Baoulés

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Baoulé.
Baoulés
Description de cette image, également commentée ci-après
Brooklyn Museum 61.3 Male Figure Waka Sran

Populations significatives par région
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 3 943 667
Population totale 3 943 667
Autres
Langues Baoulé
Religions Christianisme, religion traditionnelle
Ethnies liées

proches : Akans, Agnis

sous-groupes : Akoué, Sah, Agba, Gbloh, Ahitou, Kôdé, Nanafouè, Satiklan, Gôly, Oualébo, Ahaly, Sondo, Fâly, Dô'n, Souhamlin, N'gban, N'zikpli, Ayahou, Fahafouè, Anôh, Elomoué

Les Baoulés (Ba Ou li) sont un peuple de Côte d'Ivoire, vivant dans la grande majorité au centre du pays, près des villes de Bouaké et de Yamoussoukro. Ils représentent environ 23 % de la population du pays (3 943 667 personnes) ce qui fait des Baoulés la première ethnie du pays devant les Bétés et les Senoufos qui constituent respectivement la deuxième et la troisième ethnie du pays. Les Baoulés font partie du groupe Akan et sont originaires du Ghana voisin. Il s'installent en Côte d'Ivoire au XVIIIe siècle, guidés par la reine Abla Pokou. Le nom Baoulé vient du sacrifice, par la reine Pokou, de l'un de ses fils afin de passer un fleuve, alors, qu'elle menait la fuite de son peuple du Ghana : ba ou li (l'enfant est mort). Les Baoulés se sont établis entre les fleuves Bandama et Comoé.

Sous-groupes[modifier | modifier le code]

Il existe une vingtaine de sous-groupes appartenant à des aires géographiques spécifiques.

Ainsi on a :

Ces sous-groupes parlent en réalité la même langue avec quelques nuances surtout dans le ton et la prononciation.

Certains peuples qui ont subi la domination des Baoulés, ont tendance à s'assimiler aujourd’hui aux Baoulés. Ce sont les Ouan (Tiéningbué, Kounahiri), les Ngain (M'bahiakro)

Les Baoulés ont occupé les régions forestières de l'ouest et du sud-ouest du pays, exploitant de grandes plantations de café et de cacao, modifiant ainsi la toponymie des localités de ces régions.

Prénoms[modifier | modifier le code]

Les prénoms chez les Baoulé selon le jour de naissance (homme, femme)[modifier | modifier le code]

Les prénoms selon la position dans la famille[modifier | modifier le code]

  • Troisième enfant d'une succession d'enfants de même sexe : I'nsan, Essan, N'Guessan et Gnissan.
  • Quatrième enfant d'une succession d'enfants de même sexe : N'dri.
  • Le neuvième enfant d'une mère : N'goran.
  • Le dixième enfant d'une mère : Brou.
  • Le onzième enfant d'une mère : Loukou.
  • Le douzième enfant d'une mère : N'gbin.

Les prénoms de caresse[modifier | modifier le code]

Les prénoms selon les circonstances de la naissance[modifier | modifier le code]

  • Enfant né lors d'une course de la mère hors de la maison : Atoumgbré.
  • Enfant né faisant face au sol : Ahoutou.
  • Enfants jumeaux : N'da.
  • Enfant né à la suite des jumeaux de la même mère : Amani.
  • Allaly : quiétude.
  • N'gonian : désespoir. Pour conjurer le mauvais sort.
  • Atiman : enfant prématuré.
  • Abonouan : étonnant
  • Loukou : onzième enfant
  • Abahndai : enfant attendu
  • Djaha, gbamlê : rouquin.
  • fri : albinos.
  • N'Siéni : où le mettre pour qu'il réussisse (prénom donné à un enfant dont les frères aînés sont décédés à la naissance)
  • Rassou ou souralê : bénédiction
  • Famien : Prince
  • N'nafiassou : je n'y croyais plus (prénom donné à un enfant dont la mère est désespérée d'embrasser un enfant de son sein)
  • Béhiblo : à jeter. pour exprimer son insatisfaction due à la forme très maigre du nouveau-né. en général les prématurés.
  • Kodissou : si Dieu agrée. pour marquer son incertitude quant à la survie de l'enfant à cause de l'histoire triste des premières maternités de la mère.
  • Koyahé : ça ne réussira pas. Idem que Kodissou
  • Kanga : esclave. enfant né avec le cordon ombilical autour du cou.

Les prénoms en référence aux éléments naturels[modifier | modifier le code]

Ils sont portés dans leur plus grande part par les deux sexes. La parade trouvée pour faire la différence entre les deux sexes étant de précéder au nom N'djah pour l'homme et Moh pour la femme.

  • Yobouet : caillou.
  • Akpoué : roche.
  • Allah : Iroko (chloroflora excelsa).
  • Kondro : Loloti (arbre médicinale à écorce épaisse).
  • Bla : fontaine.
  • N'zué : l'eau.
  • Frondo : Baobab.
  • Faitai : Lac.
  • N'go : huile de palme (prénom donné aux personnes de teint clair).
  • Lomé : espèce de palmiste spécialement rouge.
  • M'mé : palmier.
  • Djué : poisson.
  • Bohoussou : génie des forêts.
  • Django : ficus
  • Kongo : vallée.
  • Béra : Touraco, aussi appelé Kodjo allou.
  • Oura : ordures, prénom attribué à l'enfant né ou conçu juste avant le divorce de ses parents.
  • Zougou : chenille, prénom attribué aux personnes particulièrement velues.
  • Oka : montagne, en réalité colline ou butte, les Baoulé ne vivant que dans des régions de plateau et de plaine.
  • Gnamien : Dieu, ciel.
  • Assié : la terre.

Prénoms religieux et autres[modifier | modifier le code]

  • Pokou
  • Botiwa (nom de masque protecteur)
  • Bolaty ou Baulaty (la forêt n'a pas de tête)
  • Goly
  • Djè (masque protecteur)
  • Akoua
  • Mlan
  • Assoh: fétiche de Bocanda à Konan-Elekro.
  • M'bra: danse fétichiste
  • Doh: fétiche strictement féminin.
  • Allou: fétiche guerrier.
  • Gbangbo: fétiche chez les Baoulé N'gban
  • Allangba: fétiche protecteur.
  • Tanou, Tanoh: fétiche.
  • Djézou: fétiche.
  • Kra: fétiche.
  • Kangah: esclave, de nos jours, ce prénom est attribué aux enfants dont les précédents sont décédés.
  • Souaga.
  • N'gatta: enfant né après le décès de son père.
  • Déla: fétiche.
  • Saraka: sacrifice.
  • Pondo: fétiche.
  • Boni
  • Messou
  • Saouré
  • Ti n'dôh: dixième enfant porte-malheur chez les Baoulé Fafoué et Faly mais désignant aussi l'enfant qui suit le troisième ou le quatrième enfant d'une succession d'enfants de même sexe. C'est le cas d'un enfant né après "N'san ou N'dri et de même sexe que celui-ci.
  • Tola
  • Yoman ou Yeman
  • Ameya
  • Ayewla
  • Koyayé
  • Dua
  • Ayevolè
  • Langui
  • Toto
  • Kra
  • Adjé
  • Djè(variante de Adjé d'origine ashanti)
  • Djèkè
  • Elyôh enfant appartenant à tous.
  • Apko
  • Angoua

Chiffres et Nombres[modifier | modifier le code]

  • 1 : koun
  • 2 : n'gnon
  • 3 : n'san
  • 4 : N'nan
  • 5 : n'nou
  • 6 : n'sien
  • 7 : n'so
  • 8 : mokuai
  • 9 : n'glouan
  • 10 : blou
  • 11 : blou n'y koun
  • 12 : blou n'y nion
  • 20 : ablaoun
  • 30 : abla san
  • 31 : ablan san n'y kou
  • 40 : abla n'nan
  • 50 : ablé n'nou
  • 60 : ablé n'sien
  • 70 : ablé n'so
  • 80 : abla a okuai
  • 90 : abla n'glouan
  • 100 : ya (koun)
  • 200 : ya gnon
  • 300 : ya n'san
  • 1000 : akpi (koun)
  • 1100 : akpi koun ya kou
  • 1131 : akpi koun ya kou ablan san n'y kou
  • 2000 : akpi n'gnon
  • 3000 : akpi n'san
  • 3131 : akpi n'san ya koun ablan san n'y koun
  • 10.000 : akpi blou
  • 100.000 : akpi ya
  • 1.000.000 : akpi n'gbi
  • 100.000.000 : akpi n'gbi ya
  • 1000.000.000 : akpi n'gbi n'gbi

Danses[modifier | modifier le code]

Au centre : tambour baoulé (Musée du quai Branly)

Quelques danses baoulé très prisées :

  • le Goly qui est notamment dansé par les Baoulé de Béoumi qui l'ont importé de leurs voisins Ouan qui leur étaient soumis. En revanche les chants qui accompagnent le Goly demeurent en Ouan ;
  • l'Adjémlé qui est dansé par les Baoulé de Sakassou et de Diabo ;
  • le Kôtou qui est semblable à l'Adjémlé et qui est dansé dans les régions de Tiébissou, de Yamoussoukro etc.
  • Et l'Adjoss qui est dansé dans toutes les régions baoulé ;

Savoir-faire des Baoulé[modifier | modifier le code]

Les Baoulé sont d'habiles sculpteurs, tisserands, orfèvres

  • Les poids à peser l'or, les bijoux, les objets décorés en or de toute sorte ont existé et existent chez les Baoulé qui vouent une admiration et "un culte" à l'or qui est symbole d'héritage, d'opulence, de pouvoir, et qu'il faut éviter de voler mais mériter.
  • Les pagnes Baoulé "wawlé Tanni" sont très prisés pour leur qualité et leurs motifs éclatants. Les Baoulé des régions de Yamoussoukro et de Tiébissou en sont les meilleurs producteurs.
  • Les Baoulé sont également d'habiles sculpteurs: les statues, des objets de toute sorte…

Les couleurs chez les Baoulé[modifier | modifier le code]

Les Baoulé distinguent trois grands groupes de couleur:

  • Blé : pour désigner à la fois le noir, le bleu, le vert, le violet, l'indigo, le gris, le brun etc.
  • Ôclouê ou Kôkôlè : pour désigner à la fois le rouge, le jaune, le rose etc.
  • Oufoué : pour désigner le blanc, le beige, le kaki etc.

Pour les nuances, ils se réfèrent aux éléments naturels comme chez les Occidentaux d'ailleurs: vert olive…

Toponymie chez les Baoulé[modifier | modifier le code]

Les noms des villes, villages, hameaux et campements chez les Baoulé sont donnés selon les combinaisons suivantes:

En général ils sont formés par le nom du fondateur + kro (originellement klô)

Ainsi on a :

  • Kouassikro = ville, village, hameau ou campement dont le Fondateur est Kouassi
  • Kouadiokro = Fondateur : Kouadio
  • Konankro = Fondateur : Konan
  • Kouakoukro = Fondateur : Kouakou
  • Yaokro = Fondateur : Yao
  • Koffikro = Fondateur : Koffi
  • Kouamékro = Fondateur : Kouamé
  • Klêmêkro = Fondateur : Klêmê
  • Ouendé-Kouassikro = Fondateur : Ouendé-Kouassi
  • Bouaké (déformation de Gbêkêkro) = Fondateur : Gbêkê
  • Yamoussoukro = Fondateur Yamoussou
  • Dimbokro (originellement Djimgbôklo) = Fondateur : Djimgbô
  • Daoukro = Fondateur : Daou (déformation de Lagou)
  • M'bahiakro = Fondateur M'bahia
  • Bodokro = Fondateur : Bodo

etc.

Toponymie en référence à un élément naturel particulier[modifier | modifier le code]

Référence à une rivière, un fleuve[modifier | modifier le code]

  • Lokanouan: Au bord de la rivière Loka
  • Séssénoua: Au bord de la rivière Séssé
  • N'zianouan: Au bord de la rivière N'zi (modification due au ton des Baoulé Elomoué fondateurs dudit village)

Référence à une colline, une butte, une vallée[modifier | modifier le code]

  • Kokumbo = sous la colline Kokoum
  • Okabo ou Bokabo = sous la montagne (colline ou butte en réalité)
  • Kongonou = Dans la vallée
  • Kongonouan = Au bord de la vallée, du ravin

Référence à un arbre, des bois, forêt, végétaux divers[modifier | modifier le code]

  • Djangoménou = Dans les ficus
  • gbofia= caillou caché
  • Djékanou = Dans les vigos (alchornea cordifolia)
  • Kodrobo ou Kondrobo = Sous le Loloti
  • Kpakpaboh = Forêt d'Ebiara
  • Kpangbassou = sur le roc ou sur le caillou
  • Pakobo (originellement Kpakobo) = Sous le Cocotier
  • Kodoubo = Sous le Carapa
  • Djamlabo = Sous le Bauhinia
  • Afotobo = Sous le bananier (musa sinensis)
  • M'méboh = forêt de Palmiers (à ne pas confondre avec la palmeraie = M'méfiéh)
  • Boblénou = Dans la forêt dense
  • Mandanou: Dans la bananeraie
  • Awahinou: Dans les chiendents
  • Languibonou (à l'origine Lahibonou): Dans la forêt d'ails

Référence à un fait historique[modifier | modifier le code]

  • Béoumi = qu'on me voit (se référer à l'histoire du Prince Abraha Akpo)
  • Sakassou = Sur la dépouille de la reine Abla Pokou
  • Toumodi (originellement Tomidi): l'étranger qui arrivait dans cette ville devrait s'acheter la nourriture qu'il devra consommer
  • Boukébo = forêt d'escargots (village formé en faveur de la proximité d'une forêt pourvue d'escargots)
  • Diabo = forêt d'éléphants roux
  • Didiévi (originellement Idjévi) = Cure-dent amer
  • Saoundi : position de vassalité
  • Djassanou : dans les enclos
  • N'djébonoua : Au bord de la forêt des fourmis magnans

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kwané René Allou, « Éclairage sur l’histoire précoloniale des Baoulé (2) », Université Cocody-Abidjan
  • Cyprien Arbelbide et René Gentric, Les Baoulés d'après leurs dictons et proverbes, CEDA, 1975, 191 p. (ISBN 9782218033421)
  • N-Dri Thérèse Assié-Lumumba, Les Africaines dans la politique - Femmes Baoulé de Côte d'Ivoire, L'Harmattan, 1997
  • P. R. Dasen (et al.), « N'glouele, l'intelligence chez les Baoulé », Archives de psychologie, 1985, vol. 53, no 205, p. 293-324
  • Pierre et Mona Étienne, « À qui mieux mieux, ou le mariage chez les Baoulé », Cahiers de l'ORSTOM, série Sciences humaines, vol. VIII, no 2, 1971)
  • Vincent Guerry, La vie quotidienne dans un village Baoulé, Éditions Inadès, 1980
  • Yao Jérôme Kouadio, Les proverbes baoulés de Côte d'Ivoire : types, fonctions et actualité, LEditions T.I.C., 2004, 316 p.
  • J.N. Loucou et A. Ligier, La Reine Pokou, Nouvelles éditions africaines, 1977
  • Marc Ménalque, Coutumes civiles des Baoulés de la région de Dimbokro, Larose éditeurs, 1933, 74 p.
  • P. de Salverte-Marmier, L'expansion Baoulé au XIXe siècle - Études régionales de Baouké, Ministère du Plan, Abidjan, 1967
  • Véronique Tadjo, Reine Pokou, concerto pour un sacrifice, 2005

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :