Andrée Bordeaux-Le Pecq

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Andrée Bordeaux-Le Pecq
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Naissance
Décès
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Nationalité
Activité

Andrée Bordeaux-Le Pecq (, Laval - , Paris) est une artiste française, peintre, graveur et cartonnier de tapisseries.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Originaire d'une famille angevine et bretonne, fille de Michel Le Pecq à Laval, Andrée Le Pecq termine ses études secondaires en Angleterre, d'où elle revient diplômée de l'université d'Oxford. Elle épouse en 1935 un jeune avocat originaire de Fougères et Saint-Malo, Jacques Bordeaux de Noyant, et vient habiter à Mayenne où elle crée un cours de dessin et de peinture. Son fils, Jean-Luc, naît en février 1937 à Laval.

La Seconde Guerre mondiale la frappe durement : exécution de son frère, le pilote de chasse Bernard Le Pecq, résistant entre Londres et la France, emprisonné par la Gestapo, puis fusillé à Paris en octobre 1943 ; captivité de son mari, Jacques Bordeaux de Noyant, parti à la guerre en décembre 1939 comme officier du Cadre noir de Saumur, blessé et prisonnier pendant cinq années, et, en 1944, soumis aux expériences des « médecins » nazis.

Sa jeune sœur, Françoise, elle aussi résistante, épousera plus tard le comte Stanislas de Villèle qui fit une belle carrière diplomatique dans diverses ambassades, dont celles de Rome, Le Caire et Mexico.

L'artiste[modifier | modifier le code]

En 1940, élève d'Othon Friesz à l'académie de la Grande Chaumière, Andrée Bordeaux-Le Pecq est influencée par Jacques Villon, Léopold Survage et surtout, plus tard, Jean Bazaine.

Elle participe après guerre à de nombreuses expositions, et obtient ses premières récompenses en qualité de peintre, graveur sur cuivre et cartonnier. Sa carrière artistique s'affirme et de nombreuses expositions, tant à Paris qu'à l'étranger (Bruxelles, Munich, Vienne, Genève, Florence, Rome, Ankara, Madrid, Barcelone, Dublin, Mexico, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Sao Paulo, Bangkok, Tokyo, et près d'une dizaine de villes des États-Unis dont New York) consacrent le talent d'une artiste délicate et sensible, bien que virile par la force de l'expression. Elle est inspirée tout d'abord par le sud-est de la France, la Provence, mais surtout par les côtes de la Bretagne et de la Normandie. Elle participe au Salon des artistes français, au Salon d'automne et au salon de Nika-Kaï à Tokyo. On distingue trois périodes dans sa production : une période réaliste, une période géométrique-cubiste et une période « peintre de la mer » légèrement abstraite et très colorée.

On note à son actif de nombreuses décorations murales de groupes scolaires (laves volcaniques émaillées et tapisserie d'Aubusson), à Laval, Tours, Blois, Caen, Lisieux et Saint-Brieuc. Elle fonde le premier musée français d'art naïf (musée du Vieux-Château) à Laval, ville natale du Douanier Rousseau. Elle a aussi travaillé pour le mobilier national (manufacture de Beauvais), exécuté de nombreux cartons de tapisserie pour Felletin à Aubusson et illustré de nombreux livres. Pierre Restany, Henri Galy-Carles, Raymond Cogniat, Jean-Jacques Lévêque et Jean Cassou ont écrit sur elle.

Parmi ses œuvres peintes les plus marquantes, on peut citer de nombreuses natures mortes, des scènes portuaires, des scènes très colorées de pêche côtière, des paysages mexicains, des scènes de neige, des portraits, des vues de Saint-Tropez, de Saint-Malo, de Paris, etc. Ses œuvres sont présentes dans de nombreux musées, à Paris, Vienne, São Paulo, Téhéran, Reykjavik, Tel Aviv, Phoenix (Arizona), Mexico, Rio de Janeiro, Djakarta et Tokyo.

Le Salon "Comparaisons"[modifier | modifier le code]

Elle devient sociétaire du salon de mai à Paris, et chargée de mission auprès de Jean Cassou, un des écrivains les plus influents sur l'art de l'époque et conservateur en chef du musée national d'art moderne[1].

En 1954, Andrée Bordeaux-le-Pecq est l'une des deux fondatrices du salon Comparaisons dont elle est élue présidente l'année suivante. Elle y est entourée d'un comité constitué d'artistes : Jacques de la Villegle, Rodolphe Caillaux, un vice-président, Robert G. Schmidt, François Baboulet comme trésorier, André Sablé, Paul Braig, Jean-Pierre Alaux, Maurice Boitel, Henri Cadiou, Bernard Mougin, Isidore Isou, Georges Delplanque, Jean Feugereux, un autre vice-président.

Pour contrebalancer l'art officiel institutionnalisé par André Malraux, elle élabore une véritable politique internationale des arts plastiques libres en invitant notamment des groupes de peintres d'Allemagne fédérale, d'Autriche, du Japon, du Mexique, d'Iran à exposer au musée d'art moderne avec les peintres français. Obtenant une totale réciprocité, elle permet à des peintres figuratifs, abstraits lyriques et géométriques de se faire connaître et de vendre un grand nombre d'œuvres peintes en France, au Japon, au Mexique et aux États-Unis, notamment en étendant les « prix Air France » dans ces pays.

En 1964, pour fêter les dix ans du salon, elle organise une grande exposition présentant les tendances du moment au musée d'art moderne. L'exposition est introduite par Jean Cassou. Pierre Restany et Michel Seuphor sont invités à présenter une sélection d'artistes d'avant-garde parmi les plus significatifs du moment (nouveau réalisme, art expérimental, etc.). Christo, Yves Klein, Martial Raysse, Niki de Saint Phalle, Armand, Daniel Spoerri, Aristide Caillaud, Leonor Fini, Max Ernst, Vasarely, Seuphor, Poliakoff, Henri Michaux, Agam, etc. y exposent leurs œuvres. Pendant deux ou trois semaines, des files de visiteurs s'étirent jusqu'à la place d'Iena — du jamais vu à cette époque à Paris.

Décès[modifier | modifier le code]

Andrée Bordeaux-le-Pecq meurt en janvier 1973 à Paris après un long combat contre des déficiences cardiaques.

Expositions personnelles (sélection)[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

« Sa perspective linéaire est classique, mais elle morcelle les formes de manière à donner l'impression d'un échafaudage entourant un édifice achevé. La variété des couleurs, dans ses tableaux, évoque plus un sentiment de bigarrure que de gaieté. Les objets sont parfois difficiles à identifier. Elle peint à l'atelier en s'inspirant d'aquarelles exécutées sur nature. »

— Connaissance des arts[2]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Et fondateur du musée d'art moderne de la ville de Paris (palais de Tokyo).
  2. Les re-constructions de Bordeaux-Le Pecq, in revue Connaissance des arts, n° 70, décembre 1957, p. 157.
  3. Avec un portrait de l'auteur par Jean Cocteau. Illustrations originales de Edy Legrand, Walter Spitzer, Yvette Alde, Cassigneul et Bordeaux le Pecq, reproduites en couleurs et en pleine page.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Sjoberg, Bordeaux Le Pecq. Paris, Éditions Chassard, 1961
  • René Barotte, Andrée Bordeaux-Le Pecq. Les Cahiers d'Art - Documents 233. P. Cailler, Genève, 1966
  • René Huyghe et Jean Rudel, L'Art et le monde moderne, Larousse, 1970
  • Bordeaux Le Pecq. Catalogue de la vente de l'atelier de l'artiste le lundi 9 juin 1980 à l'Hôtel Drouot par Me Claude Robert, commissaire-priseur, 5 avenue d'Eylau à Paris XVIe
  • Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture. Éditions de l'amateur, 1981
  • Patrick-F. Barrer, L'Histoire du Salon d'Automne de 1903 à nos jours, Les éditions Arts et Images du Monde, Paris 1992
  • Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1985, Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, 1993
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (voir p. 148)

Liens externes[modifier | modifier le code]