Jazz rap

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Jazz rap
Origines stylistiques Jazz, funk, jazz fusion, hip-hop
Origines culturelles Fin des années 1980 ; Amérique du Nord
Instruments typiques Chant, saxophone, flute, trompette, trombone, clarinette, piano, guitare électrique, batterie
Popularité Modérée dans les années 1980 ; élevée dans les années 1990 et 2000
Voir aussi Acid jazz, liste des musiciens de musique afro-américaine

Genres dérivés

Nu jazz, trip hop

Le jazz rap, également connu sous le nom de jazz hop, est un sous-genre musical du hip-hop qui opère un retour aux sources aux musiques noires américaines et surtout au jazz et à la musique soul. Les paroles se basent souvent sur la conscience politique, l'afrocentrisme,et le positivisme général[1],[2].

Origines[modifier | modifier le code]

Les premiers musiciens ayant rendu possible l'avènement du jazz rap sont des artistes comme les Last Poets ou le poète/chanteur Gil Scott-Heron, dans les années 1970, considéré d'ailleurs comme influence du hip-hop. Dans les années 1990, le célèbre trompettiste Miles Davis avec son album posthume Doo-Bop de 1992 ou le guitariste Ronny Jordan avec son premier album The Antidote, paru la même année, sont parmi les premiers jazzmen à intégrer des éléments de cette musique dans leur jazz. Ces deux albums ont non seulement la particularité d'intégrer aux mélodies jazz-funk des rythmes directement issus du hip-hop mais comprennent également des couplets rap. Ainsi, le rappeur Easy Mo Bee pose ses vers sur trois des morceaux de Doo-Bop.

L'année suivante, en 1993, le rappeur Guru va sortir le premier volume de sa saga Jazzmatazz. Il s'agit de l'un des tous premiers albums de jazz rap, et sans doute le premier à rencontrer un succès de taille auprès du grand public[réf. nécessaire]. Trois autres volumes suivront, en 1995, 2000 et 2007. Le concept est très simple, le rappeur réunit la crème de la scène jazz/soul à jouer en live avec d'autres MCs de renom. Cette même année, le groupe britannique Us3 rencontre un vif succès avec le single Cantaloop (Flip Fantasia, basé sur une boucle du Cantaloupe Island de Herbie Hancock. Depuis 2011, le rappeur irlandais Rejjie Snow intègre dans ses compositions des éléments issus du jazz, y compris « classique », c'est-à-dire datant des années 1930. En France, MC Solaar (et dans une moindre mesure, Fabe) est l'un des premiers artisans du jazz rap, même s'il a abandonné ce style depuis longtemps.

Du côté du jazz, le trompettiste Roy Hargrove monte le groupe The RH Factor, qui combine des éléments de jazz, soul, funk et hip-hop. On retrouve sur leurs albums la recette qui fait le succès de la série des Jazzmatazz deGuru, à savoir la rencontre de musiciens de jazz et d'invités de marque, venus principalement des sphères neo soul et alternative hip-hop. D'autres projets, comme Unwrapped, Def Jazz ou Streetwize, sont des reprises de succès hip-hop par des musiciens smooth jazz. Manu Dibango invite lui aussi des rappeurs sur certains de ces disques. Steve Coleman monte lui un groupe avec les rappeurs d'opus akoben.

France[modifier | modifier le code]

En France, il existe aussi une scène hip-hop-jazz, avec en tête de file Jazz Liberatorz, et des groupes comme Hocus Pocus, Kronik, Nixon, Dialokolectiv ou La Cédille. D'autres comme Rocé ou Oxmo Puccino vont même jusqu'à se produire avec des musiciens de jazz, la plupart des rappeurs se contentant de sampler des morceaux de jazz.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Borthwick, Stuart; Moy, Ron (2004). Popular Music Genres: An Introduction, p. 166. Edinburgh University Press. (ISBN 0-7486-1745-0).
  2. Jazz-Rap. Allmusic. ( consulté le 29 octobre 2008).