Cantin

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Cantin
Mairie (ancien hospice Brissez)
Mairie (ancien hospice Brissez)
Blason de Cantin
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Douai
Canton Aniche
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Douaisis
Maire
Mandat
Christian Courtecuisse
2014-2020
Code postal 59169
Code commune 59126
Démographie
Gentilé Cantinois, Cantinoises
Population
municipale
1 527 hab. (2014)
Densité 164 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 18′ 36″ nord, 3° 07′ 36″ est
Altitude Min. 37 m
Max. 76 m
Superficie 9,32 km2
Localisation

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Cantin est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé sur la RD 643 (Ex RN 43) reliant Douai à Cambrai Cantin est traversé par le Canal de la Sensée desservant l'ancienne cimenterie.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Cantin
Gœulzin Dechy Roucourt
Cantin Erchin
Estrées Arleux Bugnicourt

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de celles concernées par la « Trame verte du bassin minier ». La mission bassin minier et la CAD (Communauté d'agglomération du Douaisis) y ont aménagé un circuit (piétons, cyclistes) de découverte de cette trame verte dit circuit des Trous et des Bosses, la CAD entre Aubigny-au-Bac et Cantin.

Cantin dans son canton et son arrondissement

Histoire et archéologie[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La présence de l'homme sur le territoire de Cantin est attesté durant la Préhistoire par la découverte de plus de 600 lames de silex.

Période romaine[modifier | modifier le code]

  • Des vases remplis de monnaies romaines signalent une occupation à l'emplacement du village à l'époque romaine.
  • Le contournement routier de l'agglomération de Cantin a donné lieu à un diagnostic archéologique en février-mars 2009 et permis la découverte de deux sites attachés à la période romaine. Le premier est un réseau de fossés avec quelques fosses et le second est constitué de deux caveaux en grès et d’une sépulture à incinération[1].

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Un diagnostic archéologique lié au contournement routier de Cantin a aussi assuré à la découverte d'un troisième site, une petite unité agricole du IXe siècle ou du Xe siècle comportant cinq fonds de cabanes, neuf silos, quelques fosses et deux bâtiments sur poteaux[2].
  • Une fouille archéologique a été menée en 2003 sur une surface plus de 3 000 m2, à l'emplacement de la résidence Perce Neige et de l'ancien château de la famille Rémy de Cantin[3]. Elle a livré les traces des premiers habitats établis à Cantin, aux époques mérovingienne et carolingienne. Le premier ensemble, daté des VIIe et VIIIe siècle, est constitué de cinq fonds de cabane, quelques fosses et un grand bâtiment sur poteaux long de 16 m. Après une période d'abandon, la zone est à nouveau habitée aux Xe et XIe siècle avec une occupation dense formée de quatre parcelles contenant chacune des bâtiments sur poteaux, des silos et des fosses. L'ensemble évolue progressivement sous la forme d'un rang de maisons alignées le long d'un chemin. Toute occupation cesse au début du XIIe siècle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • En 1065, Cawentin apparaît dans la charte de restauration de l'abbaye de Hasnon. Le village est de nouveau cité en 1079, dans le titre de fondation de l'abbaye d'Anchin. Gérard II, évêque de Cambrai et Arras, donne la cure de Cantin à l'abbaye qui la conserve jusqu'à la Révolution.
  • En 1109, le quatrième abbé d'Anchin érige Cantin en ville. Les dons des seigneurs successifs permettent à l'abbaye d'Anchin et de Flines d'être chacune propriétaires de domaines riches et étendus sur le territoire de Cantin. Les châtelains de Douai sont les premiers seigneurs connus.
  • Au mois d'août 1149, le comte de Flandre Thierry d'Alsace fait construire une tour fortifiée, attaquée sans succès par le comte Baudouin IV de Hainaut et ses alliés [4].
  • En 1285, un héritier de la maison de Douai, Jehan, chevalier de Boutier, qui tient également le fief d'Hamel, prend le nom de Cantin.
  • À partir de 1247, les Cantinois bénéficient d'une loi définissant leurs droits et leurs devoirs, dite "loi de Cantin".
  • En 1350, la seigneurie passe à la famille de Wastines, à celle de Halluin en 1360, aux d'Allennes vers 1500 et aux Dion à partir de 1512.
  • Le 1er août 1379, le chevalier Jacques de Halluyn et son fils Jean vendent les pierres de leur château aux échevins de Douai pour la construction du beffroi et des murailles de la ville[5]. L'évacuation des matériaux dure huit ans, face au volume de l'édifice. Le site fortifié est la continuation de la tour de Thierry d'Alsace. Il est localisé autour de la fontaine Gayant, près de l'église Saint-Martin.

Période moderne[modifier | modifier le code]

  • Une partie de l'armée de François Ier campe trois jours à Cantin, alors qu'elle traverse la région à la fin de l'année 1521[6]. Le village est incendié à son départ.
  • La seigneurie est vendue aux Caudrons, rentiers de Douai, en 1677. Après plusieurs rachats elle est attribuée en 1721 à un membre de l'illustre famille de Rémy, l'une des plus anciennes de Douai.
  • Le territoire de Flesquières est ajouté à celui de Cantin, situé en Flandre wallonne avant la Révolution ; le village, qui s'étend entre Cantin et Arleux, faisait auparavant partie du Hainaut. Théâtre de violents affrontements au XVIIIe siècle, Flesquières aurait appartenu à sainte Aldegonde, fondatrice de l'abbaye de Maubeuge et a été rasé en 1793.

Littérature[modifier | modifier le code]

Un épisode de La Belle Hélène de Constantinople, une célébre chanson de geste du XIVe siècle au succès populaire prolongé[7], se passe à Cantin[8]. Morant aidé d'une armée assiège sans effet la tour du Géant, un vassal félon situé à Douai. Cette tour est reliée par un souterrain à Cantin, où siège le géant Maloré, frère du géant de Douai. Morant décide de prendre la tour de Cantin, plus vulnérable que la forteresse du Géant. Ce dernier se précipite à Cantin pour aider son frère mais Morant prend les murailles et tue le Géant.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de la ville de Cantin (59) Nord-France.svg

Les armes de Cantin se blasonnent ainsi : De sinople à un aigle d'argent volant vers un soleil d'or non figuré posé en chef à dextre[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
en cours Christian Courtecuisse DVG  
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[11],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 527 habitants, en augmentation de 4,37 % par rapport à 2009 (Nord : 1,21 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
560 593 645 725 806 806 832 853 864
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
928 968 1 038 1 015 1 016 977 937 891 890
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
897 851 865 743 953 904 897 836 837
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
912 1 246 1 395 1 397 1 373 1 328 1 452 1 523 1 527
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Cantin en 2007 en pourcentage[14].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
0,3 
4,0 
75 à 89 ans
6,6 
11,2 
60 à 74 ans
15,4 
23,9 
45 à 59 ans
22,6 
24,6 
30 à 44 ans
21,0 
22,6 
15 à 29 ans
17,5 
13,6 
0 à 14 ans
16,7 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[15].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

église Saint-Martin
  • La gare de Cantin
  • La tour des Pendus
  • Église Saint-Martin
  • Mairie (ancien hospice Brissez)
  • Souterrain de Gayant
  • Futur Musée des Géants (projet abandonné)
  • Fermes anciennes
  • Le molinel est un lieu-dit anciennement au moineau, l'emplacement d'un moulin à vent depuis 1575 et propriété du seigneur de Cantin Adrien de Dion II, époux d'Anne de Lens[16] dont le cœur fut retrouvé en 2007 à Douai lors de fouilles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Wauquelin (1452†) met en prose La Belle Hélène de Constantinople pour le duc de Bourgogne Philippe le Bon en 1448.
  • Adèle Justine Brissez (1808-1876), fondatrice de l'Hospice.
  • Jules Breton [17](1827-1906), artiste peintre, se rend à quatre reprises durant l'été 1867 à Cantin. Il y travaille avec son élève Pierre Billet.
  • Pierre Billet (1837-1922), artiste peintre, est natif de Cantin.
  • Georges Maroniez (1865-1933) artiste peintre et inventeur, et Aline Guérin-Billet, artiste peintre et sculptrice, sont les élèves de Pierre Billet à Cantin.
  • Jérôme Carrein (1941-1977), natif de Cantin, dernier Français exécuté.
  • Claude Finet (1939-2007) artiste peintre.
  • René Boillet (1907-1962), instituteur, prisonnier de guerre évadé, résistant devenu lieutenant-colonel de l'Armée secrète en Périgord. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1945.

Folklore et tradition[modifier | modifier le code]

Flore de Cantin
Gayantin
  • La Fête de la Rhubarbe a lieu le dernier week-end du mois d'août
  • Plusieurs Géants sont présents à Cantin, Adèle Brissez, Flore, Gayantin le Musicien, Gayantine et Gabriel
  • Un projet de Centre de Découverte du Monde des Géants, premier lieu en France dédié aux géants du Nord-Pas-de-Calais et d'ailleurs, était promu à Cantin[18]. Ce projet a été abandonné en 2016, à la suite de l'expulsion de l'association et des géants du bâtiment qui devait abriter le projet[19]. Cette décision a été prise par le maire de Cantin.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Loridant † et Patrice Herbin (Service archéologique départemental du Nord), avec la coll. de Tarek Oueslati et Isabelle Raineau, Découvertes archéologiques à Cantin (Nord) : parcellaire et caveaux gallo-romains, occupation carolingienne, Revue du Nord, 2011/5, no 393, p. 312 ; Voix du Nord du 8 mars 2009
  2. Frédéric Loridant † et Patrice Herbin (Service archéologique départemental du Nord), avec la coll. de Tarek Oueslati et Isabelle Raineau, Découvertes archéologiques à Cantin (Nord) : parcellaire et caveaux gallo-romains, occupation carolingienne, Revue du Nord, 2011/5, no 393, p. 312 ; Voix du Nord du 21 mars 2009
  3. Etienne Louis (service archéologique de la Communauté d'Agglomération du Douaisis), Cantin (Nord) rue du château ; Etienne LOUIS, CANTIN (Nord), Rue du Château. Fouilles préventives, (Site SRA 5912601 et SAD 361/2003), Service archéologique du Douaisis, avril 2004
  4. Félix Brassart, Coups d'œil sur quelques anciennes seigneuries, X. Cantin, premier article, p. 8-9, Souvenirs de la Flandre wallonne, ed. L. Crepin, 2" rue Madelein, Douai, 1870; Lambert de Wattrelos, Chronique, dans G. Pertz, Monumenta Germaniae Historica, Scriptorum, XVI (MGH SS. 16), 1859, p. 509-554
  5. Félix Brassart, Coups d'œil sur quelques anciennes seigneuries, X. Cantin, premier article, p. 30, Souvenirs de la Flandre wallonne, ed. L. Crepin, 2" rue Madelein, Douai, 1870
  6. Annuaire statistique. Annuaire du département du Nord. An xi-1890, 1831, p. 29
  7. Claude Roussel, Conter de geste au XIVe siècle: inspiration folklorique et écriture épique dans La belle Hélène de Constantinople, Droz, 1998, (ISBN 2-600-00266-9) (notice BnF no FRBNF37536626), p. 8, introduction ; le manuscrit A, le plus ancien, est achevé par le copiste Jennette Greberd le 21 janvier 1471 et copié d'un livre "fait en 1407"
  8. Claude Roussel, La Belle Hélène de Constantinople: chanson de geste du XIVe siècle, Librairie Droz, 1995, (ISBN 978-2-600-00650-7), 939 p. ; Jean Wauquelin, La Belle Hélène de Constantinople. Mise en prose d’une chanson de geste, édition critique par Marie-Claude de Crécy, Genève, Droz, (« Textes Littéraires français » 547), 2002, (ISBN 2-600-00650-8), 659 p.
  9. https://ville-cantin.fr
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  14. « Évolution et structure de la population à Cantin en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 26 juillet 2010)
  15. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 26 juillet 2010)
  16. Félix Brassart, Coups d'œil sur quelques anciennes seigneuries, X. Cantin, second article, Souvenirs de la Flandre wallonne, L. Crepin 2" rue Madelein,Douai, (lire en ligne), p. 1575 le seigneur de Dion avait obtenu de la chambre des comptes de Lille exerçant les droits du domaine royal l'autorisation d ériger un moulin à vent en sa terre de Cantin Invent som II p 260 col 1 car la propriété du vent appartenait alors au souverain Le molineau comme on l appelait fut ruiné pendant les guerres du XVIIe siècle Dénombr1 de 1665 il était placé sur l un des Monts de Cantin qu on appelle depuis lors Mont du Molineau.
  17. Jules Breton, Painter of Peasant Life, Annette Bourrut Lacouture, 2002, Yale University Press, p. 229 et 255, (ISBN 978-0300095753)
  18. « Cantin (F) – Un don important pour le Centre de Découverte du Monde des Géants (La Voix du Nord) », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  19. Lucie Delorme, Les géants de Cantin sommés de quitter ce qui aurait pu devenir leur musée, 23 février 2016, www.lavoixdunord.fr