Maurice Boitel

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Maurice Boitel
Maurice Boitel à la villa Abd-el-Tif en 1946.jpg

Maurice Boitel à la villa Abd-el-Tif en 1946, photographie anonyme non sourcée.[réf. nécessaire]

Naissance
Décès
(à 88 ans)
Audresselles, Drapeau de la France France
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Mécènes
comte Guillaume d'Ornano, Jean H. Carbonneau,
Distinctions
Prix Abd-el-Tif, 1946
Prix Maurice-Pierre de la Jeune Peinture, 1954
Prix Antral, 1958
Œuvres réputées
  • Le Clown, 1952
  • L'Église de Cadaqués, 1958

Maurice Boitel est un peintre français de l'École de Paris, né le à Tillières-sur-Avre (Eure) et mort le à Audresselles (Pas-de-Calais).

Il appartient au mouvement artistique appelé « La Jeune Peinture » de la Nouvelle École de Paris[1] dont il est l'un des principaux représentants[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Juste après sa naissance en Normandie, Maurice Boitel réside jusqu'en 1931 à Gevrey-Chambertin (Bourgogne), dont l'étude d'huissier avait été achetée par son père. C'est dans cette province qu'il a puisé son amour profond de la nature, et aussi peut-être cette sensation du bonheur de vivre exprimée dans ses œuvres, à certaines périodes. Dès 1924, il veut être peintre et passe son temps à dessiner.

Avant d'être admis à l'École nationale supérieure des beaux-arts[3] de Paris dans l'atelier d'Eugène Narbonne, dont il devient le massier en 1945, juste après avoir participé à la Seconde Guerre mondiale dans une unité combattante, Boitel est successivement élève des écoles des beaux-arts de Boulogne-sur-Mer, d'Amiens[4]), puis de Dijon dans l'atelier d'André Claudot, lorsque sa famille revient en Bourgogne à Nuits-Saint-Georges.

Parmi ses amis peintres les plus proches, on compte notamment Daniel du Janerand, Louis Vuillermoz, Pierre-Henry, Michel Henry, Jean-Pierre Alaux, Bernard Buffet, Antoni Pitxot, Jean Joyet, Maurice Faustino-Lafetat, Andrée Bordeaux-Le Pecq, Jean Carzou, André Hambourg, Emilio Grau Sala, Jean Monneret, Rodolphe Caillaux, Pierre Gaillardot, Michel Jouenne ou Paul Collomb.

Il était également proche du compositeur Henri Dutilleux (1916-2013).

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Marié à Marie-Lucie Besson de 1946 à sa mort, il a eu de son vivant deux fils, quatre petits-enfants, quatre arrière-petits-enfants.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'évolution du peintre se poursuit insensiblement durant toute sa vie : jusqu'à 1946, année de son mariage, une peinture expressive, terrienne, puis de 1946 à 1952, une peinture colorée surtout en Algérie. De 1952 à 1965, il réalise des tableaux personnels : dans ses paysages charpentés, les objets sont définis par des contours noirs avec quelques aplats au couteau. Au cours de cette période, il peint beaucoup à Paris et à Saint-Mandé, près de son domicile, et se rend souvent près du cap Gris-Nez, où il réalise des tableaux sobres et sombres de tempêtes, de barques sur la plage, de ruines de la guerre. Il peint aussi des figures : clowns, éleveurs de volailles, marins, ou des portraits. Puis de 1958 à 1965, il peint à Cadaqués (Espagne) tous les étés. C'est toujours le même style, solidement charpenté, mais où passent la lumière et les couleurs vives de la Méditerranée (paysages, marines, portraits, foules sur la plage).

À partir de 1965, son œuvre reste structurée mais il fait disparaître les contours : il utilise aussi davantage l'aquarelle notamment à Nice, en Italie et dans le Sancerrois. Chaque année, il continue à se rendre près du cap Gris-Nez, à Audresselles, ou dans le Limousin, à Ambazac. La région parisienne, où il réside habituellement, lui a fourni aussi de nombreux sujets (Montmartre, le bois de Vincennes, les îles de la Seine, de la Marne, Bussy-Saint-Georges, Guermantes et Conches-sur-Gondoire). En 1970, invité par la marine Nationale à bord du porte-avion Clemenceau, il peint les ports d'Oslo et de Rotterdam. Il se rendra ensuite plusieurs fois à Volendam où il réalisera plusieurs œuvres. Après 1980, il avait tendance à évoquer une réalité idéalisée.

Il a réalisé et cuit lui-même des céramiques dans un four qu'il avait fait construire dans son atelier.

Expositions, salons et prix[modifier | modifier le code]

En 1946, Maurice Boitel est lauréat du prix Abd-el-Tif, ce qui lui permet de séjourner deux ans à Alger avec sa famille.

Après son retour en métropole, il expose à Paris au Salon des indépendants, au Salon de la Jeune Peinture, au Salon d'automne, et plus tard, au Salon des artistes français, au Salon du dessin et de la peinture à l'eau, au Salon Terre latine ainsi qu'au Salon de la Société nationale des beaux-arts et au Salon Comparaisons[5]. Il expose au Salon d'hiver en 1946[3]. Il est membre des comités de ces deux derniers salons.

En 1949, il présente une exposition particulière de ses peintures d'Algérie à la Galerie de l'Élysée, faubourg Saint-Honoré à Paris ; en 1951, nouvelle exposition particulière à cette même galerie.

Il participe également à une exposition de groupe à la galerie Suillerot et à des expositions à thèmes, présidées par Jacques Hébertot, dans le cadre de l’Association des amateurs de peinture. En 1958, il présente une exposition particulière à la galerie René Drouet, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris, où il présenta par la suite d’autres expositions particulières.

En 1954, il remporte le prix Maurice-Pierre de la Jeune Peinture.

En 1956, le grand prix de peinture de la ville de Saint-Affrique lui est décerné à la galerie Durand-Ruel.

En 1958, il remporte le prix Antral, décerné par la ville de Paris. En 1959, c’est le prix Winsor et Newton (Paris-Londres) qui lui est attribué.

En 1963, le prix Pierre Puvis de Chavannes, décerné par la Société nationale des beaux-arts (SNBA), lui permet de présenter un ensemble de ses œuvres au musée national d'art moderne de Paris.

En 1966, il remporte le prix Francis-Smith qui lui offre un séjour au Portugal.

En 1968, il reçoit la médaille d’or des Artistes français et l’Académie des beaux-arts lui décerne le prix Bastien-Lepage.

En 1970, il est invité par la Marine nationale à séjourner sur le porte-avions Clemenceau. Il réalise à cette occasion plusieurs peintures de paysages des pays du Nord.

En 1974, il reçoit le grand prix du conseil général de Seine-et-Marne.

En 1980, c’est l’Institut de France qui lui attribue le prix Dumas-Millier.

En 1984, la fondation Taylor lui attribue le prix d’aquarelle Roger Deverin.

Des expositions particulières, dans les musées de Boulogne-sur-Mer en 1976, de Saint-Maur-des-Fossés en 1977, de Montbard en 1982, de Montreuil-sur-Mer en 1993, lui ont permis de présenter dans plusieurs salles, des rétrospectives avec de grands tableaux où figurent des compositions ainsi que des paysages de France, d'Italie, d'Espagne, du Portugal, de Hollande, etc.

En 1990, le Salon d'Automne de Paris lui rend un hommage dans trois salles au Grand Palais à Paris.

En 1999, le président et le comité du salon des Indépendants de Paris l'invitent à présenter une rétrospective de ses œuvres.

En 2003, le Salon de la Société nationale des beaux-arts de Paris lui décerne la médaille d'or.

Il a été l'invité d'honneur dans plusieurs salons de peinture à Rosny-sous-Bois (1980), Blois (1983), Wimereux (1984), Villeneuve-le-Roi (1984), Yvetot (1986), Alfortville (1987), Bourges (1987), Saumur (1987), Metz (1991), Limoges (1992), Tours (1992).

Expositions posthumes[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Le fonds municipal d'art contemporain de Paris possède une trentaine de ses œuvres. L'État français en a aussi acquis.

Ses œuvres sont visibles dans les musées de Dijon, de Saint-Maur-des-Fossés, de Sceaux et de Valence, d'Alger (L'Entrée de la Villa Abd El Tif), de Constantine (La Villa des arcades), de Bejaia/ex-Bougie (Intérieur) notamment, à la mairie de Paris et dans quelques ambassades de France (Bogota et Kinshasa notamment).

Les panneaux de céramique qu'il a entièrement réalisé lui-même, sont conservés depuis 1953 et 1955 dans les groupes scolaires Voltaire à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et Jean-Charles Gatinot à Montgeron (Essonne).

Réception critique[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Panneau de la promenade Maurice-Boitel.

Les conseils municipaux de plusieurs communes ont donné son nom à des rues.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avec des peintres comme Bernard Buffet, Jansem, Yves Brayer, Louis Vuillermoz, Pierre-Henry, Daniel du Janerand, Jean Joyet, Gaston Sébire, Paul Collomb, Jean Monneret, Jean-Pierre Alaux et Gaëtan de Rosnay. Cf. Guy Vignoht La Jeune Peinture 1941-1961, 1985, et Éric Mercier La Jeune Peinture année 50, 2010.
  2. André Warnod, dans Le Figaro en 1955.
  3. a et b Archives de l'École des beaux-arts de Paris, registre d'inscription des élèves 1945-1957, AJ 52* 1353. Maurice Boitel y figure à la date du 16 mai 1945 sous le n° 8529 (voir Éric Mercier, La Jeune Peinture année 50). Sa carte d'étudiant indique qu'il a été inscrit à l'école des beaux-arts en étant exonéré de droits à payer le (alors qu'il était en Algérie) et le .
  4. Villes où il réside quelques années.
  5. Cf. catalogues des Salons Comparaisons de 1955 à 2006 imprimés par l'imprimerie Saint-Paul, Bar-le-Duc, et ouvrage du Salon de la Société nationale des beaux-arts intitulé Société nationale des beaux-arts 1890-1990 année du centenaire éditions Arcam Paris 3e (ISBN 2-864-76351-6).
  6. Blog consulté le 6 mars 2014.
  7. Décision du Conseil de Paris 2013 DEVE 165 a et b.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, éd. 1976 et suiv.
  • Guy Vignoht, La Jeune Peinture (1941-1961), coll. « Terre des peintres », Presses de l'Atelier BPC (1985).
  • Michel Riousset, Les Environs de la Marne et leurs peintres, Presse de l'imprimerie Lienhart et Cie (1986)
  • Voyages en Italie, carnet de croquis de Maurice Boitel, coll. « Terre des peintres », 3 avenue Percier 75008 Paris, éd. Compagnie internationale de banque
  • Lydia Harambourg, L'École de Paris (1945-1965), dictionnaire des peintres, Ides et Calendes (éd. 1993 et 2010) (Neuchâtel - Suisse)
  • Élisabeth Cazenave, La Villa Abd-el-Tif : un demi-siècle de vie artistique en Algérie 1907-1962
  • Art Galerie collection japonaise 1997, imprimé au Japon
  • Marion Vidal-Bué, Alger et ses peintres (1830-1960), éd. Paris-Méditerranée, 87 rue de Turenne 75003 Paris, 2000
  • Jean Monneret, Promenade autour de l'art contemporain, 2001, éd. SAI Salon des indépendants, Grand Palais, Paris
  • Olivier Lazzarotti, Rivages du Boulonnais, reproductions de peintures de Maurice Boitel servant d'illustrations, éd. AMA, décembre 2006
  • Éric Mercier, La Jeune Peinture année 50, éd. Artacatos, 2010
  • François Wiehn, avec le concours de Gérard Aubisse, Dictionnaire des peintres de Vendée, Geste éditions (79260 La Crèche), septembre 2010, pp. 52 et 53
  • Bernard Bernaben, Ambazac, au fil du temps (2014), dont un chapitre sur la vie et l'œuvre de Maurice Boitel, avec sept reproductions de ses tableaux

Catalogues[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]