Fonds municipal d'art contemporain de la Ville de Paris

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Le Fonds municipal d'art contemporain de la Ville de Paris, créé en 1987, hérite d’une partie des collections municipales constituées depuis près de deux siècles.

Fonds municipal de la Ville de Paris
Fonds municipal d'art contemporain Ville de Paris
Situation
Création 1987
Ancien nom le Service des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Type Collection artistique
Siège 55 rue des Francs-Bourgeois

Site web https://www.paris.fr/services-et-infos-pratiques/culture-et-patrimoine/musees-collections-et-art-dans-la-ville/les-collections-de-la-ville-de-paris-2027

Il rassemble aujourd’hui près de 23 000 œuvres d’art, dont plus de 3 000 contemporaines.

Cette collection reste vivante : par la volonté de la Ville qui, soutenant la création contemporaine, l’enrichit chaque année; par son caractère nomade, et sa diffusion dans les équipements publics et à travers des expositions en France et à l’étranger; et enfin par la transmission qu’elle permet, notamment auprès des plus jeunes, à travers des programmes de médiation dans les établissements scolaires parisiens.

Son histoire[modifier | modifier le code]

"La chemise enlevée" (1913), Huile sur toile, 208 x 226 cm de Gaston de La Touche (1854-1913). Collection du Fonds municipal d'art contemporain de la Ville de Paris.

En 1816, la préfecture du département de la Seine – qui correspond aujourd’hui aux départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne – crée le Service des Beaux-Arts, et lance une initiative originale consistant à commander et à acheter des œuvres d’art auprès d’artistes vivants pour encourager la création. C’est ainsi que naissent les futures Collections municipales, dont une partie des œuvres sert à décorer les locaux municipaux et préfectoraux.Pendant la Commune, en 1871, les collections subissent des pertes irréparables : l’incendie de l’Hôtel de Ville fait disparaître quantité d’œuvres qui décorent l’édifice ou y sont entreposées.

À mesure que les grands musées parisiens se constituent (Carnavalet, Petit Palais, Art moderne, etc.), les œuvres les plus importantes de ces Collections municipales leur sont attribuées. À côté de ces collections muséales, les "collections volantes" ou "mobiles", continuent d’assurer une fonction de soutien à la création, lors de leur acquisition, et de décoration.

En 1901, une partie des œuvres quittent un dépôt à Auteuil, où elles sont gardées, pour alimenter la collection du musée du Petit Palais à sa création. Les Collections municipales se spécialisent après la Seconde Guerre mondiale. Dans le cadre de l’ouverture du musée d’Art moderne en 1961, elles sont scindées : les œuvres les plus anciennes restent au Petit Palais, les œuvres modernes constituent le fonds du nouveau musée. Les musées achètent eux-mêmes leurs propres œuvres, tandis que les acquisitions pour la partie non muséale des Collections municipales ont vocation à décorer les locaux administratifs. Les œuvres de grande valeur sont réservées aux musées municipaux (Carnavalet, Petit Palais, Art moderne, etc.) ; ce sont les « collections muséales ». Les autres, souvent de moindre valeur et à fonction décorative, sont appelées « collections mobiles » ou « volantes ».

Au milieu des années 1970, après avoir été longtemps conservées au musée d’Auteuil, les collections mobiles déménagent dans de nouvelles réserves à Ivry-sur-Seine, dans une ancienne usine des eaux. En 1987, elles prennent le nom de "Fonds municipal d’art contemporain" (FMAC), au sein de la sous-direction du patrimoine et du département des arts plastiques. Le FMAC est doté d’une commission d’acquisition indépendante des musées et d’un budget propre. En 1997-1998, ses réserves sont agrandies et mises aux normes[1].

La collection[modifier | modifier le code]

Nu, 1932, huile sur toile, 96 x 130 cm de Clément Serveau, collection du Fonds municipal de la Ville de Paris.

Le Fonds municipal d’art contemporain de la Ville de Paris conserve 22 690 œuvres d’art, dont 3 300 contemporaines, de 1970 à nos jours. La collection s’enrichit au fil des acquisitions annuelles et des donations, issues d’artistes vivants.

Depuis deux siècles, la collection se compose d’œuvres:

  • Historiques (avant 1914), 1 669 œuvres
  • Modernes (1914-1970), 15 862 œuvres
  • Contemporaines (après 1970), 3 300 œuvres

Si la peinture, abondamment acquise dans les Salons et pour les besoins des décorations, domine la collection, celle-ci recèle aussi, pour les périodes récentes, la diversité des pratiques artistiques nouvelles.

Composition de la collection par types d’œuvres[modifier | modifier le code]

Les collections du FMAC sont divisées par catégories d’œuvres. Voici un aperçu de la collection en fonction de sa catégorie :

  • Peinture: 52%
  • Dessin, gravure, estampe (arts graphiques): 27%
  • Sculpture: 16%
  • Arts décoratifs/design: 2,5%
  • Photographie: 2,5%
  • Vidéo, installation: moins de 1%

Les artistes majeurs de l'ancienne collection[modifier | modifier le code]

Le Fonds municipal d'art contemporain a connu bien des changements depuis sa création au début du XIXème siècle. Mais même si sa collection initiale fût éparpillée au sein des divers musée de la Ville de Paris, des artistes reconnus figurent parmi les collections du Fonds. Voici une liste non exhaustive de certains artistes de la collection précédant le changement de nom du FMAC :

  • Hubert Robert (1733-1808) : ensemble de 6 panneaux sur toile, de 280 x 132 cm. Ils associent, au sein d’un paysage vaporeux, des ruines, des statues antiques et des scènes de genre dont le thème fait écho aux sculptures.
  • Gaston Latouche (1854-1913) : La chemise enlevée, baigneuses, 1913, huile sur toile, 208 x 226 cm, acquisition en 1919.
  • Albert Marquet (1875-1945) : Marine, plage des Sables d'Olonne, huile sur toile, 50 x 60 cm acquisition en 1936.
  • Maurice de Vlaminck (1876-1958) : Fleurs, huile sur toile, 42 x 33 cm, acquisition 1938 et La Meule, huile sur toile, 37 x 45 cm.
  • Clément-Serveau (1886-1972) : Nu, 1932, huile sur toile, 96 x 130 cm, acquisition en 1934.
  • Félix Ziem (1821-1911)
  • Henri le Sidaner (1862-1939)
  • André Utter (1886-1948)

Artistes majeurs représentés dans les collections contemporaines du FMAC[modifier | modifier le code]

Voici quelques noms d'artistes contemporain acquis par la collection: Camille Hilaire, Farah Atassi, Jean-Marc Bustamante, Damien Cabanes, Claude Viallat, Olivier Debré, Boris Achour, Saâdane Afif, Blaise Drummond, Shirley Jaffé, François Morellet, Pascal Pinaud, Jean-Pierre Pincemin, Claude Rutault, Djamel Tatah, Marc Desgrandchamps, Gérard Garouste, Pierre Buraglio, Bruno Perramant, Carole Benzaken...

Installations, protocoles : Claude Levêque, Ugo Rondinone, Présence Panchounette, Nicolas Milhé, Lois Weinberger...

Dessin, estampe : Mickael Patterson-Carver, Veit Stratmann, Geneviève Asse, Pierre Soulages, Georg Baselitz, Daniel Buren, Sophie Calle, Miquel Barcelo, Jacques Villeglé, Antoni Tapiès, Glen Baxter...

Photographies : Bertrand Lavier, Théo Mercier et Erwan Fichou, Pedro Cabrita-Reis, Marc Camille Chaimowitz, Allan Sekula, Jordi Colomer, Xavier Veilhan, LaToya Ruby Frazier, Anri Sala, Valérie Jouve, Mathieu Pernot...

Sculptures : Richard Fauguet, Philippe Mayaux, Michel Paysant, Didier Marcel, Richard Serra, Basserode, Pierre Joseph, Mathieu Mercier, Raphaël Zarka, Kader Attia, Camille Henrot, Latifa Echakhch, Anita Molinero...

Vidéos : Mircea Cantor, Bertille Bak, Clarisse Hahn, Kimsooja, Cécile Hartmann, Marylène Négro, Stephen Willats, David Lamelas, Steven Cohen,

La diffusion des œuvres[modifier | modifier le code]

Le FMAC est la seule collection parisienne dont la vocation est d’être diffusée hors de ses murs.

Les dépôts[modifier | modifier le code]

La vocation historique des "collections volantes" a laissé des traces dans tout le territoire de l’ancien département de la Seine: 2 200 lieux de dépôt sont encore recensés. L’activité de dépôt s’oriente aujourd’hui vers des actions concertées et construites avec des partenaires investis accompagnés de projets de médiation spécifiques.

Les prêts[modifier | modifier le code]

Le FMAC collabore avec d’autres institutions de promotion de l’art contemporain par le prêt d’œuvres. Les emprunteurs, musées français et étrangers, mais également centres d’art, écoles d’art, lieux patrimoniaux ou non, investis pour les besoins d’expositions, se font ainsi le relais de la diffusion de la collection. Voici une liste non exhaustive de prêt d’œuvres.

Le FMAC à l’école : sensibiliser le jeune public à l’art contemporain[modifier | modifier le code]

Initié en 2009, le FMAC à l’école s’inscrit dans le cadre de L’art pour grandir,programme éducatif de la Mairie de Paris favorisant l’accès des jeunes parisiens à la culture et à ses institutions. Chaque année, des œuvres du FMAC sont exposées au sein des établissements scolaires partenaires (écoles maternelles, primaires, collèges, lycées et centres scolaires en hôpital). Dans chaque établissement, la présence de l’œuvre s’accompagne d’un programme d’éducation artistique et de médiation culturelle, réalisé conjointement par les professeurs d’arts plastiques de la Ville de Paris, les professeurs des écoles, des collèges et des lycées, les documentalistes, les directeurs et principaux des établissements et des étudiants stagiaires en médiation culturelle [2].

Pendant une année scolaire, les élèves des établissements parisiens partenaires côtoient une œuvre de la collection du FMAC. Les œuvres présentées sont un point de départ pour s’initier à l’art contemporain et réfléchir au monde qui nous entoure. Cette approche originale révèle le rôle essentiel de la culture et de la création artistique dans les écoles. La relation quotidienne privilégiée que les élèves tissent avec l’œuvre exposée leur permet de développer leur esprit critique, leur curiosité, leur créativité et leur citoyenneté.

Combinant les approches ludiques, pratiques et théoriques, de nombreuses disciplines et techniques sont abordées : maquette d’architecture, peinture, modelage, moulage, installation, dessin, calligraphie, gravure, photographie, vidéo, performance, nouvelles technologies.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ville de Paris, « Le Fonds municipal d’art contemporain (FMAC) », Site de la ville de Paris,‎ (lire en ligne)
  2. « Le FMAC à l'école | Fonds Municipal d'Art Contemporain - Ville de Paris », sur blogs.paris.fr (consulté le 23 février 2018)