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Démonologie

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La Tentation de saint Antoine, tableau de Jérôme Bosch (entre 1500 et 1525).

La démonologie est l'étude des démons, c’est-à-dire des « mauvais esprits », telle qu’elle peut être élaborée à partir de l’histoire des religions ou telle qu’elle est explicitement formulée dans les documents historico-culturels. Les représentations de la théologie chrétienne contiennent parfois une doctrine démoniaque en annexe de l’angélologie car les démons sont conceptualisés comme des anges déchus.

Le mot « démonologie » provient du grec δαίμων (daimōn), « divinité », « pouvoir divin », « Dieu »[1] et de -λογία (-logia), « la science », « l'étude ».

Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, peu d'intérêt était porté aux démons[réf. nécessaire]. Le Traité sur le mal de Thomas d'Aquin en 1272 rappelle que le diable est un hérétique, et la sorcellerie un crime d'hérésie.

Définition

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Les objectifs de la démonologie sont d'opérer une classification hiérarchique des démons, de connaître leurs histoires et de comprendre leur façon d'opérer. À cela, il existe deux parties, le Bien représenté par Dieu et le Mal représenté par le diable[2].

Satan, Léviathan[3], Bélial et Lucifer sont quatre êtres différents. Le nombre 666 est couramment associé à Satan ; il provient de la Bible et symbolise ce qui est humain[4]. Les démons bibliques répondent à une hiérarchie bien déterminée semblable à celle des militaires.

D'après Richelmus de Schental, abbé cistercien de Wurtemberg au XIIIe siècle, les démons se comptent par centaines de milliards. En 1467, Alphonsus de Spina en calcule 133 306 668[5]. Au XVIe siècle, Jean Wier n'en enregistre que 44 435 556, divisés en 666 légions commandées par 66 princes. D'autres savants démonologues contestent ces chiffres incluant Pannethorne Hugues (qui en recense 1 758 064 176), Martin Barshaus (2 665 866 746 664) et Jean Oswald (14 400 000)[réf. nécessaire]. Chaque démon possède ses propres caractéristiques. Certains ont un nom tiré de leurs manières de se manifester (Belzébuth le seigneur des mouches, etc.).

Développements

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Les premières traces de l'étude démonologique remontent au Banquet de Platon lorsque le « démonique » est identifié comme intermédiaire entre mortel et immortel, une notion que Plutarque affine sans la détourner. Ce dernier admet cependant que le démon se positionne en rival du divin, et ce malgré sa conception du bien divin universel[6].

Michel Psellos est considéré comme une source incontournable de la démonologie par les théologiens de la Renaissance, une époque où le diable revient au centre des débats philosophiques. Jean Bodin propose le terme « démonomanie » en 1580 pour mieux cerner la discipline de l'étude des démons, Nicolas Rémy publie le traité dæmonolatreia (Démonolâtrie) en 1592, et Jacques VI d’Écosse introduit le terme « dæmonologie » en 1597. C'est le terme « démonologie » qui s'impose lors du siècle suivant[7].

Pour Stuart Clark (auteur de Thinking with Demons), lors des XVIe et XVIIe siècles, le concept de démonologie évolue en fonction des changements radicaux opérés dans le domaine des sciences, et devient une activité épistémologique, même si le concept de démonologie reste encore mal cerné (nombreux entrecroisements avec la sorcellerie par exemple). Toujours selon Clark, la démonologie disparaît des débats littéraires vers 1740, une époque de transition philosohique de la théologie naturelle (théisme) vers la théologie rationnelle (déisme)[7].

L’étude de l’action dans le monde des esprits infernaux a été renouvelée à la fin du XIXe siècle par trois auteurs. Le précurseur est le chevalier Gougenot des Mousseaux (1805-1876) qui a écrit : Mœurs et pratiques des démons (1854), La Magie au dix-neuvième siècle, ses agents, ses vérités, ses mensonges (1860), Les Médiateurs et les moyens de la magie (1863) et Les Hauts Phénomènes de la magie, précédés du Spiritisme antique (1864). Il a collaboré avec le marquis de Mirville (1802-1873) qui a écrit : Des esprits et de leurs manifestations diverses (1863), ouvrage en 5 Tomes, ainsi qu’avec l’avocat Joseph Bizouard (1797-1870) qui est l’auteur de l’intéressant ouvrage : Des rapports de l'homme avec le démon (1863), en 6 tomes.

Dans la tradition orientale

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La démonologie orientale s'articule autour de trois piliers :

  • Djinn (ou jnoun) : nom donné aux démons par l'exégèse islamique. On les combat par la récitation assidue des versets du Coran, contenant les sourates de conjuration.
  • Cheitan : nom donné au diable par les Arabes.
  • Shour : un sort ou mauvais œil que l'on jette sur une personne. Ce mot est employé couramment chez les Maghrébins pour désigner une action de sorcellerie et un objet d'ensorcellement. Ce dernier est composé spécialement à cet effet et placé à un endroit précis. Les Sépharades et les Arabes l'utilisent pour rompre un mariage par exemple. Les femmes brûlent alors de l'encens sur une mixture contenant du jasmin et du romarin[8].

Notes et références

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  1. (en) Autenrieth, A Homeric Lexicon
  2. (en) "Demon" from Funk & Wagnalls New Encyclopedia, © 2006 World Almanac Education Group, deouishistory.com/ history.com]
  3. Job, XL, 19
  4. (en) Demon, entry in the Online Etymology Dictionary, © 2001 Douglas Harper, dictionary.com
  5. Fortalicium fidei, Strasbourg, 1460
  6. Guy Soury, « Sens de la démonologie de Plutarque », Revue des Études Grecques, vol. 52, no 244,‎ , p. 51–69 (DOI 10.3406/reg.1939.8237, lire en ligne, consulté le )
  7. a et b Pierre Kapitaniak, « Du progrès et de la promotion des démons : démonologie et philosophie naturelle dans l’épistémè européenne aux XVIe et XVIIe siècles », Études Épistémè. Revue de littérature et de civilisation (XVIe – XVIIIe siècles), no 7,‎ (ISSN 1634-0450, DOI 10.4000/episteme.2841, lire en ligne, consulté le )
  8. Éliette Abécassis, Sépharade : roman, Paris, A. Michel, , 455 p., 21 cm (ISBN 978-2-226-19223-3, BNF 42036638)

Bibliographie

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  • Alain Boureau, Satan hérétique : naissance de la démonologie dans l'Occident médiéval (1280-1330), Paris, Odile Jacob, , 319 p. (ISBN 2-7381-1366-4, lire en ligne).
  • Jean Bodin, De la démonomanie des sorciers, (Paris, 1580) lire en ligne sur Gallica
  • Nicolas Remy, La démonolâtrie, (1582) — Ouvrage écrit par le secrétaire du duc de Lorraine Charles III, qui condamna à mort 900 sorcières en 15 ans.
  • Henry Boguet, Discours exécrable des sorciers (Lyon, 1602) lire en ligne sur Gallica — L'auteur de cet ouvrage prononça 600 sentences contre des sorcières ; son livre connut onze rééditions.
  • Pierre de Lancre, Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons (Paris, 1612, réédition Aubier-Montaigne, 1982) — Ouvrage dans lequel il est beaucoup question des sorciers et de la sorcellerie.
  • Liste authentique des religieuses et séculières possédées, obsédées, maléficiées, le nom de leurs démons, le lieu de leur résidence, avec les signes de leurs sorties (1634)
  • Confessions et histoire de Madeleine Bavent, religieuse de Louviers, avec son interrogatoire, (Rouen, 1652)
  • Jacques Auguste Simon Collin de Plancy, Dictionnaire infernal, (Paris, 1818) - Ce livre recense toutes les connaissances de l'époque concernant la(les) superstition(s) et la démonologie.
  • Walter Scott, Histoire de la démonologie et de la sorcellerie, dans les Œuvres de Walter Scott, traduit par Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret, Paris, Furne, Charles Gosselin, Perrotin, 1836, vol. 25, p. 225-505 lire sur Google Livres
  • Gougenot des Mousseaux, Mœurs et pratiques des démons (1854), La Magie au dix-neuvième siècle, ses agents, ses vérités, ses mensonges (1860), Les Médiateurs et les moyens de la magie (1863) et Les Hauts Phénomènes de la magie, précédés du Spiritisme antique (1864).
  • Jules de Mirville, Des esprits et de leurs manifestations diverses (1863)
  • Joseph Bizouard, Des rapports de l'homme avec le démon (1863)
  • Alexander Hislop, Les deux Babylones (1916)
  • Henry Ansgar Kelly, Le Diable et ses Démons, Paris, Le cerf, 1977.
  • Kurt Koch, La démonologie dans le passé et aujourd’hui (en anglais)
  • Weirus, De praetistigiis (réédité en 1958)
  • Roland Villeneuve, Dictionnaire du Diable (Bordas, 1989)
  • Laurence Wuidar, Fuga Satanae. Musique et démonologie à l'aube des temps modernes, Genève, Droz, 2018 (344p) ( (ISSN 0071-1934 et 1422-5581))
  • Laurence Wuidar, Au-delà des mots. Musique, mystique et possession diabolique dans la Chrétienté occidentale, préface de Jean-Claude Schmitt, Milano, Mimesis, collection Philosophie n° 85, 2022.
  • André Frossard, 36 preuves de l'existence du Diable (2000)
  • Michelle Belanger, Encyclopédie de Démonologie. Les noms des damnés, Danae, (ISBN 9791094880227)

Articles connexes

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Liens externes

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