Musée national Eugène-Delacroix

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2016).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

La forme de cet article ou de cette section n'est pas encyclopédique et ressemble trop à un catalogue de vente, un dépliant publicitaire ou une offre commerciale (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Modifiez l'article pour aider à le transformer en article neutre et encyclopédique ou discutez-en.

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
La mise en forme de cet article est à améliorer (juillet 2016).

La mise en forme du texte ne suit pas les recommandations de Wikipédia : il faut le « wikifier ». Découvrez comment faire.

La typographie, les liens internes ou externes, les conventions de style, la présentation des sourcesetc. sont autant de points qui peuvent ne pas convenir voire être absents. Les raisons de la pose de ce bandeau sont peut-être précisées sur la page de discussion. Si seules certaines sections de l'article sont à wikifier, pensez à les indiquer en utilisant {{section à wikifier}}.

Musée national Eugène-Delacroix
Image illustrative de l'article Musée national Eugène-Delacroix
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 6, rue de Furstenberg
75006 Paris
Coordonnées 48° 51′ 17″ Nord 2° 20′ 07″ Est / 48.8546, 2.3354
Informations générales
Date d’inauguration 1971
Collections Peintures, œuvres sur papier, objets d'Afrique du Nord, objets personnels, lettres autographes
Informations visiteurs
Site web www.musee-delacroix.fr

Le Musée national Eugène-Delacroix est un musée qui a été fondé à la fin des années 1920 par la Société des Amis d’Eugène Delacroix. Il a ouvert pour la première fois en juin 1932, avec une première exposition dédiée au peintre et à ses proches, Delacroix et ses amis.

Installé dans le dernier appartement et le dernier atelier du peintre, où il vécut de décembre 1857 à sa mort, le 13 août 1863, le musée a été créé, plus de soixante ans après le décès de Delacroix, par des peintres, des collectionneurs, des conservateurs, réunis en association pour sauver les lieux, menacés de destruction. Présidée par Maurice Denis, dont l’implication pour le musée fut sans failles, la Société des Amis d’Eugène Delacroix rassemblait aussi Henri Matisse, Paul Signac, Édouard Vuillard, George Desvallières, notamment[1].

Le musée Eugène-Delacroix est un musée ainsi conçu en hommage à Eugène Delacroix, peintre, dessinateur, graveur et écrivain. Sa collection propre, singulière, est la seule au monde à présenter la diversité des talents du grand artiste et à souligner l’influence insigne que son œuvre exerça sur la création artistique, jusqu’à aujourd’hui.

Histoire du musée Eugène Delacroix[modifier | modifier le code]

Eugène Delacroix s’installa 6 rue de Furstenberg, le 28 décembre 1857, abandonnant l’atelier de la rue Notre-Dame-de-Lorette qu’il louait depuis 1844 et qui était trop éloigné de l’église Saint-Sulpice dont il devait, dès 1847, décorer la chapelle. Souffrant depuis plusieurs années, l’artiste souhaitait finir à tout prix son œuvre, mais il n’était plus en mesure de faire chaque jour un long  trajet depuis la rive droite. Aussi fut-il heureux de trouver par l’intermédiaire de son ami, le marchand de couleurs et restaurateur de tableaux Étienne Haro (1827-1897), un logement calme et aéré, entre cour et jardin, situé au premier étage d’un immeuble relativement proche de Saint-Sulpice et faisant partie des anciens communs du palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés[2]. Delacroix obtint un bail de quinze ans, avec autorisation pour construire un atelier dans le jardin, à condition d’en soumettre au préalable les plans.

Le journal et la correspondance de Delacroix témoignent de cette phase de travaux, qui s’éternisa et s’avérera plus complexe qu’il y paraissait. Après de multiples contraintes dues à cet emménagement, Delacroix s’installe enfin à la fin du mois de décembre 1857. Il écrit le 28 décembre dans son journal : « Déménagé brusquement aujourd’hui. […] Mon logement est décidément charmant. J’ai eu un peu de mélancolie après dîner, de me trouver transplanté. Je me suis peu à peu réconcilié et me suis couché enchanté. Réveillé le lendemain en voyant le soleil le plus gracieux sur les maisons qui sont en face de la fenêtre. La vue de mon petit jardin et l’aspect riant de mon atelier me causent toujours un sentiment de plaisir ».

L’appartement, grand d’environ 150 mètres carrés, comprenait une antichambre desservant côté cour la chambre à coucher de Jenny Le Guillou et la salle à manger, et côté jardin la chambre à coucher de Delacroix et le salon. Une petite pièce ouvrant sur l’escalier menant à l’atelier faisait fonction de bibliothèque. On accédait à l’office et à la cuisine, donnant sur la cour, par un petit couloir. Le peintre disposait aussi au dernier étage de deux chambres pour ses domestiques et d’une cave. Cette distribution est toujours celle de l’appartement actuel, où le musée est installé.

Le sauvetage des lieux : des artistes créateurs de musée[modifier | modifier le code]

À la mort de Delacroix, l’appartement et l’atelier furent occupés par la Société Saint-Vincent-de-Paul dont le siège social se situait déjà dans l’immeuble depuis 1854. En 1928, le propriétaire décide de rompre le bail, souhaitant, selon la rumeur, détruire l’atelier et le remplacer par un garage. C’est ainsi que celle-ci remonta aux oreilles des peintres Maurice Denis (1870-1943) et Paul Signac (1863-1935). Soutenus par deux historiens spécialistes de Delacroix, André Joubin (1868-1944) et Raymond Escholier (1882-1971), auxquels s’était joint le docteur Viau (1855-1939), amateur d’art éminent, ils constituèrent la Société des Amis de Delacroix, dans l’espoir d’éviter la démolition du dernier atelier de l’artiste. Cette manœuvre fonctionna, et la Société obtint différentes aides afin de payer le loyer, entreprendre quelques travaux, et organiser, dès les années 1930, une exposition par an au sein des lieux. La Société, enrichie d’autres personnalités telles qu’Henri Matisse (1869-1954) ou Édouard Vuillard (1868-1940), joua un véritable rôle dans le développement des anciens appartements de Delacroix en musée[3]. Il s’agit là d’une situation absolument inédite, où des artistes, parmi les plus grands de leur époque, ont été à l’origine de la création d’un musée, qui plus est monographique et sur un artiste dont ils n’étaient pas contemporains. Cet hommage extraordinaire fait partie intégrante de l’histoire des lieux, et vit encore à travers eux.  

En 1952, l’appartement qui appartenait à Charles Ernest George Panckouke fut légué et rapidement mis en vente. La Société, malheureusement dans l’impossibilité de réunir les capitaux nécessaires à l’achat, vendit alors une partie de ses collections aux musées nationaux. Quatre ans plus tard, après une longue négociation, l’État accepta de recevoir l’appartement, l’atelier et le jardin en donation, et s’engagea à y faire un musée. La Société y maintint néanmoins son siège social, continua d’y organiser des expositions dont les bénéfices lui étaient reversés.

C’est en 1971 que le Musée Eugène Delacroix devient musée national, et prend progressivement le visage qu’on lui connaît aujourd’hui. La Société s’efface peu à peu devant l’État concernant l’administration et la vie du musée, devant répondre à des missions de service public. Le musée Delacroix est rattaché au Musée du Louvre depuis 2004, et continue de se développer afin de continuer à transmettre une histoire singulière, partager ses riches collections et ses connaissances.

Missions du musée[modifier | modifier le code]

Le musée Eugène Delacroix réunit une collection exceptionnelle de l’artiste, gage de la diversité de l’œuvre du peintre. Le musée s’attache à partager ces créations, mais il stimule aussi un imaginaire évoquant le quotidien d’un artiste implanté à Paris au XIXe siècle.

La rénovation du jardin de Delacroix en 2012 a permis de redonner à cet espace des traits sans doute plus proches de son état du temps de Delacroix. Grâce à un document essentiel, « Mémoire de jardinage pour le compte de Monsieur Delacroix », daté de 1857, qui détaille les interventions successives dans le jardin lorsque Delacroix avait emménagé, le lieu a retrouvé une intimité certaine. Vignes, massifs de fleurs, rosiers, thym, groseilliers, framboisiers et divers arbres occupent désormais le jardin comme autrefois.

Le musée Delacroix met également un point d’honneur à compléter ses collections, et a récemment fait l’acquisition du Cardinal de Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais-Royal (2015), et le Portrait de George Sand en habit d’homme datant de 1834 (2016).

Depuis le 1er janvier 2016, le musée fait partie du réseau des 208 Maisons des Illustres. Sa vocation de conserver et transmettre la mémoire d’Eugène Delacroix va de pair avec l’organisation d’un grand nombre d’évènements permettant au public de découvrir qui était l’homme Delacroix, mais aussi le peintre, au sein de son dernier lieu de vie. Des expériences comme l’installation d’un jardin littéraire ou d’une série de rencontres avec des familles au sein du programme « Raconte-moi Delacroix », sont tout autant de moyens de découvrir et d’apprécier cet héritage artistique qui a perduré jusqu’aujourd’hui.

Les collections[modifier | modifier le code]

Delacroix, peintre : les peintures[modifier | modifier le code]

Le musée Eugène Delacroix est l’unique musée au monde à présenter une collection permettant d’explorer absolument tous les aspects de l’œuvre de l’artiste. Il conserve peintures, esquisses, dessins, estampes et lithographies, objets ayant appartenu à Delacroix, ses palettes de couleurs, mais également l’ensemble de ses écrits, et certaines lettres de sa correspondance personnelle. Car Delacroix nous montre de multiples aspects de sa personnalité artistique, il est peintre, très bon graveur et dessinateur, mais aussi écrivain.

Parmi ses collections, le musée conserve des peintures clés dans l’œuvre de Delacroix. La Madeleine dans le désert[4], qui figura au Salon de 1845, fit par la suite couler beaucoup d’encre, et retint l’attention des critiques contemporains comme Baudelaire : « Voici la fameuse tête de la Madeleine renversée, au sourire bizarre et mystérieux, et si naturellement belle qu’on ne sait si elle est auréolée par la mort, ou embellie par les pâmoisons de l’amour divin », mais attira aussi de nombreux historiens de l’art et passionnés de l’artiste, à juste titre.

Il faut également accorder une attention particulière à l’Éducation de la Vierge[5]. Delacroix la peignit en 1842, lorsqu’il rendit visite à George Sand dans son château de Nohant, dans le Berry, alors qu’elle entamait alors une liaison avec Frédéric Chopin, que Delacroix admirait sensiblement. L’œuvre, à l’origine destinée à l’église de Nohant, fut en réalité conservée par George Sand qui l’adorait, tandis qu’une copie réalisée par son fils Maurice fut envoyée dans l’église. Sand en parle dans l’une de ses lettres : « Cette belle sainte Anne et cette douce petite Vierge me font du bien, et quand quelqu’un vient m’embêter, je les regarde et n’écoute pas ».

Œuvre majeure de la collection du musée, Roméo et Juliette au tombeau des Capulet[6] doit être admirée pour la place que ce sujet shakespearien prit dans l’imaginaire de Delacroix qui connaissait parfaitement la pièce, réalisant une composition inspirée du théâtre. Delacroix a en effet directement puisé ses sources dans la version jouée par les acteurs anglais qui avait été modifiée pour donner davantage de pathos à la scène : Juliette s’éveille alors que Roméo est encore vivant malgré le poison ingéré. Il tire son amante de son cercueil, et la tient serrée contre lui, debout, à l’avant de la scène.

Le Portrait d’Auguste Richard de La Hautière fait partie d’une série dite « portraits de la pension Goubaux », commandée à Delacroix par Prosper-Parfait Goubaux, directeur de l’institution Saint-Victor à Paris. Delacroix aurait réalisé entre 1824 et 1834 dix portraits, tous de mêmes dimensions, qui ornèrent le salon de l’institution. Joliment esquissé, ce portrait d’Auguste-Richard de la Hautière, lauréat en 1828 du deuxième prix de version latine, retient l’attention par sa finesse d’exécution et son charme délicatement romantique. L’influence des portraits anglais est ici manifeste. La représentation du modèle devant un paysage rappelle les œuvres de sir Joshua Reynolds que Delacroix admirait. Et l’expression vive du modèle aux lèvres entrouvertes évoque les beaux portraits de sir Thomas Lawrence auquel le peintre rendit visite, qui le marqua profondément durant son séjour à Londres en 1825[7].

Le musée conserve des copies intéressantes d’après Delacroix, comme celle d’Henri Fantin-Latour qui reproduit les Femmes d'Alger dans leur appartement[8]. Cette œuvre démontre l’influence qu’exerçait Delacroix sur des artistes des générations suivantes, puisque Fantin-Latour réalise cette copie en 1875. L’artiste suscitait un vif intérêt chez les peintres de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.

À l’inverse, les collections comprennent aussi des travaux de Delacroix inspirés d’œuvres qu’il pouvait admirer. L’Étude d’après un des Caprices de Goya, deux plats de reliures médiévales et une veste orientale[9] constitue un tableau d’atelier par excellence, et souligne plusieurs sources d’inspiration de Delacroix : Goya, à l’évidence, et des plats de reliures médiévales provenant de la Bibliothèque nationale où le peintre se plaisait à aller régulièrement. Enfin, le pan de veste rouge n’est pas sans rappeler ses études de costumes souliotes peints entre 1822 et 1825 à partir de vêtements orientaux empruntés à son ami Jules-Robert Auguste.

En 2015, le musée a acquis une nouvelle œuvre de Delacroix : Le Cardinal Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais Royal[10]. Le tableau fut commandé au peintre sans doute en 1828 par le duc d’Orléans, le futur Louis-Philippe, pour sa galerie historique du Palais-Royal. Il existait un grand tableau pour ce sujet, qui fut exposé au Salon de 1831, et qui disparut dans l’incendie du Palais-Royal en 1848. La nouvelle acquisition du musée n’en est rendue que plus précieuse.

Delacroix, graveur : estampes et lithographies[modifier | modifier le code]

De magnifiques estampes et dessins sont également conservés est exposés au musée. Qu’il s’agisse d’estampes illustrant des passages de pièces de dramaturges anglais tels que Shakespeare ou Nicholas Rowe[11], ou d’études de félins ou de chevaux, ce sont d’incroyables témoignages du talent de Delacroix dans le domaine de la gravure et du dessin. Le musée possède ainsi une collection presque complète des lithographies originales de l’artiste, pouvant être considérées comme de véritables chefs-d’œuvre.

Le Tigre royal, lithographie de 1829, est une fabuleuse démonstration des capacités de Delacroix à réaliser un dessin animalier, avec des jeux de contraste et une profondeur dans le traitement du tigre et du paysage, sans même n’avoir jamais vu ce félin de sa vie. Le premier tigre du Bengale arrive au Muséum d’Histoire naturelle en 1830. Delacroix a donc transposé ses études anatomiques de lion au tigre, avec toute la virtuosité dont en témoigne cette lithographie[12].

Les lithographies de l’artiste montrent son talent d’illustrateur, essentiellement tourné vers les œuvres anglaises qu’il a attentivement lues. Delacroix passionne pour le théâtre, fréquente les salles de spectacle anglaises : « J’ai vu Richard III, joué par Kean, qui est un très grand acteur, quoi qu’en dise l’ami Duponchel. […] Je suis obligé, à mon grand regret, de manquer une représentation demain où Young doit jouer le rôle d’Iago avec Kean dans Othello. […] Je pense voir aussi Hamlet. » (Delacroix à son ami Jean-Baptiste Pierret, le , à Londres). Delacroix produit de nombreuses lithographies autour de ces thèmes, telles que Jane Shore, tirée de la pièce éponyme de Nicholas Rowe. Delacroix représente Jane mourant d’épuisement dans les bras de son mari, dont l’amour n’a cessé malgré la liaison de sa femme avec le roi Édouard IV. Sa mort fut provoquée par son successeur, Richard III, qui exigea qu’elle fasse pénitence pour sa conduite libertine, et la condamna donc à errer en chemise dans les rues, un cierge à la main[13].

L’accrochage change régulièrement, permettant de donner une visibilité des plus complètes sur les collections, et présenter des estampes et des dessins qui ne peuvent rester plus de trois mois exposés à la lumière du jour.

Delacroix, écrivain : la bibliothèque du musée[modifier | modifier le code]

Si Eugène Delacroix est essentiellement connu pour ses talents de peintre, son œuvre littéraire est bien moins célèbre. Pourtant, Delacroix est un véritable homme de lettres. S’il a embrassé une carrière d’artiste peintre malgré ses hésitations, le maître ne cessa jamais d’écrire : dans son journal[14], à travers sa correspondance, et dans quelques écrits où son admiration pour Voltaire et Rousseau transparaît allègrement. Des dangers de la cour[15], rédigé à ses 18 ans, cristallise ses inspirations pour les auteurs des lumières, véritable voyage initiatique, cette nouvelle se veut philosophique, morale et politique.

Le musée conserve aussi les manuscrits de jeunesse de Delacroix, ainsi que des lettres autographes de l’artiste. Son goût pour l’écriture transparaît à travers ses écrits personnels, qui sont extrêmement réfléchis. Delacroix reprend parfois des lettres dans son journal, il lui arrive également de les retravailler. Il faut ainsi comprendre que l’artiste avait conscience que ses écrits seraient un jour publié, après sa mort.

Ces lettres sont aussi intéressantes pour comprendre les idées et les méthodes de travail du peintre. L’Autographe avec tâches de couleurs illustre cette habitude de Delacroix de noter sur des feuilles éparses des idées de sujets pour ses tableaux. Ici, il recopie quelques lignes de l’article d’A. Lèbre lu dans la Revue des deux Mondes du [16], à propos d’un cours professé au Collège de France sur l’archéologie égyptienne par M. Letronne qi attirait alors un public nombreux. Il retient la description d’un décor illustrant un tribunal des morts dans une sépulture thébaine, et note aussi les douze travaux d’Hercule.

La bibliothèque du musée Delacroix centralise de nombreux écrits autour de l’artiste, son œuvre peinte, dessinée, gravée et littéraire, mais elle s’attache également à éclairer son contexte. Des ouvrages autour de l’art du XIXe siècle, de nombreuses monographies de peintres, de Léonard de Vinci à Henri Matisse, y sont conservées, sans compter un rayonnage complet consacré à la littérature contemporaine de Delacroix, notamment de nombreux ouvrage de et sur Baudelaire, George Sand ou Byron. La bibliothèque comprend actuellement plus de 2 200 ouvrages, en français pour la plupart, mais aussi en anglais et en allemand pour certains d’entre eux. Elle a profité en 2016 d’une profonde réorganisation selon une classification thématique, permettant au lecteur de s’orienter facilement. La bibliothèque est en cours d’informatisation.

Les dernières années de Delacroix : 1855-1863[modifier | modifier le code]

1855 est l’année de l’exposition universelle. Delacroix y participe activement, et c’est lors de cet évènement majeur qu’il présente pour la première fois Roméo et Juliette au tombeau des Capulet, et pas moins de trente-cinq autres tableaux, anciens ou récents. C’est un véritable succès, et l’artiste reçoit la même année la Légion d’honneur, ainsi que la Médaille des récompenses.

Malgré un état de santé se détériorant progressivement, les dernières années de Delacroix sont celles de son accomplissement en tant qu’artiste. L’exposition universelle lui a rendu les honneurs qu’il méritait, et deux ans plus tard, en 1857, le maître est enfin élu à l’Institut. C’est une véritable consécration pour l’artiste, lorsque l’on songe à ce même Institut, qui, quelques années auparavant, se montrait assez réprobateur à l’égard de Delacroix. Seconde consécration, Delacroix est même nommé membre correspondant par l’Académie des beaux-arts de Rio de Janeiro, confirmant un rayonnement outre-Atlantique du peintre. 

Cette même année, Delacroix emménage au 6 rue de Furstenberg, et fait fabriquer son propre atelier dans le jardin, agrémenté d’un bas-relief à l’antique, et de grandes fenêtres pour y faire entrer la lumière. Ce bâtiment prenant place dans le jardin, contribue à conférer à cet espace un aspect bucolique et apaisant, agrémenté de fleurs et de diverses espèces végétales.  

1859 est la dernière année d’exposition au Salon pour Delacroix : il envoie huit peintures, dont La Montée au Calvaire et Le Christ descendu du tombeau.

Delacroix voyage beaucoup durant ces années, il se rend ainsi de nombreuses fois à Plombières, ville d’eau très appréciée à cette époque, mais aussi à Champrosay. Il se rend également à Augerville, chez Berryer, à Croze, dans la Creuse, dans la propriété des Verninac, à Strasbourg chez ses cousins.

En février 1860, à l’occasion d’une exposition organisée par Francis Petit à la galerie Martinez, Delacroix envoie seize peintures de différentes époques, qu’il emprunte à divers amateurs. Il suit également de près la restauration de La Barque de Dante[17] au musée du Louvre.

Entre 1860 et 1861, Delacroix achève la chapelle des Saints Anges[18]. Il y travaille avec force pendant plusieurs mois : « Mon cher cousin, je vous ai promis de vous donner des nouvelles de l’héroïque résolution que j’ai prise et que j’ai tenue jusqu’ici de me lever tous les matins à 5h ½ du matin pour prendre le premier convoi qui me conduit à Saint Sulpice où je travaille quelques heures pour revenir ici dîner de bonne heure sobrement, se coucher à huit heures pour recommencer le lendemain. […] L’intérêt, la passion m’enivre pendant toutes ces courses et les trajets eux-mêmes qui ne durent pas longtemps, m’amusent plus qu’ils ne me fatiguent » (lettre à Berryer, le 14 octobre 1860, Musée Eugène Delacroix). Le 21 août 1861, la chapelle est ouverte au public : l’œuvre est reçue avec louanges et critiques entremêlées.

En 1862 Delacroix achève quelques tableaux commencés, comme L’Assassinat de l’Évêque de Liège. Sa santé se détériore nettement en 1863, et il meurt ainsi le 13 août de la même année, au 6 de la rue de Furstenberg, Jenny le Guillou, sa gouvernante, veillant à son chevet. De là, un mouvement important se déploie pour rendre hommage au peintre, qui ne s’éteindra jamais.

La vente posthume des œuvres conservées dans son atelier qui eut lieu en 1864 à l’hôtel Drouot rencontra un succès, sans doute inattendu. Théophile Silvestre, critique d’art, rapporta qu’ « une infinité d’artistes, de marchands et de personnes commissionnées, de Paris, de la province et de l’étranger » suivirent les enchères « le crayon frais taillé pour marquer le prix de chaque objet à cette vente mémorable ». Il ajouta : « Tout le monde sentait qu’il avait affaire à un maître dont le nom et l’œuvre resteront ». Une exposition rétrospective de son œuvre fut également inaugurée le 13 août 1864, un an après sa mort, par la Société nationale des beaux-arts. Les premières biographies sur l’artiste virent le jour. En 1885, une vaste exposition rétrospective fut organisée à l’École nationale des beaux-arts, afin de récolter les fonds nécessaires à l’érection d’un monument à sa mémoire. Ces manifestations continuent de rythmer la vie culturelle aujourd’hui : Delacroix intéresse, fascine, rayonne[19].

Historique des expositions temporaires[modifier | modifier le code]

  • 1930 : Delacroix, chez lui, 6 rue du Fürstenberg.
  • 1932 : Eugène Delacroix et ses amis, juin – juillet 1932
  • 1934 : Exposition de peintures et de dessins d’Eugène Delacroix.
  • 1935 : Paysages de Delacroix et lithographies provenant des donations Étienne Moreau-Nélaton au musée du Louvre et à la Bibliothèque Nationale. Exposition de la collection permanente. Donations de M. le Baron Vitta et M. et Mme Perret-Carnot. II Exposition de la collection permanente. Donations de M. le Baron Vitta et M. et Mme Perret-Carnot.
  • 1937 : Tableaux, aquarelles, dessins, gravures, lithographies provenant du musée du Louvre, des donations Étienne Moreau-Nélaton, Baron J. Vitta ou prêtés par divers amateurs.
  • 1937 : Appartement de Delacroix, exposition temporaire
  • 1938 : Appartement de Delacroix, exposition temporaire
  • 1939 : Tableaux, aquarelles, dessins, gravures, lithographies provenant du legs Et. Moreau-Nélaton au musée du Louvre, de la donation baron J. Vitta et de dons et prêts de divers amateurs.
  • 1945 : Chefs-d’œuvre de Delacroix, 31 juillet - 1er octobre 1945
  • 1946 : Chefs-d’œuvre de Delacroix, mai - novembre 1946
  • 1946 : Delacroix et son temps (Gros-Géricault-Courbet), novembre 1946
  • 1947 : Delacroix et les compagnons de jeunesse.
  • 1948 : Delacroix et l’Angleterre.
  • 1949 : Delacroix et le paysage romantique.
  • 1950 : Delacroix et le portrait romantique.
  • 1951 : Delacroix et l’Orientalisme de son temps, à partir du 11 mai 1951
  • 1952 : Delacroix et les Maîtres de la couleur.
  • 1957 : Delacroix, chez lui, 6 rue de Furstenberg, Paris VIe, lithographies-reproductions-documents.
  • 1958 : Exposition de lithographies, reproductions et documents divers.
  • 1963 : Delacroix, citoyen de Paris, mars – septembre 1963
  • 1966 : Delacroix et les paysagistes romantiques, 19 mai - 19 juillet
  • 1967 : Eugène Delacroix. Son atelier et la critique d’art, juin - août
  • 1968 : Delacroix, René Piot (1866-1934) et la couleur, 22 mars - 15 août 1968
  • 1969 : Delacroix et son temps (costumes et souvenirs), avril – septembre 1969
  • 1970 : Delacroix et l’Impressionnisme, avril – septembre 1970
  • 1971 : Delacroix et le Fauvisme, 26 mai – septembre 1971
  • 1972 : Delacroix et le fantastique (de Goya à Redon), 10 mai – novembre 1972
  • 1973 : Hommage à Delacroix pour le 110e anniversaire de sa mort. Delacroix, et la peinture libérée, mai – septembre 1973
  • 1974 : Delacroix et Paul Huet, précurseur de l’Impressionnisme, 26 juin - 10 décembre 1974
  • 1975 : Delacroix et les peintres de la nature, de Géricault à Renoir, 24 juin - 25 décembre 1975
  • 1988 : Delacroix et Byron. Chassériau et Shakespeare, 10 mai - 14 août 1988
  • 1992 : Guérin et Delacroix, 24 juin - 21 septembre 1992
  • 1993 : Delacroix et la Normandie, 22 octobre 1993 - 24 janvier 1994
  • 1996 : Musée Eugène Delacroix : dix années d’acquisitions (1985-1995), 8 mai 1996 - 10 janvier 1997
  • 1996 : La Grèceen révolte. Delacroix et les peintres français 1815-1848, 8 octobre 1996 - 13 janvier 1997
  • 1998 : Delacroix et Villot, le roman d’une amitié, 8 avril - 20 juillet 1998
  • 2000 : Le Maroc de Gérard Rondeau. Hommage à Delacroix, 10 décembre 1999 – 13 mars 2000
  • 2001 : Médée furieuse, 25 avril – 30 juillet 2001
  • 2003 : Hommage aux amis du musée Delacroix. Dans l'intimité du maître, 13 juin - 15 septembre - Prolongation jusqu'au 20 octobre 2003
  • 2004 : Piotr Michalowski, 6 octobre 2004 - 10 janvier 2005
  • 2005 : Dutilleux, Robaut, Delacroix. Une affaire de famille, 21 octobre 2005 – 30 janvier 2006
  • 2006 : Entre Ingres et Delacroix : Étienne-François Haro, 24 février – 15 mai 2006
  • 2006 : Henriette de Verninac. De David à Delacroix, 17 novembre 2006 – 19 février 2007
  • 2007 : Delacroix et les compagnons de sa jeunesse, 23 novembre 2007 – 25 février 2008
  • 2008 : Delacroix et la photographie, 28 novembre 2008 – 2 mars 2009
  • 2009 :  Une passion pour Delacroix. La collection Karen B. Cohen., 16 décembre 2009 – 5 avril 2010
  • 2011 :  Fantin-Latour, Manet, Baudelaire : L’hommage à Delacroix, 7 décembre 2011 – 19 mars 2012
  • 2012 : Des fleurs en hiver Delacroix - Othoniel – Creten, 12 décembre 2012 - 18 mars 2013
  • 2013 : Delacroix en héritage, Autour de la collection d’Étienne Moreau-Nélaton, 11 décembre 2013 - 17 mars 2014
  • 2014 : Objets dans la peinture, souvenirs du Maroc, 5 novembre 2014 au 2 février 2015
  • 2014 : Delacroix le plus légitime des fils de Shakespeare, 26 mars 2014 au 27 octobre 2014
  • 2015 :   Delacroix et l’Antique, 9 décembre 2015 au 7 mars 2016

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Charles Baudelaire, Écrits sur l’art, Paris, le livre de poche, 2002.
  • Eugène Delacroix (Laure Baumont-Maillet, Barthélemy Jobert), Souvenirs d’un voyage dans le Maroc, Paris, Gallimard, 1999.
  • Eugène Delacroix, Écrits sur l’art, Paris, Librairie Séguier, 1988.
  • Eugène Delacroix, Journal, Paris, J. Corti, 2009 (nouvelle version établie par Michele Hannoosh).
  • Annick Doutriau, Arlette Sérullaz, Delacroix. « Une fête pour l’œil », Paris, Découverte Gallimard, 1998.
  • Dominique de Font-Réaulx, Arlette Sérullaz, Le Musée Eugène Delacroix, Paris, Musée du Louvre, 2013.
  • Dominique de Font-Réaulx (dir.), Eugène Delacroix : Écrivain, témoin de son temps. Écrits choisis, Paris, Flammarion, 2014.
  • Stéphane Guégan, Arlette Sérullaz, L’ABCdaire de Delacroix, Paris, Flammarion, 1998.
  • Jean-Marc Idir, Delacroix genèse d’un génie, Paris, Cohen & Cohen, 2015.
  • Barthélemy Jobert, Delacroix, Paris, Gallimard, 1997.
  • Marie-Christine Natta, Eugène Delacroix, Paris, Tallandier, 2010.
  • Arlette Sérullaz, Ewardt Vignot, Le Bestiaire d’Eugène Delacroix, Paris, Citadelles et Mazenod, 2008.
  • Bulletin de la Société des Amis du musée Eugène Delacroix – 12 numéros.

 Catalogues d'exposition (antéchronologique)[modifier | modifier le code]

  • Dominique de Font-Réaulx (dir.), Delacroix et l’antique, Paris, coédition Le Passage et éd. du musée du Louvre, 2015
  • Dominique de Font-Réaulx (dir.), Delacroix : Objets dans la peinture, souvenirs du Maroc, coédition Le Passage et éd. du musée du Louvre, 2014
  • Dominique de Font-Réaulx (dir.), Delacroix en héritage : autour de la collection Moreau-Nélaton, Paris, coédition Le Passage et éd. du musée du Louvre, coédition Le Passage et éd. du musée du Louvre, 2013
  • Dominique de Font-Réaulx (dir.), Delacroix, Othoniel, Creten – Des Fleurs en hiver, coédition Le Passage et éd. du musée du Louvre, 2012.
  • Christophe Leribault (dir.), Fantin-Latour, Manet, Baudelaire : L’Hommage à Delacroix, Paris, coédition Le Passage et éd. du musée du Louvre, 2011.
  • Sébastien Allard, Delacroix : de l’idée à l’expression, Barcelone, Obra social la Caixa, 2011.
  • Christophe Leribault (dir.), Une passion pour Delacroix – La collection Karen B. Cohen, Paris, coédition Le Passage et éd. du musée du Louvre, 2009
  • Christophe Leribault (dir.), Delacroix et la photographie, Paris, coédition Le Passage et éd. du musée du Louvre, 2008.
  • Barthélemy Jobert, Delacroix : le trait romantique, Paris, Bibliothèque nationale de France, 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Société des Amis du musée Eugène Delacroix, « De l'atelier au musée ou les péripéties d'un sauvetage mémorable », Bulletin de la Société des Amis du musée Eugène Delacroix, no 2,‎
  2. Arlette Sérullaz, « De l'atelier au musée, ou l'histoire d'une sauvegarde exemplaire », Bulletin des Amis du musée Eugène Delacroix, no 1,‎
  3. Dominique de Font-Réaulx, Le Musée Eugène Delacroix, Musée du Louvre,
  4. Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques, Lausanne, éditions de l'œil,
  5. Arlette Sérullaz, Delacroix, une fête pour l'œil, Paris, Gallimard,
  6. Delphine Gervais de Lafond, « Delacroix et la tragédie véronaise, un projet inachevé », Bulletin de la Société des Amis du musée Eugène Delacroix, no 12,‎ 2014-2015
  7. Arlette Sérullaz, « Un nouveau tableau de Delacroix au Musée Eugène Delacroix », SAMED,‎ , p. 6-9
  8. Dominique de Font-Réaulx, « Fantin-Latour, interprète de Delacroix », Grande Galerie, no 35,‎ , p. 30
  9. Christophe Leribault, « Musée Delacroix - Une fiévreuse esquisse d'Eugène Delacroix », Grande Galerie, no 15,‎ , p. 13
  10. Eric Bertin, « Le Richelieu de Delacroix, premier tableau de la Galerie historique du Palais-Royal créée par Louis-Philippe en 1828 », Bulletin des Amis du musée Eugène Delacroix, no 5,‎ , p. 31-32
  11. Arlette Sérullaz, Yves Bonnefoy, Delacroix et Hamlet, Paris, Réunion des musées nationaux,
  12. Arlette Sérullaz, Le Bestiaire d'Eugène Delacroix, Paris, Citadelles et Mazenod,
  13. Barthélemy Jobert, Le trait romantique
  14. Eugène Delacroix, Journal, Paris, J. Corti,
  15. Eugène Delacroix, Des Dangers de la cour, Avignon, Aubanel,
  16. « A. Lèbre », Revue des Deux Mondes,‎
  17. Sébastien Allard, Dante et Virgile aux Enfers d'Eugène Delacroix, Paris, Réunion des musées nationaux,
  18. Jean-Paul Kauffmann, La Lutte avec l'ange, Paris, La Table ronde,
  19. Arlette Sérullaz, Vincent Pomarède, Joseph J. Rishel, Delacroix, les dernières années, Paris, Réunion des musées nationaux,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]