Georges Maroniez

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Georges Maroniez
Description de cette image, également commentée ci-après

Georges Maroniez dans son atelier en 1892,
photographie anonyme, médiathèque municipale de Cambrai.

Nom de naissance Georges, Philibert, Charles Maroniez
Naissance
Douai
Décès (à 68 ans)
Paris
Nationalité Flag of France.svg France
Profession
Autres activités
Formation

' Georges, Philibert, Charles Maroniez, né à Douai le , et mort à Paris le , est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les Ennemis de la récolte (1894), huile sur toile datée et signée en bas à droite, 93 × 127,5 cm. Localisation inconnue.

Fils d'un industriel, fabricant de sucre à Montigny-en-Ostrevent, Georges Maroniez manifeste un goût et des dons pour le dessin et la peinture. Son père l'encourage mais lui demande aussi de faire son droit, le métier d'artiste étant peu considéré à l'époque. À l'issue de ses études, il entamera une carrière de magistrat, successivement à Boulogne-sur-Mer (1891), Avesnes-sur-Helpe (1894) et Cambrai (1897).

En parallèle de la faculté de droit, il suit assidûment les cours académiques de l'école des beaux-arts de Douai, et devient en 1880 l'élève de Pierre Billet (1837-1922) à Cantin. Il y rencontre le peintre Adrien Demont (1851-1928), gendre du peintre réaliste Jules Breton (1827-1906). Sur les conseils de ce dernier, il présente son premier tableau au Salon de Douai puis, en 1887 à Paris, Soleil couchant à Esquerchin (localisation inconnue).

En vacances à Wissant, il se lie avec le ménage Adrien Demont et Virginie Breton, avec lesquels il découvre les paysages du littoral. À chaque été pendant plusieurs années, autour des Demont-Breton, il va y retrouver ses amis douaisiens : Fernand Stiévenart, Henri et Marie Duhem, Félix Planquette. C'est l'époque du groupe de Wissant. On parlera aussi de l'« École de Wissant » ou « de la Côte d'Opale », incluant des peintres de Berck amis des Demont-Breton, un des plus illustres étant Francis Tattegrain (1852-1915). Grâce à la présentation et au parrainage d'Adrien Demont, Georges Maroniez devient, en 1889, sociétaire des artistes français.

Esprit inventif, curieux et pratique à la fois, il s'intéresse à la photographie et invente un premier appareil photographique à main[1], puis un deuxième encore plus simple[2], le Sphynx, appareils qu'il fait breveter en 1891. Le Sphynx emploie les films auto-tendus PLAVIC inventés par le chimiste et industriel boulonnais Victor Planchon (1863-1935)[3], avec lequel Georges Maroniez est en relation. Les prises de vue réalisées avec cet appareil portatif lui sont précieuses pour capter des scènes du bord de mer : départ et retour des pêcheurs, déchargement du poisson… scènes qu'il reproduira ensuite sur toile en atelier. Il rapporta également de ses nombreux voyages en Méditerranée (Afrique du Nord, Italie, Palestine, Égypte…) de multiples clichés sur plaques de verre. 1 620 photographies, dont 462 autochromes, ont été déposées puis donnés à la médiathèque d'agglomération de Cambrai, chargée de les conserver et d'en assurer le rayonnement.

Sa créativité est constamment en éveil, ainsi il imagine et construit un appareil cinématographique fonctionnant avec de la pellicule Lumière et dans lequel la trépidation des images est supprimée[4], appareil qu’il présente en janvier 1899 à la Société photographique de Cambrai.

En 1899, il épouse Jeanne Dutemple à Cambrai. Le couple aura trois filles : Germaine, Simone et Madeleine.

En 1905, les succès de sa peinture et la politique anti-cléricale du ministère Combes le décident à démissionner de la magistrature et à se consacrer entièrement à son art. Mobilisé en 1914, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en juillet 1918. Son atelier est pillé et son épouse déportée pendant l'occupation du Nord. La famille Maroniez s'installe en 1919 à Paris, rue d'Aguesseau. En 1922, il est nommé Rosati d'honneur[5].

Désormais inspirée surtout par la Bretagne, la peinture de Georges Maroniez est très appréciée en France et à l'étranger. Il meurt d'une crise cardiaque à Paris le 11 décembre 1933. Il est inhumé dans le caveau de famille à Cambrai.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Tristes nouvelles (1911) huile sur toile, 152 × 228 cm. Localisation inconnue.

Jeune adolescent, Georges Maroniez commence à peindre aux environs de Douai alors que meurent Corot, Millet, Courbet, les grands maîtres du paysage. D'abord peintre de la campagne et de la vie rurale, au style naturaliste, très classique, il évolue ensuite au contact de l'École de Wissant vers les marines, plus précisément les paysages et scènes de bords de mer.

Il excelle dans ce genre au point d'être présenté comme un peintre de la mer, ce qu'il récusera. Peintre « des langueurs et des colères de la mer », il représente la vie des gens de mer dans les paysages côtiers et les scènes de port. Il s'attache à saisir le quotidien d'humbles marins-pêcheurs et de leurs familles, le labeur pénible, le courage, l'attente.

Il est aussi le peintre d'une France républicaine rurale et prospère après plus de quarante ans de paix, et d'une civilisation encore peu mécanisée, de chevaux et de bateaux à voile. Un monde qui va disparaître avec la Première Guerre mondiale : dès les années 1920, les chalutiers à moteur vont éliminer les flottilles de voiliers de pêche qui lui ont fourni tant de sujets de tableaux.

Son œuvre est abondante et disséminée en France, en Europe et en Amérique du Nord. On l'estime à plus de huit cents tableaux[6], auxquels s'ajoutent des milliers d'études, pochades et dessins préparatoires, ainsi que ses nombreuses prises de vues photographiques. Plusieurs œuvres sont conservées dans des musées, principalement dans le Nord de la France et notamment ceux de Cambrai et Douai.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
En France
Au Royaume-Uni
  • Leamington Spa, Art Gallery & Museum : Clair de Lune, huile sur toile, 69 × 73 cm ;
À Taïwan
  • Tainan, Chi Mei Museum : Le Grand-Père, 1895, huile sur toile, 66 × 90 cm.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Maroniez, Catalogue raisonné des œuvres de Georges, Philibert, Charles Maroniez (1865 -1933), J. Maroniez,‎ , 164 p.
  • Jacques Maroniez, Supplément au Catalogue raisonné des œuvres de Georges Maroniez, J. Maroniez,‎ , 60 p.
  • Michèle Moyne-Charlet, Anne Esnault, Annette Bourrut Lacouture, Yann Gobert-Sergent, Visages de Terre et de Mer - Regards de peintres à Wissant à la fin du 19è siècle, Édition du Pas-de-Calais, Silvana Editoriale, août 2014, 135 pages, (ISBN 9788836629299).
  • Musée de Gravelines : Dominique Tonneau Ryckelynck, Géraldine Piveteau, Alain Deflesselles, Manuela Cortal, Instants des Forts - Georges Maroniez photographe le long du chenal, il y a un siècle [catalogue de l'exposition, 26 avril - 2 septembre 2002,], Musée de Gravelines, coll. « Gravelines en quête de mémoire »,‎ , 80 p. (ISBN 2908566141)
  • Yann Gobert-Sergent, Georges Maroniez, Parcours pictural autour de la Côte d'Opale, Boulogne, Revue Boulogne et la Mer,‎ , 31 p.
  • Hélène Braeuener, Bénédicte Pradié-Ottinger, Les Peintres de la baie de la Somme : autour de l'impressionnisme, La Renaissance du Livre,‎ , 150 p. (ISBN 280460554X)
  • Manuela Cortal, Georges Maroniez, peintre et photographe, in Bononia n°27 et n°28, Association des amis des musées de Boulogne-sur-Mer,‎ 1995 - 1996
  • Dominique Horbez, Corot et les peintres de l'école d'Arras, La Renaissance du Livre,‎ , 191 p. (ISBN 2804608603)
  • Constantin Imbs, Répercussions esthétiques attendues des différents procédés d'enregistrement photochimiques et de restitution de l'information photographique au XIXe siècle [en France], Sorbonne (Paris-IV), DEA histoire de l'art, sous la direction de Sylvie Aubenas, Martine Gillet et Bruno Foucart,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :