Alfred Chauchard

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Alfred Chauchard
Weigele - Hippolyte-Alfred Chauchard 01.jpg
Buste d'Alfred Chauchard par Henri Weigele.
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
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Collectionneur d'artVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction

Hippolyte François Alfred Chauchard, né le aux Mureaux (Seine-et-Oise - aujourd'hui Yvelines) et mort le à Paris, est un homme d'affaires et collectionneur d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Grands Magasins du Louvre[modifier | modifier le code]

En 1855, Alfred Chauchard, jusqu'alors commis au magasin de nouveautés Au Pauvre Diable aux appointements de 25 francs par mois, s'associe avec Auguste Hériot et Charles Eugène Faré pour louer le rez-de-chaussée de l'Hôtel du Louvre, qui vient d'ouvrir ses portes rue de Rivoli, où ils créent « Les Galeries du Louvre ». Les locaux sont loués à La Compagnie Immobilière de Paris et les frères Pereire avancent des fonds pour le lancement de l'affaire[1].

L'ouverture du magasin n'est pas grandiose. La direction est médiocre, les employés ne sont pas payés régulièrement, et une fois un employé est parti avec la caisse[1].

En 1857, Charles Eugène Faré se retire, et la société est restructurée autour de Chauchard et Hériot. En 1861, les ventes font un bond en avant de 5 à 7 millions de francs, puis 13 millions en 1861. À la fin des années 1870, la société est le premier magasin à atteindre les 100 millions de francs de vente annuelle[1].

En 1879, les deux associés sont en mesure de racheter l'ensemble de l'immeuble (qui abrite aujourd'hui le Louvre des antiquaires). Après deux ans de travaux, ils ouvrent Les Grands Magasins du Louvre. La société ne disparaîtra qu'en 1974. Chauchard vend ses parts pour une raison inconnue en 1885.

Collectionneur d'art[modifier | modifier le code]

Chauchard réunit de vastes collections de peintures et d'objets d'art, en novembre 1890; son nom reste attaché à l'achat, pour l'énorme somme de 800 000 francs-or, de L'Angélus de Jean-François Millet que se disputaient plusieurs musées américains[2]. Il rachète la peinture 1814, La Campagne de France d'Ernest Meissonier pour 850 000 francs-or[3]. Il rachète également des Corot, Delacroix, Daubigny, Meissonier, qui se trouvent tous actuellement au musée d’Orsay[4].

À cette époque, les crédits d’acquisition du Louvre sont bien inférieurs à ceux des musées de Berlin ou de Londres, et le musée bénéficie surtout des largesses des grands donateurs qu’il cultive parmi lesquels Alfred Chauchard[5].

Alfred Chauchard loue à la ville de Paris le château de Longchamp dans le Bois de Boulogne et habite un vaste hôtel particulier 5, avenue Vélasquez (Paris, VIIIe) à proximité du parc Monceau.

L'importante propriété versaillaise d'Alfred Chauchard, avenue de Paris, fait partie de l'ancien domaine privé de la comtesse de Provence, dite Madame, épouse du futur Louis XVIII, pavillon de musique aménagée par l'architecte Chalgrin appelée "le Pavillon Madame" ou "le château de Montreuil", ou "le Grand Montreuil". C'est un lotissement pavillonnaire privé dénommé Parc Chauchard depuis le 16 octobre 1902.

À sa mort en 1909, ses œuvres de Millet et Corot sont données au Musée du Louvre. Son buste en marbre est exposée à l'entrée du musée d'Orsay[2].

Décès et héritage[modifier | modifier le code]

Alfred Chauchard a soigneusement ordonné ses funérailles, qu'il veut grandioses. La cérémonie eut lieu le 10 juin 1909. Son cercueil, en bois d'amarante orné de ciselures de bronze et de cuivre, a coûté 48 000 francs ; il y repose revêtu d'un habit noir, avec le cordon de la Légion d'honneur en sautoir, portant un gilet boutonné de perles précieuses d'une valeur de 500 000 francs qui vaudront à sa sépulture d'être violée par des voleurs ; le linceul est en drap d'or. Il est inhumé dans un mausolée grandiose au cimetière du Père-Lachaise (64e division).

Fréquentant la Présidence de la République et les ministres, celui de l'Instruction publique Georges Leygues lui fait obtenir la Grand-croix de la Légion d'honneur ; Chauchard lui léguera une grande partie de sa fortune, leurs rapports ne sont pas bien élucidés. Il lègue une somme de 12 millions de francs à l'homme politique Georges Leygues, dont la femme et les deux filles reçoivent en outre un million chacune. Gaston Calmette, directeur du Figaro, hérite de deux millions, le sénateur Lozé de 500 000 francs, et la maîtresse de Chauchard hérite de son hôtel -entièrement meublé- de l'avenue Vélasquez et d'une importante dotation.

Les 105 lots du Parc Chauchard furent attribués à ses employés méritants. Son ancienne demeure existe toujours en son centre, entourée d'autres maisons. Sa seule condition en retour de ce don fut que l'on entretienne sa statue au centre du parc après sa mort[2].

Le Prix Chauchard de la Société des gens de lettres récompensait les œuvres littéraires te les actes de bienfaisance[6].

Personnalité[modifier | modifier le code]

« De son vivant, il se faisait beaucoup prier avant de consentir à montrer ses chefs-d'œuvre. Mais lorsqu'on était parvenu à vaincre sa résistance, il vous en récompensait en vous offrant un souvenir. Dans ses magasins, on donnait aux enfants un ballon. Dans sa galerie de l'avenue Vélasquez, les adultes recevaient soit une médaille à l'effigie de Chauchard, soit un moulage de son buste ! » Selon André Becq de Fouquières[7]

« Le personnage était infiniment plus complexe qu'il n'y paraît. Ainsi avait-il dressé un perroquet enfermé dans ses appartements privés à le saluer par un sarcasme. Chaque fois qu'il pénétrait dans sa chambre, l'oiseau criait : "Chauchard, tu es une bête ! Chauchard, tu es une bête !" » Selon André Becq de Fouquières[8]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Weigele, Chauchard assis,1903, bronze, Paris, musée d'Orsay ; Chauchard en buste, marbre, Paris musée d'Orsay. Le modèle assis en marbre serait de nos jours à Versailles, rue Abel-Auvray[9]
  • Benjamin Constant, Alfred Chauchard, Paris, musée d'Orsay, 1896.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Michael Barry Miller, The Bon Marché: Bourgeois Culture and the Department Store, 1869-1920, Princeton University Press, (ISBN 9780691034942)
  2. a, b et c Chroniques de Versailles, Editions Publibook (ISBN 9782748309942)
  3. « Revoir Messonier », sur Lexpress.fr,
  4. Promenade dans Paris / Anne Cendre, Licence en sciences sociales et un diplôme de bibliothécaire
  5. Institut national d'histoire de l'Art / MICHEL André : http://www.inha.fr/spip.php?article2454
  6. B. H. Bakker, Naturalisme pas mort: Lettres inédites de Paul Alexis à Emile Zola, 1871-1900, University of Toronto Press, (ISBN 9781442633193)
  7. André de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens. II. Le quartier Monceau, Paris, Éditions Pierre Horay, 1954, p. 195
  8. André Becq de Fouquières, Op. cit., p. 194
  9. Voir ce site [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pamella Guerdat, « "Lutter contre l'oubli", Le testament d'Alfred Chauchard »,  La revue des musées de France , 2015-4, p. 79-89.
  • Jean Guiffrey, La collection Chauchard: Notice lue à l'assemblée générale annuelle de la Société des amis du Louvre le 25 janvier 1911, Impr. générale Lahure,
  • Hippolyte François Alfred Chauchard, Les peintures de la collection Chauchard, Plon-Nourrit et Cie.,

Articles connexes[modifier | modifier le code]