Guillaume Soro

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Guillaume Soro
Guillaume Soro, donnant une conférence de presse en janvier 2011.
Guillaume Soro, donnant une conférence de presse en .
Fonctions
Président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire
En fonction depuis le
(4 ans 4 mois et 8 jours)
Législature IIe
Prédécesseur Mamadou Koulibaly
Ministre ivoirien de la Défense

(10 mois et 26 jours)
Président Alassane Ouattara
Premier ministre Lui-même
Gouvernement Soro IV
Prédécesseur Michel Amani N'Guessan
Successeur Alassane Ouattara
Premier ministre de Côte d'Ivoire

(4 ans 11 mois et 4 jours)
Président Laurent Gbagbo
Alassane Ouattara
Gouvernement Soro I, II, III et IV
Prédécesseur Charles Konan Banny
Successeur Jeannot Kouadio-Ahoussou
Biographie
Nom de naissance Guillaume Kigbafori Soro
Date de naissance (44 ans)
Lieu de naissance Kofiplé
Nationalité ivoirienne
Parti politique Rassemblement des républicains
Conjoint Sylvie Tagro
Enfants 4
Religion Catholicisme

Guillaume Soro
Premiers ministres de Côte d'Ivoire
Présidents de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire

Guillaume Kigbafori Soro (né le à Kofiplé, sous-préfecture de Diawala, dans le département de Ferkessédougou) est un homme d'État ivoirien, Premier ministre de 2007 (conformément à l'accord politique de Ouagadougou) à 2012 et président de l'Assemblée nationale ivoirienne depuis cette date.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guillaume Soro est originaire du nord de la Côte d'Ivoire, et de religion catholique. Père de 4 enfants, il partage sa vie avec Sylvie Tagro depuis ses années de lutte estudiantine. Bété, Sylvie Tagro est originaire du sud-ouest de la Côte d'Ivoire[1]. Le Président Ouattara, en déplacement à Zakoua, village de l'épouse de Guillaume Soro, a affirmé en 2015 que cette union était un "symbol d'unité" pour la Côte d'Ivoire[1].

Parcours universitaire[modifier | modifier le code]

Engagé politiquement (surnommé le Che ou encore Bogotha), il dirige la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire[2] de 1995 à 1998 (FESCI) alors qu'il préparait une licence d'anglais à l'Université d'Abidjan.

En 1998, il poursuit des études en sciences politiques en Grande-Bretagne puis en France. Il revient en Côte d'Ivoire après le coup d'État de 1999 et crée le Forum international des étudiants francophones (FIEF) avant de s'allier politiquement au Rassemblement des républicains d'Alassane Ouattara.

En décembre 1999, on le voit aux côtés de Robert Guéï après son coup d'État réussi, mais il s'oppose à lui et s'allie à Alassane Ouattara lorsque celui-ci est exclu de l'élection présidentielle en 2000. Il est secrétaire général des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire, le mouvement rebelle, et l'actuel secrétaire général du MPCI (Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire).

Carrière gouvernementale[modifier | modifier le code]

Guillaume Soro participe au gouvernement de réconciliation nationale de février 2003 à mai 2004, puis d'août 2004 à décembre 2005, comme ministre de la Communication. Le 28 décembre, il est nommé ministre d'État, de la Reconstruction et de la Réinsertion dans le gouvernement de Charles Konan Banny.

La signature de l'accord politique de Ouagadougou offre aux Forces nouvelles le poste de Premier ministre. Les Forces nouvelles désignent leur secrétaire général, Guillaume Soro pour exercer cette fonction à partir du 26 mars 2007[3] et le président Gbagbo entérine cette nomination en prenant un décret le 29 mars[4]. L'accord politique de Ouagadougou fixe au 8 avril la date limite pour la constitution d'un gouvernement de transition[5].

Guillaume Soro entre en fonction le 4 avril et son gouvernement est installé le 7 du même mois. Le gouvernement doit mettre en place notamment deux points clefs de l'accord politique de Ouagadougou : la préparation d'élections devant se tenir dans les dix mois à compter de mars 2007, puis l'unification des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) et des Forces armées nationales de Côte-d'Ivoire (FANCI).

Tentatives d'attentat[modifier | modifier le code]

Guillaume Soro a échappé à six tentatives d'assassinat. Les deux plus marquants sont certainement le guet-apens dans lequel il est tombé dans l'enceinte de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) le 27 juin 2003 ainsi que l’attentat du 29 juin 2007 contre le Fokker 100 qui le transporte. À la RTI, sous le prétexte de l'inviter à faire une visite des locaux, la Direction Générale d'alors le fait encercler à l'infirmerie de la maison de la télé par 300 jeunes patriotes armés, ils s’apprêtaient à incendier le bâtiment avec lui, quand il en est extrait de justesse. Le vendredi 29 juin 2007, Soro échappe à un attentat à la roquette lors de l'atterrissage de l'avion dans lequel il était lors de sa venue à Bouaké. Quatre membres de son équipage sont décédés et plusieurs sont grièvement blessés[6].

Il se pourrait que les auteurs soient des éléments de son armée rebelle qui lui reprochent une non-consultation avant la signature de l'accord de Ouagadougou[7][réf. insuffisante].

Sous la présidence d'Alassane Ouattara[modifier | modifier le code]

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Le , alors qu'éclate une controverse sur les résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle du 28 novembre, Guillaume Soro remet sa démission à Alassane Ouattara qu'il reconnaît comme vainqueur légitime du second tour de l'élection face à Laurent Gbagbo, dont Guillaume Soro était le Premier ministre depuis 2007. Ce dernier le reconduit dans ses fonctions de Premier ministre. Soro forme alors son nouveau gouvernement le 6 décembre dans lequel il détient également le portefeuille de la Défense[8]. Le 8 décembre, Soro accuse Laurent Gbagbo d'être un tricheur et de se comporter en dictateur. Il demande à la communauté internationale de faire pression pour que Gbagbo quitte le pouvoir[9].

À la suite de la chute de Laurent Gbagbo et de l'arrivée à la présidence de la République d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro forme son quatrième gouvernement le , gouvernement qui prendra fin le à la suite de sa démission[10],[11].

Président de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Le , Guillaume Soro est élu à l'unanimité président de l'Assemblée nationale[12], ce qui fait de lui le deuxième personnage de l'État. Guillaume Soro est le 6e président de l'Assemblée nationale.

Son mandat est marqué par une activité accrue et d'un rôle renforcé du parlement. Il est par ailleurs amené à effectuer plusieurs voyages diplomatiques, notamment en Europe et en Asie. En mai 2016, lors de la 14ème Conférence parlementaire afro-arabe, Guillaume Soro est désigné président de cet organe parlementaire, cadre d'échanges entre les députas africains et leurs homologues du monde arabe[13]. Il est également membre de l'Assemblée des parlementaires francophones.

En tant que président de l'Assemblée nationale, il centre ses actions principalement sur la jeunesse, les questions sociales, mais également sur les questions liées à l'environnement[14]. Il souhaite notamment que la Côte d'Ivoire recoure davantage aux énergies renouvelables, objectif qu'il réaffirme à quelques semaines de la COP21, en septembre 2015 déclarant que "la question de l'écologie reste une préoccupation majeure"[15].

Il appelle régulièrement à une lutte plus efficace contre les inégalités et à une croissance plus inclusive en assurant une meilleure répartition des fruits de la croissance. Lors de son discours de Nouvel An au personnel de l’Assemblée nationale et aux députés, il invite d'ailleurs ces derniers à placer la dernière année de la législature sous « le sceau du social et de la solidarité aux plus vulnérables »[16]. Il déclare également l’année 2016 comme « année de la solidarité »[16].

Au lendemain des attentats de Grand Bassam, Guillaume Soro, dans une interview au Point du 7 mai 2016[14], fait part de ses propositions de réformes en matière sécuritaire. Il propose ainsi de créer des unités antiterroristes et/ou des forces spéciales afin de faire face à la menace terroriste grandissante[14]. Selon lui, une réforme des services de renseignements ivoiriens, afin de donner plus de place au renseignement humain, s’avère nécessaire, ainsi qu’une meilleure coopération entre les services de renseignements régionaux. Afin d’apaiser les tensions religieuses susceptibles d’être exploitées par mouvements terroristes, il se prononce en faveur d’un État laïque et appelle à une pacification des relations entre le Nord musulman et le Sud chrétien et animiste[14].

Polémiques et affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Toutefois, Guillaume Soro est éclaboussé en par une affaire de traite d'êtres humains impliquant une ancienne compagne de Soro, Kadidia Sy, et deux nounous burkinabés, maltraitées entre 2007 et 2010 en France. Les deux employées ont l'une après l'autre saisie le Comité contre l'esclavage moderne qui signala le cas à la justice française[17]. L'ex-compagne de Guillaume Soro est finalement condamnée à un an de prison en [18].

En novembre 2015, une écoute téléphonique entre deux voix attribuées à Soro et Djibrill Bassolé est diffusée. Elle montre l'implication supposée de Soro dans le coup d'État de septembre 2015 au Burkina Faso, aux côtés des putschistes, proches de Blaise Compaoré. La voix avoue aussi être à l'origine des exécutions des hommes politiques ivoiriens Désiré Tagro et Ibrahim Coulibaly. Soro nie toutefois l'authenticité de cette écoute[19]. En janvier 2016, le Burkina Faso émet un mandat d'arrêt international à l'encontre de Soro pour son implication supposée dans le coup d'État de septembre[20].

En février 2016, une expertise réalisée par Norbert Pheulpin, membre du collège national des experts judiciaires en acoustique, et commandée par un avocat français, William Bourdon, vient corroborer la thèse du montage[21]. On peut effectivement lire dans les conclusions de l'analyse rédigées par l'expert que "la pièce audio concernée ne peut être présentée comme étant l'enregistrement intègre d'une interception téléphonique classique (...) l'hypothèse d'une intervention de type montage peut être objectivement retenue"[21]. La justice militaire burkinabè renonce le 6 juin 2016 à son mandat d'arrêt contre Guillaume Soro[22], demandant à la Côte d'Ivoire elle-même de poursuivre Guillaume Soro[23].

En parallèle, le 4 avril 2016, l’ONU[24] publie un rapport selon lequel Guillaume Soro aurait constitué illégalement un arsenal militaire en violation de l'embargo international[25],[26],[27]. Le gouvernement exprime aussitôt des doutes sur le document qu'il reconnait ne pas encore avoir eu en sa possession pour vérification[28]. De son côté, Guillaume Soro déclare dans un entretien avec le journal Le Monde que "ce n'est pas sérieux, ce rapport n'échappe pas à la règle des raccourcis et des ragots", précisant que de précédentes affirmations avancées auparavant par le même groupe d'experts se sont révélées fausses[29].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Le Président Ouattara à Daloa: « Le mariage de Guillaume Soro avec Sylvie Tagro est un symbole d'unité » » (consulté le 30 juin 2016)
  2. FESCI, syndicat ou mafia?, Jeune Afrique, 8 février 2008
  3. Guillaume Soro désigné premier ministre, Fraternité Matin, 26 mars 2007
  4. « Le Président Gbagbo a signé le décret hier : Soro, nouveau Premier ministre »
  5. « Soro désigné premier ministre selon l'ex-rébellion ivorienne », BBC Afrique, 27 mars 2007
  6. (en) Rockets fired at Ivorian PM plane, BBC News, 29 juin 2007
  7. journal de la radio Africa n°1 (29 juin 2007)
  8. Dépêche AFP, le 6 décembre 2010.
  9. « Gbagbo est "un dictateur" et doit partir, déclare Soro », Agence France-Presse, 8 décembre 2010
  10. « Côte d'Ivoire : le PM démissionne », Le Figaro, 8 mars 2012.
  11. « Côte d`Ivoire / Législatives : Le Premier ministre a remis sa démission (officiel) », abidjan.net, 8 mars 2012.
  12. « Côte d'Ivoire : Guillaume Soro élu président de l'Assemblée nationale à l'unanimité », Jeune Afrique, 12 mars 2012.
  13. « Conférence parlementaire afro-arabe/ Guillaume Soro élu président pour 2 ans » (consulté le 30 juin 2016)
  14. a, b, c et d (fr) « Côte d'Ivoire - Guillaume Soro : "Le panafricanisme dont je rêve est celui d'une Afrique sans frontières et sans entraves" » (consulté le 30 juin 2016)
  15. « L’économie verte en Côte d’Ivoire, une nécessité autant qu’une opportunité ! », sur Green et Vert,‎ (consulté le 30 juin 2016)
  16. a et b « La mise en route de la nouvelle Côte d Ivoire par le Président Soro », sur www.conakrytime.com (consulté le 30 juin 2016)
  17. Sia Kambou, « Une compagne de Guillaume Soro poursuivie pour traite d’êtres humains » [web], sur rfi.fr,‎ (consulté le 10 septembre 2014).
  18. Sylvain Mouillard, « Un an de prison avec sursis pour l'ex-maîtresse de Guillaume Soro » [web], sur liberation.fr,‎ (consulté le 10 septembre 2014)
  19. Cyril Bensimon, « Une « écoute » potentiellement explosive pour la Côte d’ivoire et le Burkina Faso », Le Monde,‎
  20. Benjamin Roger, « Côte d’Ivoire : la justice burkinabè émet un mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro », Jeune Afrique,‎
  21. a et b Christophe Châtelot, « Doutes sur l’authenticité de l’enregistrement qui trouble les relations entre Burkina Faso et Côte d’Ivoire », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  22. (fr) « Burkina Faso: annulation des mandats d’arrêt contre Soro et Compaoré - RFI » (consulté le 30 juin 2016)
  23. « Putsch manqué : le Burkina Faso demande à la Côte d’Ivoire de poursuivre Guillaume Soro », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  24. « Document officiel des Nations Unies », sur www.un.org (consulté le 14 avril 2016)
  25. Fanny Pigeaud, « Guillaume Soro, n°2 de l'Etat ivoirien, et ses milices sont armés jusqu'aux dents », mediapart.fr, 12 avril 2016.
  26. (fr) « Côte d'Ivoire : selon des experts de l'ONU, Guillaume Soro et les FN ont violé l'embargo sur les armes - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 14 avril 2016)
  27. « Côte d’Ivoire : Guillaume Soro et son arsenal, vu par Polman », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  28. « Côte d'Ivoire: Le Gouvernement doute du rapport de l'ONU accusant Guillaume Soro - Koaci Infos », sur KOACI (consulté le 14 avril 2016)
  29. « Guillaume Soro : « Vous ne me prendrez pas à livrer des secrets d’Etat au téléphone » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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