Michèle Battut

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Michèle Battut, née le à Paris est une artiste peintre, lithographe et sculptrice française.

Nommée peintre officiel de la Marine, elle se partage entre le 14e arrondissement de Paris et Nogent-le-Roi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le Touquet, huile sur toile, 50 × 65 cm, localisation inconnue.

Michèle Battut naît le dans le 11e arrondissement de Paris du mariage de Germaine Cabourdin avec l'architecte Jean-Frédéric Battut (mort en 1980), élève de Paul Bigot et Auguste Perret, dont le nom demeure cité, avec ceux de Marc Brillaud de Laujardière, Le Corbusier, Maurice Novarina et Auguste Perret[1], parmi les reconstructeurs d'un espace urbain ruiné par la Seconde Guerre mondiale : se centrant pour sa part avec son associé Robert Warnesson, dans les années 1950, sur les dommages de guerre de la région du Ternois[2], on retient parmi ses travaux l'église Saint-Germain de Siracourt, l'église Saint-Henri de Libercourt[3], l'église Saint-Vaast de Frévent[4], l'église Notre-Dame du Mont-Carmel d'Éclimeux[5], l'église Saint-Paul et l'hôtel de ville de Saint-Pol-sur-Ternoise[6], enfin l'hôpital d'Arras.

Vivant de la sorte son enfance successivement dans les villages de Roëllecourt et de Gauchin-Verloingt, Michèle Battut effectue ses études primaires et secondaires dans le Pas-de-Calais, puis au lycée Fénelon de Paris. Adolescente consacrant ses loisirs à la peinture, elle reçoit un premier prix de compositions décoratives à Saint-Pol-sur-Ternoise et connaît ses premières expositions à Arras et au Touquet en 1962. Elle entre en 1963 à l'Académie de la Grande Chaumière dans l'atelier de Jean Aujame, fréquentant en même temps les cours d'art dramatique de René Simon (elle est ainsi l'interprète de plusieurs courts métrages comme On a kidnappé Papa de Jean-Marie Isnard et avec pour partenaire Georges Aubert en 1963 ou Blaise d'Albert Magnier en 1964) , puis, en 1964, à l'École nationale supérieure des beaux-arts dans l'atelier de Roger Chapelain-Midy[7].

Michèle Battut obtient le diplôme d'arts plastiques en 1969 et, en 1970, alors qu'elle devient artiste permanent de la galerie Artcurial à Paris, le prix de la Casa de Velázquez qui lui est attribué par la ville de Paris lui vaut de séjourner pendant un an à Madrid. Elle devient sociétaire en 1972 du Salon d'automne, en 1973 du Salon des artistes français ; elle en sera présidente de la section peinture en 1985.

Michèle Battut est alors largement entrée dans son long cycle des voyages qui va profondément inspirer son œuvre, celui-ci ayant commencé dès 1966 avec Palma de Majorque, le Maroc et la Grèce pour se poursuivre avec les États-Unis et le Canada (1967), l'Italie, la Tunisie et la Roumanie (1968), le Japon (1970), la Thaïlande (1970, 1981), l'Inde (1972, 1973), le Cameroun (1972), le Pérou, l'Équateur et les Îles Galapagos (1973), Saint-Pierre-et-Miquelon (1975), le Kenya (1977)[8]. On lui connaît également, par sa peinture et par quelques écrits autobiographiques, des séjours en Islande, en Afrique occidentale, au Moyen-Orient, en Chine et surtout, liés aux nombreuses expositions qui lui sont consacrées à Tokyo et à Osaka, de réguliers retours au Japon[8]. Michèle Battut, analyse Jean-Pierre Chopin, « sait traduire l'exotisme de ces pays de rêve, où règnent la lagune et la chaleur sans ombre, avec l'œil insolite d'un géomètre. C'est au cœur de cette sieste métaphysique qu'un vieil abri, une barque, une chaise esseulée, un livre oublié, une bicyclette abandonnée, un graffiti, retiennent l'humain dans une présence absente. La fluidité de ses horizons contraste merveilleusement avec l'opacité de ses murs d'argile et de pierres où transpire l'histoire de l'homme »[9].

Dans son approche de l'œuvre, substituant à la notion de paysage celle d'« un univers sublimé appartenant à l'imaginaire de l'artiste », Patrice de La Perrière perçoit que « la finesse d'exécution figurative des toiles de Michèle Battut provoque d'une manière paradoxale un sentiment d'intemporalité. La précision du détail et le réalisme mis en avant renforcent les sensations d'irréalité grâce à une complicité puisée dans un réalisme réinventé... Même quand elle prend comme sujet la plage de Punta del Este ou les étendues de la Californie, c'est encore pour en montrer l'aspect de démesure, pour mettre l'accent sur ses géométries excessives, pour en révéler les lignes pures et l'esthétique particulier »[10].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Contribution bibliophilique[modifier | modifier le code]

Varia[modifier | modifier le code]

Galerie (huiles sur toiles)[modifier | modifier le code]

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Expositions[modifier | modifier le code]

Personnelles[modifier | modifier le code]

Collectives[modifier | modifier le code]

Une île, huile sur toile, 10x100cm
La maison de Tikal, Mexique, huile sur toile, 81x100cm
Mousson en Corée, huile sur toile, 65x46cm
Mystère végétal, huile sur toile, 46x65cm
Une île de rêve, huile sur toile, 100x100cm

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Vous avez, chère Michèle Battut, choisi la voie étroite de l'indépendance et de l'authenticité. Puissiez-vous y demeurer fidèle tout au long de votre vie. C'est la seule qui vous conduira à l'expression complète de tout ce que vous portez de précieux en vous. » - Roger Chapelain-Midy[8]
  • « Dans la recherche onirique de Michèle Battut, je crois discerner une constante : elle tente d'approcher l'objet au plus près. Les choses la fascinent par leur présence et c'est cette présente têtue, obsédante, qu'elle veut capter par sa toile. Parce qu'elle choisit de jouer le jeu, de n'utiliser son pinceau que pour rendre la troublante matérialité des choses, Michèle Battut s'efforce, avec succès, d'en manifester l'énergie latente. » - Jean-Paul Sartre, 1979[8]
  • « Le plus humble des lieux a son mot à dire dans le monde des couleurs en attente de l'œil perspicace et de la main habile qui saure le saisir. L'Inde a le privilège d'avoir pu rencontrer une artiste dotée de ces atouts. Michèle Battut a su relever ce défi en imprégnant les sujets qu'elle peint d'une réelle beauté visuelle d'où émane une force alliée au mystère. » - Indira Gandhi, août 1982[8]
  • « La peinture de Michèle Battut tente de capter l'insaisissable, le langage du rêve... Elle aime user de la même architecture, des mêmes couleurs et surtout de la même atmosphère que dans la vision onirique... Comment diable fait-elle, pour nous faire croire au toucher de cette soie, à la colère de ce ciel d'orage, mieux encore, à l'odeur des nuages ? Aucune réponse, jamais. Seulement ce curieux vertige. Alors on devient comme ce qu'elle vient de peindre. Fiché soi-même dans la toile, sans savoir pourquoi. » - Irène Frain[8]
  • « De ses nombreux voyages en Afrique, au Sahara et aux Antilles, Michèle Battut a rapporté des paysages solitaires et silencieux, décrits avec exactitude, comme ses natures mortes au réalisme étrange. » - Gérald Schurr[19]
  • « Elle intervient plus personnellement et plus poétiquement dans ses nouveaux thèmes qu'énumère Georges Cheyssial : Chemins du crépuscule... déserts... Plages mortes... maisons murées que le remords hante... villes abandonnées aux architectures folles... et que précise Nicole Lamothe : Murs vétustes que réchauffe un soleil ardent, tentes et chaises longues sur une plage déserte, la mer, le ciel dans leur infinie immensité ou bien l'atmosphère des îles écrasées de chaleur, imprégnées d'odeurs... » - Dictionnaire Bénézit[20]
  • « Michèle Battut, un nom connu, synonyme de grands espaces, de paysages d'eau et de ciel, de voyages infinis... La présence humaine n'est qu'implicite dans les toiles de Michèle Battut où la nature reste primordiale, et d'où jaillit l'imaginaire comme un ultime recours de l'être humain en quête d'absolu. » - Alix Saint-Martin[21]
  • « Ses soleils qui se couchent découpent des contre-jours incandescents dans de vibrantes eucharisties crépusculaires. Des ciels impitoyables de vérité, sortis pourtant de sa météo imaginaire, se marient au tellurique par l'arbre ou l'objet qui est là, posé comme un ostensoir. Ciel, Terre, Chose, telle est la triade de son art économe et abouti qui possède à la fois la pureté classique et la verticalité fantastique d'un vertige au cœur de l'homme. » - Jean-Pierre Chopin[8]
  • « Elle connaît des ciels que Turner aurait reconnus et que nous pensions connaître avant qu'elle n'imprime notre mémoire de cette nouvelle version du visible. » - Philippe Lejeune[22]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Venise le soir, huile sur toile, 46x55cm
Venise, huile sur toile, 89x116cm
  • Prix des jeunes du Salon de Versailles, 1970.
  • Prix de la Casa Velasquez, 1970 (41e promotion).
  • Prix des jeunes, Salon des femmes peintres, 1973.
  • Prix Saint-Pierre-et-Miquelon, Société internationale des beaux-arts, 1975.
  • Prix Rocheron, 1975.
  • Prix de la Jeune Peinture, Salons d'automne 1975 et 1977.
  • Grand Prix du Salon des artistes français, 1977.
  • Prix de la peinture de la ville de Touques.
  • Prix de la Guadeloupe, 1978.
  • Prix « Rose d'or » des Rosati d'Arras, 1979.
  • Prix de la Coopération de la Société internationale des beaux-arts, 1980.
  • Prix Antral, 1982.
  • Prix Taylor, 1982.
  • Prix Roy, 1982.
  • Prix Paul-Chabas 1983.
  • Prix Fould Stubey (Institut de France), 1982, 1985.
  • Médaille d'honneur de Salon des artistes français, 1986.
  • Prix Table Ronde, 1986.
  • Prix Lions-Club, 1987.
  • Grand prix de Monaco, 1988.
  • Premier grand prix de France des arts plastiques, 1988.
  • Prix de la Société des bains de mer, Monte-Carlo, 1988.
  • Grand prix de la ville d'Agen, 1988.
  • Mérite et Dévouement français, médaille d'argent en 1994, médaille de vermeil en 1996, croix de vermeil en 2001.
  • Prix franco-américain de la Société internationale des beaux-arts, 1996.
  • Prix de la Critique, 1996.
  • Diplôme d'honneur de la Société nationale des beaux-arts, 2002.
  • Peintre officiel de la Marine, 2003[23],[24]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Au Canada
  • Collections de la ville d'Ottawa.
Aux États-Unis
En France

Collections privées[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cécile Corne, Auguste Perret et l'église Saint-Joseph, Le Havre, « culturez-vous », 3 décembre 2015.
  2. Céline Frémaux, Rationaliser l'architecture du monde agricole : Siracourt, village pilote de la reconstruction (1946-1951) « In Situ, revue des patrimoines », 2013
  3. Céline Frémaux, Construire des églises dans la seconde moitié du XXe siècle : de la commande à la réalisation - Nord-Pas-de-Calais (1945-2000), thèse de doctorat en histoire de l'art, Université Rennes-II, 2005
  4. Observatoire du patrimoine religieux, L'église Saint-Vaast de Frévent
  5. Patrimoine Hauts-de-France, L'église Notre-Dame du Mont-Carmel
  6. Patrimoine Hauts-de-France, L'église Saint-Paul
  7. a, b, c et d « BATTUT, Michèle », sur ledelarge.fr (consulté le 11 décembre 2015).
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Texte cité dans la monographie Battut, voyages, Éditions Jean-Pierre Melville, 2000.
  9. a et b Jean-Pierre Chopin, « Michèle Battut à la Galerie Nettis », La Voix du Nord, 1990/
  10. a et b Patrice de La Perrière, « Michèle Battut - Peintre officiel de la marine, sur le fil de l'horizon », Univers des arts, n°122, juin 2007, pages 54-57.
  11. Sabine Schmitt, Weil die Qualität stimmt, ville de Sarrelouis, 6 février 2012
  12. Jean-Michel Ogier, Michèle Battut, peintre de la marine et de l'évasion, France TV Info, 28 janvier 2015
  13. Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  14. a et b Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz, estampes et livres d'artistes, BNF, 1992.
  15. Musée de la mer, Les peintres de la Marine, Paimpol, 2012
  16. Yvetot : Battut et Martin, deux artistes inspirées, « Paris-Normandie », 25 octobre 2010
  17. Château de l'Hermine, Peintres officiels de la Marine, livret d'exposition, 2013
  18. Ici Sète, Sept peintres dfficiels de la Marine en escale à Sète, mars 2018
  19. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, page 59.
  20. Emmanuel Bénézit, Bénézit, t. 1, Gründ, , p. 863
  21. Alix Saint-Martin, conseil général des Hauts-de-Seine, Réalisme poétique, « HDS Mag », n°3, février-mars 2009.
  22. Philippe Lejeune, Michel Battut, « Catalogue du 35e Salon Art Expo », Ballancourt-sur-Essonne, 2014.
  23. Ministère de la Défense, les peintres de la marine
  24. Jean-Michel Ogier, « Michèle Battut, peintre de la Marine et de l'évasion », sur culturebox, 28 janvier 2015, mis à jour le 6 décembre 2016 (consulté le 8 février 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Michèle Battut
  • Georges Chayssial, Michèle Battut, Éditions Playtime, 1986.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  • Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz, estampes et livres d'artistes, BNF, 1992.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Éditions de l'Amateur,
  • Emmanuel Bénézit, Bénézit, t. 1, Gründ, , p. 863
  • Jean-Pierre Chopin (préface), Indira Gandhi, Jean-Paul Sartre, Irène Frain, Georges Cheyssial, Philippe Lejeune, Nicole Lamothe, Patrice de la Perrière, Alice Fulconis, Bertrand Duplessis, Christian Thomas et Michèle Battut, Battut, voyages, Éditions Jean-Pierre Delville, 2000.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, p. 90.
  • Michèle Battut, « Artistes Magazine », n°122, juillet-août 2006.
  • Michèle Battut, En escale sur l'île de Noirmoutier, 2007.
  • Jean-Claude Lethiais, Michèle Battut, Éditions du Conseil général d'Eure-et-Loir, 2007.
  • Patrice de La Perrière, « Michèle Battut - Peintre officiel de la Marine, sur le fil de l'horizon », Univers des arts, n°122, juin 2007.
  • Didier Hamel Dhaimeler, Les artistes francophones inspirés par l'Indonésie : peintres, sculpteurs, graveurs, Jakarta : Centre culturel français Jakarta en collaboration avec la Duta Fine Arts Foundation, , 207 p. (ISBN 9789799614506, lire en ligne), p. 164

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Battut, au-delà du réel, film de Jean Desvilles, texte dit par Marie-Martine Bisson, musique de Symbad de Lassus, éditions Arts et résonances, Boulogne-Billancourt (durée : 40 min). Festival du film sur l'art, Unesco, 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]