Lévitique
| Lévitique | ||||||||
L'envoi du bouc à Azazel (gravure de W.J. Webb) | ||||||||
| Titre dans le Tanakh | Wayiqra (Et Il appela) | |||||||
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| Auteur traditionnel | Moïse | |||||||
| Auteur(s) selon l'exégèse | Plusieurs auteurs anonymes | |||||||
| Datation traditionnelle | XVIe-XIIe siècle av. J.-C. | |||||||
| Datation historique | Ve siècle av. J.-C. | |||||||
| Plus ancien manuscrit | Qumrân 1, 2 4, 6 et 11 | |||||||
| Nombre de chapitres | 27 | |||||||
| Classification | ||||||||
| Tanakh | Torah | |||||||
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| Canon biblique | Pentateuque | |||||||
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Le Lévitique (en grec ancien Λευιτικός Leuitikós, relatif aux Juifs, en hébreu ויקרא Wayiqra, et Il appela) est le troisième des cinq livres de la Torah (Pentateuque). Il doit son nom au terme « lévite », désignant les membres de la tribu de Lévi, traditionnellement préposés au Temple et dont sont issus les prêtres (Cohanim). Il parle des devoirs sacerdotaux en Israël. Il met l'accent sur la sainteté de Dieu et le code selon lequel son peuple pouvait vivre pour devenir saint. Son but est d'enseigner les préceptes moraux et les rituels religieux de la loi de Moïse.
L'étude de l'hébreu dans le texte montre plusieurs styles d'écriture différents, et l'étude du contenu montre plusieurs préoccupations théologiques qui ne semblent pas toujours conciliables. Selon une approche de critique biblique ne suivant pas la tradition juive — par exemple l'hypothèse documentaire —, il serait donc raisonnable de penser que le Lévitique, comme l'ensemble du Pentateuque, a été écrit par plusieurs auteurs, et il est aujourd'hui admis dans les milieux académiques que le livre aurait pris forme durant le Ve siècle av. J.-C., soit de nombreux siècles après Moïse.
Le livre comprend 27 chapitres, qui relatent l'exposé à Moïse de lois et de rites.
Résumé
[modifier | modifier le code]Le Lévitique est le troisième livre de la Torah. Il vient après le livre de l'Exode qui raconte le départ des Hébreux d'Égypte, l'errance dans le désert et la construction du Tabernacle[1]. Il s'insère dans l'ensemble qui va de l'Exode au Deutéronome et y précède le Livre des Nombres. À la fin du livre de l'Exode, le sanctuaire est édifié et « la gloire de Dieu remplit la Demeure »[2]. Le Lévitique commence par l'appel de Moïse par Dieu depuis la tente de la Rencontre[3]. À partir du deuxième verset, se suivent les règles que les Hébreux doivent suivre[4]. Le nombre de commandements est important puisque sur les 613 qui se trouvent dans le Pentateuque, 247 sont dans le Lévitique[5]
Les chapitres 1 à 7 expliquent les ordonnances du sacrifice. Le chapitre 3 est consacré à l'offrande de paix.
Les chapitres 8 à 10 décrivent le rituel observé lors de la consécration des sacrificateurs. Les chapitres 11 à 16 sont consacrés aux règles du pur et de l'impur. Ils se divisent en quatre parties :
- Le chapitre 11 explique ce que l'on peut ou ne peut pas manger et ce qui est pur ou impur.
- Le chapitre 12 parle de l'état des femmes après l'enfantement.
- Les chapitres 13 à 15 sont des lois relatives à l'impureté cérémonielle :
- Le chapitre 16 contient le rituel à respecter pour la fête de Yom Kippour. Il mentionne le démon Azazel.
Les chapitres 17 à 26 contiennent un code de lois (appelé Code de Sainteté depuis les travaux de August Klostermann[6]) traitant des observances religieuses et sociales.
Le chapitre 27 explique que le Seigneur a commandé à Israël de lui consacrer ses récoltes et ses troupeaux de gros et de petit bétail.
Composition
[modifier | modifier le code]Le livre a vraisemblablement pris forme au Ve siècle av. J.-C., durant l'époque perse. Il est composé de deux parties : la première va du chapitre 1 au chapitre 16, la seconde va du chapitre 17 au chapitre 26. La première partie est généralement considérée comme un supplément à une «histoire sacerdotale» alors que la seconde est un texte qui présente des règles autres que celles présentes dans cette histoire sacerdotale. Dès lors, plusieurs conceptions divergent pour expliquer la conception du Lévitique. La première partie aurait été composée entre la fin du VIe siècle av. J.-C. et le milieu du Ve siècle av. J.-C. siècle. La seconde serait contemporaine ou postérieure. Enfin il est probable que certaines règles soient très anciennes mais qu'elles ont été réécrites lors de la rédaction de la partie dans laquelle ils apparaissent[6]
Commentaire sur le Lévitique
[modifier | modifier le code]Le commentaire sur le Lévitique dans la tradition du judaïsme rabbinique est le Sifra, aussi appelé Torat Cohanim.
Rabbi Ishmaël a exposé treize principes d'herméneutique dans la Baraïta, qui se trouve en introduction au Sifra.
Analyse
[modifier | modifier le code]Si à l'origine tous les premiers-nés devaient être consacrés à Dieu, après l'épisode du veau d'or celui-ci décide que seule la tribu de Lévi, qui lui est restée fidèle, aura le droit de s'occuper du temple. Cette décision est relatée dans Nombres 3,12[7]. De plus, parmi les lévites, les descendants d'Aaron sont mis à part car eux seuls sont chargés de la bénédiction pontificale, de la purification et de l'éducation du peuple[7].
Importance de la séparation
[modifier | modifier le code]De même que les Lévites sont distingués du reste des Hébreux, le Lévitique s'attarde beaucoup à expliquer ce qu'il faut séparer. Il faut séparer le sacré du profane et le pur de l'impur ; les règles édictées dans le Lévitique ont ce rôle. L'aspect principal de cette distinction est la dichotomie vivant/mort. Dieu est vivant et éternel et le seul moyen pour l'homme de s'en approcher est d'éliminer ce qui est lié à la mort. Pour ce faire, il doit respecter les règles rituelles édictées par Dieu[7]. De cette opposition entre le vivant et le mort s'impose l'opposition entre le pur et l'impur. Être pur signifie qu'on est du côté du Dieu vivant alors que l'impureté est liée à la mort ou à l'indistinction entre le vivant et le mort. Dès lors le Lévitique délimite l'un et l'autre. L'impureté peut provenir de plusieurs choses : des animaux (Lévitique 11), de l'accouchement (Lévitique 12), de certaines maladies de peau (Lévitique 13), etc[8].
Relation avec la liturgie catholique
[modifier | modifier le code]Le livre sert à la compréhension de la liturgie catholique : dans la théologie de la messe, le sacrifice est interprété comme étant l'Eucharistie, c'est-à-dire l'offrande de Jésus sur la croix[9].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jean-Daniel Macchi dans Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, 2009, p. 256-257
- ↑ verset 34 du chapitre 40 de l'Exode
- ↑ verset 1 du chapitre 1 du Lévitique
- ↑ Schenker. p. 269
- ↑ Philippe Haddad 2021, p. 87.
- Adrian Schenker dans Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, 2009, p. 275-276
- Haddad 2021, p. 88.
- ↑ Haddad 2021, p. 90.
- ↑ « La longue histoire de l'offrande dans la Bible », sur la-croix.com
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Didier Luciani, Le Lévitique. Éthique et esthétique, t. 40, Bruxelles, Lumen Vitae, coll. « Connaître la Bible », , 80 p. (ISBN 2-87324-260-4).
- Philippe Haddad, La Torah expliquée, Paris, Eyrolles, , 205 p. (ISBN 978-2-416-00210-6).
- Jean-François Lefebvre, Un mémorial de la création et de la rédemption : Le jubilé biblique en Lv 25, t. 23, Bruxelles, Lumen Vitae, coll. « Connaître la Bible », , 64 p. (ISBN 2-87324-158-6).
- (en) Thomas Römer, The Books of Leviticus and Numbers, Isd, 2008, 742 p.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressource relative à la musique :
- Ressource relative à la religion :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Traductions sur Wikisource
- Livre du Lévitique, traduction en français par le chanoine Crampon, édition numérique par Richard Bourret, moteur de recherche
- Version de la liturgie catholique.