Démonologie

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Jérôme Bosch : la Tentation de saint Antoine.

La démonologie est un terme désignant l'étude des démons ou les croyances liées aux démons[1]. Le mot « démonologie » provient du grec δαίμooν, daimōn, « divinité », « pouvoir divin », « Dieu »[2] et de -λογία, -logia.

Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, peu d'intérêt était porté aux démons. Le Traité sur le mal de saint Thomas d'Aquin en 1272 rappelle que le diable est un hérétique, la sorcellerie un crime d'hérésie. Les théologiens vont alors se pencher sur les entités du Mal. La démonologie était conduite sous les auspices et avec les encouragements des plus hautes autorités catholiques et du pape lui-même.

Définition[modifier | modifier le code]

Les objectifs de la démonologie sont d'opérer une classification hiérarchique des démons, de connaître leurs histoires et de comprendre leur façon d'opérer. À cela, il existe deux parties le Bien représenté par Dieu et le Mal représenté par le Diable[3]. La démonologie établit que les anges sont les messagers et les ministres de Dieu dans ses relations avec les hommes et que, dès leur création, ils eurent le choix entre le bien et le mal. Les mauvais anges (anges des ténèbres ou anges déchus) choisirent le mal en s'éloignant de Dieu. L'origine de Lucifer semble être décrite de façon figurée dans la Bible dans le livre d'Isaïe 14:12-20, selon une interprétation chrétienne, comme suit :

Ah ! comme tu es tombé du ciel, toi, brillant, fils de l’aurore ! Comme tu as été abattu à terre, toi qui affaiblissais les nations ! Quant à toi, tu as dit dans ton cœur : Je monterai aux cieux. Au-dessus des étoiles de Dieu j’élèverai mon trône, (…) je me rendrai semblable au Très-Haut. (…)

Satan a aussi le nom de Léviathan, Bélial et Lucifer son tout premier nom. Le nombre 666 lui est couramment associé ; il provient de la Bible et symbolise ce qui est humain[4], imparfait car c'est « un chiffre d'homme » (Apocalypse 13:18). Les démons bibliques répondent à une hiérarchie bien déterminée semblable à celle des militaires. Un passage de la Bible (Marc 5:9) fait mention d'un homme possédé se dénommant Légion à cause de son degré de possession (voir légion).

D'après Richelmus de Schental, abbé cistercien de Wurtemberg au XIIIe siècle, les démons se comptent par centaines de milliards. En 1467, Alphonsus de Spina en calcule 133 306 668[5]. Au XVIe siècle, Jean Wier n'en enregistre que 44 435 556, divisés en 666 légions commandées par 66 princes. D'autres savants démonologues contestent ces chiffres incluant Pannethorne Hugues (qui en recense 1 758 064 176), Martin Barshaus (2 665 866 746 664) et Jean Oswald (14 400 000)[réf. nécessaire]. Chaque démon possède ses propres caractéristiques. Certains ont un nom tiré de leurs façons de se manifester (Belzébuth le seigneur des mouches, etc.). Dans les premiers temps, les démons étaient donc des anges avant leur chute. La haute cour céleste des premiers temps était composée de cinq archanges - Michel, Gabriel, Raphaël, Lucifer et Belzébuth, suivis de cinq anges - Priape, Miroton, Barjabul, Jézabel, Palingrène, Cervantès et Bacchus. Tous sont tombés, entraînés par le péché de Lucifer qui a voulu s'élever plus haut que Dieu ; sauf trois : Michel, Gabriel et Raphaël. C'est Saint Michel qui a réprimé Lucifer lorsque Dieu a condamné son orgueil. Le péché de Lucifer fut particulièrement grave puisqu'il a péché devant la gloire même de Dieu. C'est pourquoi, en rétribution de son insolence plus forte que celle des hommes (qui pèchent sans avoir vu Dieu), il devint l'incarnation de la malice. Parallèlement, Dieu récompensa son audace en lui donnant une aura qui suscite bien souvent l'effroi et, il faut le dire, un certain respect. Dieu créa alors l'Enfer comme miroir inverse du Paradis (c'est-à-dire le lieu même de la Gloire de Dieu), et y plaça tous les anges déchus (un tiers de la cour céleste en tout)[réf. nécessaire]. L'Enfer est donc le royaume du Diable et de ses sbires. Ils y ont autorité et y règnent en maître, chacun dans son domaine[réf. nécessaire].

D'autres noms de démons sont connus dans la démonologie : Asmodée, Belial, Melchior, Azazel, Isman, Iblis et Astaroth sont les plus redoutables.

Les symboles les plus courants des démons sont les cornes ou la couronne pour le pouvoir, la tête de bouc tirée des origines du paganisme où les sacrifices aux dieux étaient offerts, les ailes pour l'étendue de leur autorité, le serpent pour la tromperie (d'après la Bible Ève a été trompée par un serpent), et le dragon, serpent déchu représentant Asmodée maudit par Dieu (Genèse 4:14). Certains démons proposent leurs services à des humains pour les placer sous leur domination. D'où certainement l'expression vendre son âme au diable. Le Faust de Goethe en est un exemple célèbre[réf. nécessaire].

Dans la tradition orientale[modifier | modifier le code]

La démonologie orientale s'articule autour de trois piliers :

  • le djinn
  • le cheitan
  • le chhour

Le djinn ou djoun est le nom donné aux démons par l'exégèse islamique. On les combat par la récitation assidue des versets du Saint Coran, contenant les sourates de conjuration.
Le cheitan est le nom donné au Diable par les arabes.
Le chhour est un sort ou mauvais œil que l'on jette sur une tierce personne. Ce mot est employé couramment chez les Maghrébins. Les sépharades et les arabes l'utilisent pour rompre un mariage par exemple. Les femmes brûlent alors de l'encens sur une mixture contenant du jasmin et du romarin[6].

Sous l'empire néo-babylonien de Nabuchodonosor[7], les Philistins, peuple païen de Mésopotamie, ont érigé un temple en l'honneur de Belzébuth.
Belzébuth exigeait des sacrifices sanglants, comme l'immolation de jeunes enfants. La conversion de l'Empire romain au christianisme, au IVème siècle après J-C, a mis un terme à ces pratiques.
La période antique en Orient a été marquée par un abondant culte au démon, qu'il s'agisse des Assyriens, des Philistins ou de la civilisation égyptienne.
Priape était honoré sous l'apparence d'une divinité au pénis démesuré, apportant force et vigueur à ses fidèles[8].

Dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Jésus-Christ expulse sept démons du corps de Marie-Madeleine, après qu'elle eût lavé ses pieds avec ses cheveux et un flacon d'huile précieuse[9].
Jésus ordonne aux démons de se taire car ceux-ci le dénoncent comme Fils de Dieu, alors qu'il tente de guérir un démoniaque[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) "Demonology" at Dictionary.com Unabridged, (v 1.1) Random House, Inc.. Consulté le 29 janvier 2007.
  2. (en) Autenrieth, A Homeric Lexicon
  3. (en) "Demon" from Funk & Wagnalls New Encyclopedia, © 2006 World Almanac Education Group, deouishistory.com/ history.com]
  4. (en) Demon, entry in the Online Etymology Dictionary, © 2001 Douglas Harper, dictionary.com
  5. Fortalicium fidei, Strasbourg, 1460
  6. Éliette Abécassis, Sépharade : roman, Paris, A. Michel,‎ 2009, 21 cm, 455 p. (ISBN 978-2-226-19223-3, notice BnF no FRBNF420366385)
  7. Ancien Testament de la Bible de Jérusalem, 2 Roi 25
  8. http://mythologica.fr/grec/priape.htm
  9. Évangile selon Saint Luc, 7, 36-50
  10. Évangile selon Saint Marc, 9, 14-32

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bodin, De la démonomanie des sorciers, (Paris, 1580) — Ce classique de démonologie, souvent réédité, est un véritable code pénal des sorcières.
  • Nicolas Rémy, La démonolâtrie, (1582) — Ouvrage écrit par le secrétaire du duc de Lorraine Charles III, qui condamna à mort 900 sorcières en 15 ans.
  • Henry Boguet, Discours exécrable des sorciers (Lyon, 1602) — L'auteur de cet ouvrage prononça 600 sentences contre des sorcières ; son livre connut onze rééditions.
  • Pierre de Lancre, Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons (Paris, 1612, réédition Aubier-Montaigne, 1982) — Ouvrage dans lequel il est beaucoup question des sorciers et de la sorcellerie.
  • Liste authentique des religieuses et séculières possédées, obsédées, maléficiées, le nom de leurs démons, le lieu de leur résidence, avec les signes de leurs sorties (1634)
  • Confessions et histoire de Madeleine Bavent, religieuse de Louviers, avec son interrogatoire, (Rouen, 1652)
  • Jacques Auguste Simon Collin de Plancy, Dictionnaire infernal, (Paris, 1818) - Ce livre recense toutes les connaissances de l'époque concernant la(les) superstition(s) et la démonologie.
  • Alexandre Hislop, Les deux Babylones (1916)
  • Henry Ansgar Kelly, Le Diable et ses Démons, Paris, Le cerf, 1977.
  • Kurt Koch, La démonologie dans le passé et aujourd’hui (en anglais)
  • Weirus, De praetistigiis (réédité en 1958)
  • Roland Villeneuve, Dictionnaire du Diable (Bordas, 1989)
  • André Frossard, 36 preuves de l'existence du Diable (2000)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]