions d’euros de retombées fiscales[50].

A contrario, le mécanisme de contribution au service public de l'électricité peut potentiellement couter 21M€ par an[réf. souhaitée] aux pouvoir publics sous forme de réduction des couts d'électricité aux exploitants de la mine (voir supra).

Emploi[modifier | modifier le code]

La Compagnie Minière Montagne d'Or a annoncé en juin 2017 que son projet pourrait créer 750 emplois directs et induire 3000 emplois pour la Guyane[62],[43]. Ces affirmations vont au-delà de ce qui était annoncé en 2015 et 2016[21],[63]. Selon la Compagnie Montagne d'Or, 57 métiers (pour la production, l’usine de traitement, le suivi environnemental, les services administratifs et la gestion de la base-vie [64]) sont concernés par les 750 emplois directs[43]. Ils annoncent leur objectif de recruter en priorité en Guyane[64]. Pour Carole Ostorero, de la Fédération des Opérateurs Miniers de Guyane, ces emplois indirects pourrait aussi recouvrir des « start-ups qui répondent au besoin de la mine » (utilisation du bois issu de la déforestation, ingénierie écologique et énergétique...)[63]. Les opposants au projet soutiennent le fait qu'une mine n'existe que durant une période donnée et les emplois également. L'environnementaliste surinamais Erlan Sleur, interrogé par le collectif "Or de question", répond que dans ce pays limitrophe les personnes recrutées localement lors de l'implantation d'Iamgold ont été licenciées deux ans après au profit de guyaniens considérés comme plus qualifiés[65].

Au titre de la responsabilité sociale et environnementale, la Compagnie Minière Montagne d'Or inclut dans son projet un volet de compensation en termes de responsabilité sociale. Dans ce cadre, la compagnie souhaite mettre en place un plan de formation comprenant des volets pour les ouvriers et ouvriers qualifiés, un volet au niveau licence professionnelle pour les techniciens et un volet pour la formation de cadres [37]. Elle souhaite former une centaine de personnes par an[66]. L'Université de Guyane lance de son côté à la rentrée 2017 une licence professionnelle « Valorisation des ressources du sous-sol »)[67],[66] et a reçu de la part de la compagnie un « kit contenant du matériel d’exploration » (échantillons de roches, marteaux, boussoles, loupes)[66] .

Acceptation sociale[modifier | modifier le code]

Selon la Compagnie Montagne d'or, on ne retrouve aucune population permanente autour du site minier, ni le long de la route d'accès (dès le kilomètre 20, à part un établissement touristique aux chutes Voltaire [7]. Les communautés locales les plus proches sont situées à Apatou, sur le fleuve Maroni, et à St-Laurent. Les impacts sur ces populations peuvent concerner la gestion des territoires de chasse et les risques environnementaux.[réf. souhaitée] Deux séries de consultation ont été réalisées en 2014 et 2016 à Cayenne et Saint Laurent du Maroni et une troisième est prévu à l'automne 2017[43]. Le WWF souhaite que le projet fasse l'objet de davantage de concertation, précisant qu'il « faut associer la population et les ONG à ce débat afin de pouvoir mesurer l’acceptabilité locale et sociale »[68].

Selon Michel Jebrak, géologue consultant de Columbus Gold, l'acceptation sociale de la mine est inversement proportionnelle à la distance entre celle-ci et la personne concernée[63].

L'Académie Sportive et Culturelle de Guyane, club cycliste de Matoury signe début aout un contrat de sponsoring avec la compagnie Montagne d'Or concernant le Tour de Guyane[69],[70],[71]. Rock Lefrançois, président de la Compagnie Montagne d'or a déclaré « nous souhaitons renforcer notre ancrage en Guyane », précisant qu'il allait mettre en place d’autres programmes de sponsoring et de contribution au développement économique, principalement dans l'Ouest guyanais[71].

Enjeux environnementaux[modifier | modifier le code]

La Compagnie Montagne d'Or met en avant une volonté de mettre en place une mine conçue « une approche socio-économique et environnementale responsable »[43]. Pou appuyer leur approche, Columbus Gold participe au groupe de travail mis en place par Emmanuel Macron pour définir « la mine du xxie siècle »[21], qui a donné lieu à un rapport publié en 2017[72].

Dans une région aux sols fragiles et au contexte écologique très riche mais vulnérable, (hot-spot de biodiversité) et au vu de l'ampleur de ce projet minier, des effets sur l’environnement sont inévitables. Ils nécessiteront (si le projet est validé et autorisé) des mesures de réduction, d'évitement et de compensation importantes.

Une étude d'impact environnemental doit préciser les impacts attendus et les mesures pour les éviter, réduire et compenser conformément au droit de l'environnement français et européen. Les autorités et les ONG étudieront avec attention ce document notamment parce que comme le souligne le journal Les Échos, la future mine est proche d’une réserve biologique intégrale[21].

Réhabilitation du site[modifier | modifier le code]

La compagnie Montagne d'Or affiche son souhaite de réhabiliter le site dès les premières années de production et assurera un suivi sur 30 ans[73].

Enjeux énergétiques[modifier | modifier le code]

L'énergie nécessaire à l'extraction, le transport et le broyage des minerai (constitué de roche dure, contrairement aux exploitations aurifères en Guyane jusqu'à présent) est estimée à 20 mégawatts par jour pour 2022, soit 20 % (selon l'association France Nature Environnement[74]) ou 8% (selon la Compagnie Montagne d'or [75]) de la production guyanaise de 2016 ou l'équivalent à la consommation journalière de Cayenne [76]. La Fédération des Opérateurs Miniers de Guyane demande que des investissements importants soient fait en matière d'installation énergétiques, et que la réécriture du Plan Pluriannuel de l’Énergie soit « favorable à l’implantation d’usines de production d’énergie »[63]. Elle soutient le fait que ces développements peut être structurant pour la région[63]. Le barrage hydroélectrique de Petit-Saut n'est pas en capacité de produire une énergie continue toute l’année, la saison sèche diminuant son rendement[77]. La construction d'un second barrage est une option envisagée[77], de même que la construction d'une centrale biomasse[76]. Selon le collectif "Or de question", « des demandes de rétrocession de 200 000 hectares de forêts primaires ont déjà été effectuées » pour alimenter une telle centrale [76].

Au Surinam voisin, les compagnies minières alimentent leurs mines par des sources renouvelables d'énergie construite pour l'occasion: le barrage de Brokopondo (retenue de 1 600 km2 produisant 180 mégawatts) pour Suralco et une ferme solaire pour Iamgold (5 mégawatts) [65]. Le collectif "Or de question" souligne le fait que ces barrages hydroélectriques produisent de grandes quantité de méthane à cause de la matière organique enfouie sous l'eau [65].

Le réseau électrique guyanais le plus proche est situé à plus de 120 kilomètres. Selon les sources, la construction d'une ligne électrique reliant le site de la mine au réseau régional serait prise en charge par la compagnie Montagne d'Or[60],[75] ou par la collectivité [76]. Il s'agirait d'une ligne 90 kV, similaire à celle reliant Saint-Laurent-du-Maroni et Cayenne.

En outre, en Guyane, les consommateurs d'électricité bénéficient d'un mécanisme de solidarité national (contribution au service public de l'électricité ou CSPE) qui leur permet d'accéder au tarif métropolitain (environ 0,1 €/kWh pour ce type de consommation industrielle) qui représente environ 50 % des charges réelles de service public d'électricité constatées en Guyane[réf. souhaitée] [78](0,22 €/kWh 190,2 M€ pour une consommation de 854 M (kWh)en 2012[79]). Pour un besoin annoncé de 20 MW (en continu) pour l'exploitation du site, la contribution financière de la CSPE s'élèverait à plus de 21 M€ par an soit 420 M€ sur 20 ans[réf. souhaitée], ce qui pose la question de la participation financière des opérateurs miniers au développement des infrastructures de production d'énergie du territoire guyanais.

Positionnements politiques et citoyens[modifier | modifier le code]

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Au niveau national[modifier | modifier le code]

En 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, visite le projet de site minier et soutient le développement d'une "mine responsable" sur le filon de la Montagne d'or[80]. Il annonce à cette occasion que le gouvernement "va tout faire pour qu'un projet de cette envergure puisse voir le jour"[81]. Sa collègue ministre de l'environnement, Ségolène Royal, précise quelques jours plus tard que ces propos n'engagent que lui et qu'il faudra vérifier les promesses de la compagnie minière concernant les 3000 emplois directs et indirects produits par l'exploitation[82].

Nicolas Hulot, ministre de l'environnement, prévoit une réforme du code minier à l'automne 2017[83].

Au niveau local[modifier | modifier le code]

Le journal local Le Kotidien pose fin 2016 la question de l'implication des élus territoriaux, peu présents aux conférences d'échanges sur le développement des mines en Guyane[68].

Début 2017, Hélène Sirder, première vice-présidente de la collectivité de Guyane déléguée au Développement Durable, aux Mines et à l'Énergie, défend le fait que « ce projet minier, c’est le développement de la Guyane »[84]. Suite à l'élection présidentielle française de 2017, le président de la collectivité de Guyane Rodolphe Alexandre, ayant rencontré le Président de la République, indique que le projet de mine « fera l'objet d'un débat très sensible »[83].

Léon Bertrand, maire de la commune de Saint-Laurent-du-Maroni sur laquelle se trouve le projet de mine, se déclare favorable au projet de mine industrielle, préférant « un projet d'exploitation légal encadré par la loi » à un « un orpaillage illégal dont nous connaissons les ravages »[85]. Il précise qu’indépendamment de sa conviction personnelle, les guyanais doivent être correctement informés et se prononcer eux-même sur l'acceptabilité du projet [86].

Opposition[modifier | modifier le code]

L'opposition au projet minier est organisée autour du collectif "Or de question" composé d'une centaine d'organisations[87],[2].

En juillet 2017, la Ligue des droits de l'Homme rejoint le collectif "Or de question", jugeant que le projet risque d'avoir des impacts irréversibles sur l'environnement et sur les habitants. Elle demande un débat global et national sur le projet[87].

Le projet fait l'objet d'une forte opposition des populations autochtones de Guyane. Le Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinengué ainsi que l'Organisation des Nations Autochtones de Guyane ont annoncé fin 2016 être opposés au projet de mine industriel sur le site de la Montagne d'or [88]. La Fédération des Autochtones de Guyane (FOAG), membre du collectif[2], refuse « catégoriquement la naissance de ce projet qui entrainera une destruction massive de l’exceptionnelle biodiversité de la Guyane », soulignant les risques illustrés par des accidents qui se sont déroulés dans d'autres pays d'Amérique du Sud durant les années précédentes [37]. À l'occasion de la 7e édition des Journées des Peuples autochtones, 13 chef coutumiers amérindiens sur les 15 présents se sont positionnés contre le projet de mine industrielle[89],[90]. La Jeunesse Autochtone de Guyane (JAG) a montré à plusieurs reprises son opposition au projet[89].

Les critiques des opposants au projet portent sur:

  • le manque de transparence et débat sur le projet
  • les atteintes directes à l'environnement[91],[89],[87]: destruction de la biodiversité et des habitats naturels
  • la crainte du risque de pollution (notamment issu du procédé de cyanuration en cas de pluies équatoriales faisant déborder les barrages de rétention) et ses impact sur l'environnement et la santé humaine[réf. souhaitée]
  • des doutes sur les retombées économiques (surtout à long terme) et envers les promesses d'emplois envisagés [91].
  • l'atteinte aux droits coutumiers[87]: le Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinengué critique le fait que les institutions et collectivités coutumières n'aient pas pu donner leur consentement préalable [91]
  • la rhétorique de la sécurisation du territoire face à l'orpaillage illégal par l'installation d'une industrie légale[92]. Le journal CQFD précise que les interactions entre le légal et l’illégal « ne sont pourtant un secret pour personne »[92].

Autres positions[modifier | modifier le code]

Laurent Kelle du WWF Guyane souhaite examiner des propositions concrètes, notamment de Nordgold sur les questions socio-environnementales car selon lui « les mines du xxie siècle, soit elles sont vraiment responsables, soit elles ont peu de chances de se mettre en place »[21].

Gilles Kleitz, directeur du Parc amazonien de Guyane, souhaite qu'avant de délivrer un permis, des enquêtes soient menées pour « s’assurer que les investisseurs n’aient pas un lourd passif environnemental »[68].

Le secrétaire général aux affaires régionales, placé sous le préfet de région, demande à ce qu'il y ait « une industrie minière qui soit la plus encadrée, la plus responsable, et la plus durable possible »[68].

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]