J Dilla

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 Ne doit pas être confondu avec Jaydee (homonymie).
J Dilla
Surnom Jay Dee, Dilla Dawg
Nom de naissance James Dewitt Yancey
Naissance
Détroit, Michigan, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 32 ans)
Los Angeles, Californie, États-Unis
Activité principale Producteur, disc jockey, rappeur, chanteur
Genre musical Hip-hop, RnB, neo soul
Instruments Boîte à rythmes, synthétiseur, platines vinyls, batterie, clavier, voix, sampler
Années actives 19932006
Labels Delicious Vinyl, BBE, Pay Jay Productions, MCA Records, Stones Throw Records, Bling 47
Site officiel www.j-dilla.com

J Dilla, de son vrai nom James Dewitt Yancey, ( à Détroit, dans le Michigan à Los Angeles, en Californie), est un compositeur, producteur et disc jockey américain, membre du groupe Slum Village jusqu'en 2001.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Yancey, né le à Détroit, dans le Michigan[1], est l'ainé de quatre enfants : une sœur (Martha) et deux frères, Earl et John, qui commenceront la musique plus tard sous le nom de Illa J. La famille vivait dans une maison près de McDougall et de Nevada, sur le côté est de Détroit[2]. Il développe une vaste connaissance musicale grâce à ses parents (sa mère une chanteuse d'opéra et son père un bassiste jazz). Il commence à collecter des vinyles. Il développe ensuite une passion pour le hip-hop. Il rencontre T3 et Baatin à la Pershing High School (en) de Détroit[1], et devient ami avec eux grâce leur passion mutuelle pour les battles de rap. Les trois forment un groupe appelé Slum Village. Il commença aussi le beatmaking en utilisant un simple tapedeck dans son studio. Durant ses jeunes années, il resta dans son studio tout seul avec sa collection d'enregistrements, perfectionnant son travail. Il dira plus tard à Pete Rock, j'essayais de devenir comme toi.

Débuts[modifier | modifier le code]

En 1992, il rencontre Amp Fiddler, musicien expérimenté de Détroit, qui fut impressionné de ce que Jay Dee pouvait accomplir avec des outils instrumentaux limités. Amp Fiddler laisse Jay Dee utiliser son MPC, qu'il apprivoise rapidement. En 1995, Jay Dee et MC Phat Kat (en) forment 1st Down (en), et veulent être le premier groupe hip-hop de Détroit à signer dans un label majeur (Payday Records) - un accord qui s'arrête après un seul single, quand le label fait faillite. La même année, il enregistre Yester Years EP avec 5 Elementz, un groupe composé de Proof, Thyme et Mudd. Dans l'année 1988, il forme le groupe Slum Village avec T3 et Baatin, et enregistrent les débuts du groupe, Fan-Tas-Tic (Vol. 1)[1]. À sa sortie en 1996[3], l'album devient rapidement populaire auprès des fans de hip-hop de Détroit, si bien qu'il gagne l'attention de Q-Tip, qui érige le groupe comme successeurs de A Tribe Called Quest. J Dilla n'aimait pas trop cette comparaison et le dît dans de nombreuses interviews.

Au milieu des années 1990, Jay Dee est connu comme un dénicheur majeur de sons hip-hop, avec des single et des remix, pour Janet Jackson, The Pharcyde, De La Soul, Busta Rhymes, A Tribe Called Quest, des albums solo de Q-Tip et autres. La majorité de ces productions sont réalisées sans sa signature, étant créditées sous le nom du collectif The Ummah (en), composé de Q-Tip et Ali Shaheed Muhammad de A Tribe Called Quest, et plus tard Raphael Saadiq de Tony! Toni! Toné!. Sous ce collectif, Jay réalise la plupart de ces plus grands travaux RnB et hip-hop, produisant en série des sons originaux et des remix pour Janet Jackson, Busta Rhymes, Brand New Heavies, Somethin' for the People (en), les artistes trip hop Crustation et d'autres.

Apogée[modifier | modifier le code]

L'an 2000 marque le début de Slum Village sous un label majeur avec Fantastic, Vol. 2 le 13 juin[4], créant un nouveau public pour Jay Dee en tant que producteur et MC. Il fut aussi un des membres fondateurs du collectif The Soulquarians qui lui attribua encore plus de reconnaissance et d'attention. Il travailla ensuite avec Erykah Badu, Talib Kweli, et Common - contribuant grandement à son album acclamé par la critique, Like Water for Chocolate[1]. Il commence sa carrière solo en 2001 avec le single Fuck the Police (en), suivi par l'album Welcome 2 Detroit le 27 février[1],[5]. En 2001, Jay Dee commence à utiliser le nom J Dilla afin de se différencier de Jermaine Dupri qui se faisait aussi appeler J.D., et quitte Slum Village pour poursuivre une carrière solo avec le label MCA Records.

2002 voit Dilla produire la totalité de 48 Hours de Frank n Dank (en)[6], ainsi qu'un album solo, mais aucun enregistrement est publié. Quand Dilla finit sont travail avec Frank n Dank pour l'album 48 Hours, MCA Records demande un enregistrement pour un plus grand public, et les artistes réenregistrent la majorité des sons, en utilisant cette fois peu ou pas de samples. Malgré cela, plusieurs versions de l'album virent le jour, et Dilla exprima sa déception que la musique ne soit jamais sortie pour les fans. Dilla signe un contrat solo avec MCA Records en 2002. Bien que Dilla soit plus connu en tant que producteur qu'en tant que MC, il choisît de rapper sur l'album et d'avoir sa musique produite par quelques-uns de ses producteurs favoris comme Madlib, Pete Rock, Hi-Tek, Supa Dave West, Kanye West, Nottz, Waajeed (en), Quebo Kuntry (J. Benjamin) et autres. L'album fut abandonné à cause de changements au sein du label et de MCA.

Bien que l'enregistrement avec MCA soit arrêté, Dilla enregistre Ruff Draft (en), publié exclusivement sur vinyle par le label allemand Groove Attack[7]. Bien que l'album soit un peu connu, il amorce un changement d'attitude, et à partir de ce moment il publie de plus en plus son travail dans des labels indépendants.

Suites et mort[modifier | modifier le code]

Le producteur et MC Madlib commence une collaboration avec J Dilla, et la paire forme le groupe Jaylib en 2002, publiant un album intitulé Champion Sound (en) le [1],[8]. L'album atteint la 92e place des Billboard RnB Albums , la 28e place des Top Heatseekers, et la 22e place des Top Independent Albums[9]. J Dilla déménage de Détroit à Los Angeles en 2004 et apparait en tournée avec Jaylib pendant l'été 2004. En 2004, Pharell Williams révèle à l'émission 106 and Park de la chaîne BET que Dilla est son producteur préféré[1].

Ses problèmes de santé et son traitement lui causent une perte de poids spectaculaire à partir de 2003, le forçant à confirmer publiquement les spéculations sur son état de santé en 2004. Malgré des sorties plus lentes de productions majeures en 2004 et 2005, son statut « culte » reste fort auprès de son public, comme en témoigne la circulation non autorisée de son underground beat tapes (instrumental, et outils musicaux basiques), principalement à travers les sites de partage et de téléchargement. Des articles dans les magazines URB (mars 2004) et XXL (juin 2005) confirmèrent les rumeurs de maladie et d'hospitalisation durant cette période, mais ceux-ci sont minimisés par Jay. La gravité de son état de santé devint publique en novembre 2005 quand J Dilla monte sur scène en Europe en fauteuil roulant. Il est révélé plus tard qu'il souffrait de Purpura thrombotique thrombocytopénique, une rare maladie du sang, et possiblement de lupus[10].

J Dilla décède le 10 février 2006, trois jours après son trente-deuxième anniversaire, et la sortie de son dernier album Donuts, à sa maison à Los Angeles, en Californie. D'après sa mère, Maureen Yancey, la cause est un arrêt cardiaque[11]. Il laisse derrière lui deux filles[12].

Musique posthume et hommages[modifier | modifier le code]

En 2007, Busta Rhymes, avec qui il collaborait fréquemment depuis les débuts en solo de ce dernier, sort une mixtape hommage, Dillagence, en utilisant des instrumentaux faits avant sa mort.

DJ Mehdi lui rend hommage en lui dédiant sa mixtape Loukoums, sortie en 2006 et qui est basée sur le concept de Donuts (en), le dernier album studio de J Dilla sorti la même année : « Reprenant le principe de l'album Donuts, cette mixtape est composée de démos, de chutes et de joyaux inédits issus des différents albums sur lesquels j'ai travaillé, avant et pendant la réalisation de Lucky Boy, mon prochain disque. Les morceaux viennent surtout de Megapolis, 113 Degrés et de la BO de Sheitan, mais certains sont aussi plus vieux. J'espère que vous apprécierez cette série de sons bruts et inachevés - c'est mon hommage à l'un des meilleurs producteurs que l'histoire ait connu : Monsieur James Yancey, plus connu sous le nom de Jay Dee ou encore Dilla »[13]. Depuis le décès de DJ Mehdi en 2011, cette mixtape (initialement pressée en 200 exemplaires dans un cadre promotionnel et familial) est désormais téléchargeable gratuitement sur la page SoundCloud du label Ed Bangers Records.

Le groupe The Roots sort une mixtape gratuite en son honneur, Dilla Joints, en 2010. L'artiste electro Ta-ku lui dédia une mixtape nommée 50 Days for Dilla, prouvant son influence dans toutes les sensibilités musicales.

La ville de Montpellier, en France, baptise une allée au nom de « Jay Dee » en sa mémoire.

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Productions de J Dilla.

Albums studio[modifier | modifier le code]

  • 2001 : Welcome 2 Detroit (sous le nom Jay Dee)
  • 2002 : Vol. 1: Unreleased (sous le nom Jay Dee)
  • 2003 : Vol. 2: Vintage (sous le nom Jay Dee)
  • 2003 : Ruff Draft (sous le nom Jay Dee)
  • 2005 : Welcome 2 Detroit (Instrumentals)
  • 2006 : Donuts

Albums posthumes[modifier | modifier le code]

  • 2006 : The Shining
  • 2006 : The Shining (Instrumentals)
  • 2006 : Jay Love Japan
  • 2007 : Jay Deelicious: The Delicious Vinyl Years
  • 2009 : Jay Stay Paid
  • 2012 : Rebirth of Detroit
  • 2013 : The Lost Scrolls, Vol. 1 (EP)
  • 2013 : Diamonds and Ice (EP)
  • 2014 : Give Them What They Want (EP)
  • 2016 : The Diary

Albums collaboratifs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) Andy Kellman, « J Dilla Biography », sur AllMusic (consulté le 31 mars 2016).
  2. (en) Doug Coombe, « Let it roll », sur Metro Times,‎ (consulté le 5 février 2014).
  3. (en) « Slum Village - Fan-Tas-Tic (Vol. 1) Overview », sur AllMusic (consulté le 31 mars 2016).
  4. (en) Jason Birchmeier, « Slum Village - Fantastic, Vol. 2 Overview », sur AllMusic (consulté le 31 mars 2016).
  5. (en) « J Dilla - Welcome 2 Detroit Overview », sur AllMusic (consulté le 31 mars 2016).
  6. (en) Steve 'Flash' Juon, « Frank N Dank :: 48 Hours :: Yancey Media Group/Delicious Vinyl », sur Rap Reviews (consulté le 31 mars 2016).
  7. (en) SolutriSylv, « J DILLA - Ruff Draft »,‎ (consulté le 31 mars 2016).
  8. (en) Sam Samuelson, « Jaylib - Champion Sound Overview », sur AllMusic (consulté le 31 mars 2016).
  9. (en) « Jaylib - Champion Sound Awards », sur AllMusic (consulté le 31 mars 2016).
  10. (en) Detroit Free Press, 23 février 2006.
  11. (en) Kelefa Sanneh, « James Yancey, 32, Producer Known for Soulful Hip-Hop - Obituary (Obit); Biography - NYTimes.com », sur New York Times,‎ (consulté le 5 février 2015).
  12. (en) « OneTwoOneTwo interview J Dilla's uncle », sur OneTwoOneTwo.
  13. « DJ Mehdi - Loukoums », sur Beatport,‎ (consulté le 19 septembre 2011).

Liens externes[modifier | modifier le code]