Ocelot

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Leopardus pardalis

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Leopardus pardalis
Description de cette image, également commentée ci-après

Ocelot

Classification
Règne Animalia
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Tetrapoda
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Felinae
Genre Leopardus

Nom binominal

Leopardus pardalis
(Linnaeus, 1758)

Répartition géographique

Description de l'image Ocelot range.png.


Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 18/01/1990

Salvador Dalí et son ocelot nommé Babou

L’Ocelot (Leopardus pardalis ou anciennement Felis pardalis) est un félin qui vit en Amérique du Sud et en Amérique centrale. On le rencontre aussi dans le sud-est du Texas, aux États-Unis. Il vit dans différents biotopes : marais, palétuviers, prairies, buissons, forêts tropicales. Il chasse la nuit au sol et parfois dans les arbres. Il est appelé Cunaguaro au Venezuela et Jaguatirica au Brésil.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot ocelot, d'origine nahuatl, est un dérivé de ōcēlōtl (prononcer /oːˈseːloːtɬ/), qui se réfère généralement au Jaguar (Panthera onca), plutôt qu'à l'ocelot[1],[2],[3].

Description[modifier | modifier le code]

L'Ocelot a un corps allongé, avec des pattes courtes munies de larges pieds. La tête est grande, avec des oreilles rondes, des yeux jaune et un nez rose[4]. Ce félin pèse entre 8 et 12 kg[5]. La longueur de la tête au bout de la queue varie de 92 à 144 cm. La couleur de la robe varie d'ocre jaune à fauve en zone forestière et est plutôt dans des teintes ternes, grisâtres, en zone aride. La courte fourrure est dotée d'ocelles allongées horizontalement sur les flancs. Des rayures noires strient la queue tandis que de petites taches noires marquent les membres. Deux épaisses rayures barrent chaque joue et deux autres, plus fines, suivent le front[4]. Le revers des oreilles est noir avec une tache centrale blanche[5] ou jaune[4].

Dans la nature, l'Ocelot peut être confondu avec le Margay (Leopardus wiedi), dont la robe est similaire. L'ocelot est cependant beaucoup plus grand (le Margay pèse entre 3 et 4 kg[6]) et a une queue plus courte[4].

C'est un bon grimpeur, comme le puma, plus grand, avec lequel il partage la majorité de son aire de répartition. Son odorat est très développé. L'ocelot dort la tête reposant sur ses pattes antérieures étendues, comme un chien. C'est le seul félin à dormir ainsi.

Comportement[modifier | modifier le code]

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

L'ocelot peut vivre jusqu'à dix ans dans la nature, pour 20 ans environ en captivité, il est possible de l'apprivoiser.

Après une gestation de 80 jours, la femelle a une portée de un à quatre petits. Les petits sont dépendants de leur mère pendant 5 à 6 mois et ne quittent le territoire de celle-ci qu'à leurs 2 ans. Leur difficulté à trouver de la nourriture explique peut-être pourquoi les ocelots ne donnent qu'un ou deux petits. Les jeunes ocelots grandissent moins rapidement que les autres félins.

Nourriture[modifier | modifier le code]

L'ocelot chasse au sol même s'il vit généralement dans les arbres la journée. Il chasse normalement pendant la nuit mais la chasse peut se poursuivre le matin surtout s'il pleut ou s'il y a des nuages.

L'ocelot est carnivore, ses proies favorites sont les rongeurs comme les rats, les souris et les agoutis. Mais son régime alimentaire comprend aussi des oiseaux, des serpents, des poissons, des lézards, des chauves-souris, des crabes terrestres ou des animaux plus gros comme les singes, les tortues, les faons, les tatous et les fourmiliers.

Une espèce en danger[modifier | modifier le code]

On estime la population d'ocelots entre 800 000 et 1 500 000. Il a été pourchassé pour sa fourrure dont le commerce entre les années 1960 et 1970 était florissant ; on vendait plus de 200 000 peaux par an. Il est aujourd'hui protégé sur la majeure partie de son domaine (sud des États-Unis à l'Amérique centrale et du Sud), et depuis, dans certaines régions, sa population a augmenté. Son habitat reste néanmoins toujours menacé à cause de la déforestation qui engendre de nouveaux problèmes.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Leopardus, la lignée des ocelots[modifier | modifier le code]

Arbre phylogénétique du genre Leopardus[7]

   Leopardus   


 Leopardus wiedii - Marguay



 Leopardus pardalis - Ocelot






 Leopardus jacobita - Chat des Andes



 Leopardus colocolo - Chat des Pampas





 Leopardus tigrinus - Chat-tigre



 Leopardus guigna - Kodkod



 Leopardus geoffroyi - Chat de Geoffroy





La phylogénie s'est longtemps basée sur l'étude des fossiles d'un animal afin de préciser l'apparition et l'évolution d'une espèce. La phylogénie moderne s'appuie essentiellement sur les analyses génétiques en raison du nombre peu important de fossiles de félins. Le premier félin est apparu il y a onze millions d'années[7].

Les félins ont divergé en huit lignées distinctes. La lignée des ocelots, correspondant au genre Leopardus est la quatrième par ordre de divergence. Il y a neuf millions d'années, les félins migrent pour la première fois vers le continent américain en passant par la Béringie[Note 1],[7].

Le niveau des océans remonte à nouveau au cours du Miocène, et les précurseurs des lignées de l'ocelot, du lynx et du puma se trouvent isolés des populations du vieux continent. La lignée de l'ocelot commence à diverger il y a huit millions d'années. Elle se distingue notamment par un nombre de chromosomes différents de celui des autres lignées : 36 chromosomes au lieu de 38. Durant le Pliocène, il y a deux à trois millions d'années, le niveau des océans baisse à nouveau : l'isthme de Panama émerge et permet aux félins, et notamment à la lignée de l'ocelot, de conquérir l'Amérique du Sud[Note 2]. La diversification en espèces s'opère durant cette période et le dernier ancêtre commun du genre Leopardus est daté d'il y a 2,9 millions d'années[7].

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Il existe douze sous-espèces d'ocelot, dont la différentiation se fait de manière géographique :

  • Leopardus pardalis pardalis (Linnaeus, 1758) - Amazonie
  • Leopardus pardalis aequatorialis (Mearns, 1903) - nord des Andes
  • Leopardus pardalis albescens (Pucheran, 1855) - Mexique, Texas
  • Leopardus pardalis maripensis Venezuela - Guyana
  • Leopardus pardalis mearnsi (Allen, 1904) - Amérique centrale
  • Leopardus pardalis melanurus
  • Leopardus pardalis mitis (Cuvier, 1820) - Argentine, Paraguay
  • Leopardus pardalis nelsoni (Goldman, 1925) - Mexique
  • Leopardus pardalis pseudopardalis (Boitard, 1842) - Colombie
  • Leopardus pardalis puseaus (Thomas, 1914) - Équateur
  • Leopardus pardalis sonoriensis (Goldman, 1925) - Mexique
  • Leopardus pardalis steinbachi (Pocock, 1941) - Bolivie

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Béringie correspond au détroit de Béring. Il s'agit d'un pont de terre entre l'Asie et l'Amérique qui est apparu plusieurs fois au cours des récentes périodes géologiques.
  2. Cette période est appelée Grand échange interaméricain. L'Amérique du Sud était isolée des autres continents depuis des dizaines de millions d'années. L'arrivée des félins correspond notamment à la disparition des grands prédateurs du continent sudaméricain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Oxford English Dictionary, draft revision Mar. 2004 éd., « ocelot, n. »
  2. (en) Frances Karttunen, An Analytical Dictionary of Nahuatl, Austin, Texas, University of Texas Press,‎ , p. 176
  3. (en) James Lockhart, Nahuatl as Written: Lessons in Older Written Nahuatl, with Copious Examples and Texts, Stanford, California, Stanford University Press,‎ , p. 228
  4. a, b, c et d Peter Jackson et Adrienne Farrel Jackson (trad. Danièle Devitre, préf. Dr Claude Martin, ill. Robert Dallet et Johan de Crem), Les Félins : Toutes les espèces du monde, Turin, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste »,‎ , relié, 272 p. (ISBN 978-2603010198 et 2-603-01019-0), « Ocelot Leopardus pardalis (Linné, 1758) », p.213-218
  5. a et b Rémy Marion (dir.), Cécile Callou, Julie Delfour, Andy Jennings, Catherine Marion et Géraldine Véron, Larousse des félins, Paris, Larousse,‎ , 224 p. (ISBN 2-03-560453-2 et 978-2035604538, OCLC 179897108), « Ocelot Leopardus pardalis (Linné, 1758) », p.98-99
  6. Peter Jackson et Adrienne Farrel Jackson (trad. Danièle Devitre, préf. Dr Claude Martin, ill. Robert Dallet et Johan de Crem), Les Félins : Toutes les espèces du monde, Turin, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste »,‎ , relié, 272 p. (ISBN 978-2603010198 et 2-603-01019-0), « Margay Leopardus wiedi (Schinz, 1821) », p.219-224
  7. a, b, c et d Stephen O'Brien et Warren Johnson, « L'évolution des chats », Pour la science, no 366,‎ (ISSN 0153-4092) basée sur (en) W. Johnson et al., « The late Miocene radiation of modern felidae : a genetic assessment », Science, no 311,‎ et (en) C. Driscoll et al., « The near eastern origin of cat domestication », Science, no 317,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]